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| La capitale égyptienne est synonyme de plaisir et de laisser-aller pour les estivants, en majorité saoudiens. «Le Caire, l'été, c'est insupportable. C'est plein d'Arabes.» Prononcée par un Egyptien, la phrase a de quoi laisser perplexe, avant de saisir qu'il faut l'entendre au sens littéral. Par «Arabes», comprendre ceux du Golfe : Emirats, Koweït et surtout Arabie Saoudite. Chaque été, c'est l'invasion : juillet marque le début de la migration des émirs, fuyant l'ennui des salons climatisés de Riyad, direction Oum el-Dounia («la mère du monde»), surnom du Caire à travers tout le monde arabe. Une ville dont la réputation de Mecque du divertissement doit beaucoup aux folles virées de Farouk, le dernier roi d'Egypte, qui avait sa table attitrée dans tous les cabarets du pays. Vu de la péninsule arabique, Le Caire, ce ne sont que théâtres, cinémas, tables de jeu et danseuses à la cuisse légère. Un avant-goût de paradis introuvable au royaume des Saoud. Exit les pyramides : les Saoudiens sont en Egypte pour se divertir, pas pour le tourisme. Pactole. L'an dernier, pas loin d'un demi-million d'entre eux ont pris leurs quartiers d'été au Caire. Auxquels s'ajoutent les estivants des autres pays du Golfe. D'après le ministère égyptien du Tourisme, les «Arabes» représentent 40 % des visiteurs annuels. Et un sacré pactole : le Saoudien rapporte bien plus qu'un touriste occidental. Il se déplace en groupe, accompagné de ses épouses, enfants, cousins, chauffeurs, femmes de chambre et nounous philippines. Il reste longtemps, rarement moins d'un mois, est peu regardant à la dépense, veut s'amuser, dort la journée et ne sort qu'à la nuit tombée. Le client idéal pour ce pays dont le tourisme est la principale ressource ? Pas si simple. Car les Egyptiens entretiennent des sentiments mitigés vis-à-vis de ces touristes qu'ils méprisent et traitent de parvenus. Devant l'écrasant avantage économique des Saoudiens, ils en rajoutent dans le complexe de supériorité culturelle. «Ils croient que l'argent achète tout», affirme Mona, employée d'un hôtel de luxe de la capitale, en désignant un groupe au bord de la piscine. A côté des touristes en bikinis, des femmes camouflées sous de lourds niqabs noirs s'agglutinent sous un parasol. Une jeune Asiatique voilée s'occupe des enfants. Sur des transats, les yeux masqués par des lunettes noires, les hommes en dishdashas blanches claquent des doigts. Les serveurs accourent, multiplient les courbettes. Mona file avec les autres à la chasse au bakchich. Incitation. Si Le Caire, longtemps phare culturel du Proche-Orient, a toujours attiré les Arabes du Golfe, le phénomène s'est renforcé ces dernières années. Ceux qui partaient en vacances aux Etats-Unis ou en Europe ont aujourd'hui plus de difficultés à obtenir des visas et n'apprécient guère d'être suspectés de sympathies terroristes. Le ministère égyptien du Tourisme a su jouer sur cette situation en multipliant les mesures incitatives à l'égard des Saoudiens : outre les facilités douanières pour faire venir les véhicules, la procédure d'obtention des visas a été simplifiée. Par ailleurs, l'Egypte a mis sur pied une politique de vente à bas prix de terrains pour attirer les investissements touristiques, couplée à des allégements fiscaux. Bénédiction. La «saison arabe» ne profite pas qu'aux hôtels. Pour Magued Abdel Azim, agent immobilier, l'été est une bénédiction. De nombreux estivants préfèrent en effet louer de grands appartements meublés, dans des quartiers animés et commerçants, tels Mohandessin. «Selon la qualité des appartements, le tarif varie entre 50 et 200 euros par nuit.» Rafik Hazem, propriétaire de plusieurs appartements, refuse pourtant de profiter de ce marché. «Je ne veux pas louer aux Arabes, dit-il, gêné. Ils abîment tout, il faut tout refaire derrière eux.» Magued Abdel Azim balaie l'argument : «Les appartements loués par les Saoudiens rapportent en un été le triple que pendant l'année. Les propriétaires n'hésitent pas !» Même chose pour les commerces. Restaurants et cabarets ne désemplissent pas, et les magasins restent ouverts passé minuit. Incapable de rivaliser avec Dubaï, La Mecque de la consommation, l'Egypte a trouvé la parade en créant le festival du shopping, un mois de détaxes et de promotions, organisé en collaboration avec les plus grands hôtels de la capitale. Depuis l'an dernier, Le Caire s'est même doté d'une arme infaillible : CityStars, un quartier entier, gigantesque complexe d'hôtels, de centres commerciaux et de loisirs situé près de l'aéroport, créé pour répondre aux besoins de la clientèle saoudienne estivale. A en croire ses promoteurs, CityStars serait le plus grand centre de shopping et de loisir d'Europe et du Moyen-Orient. Un investissement de 800 millions de dollars, qui attire déjà ces touristes au portefeuille bien garni. Pétrodollars. Dans les hôtels du complexe, comme dans ceux du centre-ville, des concerts de stars arabes et des spectacles de danse orientale sont aussi organisés. La ville se transforme en colonie de vacances pour rois du pétrole. La mutation est surtout sensible la nuit, quand les jardins de l'hôtel Marriott se transforment en paseo pour jeunes minets saoudiens moulés dans leurs vêtements griffés. Au casino Omar Khayyam, les pétrodollars fusent sur le tapis vert et à la roulette. Sourire aux lèvres, des prostituées tentent de se presser contre les émirs, verres d'alcool à portée de main. Dans les cabarets plus miteux du centre-ville, certains viennent s'encanailler et jettent dédaigneusement quelques billets aux danseuses fatiguées. «Les Arabes viennent ici pour boire et mal se conduire», peste un commerçant. Pour Mohamed Hisham, qui vient chaque été avec six membres de sa famille et deux domestiques : «L'Egypte est une deuxième patrie, pour tous les Arabes. Mais les Egyptiens sont méprisants avec nous, en nous accusant de tous les torts possibles.» Des Egyptiens pourtant prêts à tout pour décrocher un emploi dans le Golfe, où les salaires sont dix fois supérieurs. Mais leur attitude mi-servile, mi-arrogante pourrait bien faire fuir la vache à lait. De plus en plus, Le Caire est délaissé au profit de Charm el-Cheikh, où l'hôtellerie et les casinos sont de qualité supérieure. Et où l'épaisseur du portefeuille des touristes efface tout préjugé. Libération |
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| très bon article, ça donne une idée assez précise de la pratique touristique dans ce pays... |
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ps: récemment ,les responsables en matiere (maroco-egyptiens)ont du s'entretenir pour partager la décote provenant de nos "saints" ! |
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| On aurait pu ecrire EXACTEMENT le meme article a propos des saoudiens qui visitent Genève (j'y vis je sais de quoi je parle), Marbella ou Cannes... ![]() Finalement a par prouver l'hypocrisie du système saoudien (on est des bons musulmans chez nous on se lache chez les autres) je ne vois pas l'interet...
__________________ "A cynic is a man who knows the price of everything but the value of nothing." |
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#5
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| Franchement, je trouve un peu exacerbé les reproches adressés aux saoudiens..C'est vrai, nombres d'émirs blindés de pétrodollars font la une parfois des "pages débauches", mais sincèrement, je ne pense pas que nous autres maghrébins soyons plus pieux dans l'ensemble qu'eux....Je pense que nous avons les mêmes vices mais que le niveau de vie nous fait défaut, à l'inverse de cette catégorie de saoudiens pour qui l'oseille ne pose pas problème...Ces derniers ont tout simplement les moyens d'assouvir leur débauche et voila tout...Mais croyez-moi que si bon nombre dee blédard avaient cette opportunité, ils agiraient de la même manière, voire pire...bref, recentrons-nous les défauts de nos sociétés et tentons d'y remédier... |
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#6
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| Citation:
__________________ "A cynic is a man who knows the price of everything but the value of nothing." |
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| Le truc, c'est que surtout les Saoudiens ont la plupart des lieux saints de l'Islam ils sont riches grâce aux pértodollars mais aussi grâce aux thunes "gagnées" sur le pélerinage à la Mecque donc, c pour ça qu'on critique bcp les Saoudiens qui vont se débaucher chez les voisins , je pense quant à leur schizophrénie, ça irait mieux, je pense si on faisait des lieux saint musulmans une sorte de Muslim-Vatican le Vatican, ce n'est pas l'Italie mais ptête que j'extrapole un peu trop là ![]() |
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#9
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| Citation:
En Italie, la grande mosquée de Rome, inaugurée le 21 juin 1995, peut accueillir 2.000 fidèles auxquels il faut ajouter les 3.000 places de l'autre salle de prière couverte du complexe et les 300 places de deux salles réservées aux femmes. Les édifices attenants à la mosquée, couverte de marbre blanc d'Italie, abritent une immense bibliothèque, une salle de musculation, trois salles de conférence et de multiples salles de réunions dont trois d'une capacité d'accueil de 4.000 personnes. Construit sur un terrain de trois hectares offert en 1975 par la mairie près du quartier le plus huppé de la capitale, les Parioli, son minaret de 39 mètres est bien en dessous de la croix de la basilique Saint-Pierre, à 140 mètres de hauteur. Son coût de 50 millions de dollars a été financé en majeure partie par l'Arabie saoudite, avec la contribution de 22 pays arabes ou musulmans. Source => : AFP.com |
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n'importe quoi... |
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