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| Le partenariat "modèle" entre le Maroc et l'Espagne en matière de migration, qui est le fruit d'une volonté politique partagée, a démontré que toutes les politiques coercitives ont leur limite, a affirmé Mme Nouzha Chekrouni, ministre déléguée chargée des Marocains résidant à l'étranger (RME). S'exprimant, lundi à Strasbourg, devant la Commission des migrations, des réfugiés et de la population de l'Assemblée parlementaire européenne (APCE), Mme Chekrouni a souligné qu'à travers ce partenariat, Rabat et Madrid ont pu démanteler des réseaux de trafiquants d'êtres humains et à réduire de manière significative la migration clandestine sans pour autant réussir à arriver à bout de ce fléau. L'éradication de ce phénomène reste tributaire du développement et du co-développement, de la solidarité et de la dimension des droits de la personne, a-t-elle dit. La question de la migration clandestine est "très préoccupante", a-t-elle ajouté, notant que le Maroc, de tradition émetteur de migrants, est devenu aujourd'hui un pays de transit et d'accueil des Subsahariens. Evoquant la conférence euro-africaine sur la migration et le développement, prévue les 10 et 11 juillet prochain à Rabat, la ministre a fait observer que cette rencontre a notamment pour objectif l'élaboration d'un plan d'action qui tient compte à la fois des aspects sécuritaires, du développement et de la solidarité. "Les relations Nord-Sud n'ont toujours pas évolué" Après avoir appelé le Conseil de l'Europe à soutenir cette initiative tripartite (Maroc, Espagne et France), elle a regretté la non participation de l'Algérie à cette conférence alors qu'elle est concernée en premier lieu par cette problématique. Mme Chekrouni a, d'autre part, relevé que depuis la mise en place de l'espace Schengen, les relations Nord-Sud n'ont toujours pas évolué dans le sens de la solidarité, notant que la migration illégale, que le Maroc a toujours dénoncée, expose les personnes à l'exploitation économique et les met en dehors de toute protection. "Conscient de sa responsabilité face à ce problème, le Maroc a préconisé que ces questions (...) nous interpellent tous en tant que décideurs", a-t-elle ajouté, estimant que "gérer les personnes humaines, c'est gérer d'abord un traumatisme de l'immigration" dans la mesure où les candidats sont pour la plupart poussés pour des raisons inhérentes notamment à la pauvreté, à l'instabilité politique, aux conflits armés et aux maladies. Elle a, par ailleurs, signalé que la migration régulière "se pose aujourd'hui pour nous en des termes d'intégration", soulignant qu'au Maroc, "nous préconisons ce partage de responsabilité pour aider les RME à mieux s'intégrer dans les sociétés d'accueil". La ministre a fait remarquer que l'apprentissage de la langue du pays d'accueil est la condition sine qua non pour l'intégration. A propos de "la dimension genre", Mme Chekrouni a indiqué que les femmes qui immigrent aujourd'hui sont plus que vulnérables et partant plus exposées à des problématiques liées à leur statut de femmes, relevant que "la notion genre" s'impose aujourd'hui comme un mécanisme très important à intégrer dans les politiques de planification afin que les femmes puissent avoir les mêmes chances que les hommes. Cette séance s'est déroulée en présence notamment de MM. Thomas Hammarberg, commissaire aux droits de l'Homme, Mevlut Cavusoglu, président de la Commission des migrations, des réfugiés et de la population de l'APCE, et Mohamed Alaoui Belrhiti, consul général du Maroc à Strasbourg. Voir aussi: Conférence Euro-Africaine sur la migration et le développement La Fondation Hassan II pour les MRE élue membre observateur de l'OIM Chronique : l’Union européenne à la croisée des chemins Transit-2006 : Plus de 2,7 millions de personnes et 700.000 véhicules attendus source : menara.ma |