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| Le Maroc est un pays du Maghreb, membre de la Ligue arabe et de l'Organisation de la conférence islamique. Sa longue côte donnant sur l'océan Atlantique se termine au-delà du détroit de Gibraltar sur la Méditerranée. Une monarchie constitutionnelle dirige le pays. Le souverain actuel est Mohammed VI. Royaume du Maroc المملكة المغربية (Al Mamlaka al-Maghrebiya) Devise nationale : arabe: الله، الوطن، الملك francais: Dieu, la Patrie, le Roi' Sahara occidental : Territoire revendiqué et contrôlé par le Maroc Langue officielle Arabe Langues parlées Arabe dialectal (Darija, Hassani) 50% berbère (dialectes Tachelhit, Tamazight et Tarifit) 50% français, espagnol Capitale Rabat 34°02′ N 6°51′ W Plus grande ville Casablanca Gouvernement Monarchie constitutionnelle Roi Mohammed VI Premier ministre Driss Jettou Religions Islam 99% Judaïsme 0,2% Chrétiens Moins de 0.01% Superficie - Totale - Eau (%) Classé 33e (sans SO : 450 000 km²) 710 550 km² 0,056% Population - Totale (2002) - Densité Classé 37e 29 950 000 hab. 42 hab./km² Point culminant Jebel Toubkal 4167 m Indépendance Déclarée : De la France 2 mars 1956 habitants : Marocains Monnaie Dirham marocain (MAD) Fuseau horaire UTC +0 Hymne national Hymne Chérifien Domaine internet .ma Indicatif téléphonique +212 Etymologie Le Maroc est appelé en arabe Al-Maghrib (المغرب , « Le Couchant ») comme le Maghreb, ou plus complètement Al-Maghrib Al-Aqsa (« le couchant lointain »), appellation permettant de faire la distinction entre les deux. Le nom français Maroc dérive lui de la prononciation espagnole de Marrakech Marruecos, ce qui a donné aussi Marrocos (en portugais), Morocco (en anglais), et Marokko (en allemand, norvégien et en néerlandais). Fondation de Fès par Idris Ier au VIIIe siècle. Son nom vient de Marrakech, ville fondée en 1070 et qui fut la capitale de trois dynasties (Almoravide, Almohade et Saâdienne). Dans l'Antiquité, les Grecs appelaient les habitants de la région les Maurusiens. À partir de cette appellation, la région (Maroc et Algérie occidentale) sera connue sous le nom de Maurétanie, avec Volubilis pour capitale. La région sera divisée en deux provinces par les Romains. On peut aussi rappeler que l'océan Atlantique doit son nom aux Atlantes, peuple du centre de l'Atlas et que le Maroc est le pays où les anciens situaient le mythique jardin des Hespérides. Nota : Ce paragraphe ne porte que sur le Maroc dans ses limites reconnues par la communauté internationale. Les éléments concernant le Sahara occidental (revendiqué et occupé en partie par le Maroc) ne sont traités que dans l'article dédié. Frontières terrestres (frontière sud contestée)1 559 km avec l'Algérie (son tracé n'est pas reconnu officiellement, ce qui remonte à la guerre des sables). 443 km avec le Sahara Occidental. 16 km avec l'Espagne (enclave de Ceuta : 6 km et enclave de Melilla : 10 km). Provinces Subdivisions du Maroc Le Maroc compte seize régions économiques : Oued-Eddahab-Lagouira, Chaouia-Ouardigha, Marrakech-Tensift-Al Haouz, l'Oriental, le Grand Casablanca, Rabat-Salé-Zemmour-Zaër, Doukkala-Abda,Tadla-Azilal, Meknès-Tafilalet, Fès-Boulemane,Taza-Taounate-Al Hoceima, Tanger-Tétouan, Souss-Massa-Draa, Guelmim-Esmara, Gharb-Cherarda-Beni Hsan, Laayoune-Boujdour-Sakia El Hamra et- Tétouan. Villes principales Casablanca, Rabat, Fès, Marrakech et Tanger forment d'immenses agglomérations dépassant le million d'habitants. Meknès, Agadir et Tétouan, sont de grandes villes dépassant 700000 habitants. Oujda, Salé, Kénitra et Mohammedia approchent 700000 habitants. Dernière modification par Radoudou ; 02/07/2006 à 23h28. |
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| Les Marocains sont d'origine diverses :Arabe, Berbère (Amazigh), Andalouse (venus d'Espagne), Africains subsahariens ou métissée entre toutes ces composantes .Les Arabes sont entrés au Maroc aux 7ème et 11ème siècles et y ont établi la culture arabo-musulmane, aujourd'hui dominante. Population 33 241 259 habitants Densité de la population 74,4 hab./km² Taux de croissance de la population 1,55 % Âge médian (population totale) - Hommes - Femmes 23,9 ans 23,4 ans 24,5 ans Structure par âge - 0-14 ans - 15-64 ans - 65 ans et plus 31,6 % 63,4 % 5,0 % Rapport de masculinité (population totale) - À la naisssance - Moins de 15 ans - 15-64 ans - 65 ans et plus 0,99 homme/femme 1,05 homme/femme 1,04 homme/femme 0,99 homme/femme 0,77 homme/femme Part de la population urbaine 58 % Natalité Natalité au Maroc Taux brut de natalité 21,98 ‰ Indice synthétique de fécondité 2,68 enfant(s)/femme Mortalité Mortalité au Maroc Taux brut de mortalité 5,58 ‰ Taux de mortalité infantile (population totale) - Hommes - Femmes 40,24 ‰ 43,99 ‰ 36,30 ‰ Espérance de vie à la naissance (population totale) - Hommes - Femmes 70,94 ans 68,62 ans 73,37 ans Migration et composition culturelle Migration et composition culturelle au Maroc Taux de migration nette -0,87 ‰ Composition ethnique - Arabes/Berbères - Autres - Juifs 99,1 % 0,7 % 0,2 % Religions - Islam - Christianisme - Judaïsme 98,7 % 1,1 % 0,2 % Composition linguistique - Arabe - Dialectes berbères - Français Autres indicateurs sociaux Autres indicateurs sociaux au Maroc Taux d'alphabétisation (population totale) - Hommes - Femmes 51,7 % 64,1 % 39,4 % Nombre moyen d'années passées à l'école 9 ans Taux de prévalence du SIDA (chez les adultes) 0,1 % Part de la population qui a accès à l'eau potable 80 % Taux de chômage 10,5 % Sources: The World Factbook, CIA[1]; ONU[3],[4] |
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| Economie Selon la Banque africaine de développement, le PIB du Maroc représente 7,5 % de celui du continent (2001), ce pays est la cinquième puissance économique d'Afrique, après l'Afrique du Sud, l'Algérie, l'Égypte et le Nigeria. Le PNB par habitant s'élève à 4 125 USD par habitant, D'après la Banque Mondiale, le classement du revenu national annuel des pays africains est le suivant : Afrique du Sud: 165,5 Milliards de dollars USD (Mds USD) soit 3630 USD par hab. Algérie: 102,2 Mds USD soit 3150 USD par hab. Égypte : 90 Mds USD soit 1310 USD par hab. Nigeria: 72,1 Mds USD soit 390 USD par hab. Maroc : 46,5 MDs USD soit 1520 USD par hab. L’économie marocaine évolue sur un rythme de croissance relativement stable. Elle a enregistré durant les dix dernières années un taux de croissance moyen de 3%. En effet, en 2001 et dans un contexte de contre performance du secteur agricole, de morosité de la conjoncture internationale, l’économie marocaine a enregistré un taux de croissance estimé à 6.5% contre 1% en 2000, 3.2% en 2002 et 5.5% en 2003. Les équilibres financiers sont progressivement restaurés. De 12% du produit intérieur brut (PIB) en 1982, le déficit budgétaire a été ramené à 2,7 en 2001 et à 3.5% en 2003. L’inflation est maîtrisée : de 6,1% en 1995, la hausse des prix a été ramenée sous la barre des 3%. En 2000, elle a été contenue à 2,5%, à 1.4% en 2001, à 2.1% en 2002 et à 1.2 en 2003. La reprise de l’investissement est également très nette dans le bilan de l’année 2003. Cette reprise a connu une hausse de 8% par rapport à 2002. Le lancement de grands travaux dans le secteur du bâtiment et travaux publics explique largement cette embellie des investissements. Autre signe de consolidation macroéconomique, le niveau de l’épargne nationale qui se situe aux environs de 26% du PIB, grâce essentiellement à la progression des transferts des marocains résidents à l’étranger (4.7%), au maintien à un niveau élevé des placements des avoirs extérieurs à l’étranger et à la baisse des charges et intérêts de la dette extérieure publique. Ainsi l’économie marocaine dispose d’un cadre macroéconomique sain susceptible de constituer un levier efficace pour la réalisation des objectifs de croissance durable, de résorption de chômage et de réduction de la pauvreté. Geographie Climat Le climat marocain est à la fois méditerranéen et atlantique, avec une saison sèche et chaude doublée d'une saison froide et humide, la fin de la période chaude étant marquée par les pluies d'octobre. La présence de la mer atténue les écarts de température, tempère les saisons et accroît l'humidité de l'air (400 à 800 mm de pluies sur le littoral). Dans l'intérieur, le climat varie en fonction de l'altitude. Les étés sont chauds et secs, surtout lorsque souffle le sirocco brûlant ou le chergui, vent d 'été venant du Sahara. A cette saison, les températures moyennes sont de 22°C à 24°C. Les hivers sont froids et pluvieux avec gel et neige fréquents. La température moyenne évolue alors de 12°C à 14°C et peut descendre exceptionnellement jusqu'à - 20° C. Le Maroc pré saharien et saharien a un climat désertique sec. Eco-systeme au Maroc Cour d'eau du Maroc Le Maroc possède beaucoup de cours d'eau (oueds) comme le: Bouregreg Moulouya Ouargha Oum Errabiaa Ourika Sebou Souss Ces cours d'eau se propagent vers les grands fleuves et éventuellement vers l'océan et la mer. Cependant, dépendamment des saisons, la quantité d'eau qu'ils contiennent varie. En fait, en hiver ils sont sujet au gel et en été, ils sont plutôt susceptible à la sécheresse. Ils n'offrent donc pas toujours une source sur laquelle on peut compter sans préoccupation. Cela représente d'ailleurs un grand problème pour le Maroc, surtout en ce qui concerne l'agriculture Faune du Maroc La diversité de la faune est un véritable trésor. Parmi les espèces exceptionnelles on peut citer : le cerf de Barbarie l'Ecureuil de l'atlas le dromadaire le Vautour les hérisson de l'atlas le dauphin le chacal le lynx l'antilope le fennec l'aigrette Le lion de l'atlas a complètement disparu. Par contre, les oiseaux sont encore très présent avec une grande diversité dans les espèces, ansi que Les serpents qui sont d'espèces diverses. Flore du Maroc Le Maroc possède une flore exceptionnellement variée et dense. Plus de 4500 espèces sont configurent la flore marocaine. Les variations du climat et du relief sont des élément fondamentaux pour expliquer une telle richesse florale. L'intérêt botanique du Maroc est intense et on citera seulement les 2 500 000 hectares de forêt qui contiennent: des cèdres des palmiers des thuyas des dattiers des amandiers des figuiers des oliviers des acacias des fruitiers des chênes-verts des chênes-lièges des pins l'eucalyptus des arbouses l'alfa et endémique arganier. |
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| Je n'ai pas tout lu, mais je le trouve chouette ton post ![]() |
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| Antiquité Les Phéniciens, commerçants entreprenants, s'installent sur les côtes du Maroc dés le XIe siècle av. J.-C. et fondent des ports-comptoirs comme Tingi (Tanger) ou Lixus (Larache) Anfa... Sala Colonia Les Romains s'y installent vers le IIe siècle av. J.-C., après la destruction de Carthage mais ils ne conquièrent qu'en 40 le royaume des Maures qui devient la Maurétanie tingitane (qui comprend outre le Maroc, la Mauritanie et une bonne partie de l'Algérie). Leur domination se limite aux plaines du nord (Volubilis près de Meknès), ayant à lutter sans cesse contre les Berbères montagnards. Au IIIe siècle, ils se cantonnent dans les régions côtières , ce parte du Hispaniae Les Berbères de l'Afrique du Nord Cette population habite le nord des pays du Maghreb : le Maroc, l'Algérie et la Tunisie et les îles Canaries. La plupart d'entre eux préfèrent le nom d’Amazighe ou hommes libres. Leur histoire est mouvementée. Le terme berbère, synonyme de « barbare » fut employé par les Romains pour designer les autres peuples de l'Antiquité (Gaulois, Germains, Peuples de l'Afrique du Nord…) comme privés de civilisation. Cette population habitait déjà les montagnes et les déserts des milliers d'années avant que l'islam y soit introduit au VIIe siècle. Ces populations sont les descendants des maurisius, fondateurs de l'empire carthaginois, ou celui de Maurétanie tingitane dont la capitale est Tingis (Tanger actuellement). Leurs principales villes préhistoriques : Tingis, Tetouan, Asila, Agador, Arzew, Tizi Ouzou, Bijaya, Setif… toutes situées dans le Maghreb ainsi que Cadix, en Espagne L'islamisation Émirat de Nekor Le royaume de Nekor était un émirat dans la zone qui correspond au Rif actuel au Maroc, avec une capitale au début à Temsamane puis plus tard à Nekor. Il a été fondé par un immigré d'origine arabe méridionale, Al-Himyari de Mansour d'ibn de Salih en 710, par succession califale. Il convertit les tribus locales berbères à l'islam. Fatigué par les restrictions de la religion, ils le chassent en faveur d'une personne connue sous le nom d'az-Zaydi de la tribu de Nafza. Les Berbères changent d'avis et rappellent ensuite Ibn Salih. La dynastie des Banu Salih règne sur la région jusqu'en 1019. À l'est, le royaume inclut les tribus de Zouagha et de Djeraoua d'Al-’Ais d'Abi d’ibn, à cinq jours de voyage de Nekor, encadrant au territoire du Matmata, Kebdana, Mernissa, Ghassasa du mont Herek, et de Qulu’Jarra, appartenant au Beni Ourtendi. À l'ouest, il est prolongé au Beni Marwan de Ghomara et au Beni Humayd, et a encadré le Mestassa et le Senhaja. Derrière elle s’étendait jusqu’à l'Awraba, la bande de Ferhun, du Beni Oulid, du Zenata, du Beni Irnian, et du Beni Merasen de la bande du seigneur de Qasim de Sa. Au nord, il était limité par la mer, à environ cinq milles de Nekor. En résumé, il occupait une certaine partie du rif marocain. Les souverains Banu Salih furent : Salih I ibn Mansur al-Himyari "al-’Abd as-Salih" (710-749) al-Mu’tasim ibn Salih (749-?), connu pour être très pieux. Idris I ibn Salih (?-760), qui decouvrit Nekor Sa’id I ibn Idris (760-803), qui a déplacé la capitale à Nekor. Sous son règne, Nekor fut saccagée par les Normands, qui capturèrent beaucoup de prisonniers, dont quelques-uns qui furent rachetés par le souverain omeyyade d'Espagne. Plus tard, une partie de la tribu de Ghomara s'est révolté, mené par une personne appelée Segguen ; leur révolte a été matée. Salih II ibn Sa’id (803-864), dont le frère a mené une révolte contre lui, mais a été vaincu. Sa’id I ibn Salihibn (864-916) ; son frère et oncle plus âgés ont mené une révolte non réussie contre lui, mais il a été finalement vaincu et tué par le général fatimide Messala ibn Habus, qui a conquis le secteur durant six mois. Cependant, ses fils ont fui à Malaga auprès du calife omeyyade, et sont revenus une fois que Messala était parti de la région et chassa avec succès sa garnison. Salih III ibn Sa’id (917-927) ; En remerciement, il a reconnu les califes omeyyade légitimes, de ce fait il transfère son allégeance nominale. Abd Al-Badi ibn Salih "el-Mu’ayyid" (927-929) ; il a été vaincu et tué par un autre général fatimide, Musa ibn Abi’l-Afiya, qui a encore détruit Nekor. Cependant, la ville a été reprise et reconstruite par Abu Ayyub Isma’il ibn ’Abd al-Malik ibn Abd ar-Rahman ibn Sa’id I ibn Salih (930?-935), qui a été vaincu et tué par encore un autre général fatimide, Sandal el-mawla. Cependant, quand Sandal est parti pour Fez, installant un gouverneur appelé Marmazu de la tribu des Ketama, les habitants se sont rebellés et installèrent à nouveau un autre membre de la dynastie. Musa ibn Roumi ibn Abd as-Sami’ ibn Salih ibn Idris I ibn Salih (936?-940), qui a défait Marmazu et a envoyé sa tête au Calife omeyyade à Cordoue. Cependant, il a été bientôt exilé par son parent : Abd as-Sami’ ibn Jurthum ibn Idris ibn Salih I ibn Mansour (940-947). Son peuple se revolta et le tua. Le peuple fit venir un de ses parents de Malaga. Jurthoum ibn Ahmad ibn Ziyadat Allah ibn Sa’id I ibn Idris (947-970), qui adopta l’École de jurisprudence malékite. Dès lors, le royaume demeura sous cette souveraineté jusqu'à ce que l'émir Azdâji Ya’la ibn Futuh l'ait conquise en 1019 et ait chassé la famille regnante. |
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| Idrissides (789 - Xe siècle) Tandis que se reconstituent de petits royaumes berbères au sud du pays, notamment dans le Tafilalet, un prince arabe de la famille des Alouide (déscendant d'Ali, quatrième calife de l'islam) se réfugie dans le Moyen Atlas et les Berbères locaux le portent à leur tête en 789 sous le nom d'Idriss Ier. Il est assassiné par un agent du calife mais son fils posthume, Idriss II, arrive à fonder la première pays on Maroc, avec Fès pour capitale. Peu avant l'An Mil, les Idrissides disparaissent, victimes des Fatimides, venus de Tunisie puis d'Égypte, et des Omeyyades de l'émirat de Cordoue, en Espagne. Une nouvelle dynastie, proprement berbère, se lève dans les dunes du Sahara, au sein de la tribu des Sanhadja, proches parents des Touaregs. Le 5 février 789, un prince arabe chassé de Bagdad se fait reconnaître comme roi par les Berbères d'Afrique du Nord. C'est la naissance du Fes, deuxième État musulman après l'Omeyyades d'Espagne à s'émanciper du califat de Bagdad. Les disciples du prophète Mahomet s'étaient emparés de l'Afrique du Nord en quelques années. Mais les tribus berbères des montagnes n'avaient eu de cesse de se révolter contre les envahisseurs arabes. Fuyant les combats entre factions musulmanes, un prince arabe (on dit aussi chérif) se réfugie dans le Moyen Atlas. Il s'appelle Idriss et n'est autre qu'un petit-fils d'Ali et de Fatima, la fille de Mahomet. Idriss est accueilli par la tribu berbère des Aouraba, qui vit autour de Volubilis (Oualila en berbère), une ville créée par les Romains au cœur de la Maurétanie Tingitane. Reconnu comme roi, le nouveau venu rejette l'autorité du calife de Bagdad et prend le nom d'Idriss Ier. Après trois ans de règne, il est assassiné par un agent du calife Haroun al-Rachid. Mais il laisse une femme enceinte. Celle-ci donne le jour à un fils qui règnera plus tard sous le nom d'Idriss II. Le nouveau roi unifie le nord du Maroc autour de sa dynastie, les Idrissides. Il quitte Oualila et transfère sa capitale à Fès, dans une magnifique vallée du Moyen Atlas. La ville devient ainsi le premier foyer de la culture marocaine. Adossé aux premiers versants du massif du Zehroun, au-dessus de la plaine fertile de Meknès, le village de Moulay Idriss entoure de ses maisons blanches la tombe du premier roi du Fes. À quelques kilomètres de ce haut lieu de pèlerinage, on peut aussi flâner dans les ruines émouvantes de la cité romaine de Volubilis. Le royaume va vivre dans une farouche indépendance, non sans développer des relations étroites et parfois violentes avec l'califat Omeyyades d'Espagne. La culture marocaine, fécondée par les tribus nomades du Sud saharien, s'est développée en complète autonomie, à l'écart des influences arabes et turques. Les minarets à section carrée, tels que la Koutoubia de Marrakech ou la Giralda de Séville (copie conforme de la première), en sont l'illustration. Ils se distinguent des minarets fuselés d'inspiration turque que l'on retrouve en Algérie, en Tunisie et au-delà. Almoravides (1069-1147) Les Sanhadja sont organisés sous la forme d'une confrérie religieuse et combattante. On les appelle Almoravides, de l'arabe el-morabitum qui veut dire : ceux du ribât, le ribât désignant une sorte de monastère musulman. Ils détruisent le royaume africain du Ghana, sur les bords du Niger, en 1058, avant de remonter vers le nord sous la conduite de Youssef ben Tachfin (ou Youssouf ibn Tachfin). Dans une oasis au pied du Haut Atlas, le chef des Almoravides fonde Marrakech, deuxième ville impériale du Maroc, qui donnera son nom au pays. Puis il conquiert la moitié de l'Afrique du Nord. Il traverse enfin le détroit de Gibraltar pour secourir les émirs omeyyades, en butte à l'offensive du roi chrétien de Castille Alphonse VI (assisté d'un fameux chevalier, le Cid). Les Almoravides écrasent les Castillans à Zallaca (aujourd'hui Sagrajas) en 1086. Marrakech devient la capitale d'un empire immense, du Niger au Tage, mais celui-ci est fragilisé par le dogmatisme et l'intolérance religieuse des Almoravides. Almohades (1147-1248) Dans le Haut Atlas, un lettré du nom d'Ibn Toumert prêche le retour à une foi en l'unicité de Dieu. Lui-même se présente comme un «Mahdi» (envoyé de Dieu). Après sa mort, ses disciples, les Almohades (d'un mot arabe qui désignent ceux qui proclament l'unicité de Dieu) partent en guerre contre les Almoravides sous la conduite d'Abd el-Moumin. Celui-ci défait les Almoravides en 1147 et, s'arrogeant le titre religieux de calife, s'occupe de consolider l'administration de son État et de fonder des universités. On lui doit la célèbre Koutoubia de Marrakech. Ses descendants vont régner avec brio sur l'empire marocain pendant un demi-siècle, jusqu'à ce qu'ils soient eux-mêmes défaits par les chrétiens en 1212 à Las Navas de Tolosa. Mérinides (1248-1465) Au Maroc proprement dit, le chef berbère Abou Yahia chasse les derniers Almohades et fonde la dynastie des Mérinides. Après quelques belles réalisations dans les domaines artistiques et culturels, les Mérinides manifestent leur faiblesse face à l'expansion des Portugais qui occupent le port de Ceuta, près du détroit de Gibraltar, en 1415, et commencent de grignoter le littoral. Dynastie Wattasside (1465-1555) Les Wattassides ou Ouattassides ou Banû Watâs venaient d'une tribu berbères Zénètes comme les sultans Mérinides. Ces deux familles étaient apparentées et les Mérinides ont recruté de nombreux vizirs chez les Wattassides. Les vizirs wattassides prirent peu à peu le pouvoir que le dernier sultan mérinides perdit complètement en 1465. Il s'en suivit une période de confusion qui dura jusqu'en 1472. Le Maroc se trouva coupé en deux avec au sud une dynastie arabe émergeante, les Saadiens, et au nord le sultanat wattasside. En 1472, les Mérinides venaient de perdre leurs territoires andalous et ils ne conservaient plus que Gibraltar (1340) et les Hispaniques commençaient à occuper les côtes, Ceuta avait été prise par les Portugais (1415). En dépits de leurs rivalités les musulmans et les chrétiens continuaient à avoir de bonnes relations commerciales. Les Wattassides donneront finalement le pouvoir à une dynastie se réclamant de ses origines arabes chérifienne les Saadiens (1554). Cette période d'un siècle, marque un regain de la foi musulmane. |
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| Saadiens (1555-1659) Au début du XVIe siècle, les Saadiens, des Berbères venus de la vallée du Draâ, exaspérés par les offensives chrétiennes, se révoltent contre les Mérinides et chassent ceux-ci du pouvoir. Fondant leur propre dynastie, ils entament une guerre sainte contre les Portugais. C'est ainsi qu'Agadir est reprise en 1541… Dans le même temps, les Saadiens s'allient aux Espagnols pour faire face à la menace turque ! Le bouquet final a lieu le 4 août 1578, près de Ksar el-Kébir (ou Alcazar Quivir), au nord du pays, quand Sébastien (24 ans), roi du Portugal, se porte avec 20 000 hommes à la rencontre du sultan saadien Abd el-Malik, lui-même à la tête de 50 000 hommes. Sébastien a un allié en la personne d'un ancien souverain du Maroc, El Motaouakil. La bataille tourne au désastre pour le Portugais et son allié. Leurs armées sont battues et eux-mêmes se noient dans l'oued el Makhazen. Leur adversaire n'a pas lui-même l'occasion de savourer sa victoire car il est tué au cours des combats. Cette bataille, appelée «bataille des Trois Rois», allait entraîner deux ans plus tard l'annexion du Portugal par l'Espagne ! Ahmed IV el-Mansour, successeur d'Abd el-Malik, va porter la dynastie saadienne à son apogée. Une expédition victorieuse contre l'empire africain du Songhaï, en 1591, va lui permettre d'enrichir sa capitale avec l'or du Soudan. Chronologie 1524 : La famille saadienne se rend maîtresse de Marrakech. Il s’agit d’une lignée chérifienne originaire du Hedjaz dont l’un des chefs Abou Abdallah, disparu en 1517, avait rallié derrière lui le Sous pour lutter contre les Portugais. Le rôle grandissant des Saadiens va de pair avec l’essor des zaouias ou confréries, et l’autorité spirituelle grandissante des marabouts, phénomène fréquent en période de crise alors que l’islam paraît menacé. Mohammed el-Jazouli, chef d’une puissante zaouïa du Sous, a ainsi soutenu dès 1511 la désignation comme chef de guerre d’Abou Abdallah surnommé « Celui qui est appelé par Dieu ». 1524-1550 : Règne d’Ahmed al-Wattassi. Il doit reconnaître aux Saadiens une indépendance de fait dans les régions du Sud. Quand il se décide à marcher sur Marrakech en 1528, il est battu et doit se replier. Deux fils d’Abou Abdallah se partagent alors le pouvoir dans le sud du pays : Ahmed el-Arej règne à Marrakech, Mohammed ech-Cheikh est gouverneur du Sous. 1537 : Victorieux des Wattassides à l’Oued-el-Abid, les Saadiens obtiennent le partage du Maroc en deux royaumes dont la frontière est située à hauteur de la région du Tadla. 1541 : Les Saadiens arrachent Agadir aux Portugais et apparaissent comme les défenseurs de l’Islam alors que, trop faibles, les Wattassides cherchent à négocier avec les chrétiens. La chute d’Agadir marque le début du reflux portugais. Azemmour et Safi sont bientôt évacués et, après la prise de Fès, par les Saadiens, El-Ksar-es-Sghir et Arzila sont abandonnés à leur tour en 1550. À cette date, les Portugais ne conservent plus que Tanger, Ceuta et Mazagan. 1548 : Fait prisonnier par les Saadiens, le sultan est libéré contre l’abandon de Meknès. 1550 : Prise de Fès par les Saadiens. 1552 : Échec des tentatives saadiennes dans l’ouest (l’actuelle Algérie). 1554 : Appuyé par les Turcs d’Alger, Bou Hassoun, un Wattasside reprend Fès mais cette restauration est éphémère car Bou Hassoun est finalement vaincu et tué dans le Tadla par le Saadien Mohammed ech-Cheikh qui récupère Fès. Les derniers Wattassides sont massacrés par des pirates alors qu’ils fuyaient le Maroc. 1554-1557 : Règne de Mohammed ech-Cheikh sur un Maroc réunifié, dont la capitale est transférée de Fès à Marrakech. Le sultan saadians, inquiet des ambitions ottomanes, se tourne alors vers l’Espagne de Philippe II et négocie secrètement avec le comte d’Alcaudete, gouverneur espagnol d’Oran, pour agir contre Alger mais les Turcs devancent l’offensive prévue et assiègent sans succès Oran, alors que les Saadiens échouent devant Tlemcen. 1557 : Mohammed ech-Cheikh est assassiné par un transfuge turc qui s’était mis à son service et sa tête est portée à Alger puis envoyée à Constantinople. Les troupes algéroises menacent Fès après une bataille indécise livrée sur l’oued Sebou mais une sortie des forces espagnoles d’Oran les contraint au repli. 1557-1574 : Règne d’Abou Mohammed Abdallah el-Ghalib Billah. Il échoue dans sa tentative contre Mazagan et la révolte morisque de Grenade gêne sa volonté d’alliance avec l’Espagne contre la menace ottomane. Celle-ci apparaît moins dangereuse après que les flottes chrétiennes ont battu à Lépante celle du sultan, en octobre 1571. 1574-1576 : Règne de Mohammed el-Moutaoukil, l’aîné des fils de Mohammed el-Ghalib alors que, selon la tradition, le frère aîné du défunt, Abdelmalek, aurait dû lui succéder. Abdelmalek, qui a combattu dans les armées ottomanes, bénéficie du soutien du sultan turc qui cherche ainsi à installer enfin la puissance ottomane au Maroc. Abdelmalek peut ainsi envahir le pays avec une puissante armée turque et il s’empare de Fès, puis de Marrakech après avoir battu son neveu près de Rabat. Celui-ci recherche alors l’appui du roi du Portugal Sébastien, qui espère ainsi prendre pied de nouveau sur les côtes marocaines. 1576-1578 : Règne d’Abdelmalek el-Moatassem Billah. Il cherche à écarter l’allié turc qui lui a permis de s’installer au pouvoir car il comprend que le sultan de Constantinople constitue la principale menace pour l’indépendance marocaine, autrement dangereuse que celle de l’Espagne de Philippe II, contrainte de disperser ses efforts d’Italie aux Flandres. 1578-1603 : Règne d’Ahmed el-Mansour, le frère d’Abdelmalek. Son règne correspond à une période de paix qui voit l’Empire ottoman renoncer à ses ambitions en direction de l’ouest, ce qui contribue à fortifier l’indépendance saadians. 1581 : S’emparent des oasis du Touat qui constituaient une étape obligatoire sur la route menant du Sud algérien vers Tombouctou et Gao, une route qui avait progressivement supplanté celle passant par le Tafilalet. Le déclin du commerce transsaharien – dont les caravanes sont maintenant concurrencées par les caravelles portugaises qui vont directement sur les côtes guinéennes – et la volonté de contrôler les salines de Teghaza dont s’est emparé l’empire songhaï de Gao conduisent naturellement le Maroc à se tourner vers ces régions pour rétablir des échanges qui, pendant au moins sept siècles, s’étaient révélés très fructueux pour lui. 1603 : À la mort du sultan, emporté par une épidémie de peste, le pays voit bientôt s’affronter ses fils proclamés sultans, l’un à Fès, l’autre à Marrakech. Moulay Zidane sort finalement vainqueur de la lutte l’opposant à ses frères Abou Faris et Al-Mamoun. Au cours des quarante ans qui suivent, plusieurs sultans saadiens se succèdent à Fès d’une part, à Marrakech de l’autre. Il faut attendre la victoire des Alaouites pour voir l’ordre et l’unité rétablis. 1609-1614 : Expulsion des Morisques d’Espagne. Un grand nombre d’entre eux vient s’installer au Maroc : ceux venus d’Estrémadure près de Rabat, d’autres à Salé où ils fondent une république corsaire appelée à devenir fameuse et à multiplier ses expéditions dans tout l’Atlantique. 4 août 1578 : la bataille des Trois Rois Le roi du Portugal Sébastien Ier, allié au roi d'Espagne Philippe II, tente de renverser le sultan du Maroc Abd al-Malik. Lors de l'affrontement à Ksar el-Kébir (Maroc), les 40 000 cavaliers du sultan anéantissent les troupes portugaises. Abd al-Malik et le jeune roi Sébastien, qui ne rêvait que de croisade contre les Infidèles, sont tués dans la bataille. Philippe II prendra possession du Portugal, tandis que le frère du sultan, Ahmed al-Mansour, montera sur le trône saadien. Le blason du Saadiens, est redoré En 1578, Sébastien, roi du Portugal, rassemble une armée chrétienne forte de dix-sept mille hommes pour conquérir le Maroc. Il peut compter sur l'alliance d'un des princes de la dynastie saadienne qui gouverne le pays, Muhammad al-Mutawakkil. Chassé du pouvoir par son oncle, il espère le regagner grâce au soutien des Portugais, installés depuis longtemps dans plusieurs places fortes côtières : Ceuta, Tanger, Mazagan. Partie de Lisbonne le 24 juin, débarquée à Arzila (Asilah), l'armée de Sébastien s'enfonce dans les terres à la rencontre de son adversaire, Moulay'Abd al-Mâlik. |
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| sa va copier coller c est pas dure ? |
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| La bataille a lieu le 4 août au voisinage de la rivière Ouedd al-Makhâzin. Après avoir un moment cru en la victoire, les Portugais sont mis en déroute et, chose tenue pour inouïe et mémorable par tous les chroniqueurs, les trois rois engagés dans le combat y trouvent la mort. « C'est un grand secret de Dieu que moururent, en l'espace d'une heure, trois grands rois dont deux étaient si puissants », écrit, deux semaines après l'événement, le médecin juif d'Abd al-Mâlik. Un captif portugais, détenu à Fès, souligne l'extraordinaire d'un « événement si nouveau et insolite, jamais vu ni jamais raconté dans aucune histoire du monde, de la mort de trois grands rois en une rencontre, l'un du côté des vainqueurs et deux du côté des vaincus ». À l'autre extrémité du monde méditerranéen, en Asie mineure, au cœur de l'empire ottoman, le chroniqueur al-Djannâbi lui fait écho en déclarant : « Dans nulle autre bataille on ne vit, comme dans celle-là, périr trois rois à la fois. Louange à Dieu et à ses volontés. » « Au point de départ, un événement : une guerre qui présente l'économie d'une tragédie classique. Elle se joue en quelques heures, en une seule bataille, qui s'achève par une victoire éclatante du Saadiens sur le Portugal. Trois princes trouvent la mort au cours de l'affrontement. Guerre meurtrière, une des plus sanglante du XVIe siècle, elle marque un tournant décisif dans l'histoire du face-à-face entre islam et chrétienté. On sut partout qu'elle resterait gravée dans les mémoires. « Pour les chroniqueurs arabes, enrôlés au service du vainqueur, Ahmad al-Mansûr, qui était le frère du roi mort, il s'agit de construire une mémoire officielle exaltant la victoire sur les chrétiens mais marquant également l'indépendance du prince saadien vis-à-vis du sultan ottoman. Disputée entre le monarque et le saint, la mémoire de la bataille des trois rois suscite en terre marocaine une pluralité de récits : historiques, hagiographiques, folkloriques. Mais, curieusement, elle ne fait l'objet d'aucune célébration. Seules les communautés juives établies dans le nord du pays et habitées par le ressentiment contre ceux qui les ont expulsées de la péninsule ibérique fêtent la défaite du roi Sébastien lors du Pûrim de los cristianos, le premier elul de chaque année. Le texte biblique est mobilisé pour donner la signification de l'événement : la dévastation de la communauté juive de Marrakech par Muhammad al-Mutawakkil est identifiée à la destruction du Temple, le roi Sébastien à l'Hamam du Livre d'Esther qui a décidé l'extermination de tous les juifs, sa défaite à l'exécution de ce dernier. Comme Pûrim célèbre l'éloignement de la menace de destruction qui pesait sur Mardochée et les siens, le nouveau pûrim, institué par les rabbins après la bataille de 1578 (5338 dans le calendrier juif), rend grâce à Dieu d'avoir détourné un péril mortel. Au Portugal, les lendemains de la défaite sont ceux du refus de mémoire. Ce n'est qu'en 1607 qu'est publiée la première relation en portugais de la bataille qui jusqu'alors n'avait fait l'objet que de textes manuscrits, accusant le roi de légèreté et d'imprudence. Malgré les inhumations réitérées de Sébastien (à Alcacer Quibir au lendemain de la bataille, à Ceuta, dans l'église des Trinitaires, en décembre 1578, à Belem, dans le couvent des Hiéronymites en novembre 1582), la croyance s'installe que le roi n'a point été tué sur le champ de bataille et qu'il fera retour, restaurant la grandeur du Portugal. Après d'autres, Lucette Valensi s'attache à comprendre le mystère du sébastianisme, ce messianisme puissant et durable qui convertit en mythe central de l'identité nationale le souvenir d'un roi vaincu. Elle en montre les raisons : l'incertitude sur le sort du roi au soir de la défaite, l'opposition au roi d'Espagne qui, en 1580, s'est emparé de la couronne du Portugal laissée sans héritier, l'impossibilité du travail du deuil pour ceux restés en terre africaine. Le retour attendu, prophétisé du roi donne force à l'espérance : ceux que l'on dit morts ne le sont peut-être pas, et le royaume ne saurait demeurer longtemps entre des mains étrangères. Elle en marque, aussi, les récurrences : au Portugal où les faux Sébastien se multiplient jusqu'au début du dix-septième siècle et où la croyance prophétique resurgit dans chaque moment de crise (par exemple dans les années qui précèdent 1640 et le retour à l'indépendance ou lors de l'occupation des troupes napoléoniennes), mais aussi au Brésil où le mythe prend au dix-neuvième siècle la dimension d'une protestation sociale et d'une promesse eschatologique. Le travail de la mémoire sur la bataille de 1578 ne se réduit cependant pas au sébastianisme, aussi important soit-il. À partir de lui, c'est toute l'histoire portugaise qui peut être pensée et écrite. Comme son roi, la nation et son peuple connaîtront la restauration de leur grandeur après le temps des épreuves voulu par Dieu. Le désastre d'Alcâcer a été annoncé : après seize générations, la félicité de la monarchie portugaise, commencée avec une autre bataille _ celle d'Ourique en 1139 _ devait être interrompue, pour mieux reprendre ensuite. Chez les chroniqueurs du dix-septième, jamais ne faiblit la certitude dans le triomphe du Portugal, nouvel Israël, qui fondera le cinquième empire de la prophétie de Daniel. De là ce paradoxe, sans doute unique, qui lit dans une défaite accablante où le royaume perd son prince, sa noblesse et son indépendance, les signes indubitables d'une élection. Par un paradoxe quasi inverse, ce n'est que fort tard, après l'indépendance, que le Maroc réinventera la victoire de Wâd al-Makhâzin comme une date et un lieu qui fondent l'histoire nationale. L'interprétation en demeure d'ailleurs, comme dans les temps anciens, disputée entre la monarchie et les religieux. » Conquête de l'empire Songhaï LA Naissance de l'empire Le Songhai est né huit siècles plus tôt, à l'époque des Mérovingiens et de Mahomet (VIIe siècle), autour de la petite ville de Koukia, dans la boucle du Niger. Il prospère rapidement grâce au commerce transsaharien, en expédiant vers l'Afrique du Nord du sel et de l'or mais aussi de l'ambre gris, de la gomme arabique, des peaux de léopards et… des esclaves. Il reçoit en contrepartie du Maghreb des produits manufacturés (bijoux, armes, étoffes, miroirs…) ainsi que des produits agricoles (blé, chevaux…). Les souverains se convertissent bientôt à l'islam et s'établissent à Gao, sur le Niger. La ville voisine de Tombouctou devient le point de regroupement des caravanes et le centre du commerce transsaharien, ce qui en fait non seulement la métropole économique de l'empire mais aussi le principal centre religieux et intellectuel. Cette cité mystérieuse s'honore alors de nombreux monuments en pisé (mélange de terre et de paille), telles les mosquées Jingereber, Sidi Yaya et Sankore. Le Français René Caillié la découvrira bien plus tard. Vers l'an 1300, le Songhai passe sous la coupe de l'empire du Mali. Mais il retrouve son indépendance sous le règne de Sonni Ali, mort en 1492. Celui-ci tente de préserver la culture africaine de son royaume. Il combat les Peuls et les Touaregs, ainsi que les lettrés musulmans de la ville sainte de Tombouctou. Le successeur de Sonni Ali, Mohammed Touré, prend le contrepied de sa politique. Avec une extrême brutalité que rapporte le voyageur Léon l'Africain, il achève d'islamiser le royaume et fonde la dynastie des Askia. Le commerce d'esclaves vers le Maroc devient plus que jamais florissant. Mais le Songhai finit par entrer en conflit avec le saadien pour la possession des mines de sel du désert. |
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| La conquête À la fin du XVIe siècle, le sultan saadien Ahmed IV el-Mansour, qui a déjà à son actif une victoire sur les Portugais, s'inquiète du fléchissement des livraisons d'or au Maroc, via l'oasis de Sijilmasa, au nord du Sahara. Il souhaite s'approprier ce commerce ainsi que celui, très important, du sel. A ce titre, il revendique les salines de Teghaza, en plein désert, qui font partie du Songhai. En 1589, il envoie vers le Niger une puissante expédition sous le commandement du pacha Djouder (on écrit aussi Jouder), un eunuque aux yeux bleus originaire de Grenade. Les troupes marocaines sont fortes de quelques milliers d'hommes, dont plusieurs centaines qui viennent d'Espagne comme leur chef. Elles sont armées d'arquebuses et disposent pour leur ravitaillement de 8 000 chameaux et un millier de chevaux de bât. Elles ne font qu'une bouchée des dizaines de milliers de soldats songhai, mal commandés par l'Askia Ishaq II. L'Askia propose aux Saadians un généreux tribut et le monopole du commerce du sel en échange de leur départ. Mais le sultan refuse. Son armée, commandée par un nouveau chef du nom de Mahmoud, poursuit les troupes du Songhai et les écrase complètement cependant que l'Askia est massacré par des rebelles. Par l'intermédiaire d'un pacha, le sultan saadians impose désormais sa domination sur toute la frange méridionale du Sahara, le Soudan (de l'expression arabe Bilad al-Sudan, qui signifie «pays des Noirs»)… Mais le commerce avec Sijilmasa et le Saadians ne se redresse pas pour autant. Tombouctou, en déclin, tombe sous la coupe de familles afro-marocaines. C'en est fini des grands royaumes africains. Maroc (1660 - 1912) Les Saadiens ne tardent pas à être victimes de nouveaux-venus, les Dynastie Alaouite du Tafilalet, qui tirent leur nom d'une lointaine parenté avec Ali, le gendre du Prophète ! C'est l'héritier de cette dynastie, en la personne de Mohammed VI, qui dirige aujourd'hui le Maroc. Le fils du fondateur, Moulay Ismaïl, contemporain de Louis XIV, déplace sa capitale à Meknès, à 60 kilomètres de Fès et non loin de l'antique Volubilis. Il repousse différentes offensives européennes et lutte avec un certain succès contre les tribus berbères insoumises des montagnes. Période pré-coloniale L'Espagne, ulcérée par les succès des colonisations accomplies par la France, s'est jetée sur les Jaâfarine, îlots en Méditerranée qu'elle occupa en mai 1848. Et pour noyer sa déconfiture politique interne, provoque la guerre de Tétouan en 1859-1860 ce qui imposa au Maroc de nouvelles et lourdes pertes humaines en sus de l'indemnité de guerre qui aggrava encore plus sa désastreuse économie. Son hégémonisme ne fut stoppé que par le sultan Moulay Hassan 1er, mais à son décès en 1890, et la mort du Régent, Ben Moussa dit Ba Ahmad en 1900, les manœuvres coloniales reprennent de plus belle sur le Maroc, la France en premier, occupa et intégra d'immenses terres marocaines dans son département de l'Algérie française entre 1902 et 1904. Il s'agit outre Lalla Maghnia et le Sahara central touchant la frontière du Mali, le Touat, Tidikelt, la Saoura, Béchar, Jorf Torba, Abbadia, Métarfa, Hassi Regel, N'khaila, El Hamira, Kenadsa, Sahela, Merkala, Timimoun, etc. La Conférence Internationale tenue à Algésiras en 1906 sur le Maroc, a aboutit au traité de Fès, instituant le régime du protectorat français le 30 mars 1912, et le sous protectorat espagnol sur le nord du Maroc (Tanger exclue) en octobre de la même année. 1894 : mort de Moulay-al-Hasan, proclamation du nouveau sultan, le jeune Moulay Abd el-Aziz. Mais la réalité du pouvoir appartient à Ba Ahmed, ce qui montre l’influence des éléments noirs dans les affaires marocaines. 1900 : les finances marocaines prospèrent grâce aux résultats de l’action économique de Moulay al-Hasan. Cela garantit au Maroc l’indépendance nationale. 1900 : mort de Ba Ahmed qui est remplacé par le prodigue Moulay Abd el-Aziz. Ces dépenses favorisent l’intervention des organismes de crédit européens dont la banque de Paris et des Pays-Bas. [modifier] Coup de Tanger Le 31 mars 1905 survient le «coup de Tanger», à l'initiative de l'empereur d'Allemagne Guillaume II. Il va précipiter la mainmise de la France sur le sultanat du Maroc. Ce pays qui avait conservé son indépendance contre vents et marées pendant douze siècles va devoir supporter le protectorat français pendant quatre décennies. Depuis qu'elle a occupé et colonisé l'Algérie, la France se préoccupe de la sécurité des confins algéro-marocains et lorgne sur le sultanat voisin, l'un des derniers pays indépendants d'Afrique. Ses commerçants et entrepreneurs s'y montrent très actifs, notamment à Casablanca, un port de création récente. En concluant en 1904 l'Entente cordiale, la Grande-Bretagne accepte le principe d'un protectorat français sur le Maroc. Mais l'empereur allemand Guillaume II, quelque peu mégalomaniaque, ne l'entend pas de cette oreille. Non content de sa suprématie sur le continent européen, il veut avoir sa part des conquêtes coloniales. En vue de prévenir la mainmise de la France sur le Maroc, il débarque théâtralement à Tanger, au nord du sultanat, traverse la ville à cheval, à la tête d'un imposant cortège, et va à la rencontre du sultan Abd-ul-Aziz pour l'assurer de son appui. Ce «coup de Tanger» entraîne une poussée de germanophobie en France et la démission du ministre français des Affaires étrangères, Théodore Delcassé. Il débouche aussi sur la réunion l'année suivante, du 16 janvier au 7 avril 1906, d'une conférence internationale à Algésiras, au sud de l'Espagne. Elle confirme l'indépendance du Maroc (indépendance qui ressemble plutôt à une mise sous tutelle internationale). Elle rappelle le droit d'accès de toutes les entreprises occidentales à son marché… Mais au grand dam de Guillaume II, elle établit aussi implicitement des «droits» particuliers de la France sur l'empire chérifien : c'est ainsi que la France et l'Espagne se voient confier la police des ports marocains et un Français est chargé de présider la Banque d'État du Maroc. La conférence d'Algesiras 1906 : une trêve dans le partage du Maroc L'introduction des réformes imposées à certains pays par les puissances européennes tout au long du XIXe siècle et au début du XXe fut le prétexte dont ces dernières se prévalurent pour exercer leur domination coloniale plus ou moins couverte ou déclarée, selon les circonstances. La puissance qui obtiendrait la prépondérance dans l'introduction des réformes, fondamentalement d'ordre militaire et économique, serait aussi celle qui réussira à occuper dans ces pays une position politique et économique prédominante. Deux empires nous viennent tout de suite à l´esprit, tous deux musulmans, à qui l'on pouvait appliquer ce qui précède, l'ottoman et le chérifien, dénommés par les Européens, le premier «l'homme malade de l'Orient», et le second «l'homme malade de l'Occident». Il n'est guère de doute que le Maroc faisait depuis longtemps partie des pays avec lesquels les puissances européennes ou d'autres latitudes signèrent des accords internationaux sur un pied d'égalité. Pour ne nous référer qu'à certains, il convient de mentionner l'accord de paix et d'amitié entre la France et le Maroc, signé le 28 mai 1767, quand régnait en France Louis XV et au Maroc le Sultan Moulay Mohamed, accord qui avait comme base et fondement, celui souscrit antérieurement par Louis XIV et Moulay Ismaïl en 1682. À l'instar de celui signé avec la France, le Maroc signa au XVIIIe siècle avec d'autres puissances des accords d'amitié et de commerce : Avec l'Espagne le 28 mars 1767 à Marrakech à l'occasion du voyage de l'ambassadeur Jorge Juan, intendant général de l'armée espagnole, envoyé par le roi Carlos II et le 30 mai 1780 en Aranjuez le 30 mai par l'ambassadeur et le Grand Vizir du Sultan Mohamed ben Othman et le comte de Floridablanca ; avec le Royaume des Deux-Siciles en 1781, par l'intermédiaire de l'Espagne; et en 1786, aussi par l'intermédiaire de l'Espagne, un traité de paix avec les États-Unis d'Amérique, trois ans après que ces derniers eurent obtenu leur indépendance. |
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