Le maroc en chiffre et mots


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Vieux 02/07/2006, 23h56
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Particulièrement important pour l'Espagne fut le Traité de paix, de commerce, de navigation et de pêche, signé avec le Maroc à Meknes le 1er mars 1799à Meknes par le Grand Vizir Mohamed ben Othman et l'ambassadeur d'Espagne Juan Manuel Gonzalez Salmon, envoyé par le roi Carlos IV, qui devait régir les relations hispano-marocaines jusqu'en 1860. La majorité de ces accords avec les pays européens ou les États-Unis d¹Amérique avaient pour objet de réguler les relations commerciales, à l'exception de ceux signés avec l'Espagne, dans lesquels, ce pays frontalier avec le Maroc, par les enclaves de Ceuta, Melilla et les deux presqu'îles, entraient des considérations, d'ordre commercial, ou en rapport avec la fixation des limites territoriales. Il convient de signaler qu'en vertu du Traité de 1799, il était permis à l'Espagne d'entreprendre des actions punitives contre les «moros frontaliers» des enclaves espagnoles, sans que ces châtiments n¹entraînent de rupture avec l'Empire chérifien, ce qui empiétait l¹autorité du Sultan sur ses sujets, même si sa souveraineté sur le Rif était formellement reconnue.

Au XIXe siècle, la position du Maroc sur l'échiquier international connut un important changement, après la conquête de l'Algérie en 1830, la France s'étant convertie en voisine. Bien que les limites entre tous ces territoires se basaient sur ce qui existait durant la période de la Régence d'Alger, la fixation de la frontière, mal définie selon les Français, servira à ces derniers de prétexte pour mener à bien une politique d'expansion dans la région orientale du Maroc, connue comme les confins algéro-marocains. L'aide apportée par le Sultan Moulay Abderrahman au mouvement de résistance algérien de l'émir Abd-el-Kader aboutit à la bataille d'Isly, au cours de laquelle les troupes françaises infligèrent une cuisante défaite à celles du Sultan en août 1844. Si le Traité de Lalla Maghnia du 18 mars 1845 fixait bien la frontière algéro-marocaine, la situation de certains territoires limitrophes sud-sahariens, parcourus par les tribus nomades, demeurait suffisamment imprécise pour permettre l¹expansion militaire française à partir de l'Algérie. Par ailleurs, ce Traité ratifiait un autre antérieur, de septembre 1844, immédiatement après la bataille d'Isly, par lequel le Sultan s'engageait à infliger de durs châtiments aux chefs marocains qui prêteraient aide à l'émir Abd-el-Kader et à ne pas permettre que lui soit porté assistance, secours ou argent, munitions ou autres moyens de guerre, ce qui laissait supposer que si les marocains s'abstenaient de poursuivre l'émir Abd-el-Kader sur leur territoire, ce serait aux Français qu'il incombera de le faire. De nouveau ici, comme ce fut le cas pour l'Espagne, autorisée par le Sultan à punir, le cas échéant les «moros frontaliers» qui s'attaqueraient aux présides espagnols, la France empiétait la souveraineté du Sultan en lui imposant une série d'obligations.

Les autres puissances européennes, particulièrement l'Angleterre, contemplaient les ambitions expansionnistes de la France dans la région avec une apparente indifférence non exempte d'une certaine jalousie. Quand l'Espagne, devançant de peu la France, occupa les îles Jaafarines en 1848, il n'y eut guère de protestations. À vrai dire, tant les îles Jaafarines que les confins algéro-marocains demeuraient suffisamment lointains de Gibraltar pour que l'Angleterre y voie le moindre péril pour son contrôle sur le détroit. Le plus important pour elle était l'ouverture du Maroc au commerce international, objectif qu¹elle finira par atteindre avec l'abolition par le Sultan du règlement douanier prohibitif et du monopole chérifien sur les échanges extérieurs, instaurés en 1814-1815, et la signature le 9 décembre 1856 du traité anglo-marocain de commerce et de navigation, auquel adhéreront plus tard d¹autres pays comme le Portugal, les Pays-Bas, la Sardaigne et le Royaume des Deux-Siciles. La France et l'Espagne qui avaient appuyé l'Angleterre dans ses efforts en vue de parvenir à l'abolition des monopoles et la liberté commerciale au Maroc, espéraient bénéficier aussi des dispositions du traité anglo-marocain de 1856, tout en maintenant les avantages que leurs procuraient les accords antérieurs. Le traité de commerce hispano-marocain du 20 novembre 1861 est, par plusieurs de ses articles, une copie conforme de celui souscrit par la Grande-Bretagne en 1856. Il en est de même du traité signé par le Maroc avec la Belgique en 1862. Ces traités seront suivis par le dahir du 4 juin 1864, par lequel fut instaurée la liberté commerciale dans tout l'Empire chérifien.

La nouvelle situation créée par l'ouverture du Maroc au commerce international et la libre circulation des marchandises impliquaient en soi la présence de nombreux commerçants étrangers dont le statut réglementaire devait être précisé. À partir du traité anglo-marocain de 1856, une série de privilèges fut concédée à ces derniers telle que l'exonération d'impôts sauf pour les droits de douane, et le droit de propriété de biens immeubles. Pour ce qui est des litiges, s'ils concernaient des européens d'un même pays, il correspondait à leur consul de les trancher; ceux opposant des ressortissants de divers pays européens devaient être soumis à un tribunal consulaire international ; tandis que ceux qui opposaient des Européens à des Marocains relevaient de la compétence du cadi, qui devait dicter sa sentence en présence du consul, si le demandeur était européen, et de la compétence du consul, qui devait prononcer sa sentence en présence d¹un fonctionnaire marocain, si le demandeur était marocain. Il est indubitable que ces dispositions limitaient la souveraineté du Sultan et le délestaient de son autorité sur ses sujets. La situation s'aggravait quand les privilèges s'étendaient aux sujets marocains employés par les consulats ou par les maisons de commerce. C'était notamment le cas des secrétaires, interprètes et des courtiers ou commissionnaires, auxquels s'appliquait le régime de protection, extensible parfois aux familles, épouses et enfants des protégés, qui se mirent à jouir des mêmes privilèges que les Européens. Non seulement ils échappaient à la juridiction marocaine, mais ils devenaient exonérés de payer des impôts au Makhzen, ce qui, étant donné le nombre élevé de protégés que parvinrent à avoir certains pays, particulièrement la France et l'Espagne, causait un important préjudice au trésor marocain qui se voyait ainsi privé d'importants revenus. L'accord réglementant le droit de protection entre le Maroc et la France signé à Tanger le 19 août 1863 et l'accord pour l'exécution du droit de protection signé entre l'Espagne et le Maroc le 20 août de la même année, lui aussi à Tanger, concédaient ces privilèges aux Marocains employés par les légations ou les consulats de France et d¹Espagne, ainsi qu¹aux courtiers et agents marocains employés par les commerçants français ou espagnols.

Il y eut un tel abus du droit de protection que le Sultan, certainement encouragé par la Grande Bretagne, se dirigea, par l'intermédiaire de son délégué à Tanger, aux représentants des pays, pour leur demander que ce droit n¹outrepasse pas les limites tracées par les Traités. Une conférence célébrée en 1877 entre les agents diplomatiques pour établir une nouvelle réglementation du droit de protection échoua en raison de l¹opposition de la France et de l¹attitude de l¹Espagne, de même qu¹échouera une autre tentative dans le même sens en 1879. L¹Angleterre, qui était alors par l¹intermédiaire de son habile représentant Sir John Drummond Hay, la puissance européenne qui jouissait de la meilleure écoute à la cours du Sultan, réussit à faire aboutir l¹idée de la Conférence, sauf qu¹au lieu de la tenir à Tanger, elle se déroula à Madrid. Célébrée du 19 mai au 3 juillet 1880, sous la présidence de Canovas del Castillo, la Conférence de Madrid, à laquelle participèrent, outre le Maroc, les onze pays européens représentés à Tanger et les États-Unis d¹Amérique, n¹apporta, malgré l¹appui de l¹Angleterre au Sultan, aucun changement substantiel à la situation, en raison surtout de l’intransigeance de la France. Bien que ce pays reconnaissait qu¹il y avait bien des abus pour ce qui est du droit de protection, il considérait que ce régime était nécessaire, compte tenu de l¹animosité dont étaient l¹objet les Européens de la part de la population marocaine, ainsi que du danger que courraient les sujets marocains, particulièrement de confession juive, employés comme courtiers ou commissionnaires par les maisons de commerce européennes.
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Vieux 02/07/2006, 23h57
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La France obtint l¹appui des autres puissances, particulièrement celui de l’Allemagne, tandis que les timides propositions de l’Espagne, pays hôte, pour atténuer le droit de protection, en le limitant à l¹indispensable, ne connurent guère de succès. La Conférence de Madrid de 1880 conduisit à l¹internationalisation de la question marocaine. À partir de là, toute modification du statu quo au Maroc devenait l¹affaire de toutes les puissances représentées à Tanger.

Le Sultan Moulay Hassan (1873-1894) avait su jouer très habilement des rivalités entre les puissances européennes pour maintenir le statut quo, principe sur lequel il avait basé sa politique extérieure. A son décès en 1894, son fils et adolescent de treize ans, tenta avec l¹aide du Grand Vizir Ahmed ben Musa, connu comme Ba-Ahmed, de poursuivre cette politique, mais son décès en 1900 laissera le jeune Sultan sans défense, précisément au moment où la rivalité coloniale franco-britannique commençait à laisser place à un rapprochement entre différentes puissances. En effet, durant le règne de Moulay Hassan, on a assisté à une recrudescence de la rivalité entre la France et l¹Angleterre, jalouse la première de la position prépondérante de la seconde auprès de la cours du Sultan, si bien que leur concurrence s¹étendit également à d¹autres aires géographiques, particulièrement en Asie et en Afrique noire. L¹incident de Fachoda, dans la vallée du Nil, quand une expédition française se heurta le 10 juillet 1898 aux forces britanniques, fermant le passage à Sir Horatio Herbert Kitchener et l¹intimant à se retirer, marqua l¹apogée de cet affrontement. Après maints efforts de différentes puissances, la France finira par céder et se résigner à accepter l¹hégémonie britannique dans la région egypto-soudanaise. La politique extérieure inaugurée en France par Delcassé favorisait un rapprochement avec la Grande Bretagne pour se répartir amicalement le gâteau colonial. Dans son discours du Trône le 9 août 1899, Edward VII d¹Angleterre annonça la conclusion d¹un accord avec le président de la République française, selon lequel furent tracées «les sphères d¹influence sur une grande partie de l¹Afrique du Nord». Ainsi commença la collaboration franco-britannique, précurseur de «l'entente cordiale» de 1904, qui aura pour l¹Espagne des conséquences si importantes. Ce rapprochement entre différentes puissances ne les empêchait pas à chaque fois de maintenir des alliances avec des pays rivaux, la France avec la Russie, l¹Angleterre avec le Japon, qui ne tarderont pas à s¹affronter lors de la guerre russo-japonaise 1904-1905, au cours de laquelle les armées du Tsar subiront une humiliante défaite face aux forces de l¹Empereur nippon. La présence de l¹Italie au sein de la dénommée Triple Alliance, aux cotés de l¹Allemagne et de l¹Austro Hongrie, ne sera pas non plus un obstacle pour que la France signe avec elle des accords en 1901 et 1902, en vertu desquels la France lui laissait la liberté d¹action en Tripolitaine, en échange que l¹Italie lui laisse les mains libres au Maroc.

Dans le cadre de la stratégie suivie par Delcassé, le pas suivant visait à neutraliser l¹Espagne, dont le gouvernement se verra proposer par la France en 1902, par l¹intermédiaire de Leon y Castillo, Ambassadeur d¹Espagne à Paris, un accord de partage du Maroc, réservant à l¹Espagne, une zone plus vaste que celle obtenue précédemment qui comprenait des villes comme Taza et Fès. Le gouvernement conservateur de Silvela ne parvint jamais à signer cet accord, considérant qu¹il ne serait pas opportun de le faire « dans le dos de l¹Angleterre », bien que cette attitude espagnole pouvait s¹expliquer, après le désastre colonial de 1898, comme une limitation de ses ambitions qui risquaient de dépasser de loin ses capacités. Pendant que le gouvernement espagnol continuait à penser à tort que la France et l'Angleterre ne parviendraient jamais à s¹entendre. Le 9 octobre 1902, l¹ambassadeur d'Espagne à Londres, le duc de Mandas, rendit compte d¹une conversation tenue avec lord Lansdowne, ministre britannique des Affaires extérieures, selon laquelle ce dernier avait affirmé que la Grande-Bretagne continuait à vouloir le statut quo au Maroc, mais que si «la question marocaine surgissait», l¹Espagne, «unique possesseur de territoires dans cette zone » avait le « droit de faire entendre sa voix». La France et l¹Angleterre avaient déjà entamé leurs conversations sur le Maroc depuis 1903. À différentes reprises en fin mars 1904, l'ambassadeur d'Espagne à Londres avait consigné l'existence de négociations sur le Maroc entre différentes puissances, il indiquait notamment qu¹en raison de l¹apparition de certaines difficultés, elles n¹avaient pas progressé. De nouveau, cette fois-ci le 8 avril, l¹ambassadeur faisait savoir au ministre d¹État que des rumeurs courraient qu¹un accord devait être signé entre la France et l¹Angleterre. Cette rumeur ne fut pas infondée puisque l¹accord franco-britannique a été précisément signé à cette date. L¹Angleterre, comme l¹avait promis lord Lansdowne, n¹avait pas oublié l¹Espagne, bien que ni elle ni la France n¹avaient daigné la consulter et, bien entendu, avaient ignoré superbement des pays, comme l’Égypte et le Maroc, objet de l¹accord. La dénommée Déclaration Franco-britannique relative à l¹Egypte et au Maroc, du 8 avril 1904, composée de quatorze articles, cinq parmi eux restant secrets, laissait les mains libres à l¹Angleterre en Égypte, en échange que celle-ci laisse toute liberté de la France au Maroc. Nonobstant, l¹Angleterre qui ne voulait pas voir une puissance comme la France en face de Gibraltar, fit pression sur cette dernière pour que soit attribuée à l¹Espagne une zone d¹influence allant depuis la côte de Melilla jusqu¹à hauteur de la rive droite du Sebou, une fois que le Sultan n¹y exercera plus son autorité (article 3º des articles secrets). Il ne restait plus à l¹Espagne qu¹à adhérer au dit accord franco-britannique, comme elle le fit dans la Déclaration hispano-française sur le Maroc du 3 octobre 1904, suivie de l¹accord hispano-français de la même date.

L¹accord franco-britannique, suivi de l’hispano-français, ne manqua pas de causer une certaine émotion en Allemagne, particulièrement dans certains milieux comme la dénommée Société coloniale allemande, laquelle demandait au gouvernement du kaiser de garantir la situation politique régnant au Maroc et de défendre énergiquement les intérêts économiques et politiques des allemands installés dans ce pays; et que, au cas où la situation venait à changer en faveur de la France, d¹obtenir les compensations qui correspondraient à l¹extension de ses intérêts économiques au Maroc . Nonobstant, la goutte qui fit déborder le vase fut la mission dépêchée par le gouvernement français dont le représentant à Tanger, Saint-René Taillandier, se rendit à Fès en début de 1905, pour imposer au Sultan Moulay Abdelaziz toute une série de réformes, qui constituaient de fait un protectorat avant la lettre. En vertu de ces réformes, certaines de caractère militaire, d¹autres, économique, la France prenait le contrôle des forces marocaines dans des villes comme Oujda, Fès et Tanger, ainsi que le monopole de diverses grandes œuvres. Taillandier proposa en outre au Sultan la constitution d¹une Banque d¹Etat, formé, naturellement, par les grands groupes financiers français. Et, pour comble, Taillandier eut, en plein accord avec son gouvernement, l¹audace de se présenter devant le Sultan comme mandataire des puissances représentées à Tanger, ce qui constituait, bien entendu, une imposture, puisque aucune de celles-ci ne lui avait donné mandat pour imposer au Sultan des réformes qui, combien même elles seraient considérées nécessaires, ne devaient en aucun cas être décidées par une seule puissance et pour son bénéfice propre, sinon d¹un commun accord entre toutes et comptant avec l¹assentiment du Sultan.
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Vieux 02/07/2006, 23h58
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Contrairement à toute attente, la France rencontra la ferme résistance de Moulay Abdelaziz décidé à céder le minimum, ce qui ne tarda pas à lui assurer l¹inestimable appui du consul d¹Allemagne, faisant de ce pays le paladin de l'indépendance et de la souveraineté du Sultan face à l¹offensive, chaque fois plus agressive, de la France. Les temps avaient bien changé depuis la Conférence de Madrid de 880, quand l¹Allemagne prêtait sans réserve son appui à la France sur l¹affaire du «droit de protection». L'Allemagne, bien que tardivement par rapport à la France et à l'Angleterre, s¹était incorporée avec impétuosité à la course coloniale et n¹était pas disposée à permettre que soit porté préjudice à ses intérêts économiques. En 1890, elle avait négocié un traité de commerce avec le Maroc et se proposait à continuer à défendre l¹égalité des droits économiques, tout en proclamant tout haut qu'elle n¹aspirait à aucun avantage territorial. Le gouvernement allemand, qui avait pris connaissance par la presse de l¹accord franco-britannique de 1904 sur l'Égypte et le Maroc, réagit avec une irritation mal dissimulée, surtout pour ne pas en avoir été informée officiellement, comme elle était en droit de l¹espérer, ne serait-ce que par déférence ou courtoisie, de la part de pays avec lesquels elle entretenait de bonnes relations, surtout si l¹on tient compte que, depuis la Conférence de Madrid en 1880, la question du Maroc concernait toutes les puissances représentées à Tanger. Pour le cas de l'Angleterre, malgré la rivalité existante sur la domination maritime- l'Allemagne possédait la marine marchande la plus puissante après la britannique-, les souverains de ces pays étaient unis par des liens étroits de parenté : le kaiser Guillaume II, petit-fils de la reine Victoria, était le neveu d'Édouard VII, et les relations entre les deux gouvernements étaient plus que correctes. Raison de plus pour que l'Allemagne se sente humiliée, blessée dans son orgueil national. Le responsable de cette situation n¹était autre que le Ministre français des Affaires Extérieures, Théophile Delcassé, dont la politique avait délibérément pour objet d'isoler l'Allemagne. La volonté du gouvernement allemand, présidé par von Bülow, qui occupait en même temps le portefeuille des Affaires extérieures, de s'affirmer, de démontrer que l'Allemagne comptait aussi sur la scène internationale et ne consentirait pas que soient prises des décisions relatives au Maroc derrière son dos, se traduisit par la visite, impulsée par von Bülow, de l'empereur Guillaume II à Tanger. Cette visite eut, comme on le sait, un énorme écho et donna lieu à de multiples commentaires, y compris avant même qu'elle ait eu lieu. Pour l'ambassadeur d'Espagne à Berlin, l'objet de la «virée de Tanger», comme fut qualifiée cette visite, était d'indiquer «de manière explicite» que l'Allemagne suivait avec une grande attention le déroulement des évènements au Maroc, les négociations en cours et tout ce qui pouvait «altérer de quelque façon que ce soit le statut existant».

On exagéra peut-être l'importance de cette visite, particulièrement dans la presse, laquelle parla du «coup de clairon de Tanger», surtout suite au «discours» de l'Empereur Guillaume II, qui ne fut en réalité qu¹un communiqué de presse, préparé par Kuhlmann, secrétaire de la Légation allemande à Tanger, basé sur la conversation tenue par le kaiser avec l'oncle du Sultan, Abdel Malek, qui était venu l¹accueillir. En tout cas, la déclaration que fit Guillaume II à la Légation allemande le 31 mars 1905 exprima clairement sa position affirmée quant à la défense de l'indépendance et de la souveraineté du Sultan. Réconforté par les paroles du kaiser et par la visite postérieure que lui fit en mai à Fès, Tattenbach, précedemment représentant de l'Allemagne à Tanger et depuis lors Ambassadeur à Lisbonne, ainsi que par l'attitude de rejet par les notables marocains des réformes imposées par la France, Moulay Abdelaziz exprima sa ferme opposition à les accepter. Le Sultan proposait, en échange, sans doute encouragé en cela par l'Allemagne, la convocation d'une conférence internationale sur le Maroc. Bien que le départ de Delcassé des Affaires extérieures le 6 juin 1905, obligé, selon ce qui se disait, à démissionner suite à des pressions du chancelier allemand von Bülow, et sa substitution par Rouvier, qui était déjà président du Conseil, avait contribué à réduire sensiblement la tension entre la France et l'Allemagne, la première était opposée à la convocation de cette conférence internationale. Après de multiples conversations et consultations, Rouvier fit savoir par note au gouvernement allemand que la France ne s'opposerait pas à la tenue de la Conférence, si toutefois le gouvernement allemand s¹engageait à ne pas discuter les traités franco-britannique et franco-espagnol de 1904 et fixait avec précision les points qui devaient y être traités. Le 8 juillet 1905, Rouvier signait avec le prince Radolin, ambassadeur d'Allemagne à Paris, une déclaration, qui s'en remettait aux notes échangées entre les parties comme base pour fixer le programme de la Conférence. Selon ces notes, l'Allemagne s'engageait à ne pas poursuivre d¹objectifs qui lèseraient les «intérêts légitimes» de la France, pour que soient reconnus les principes de la souveraineté et de l¹indépendance du Sultan, l¹intégrité de son empire, et la liberté économique dans des conditions d¹égalité d¹accès. En vertu de cet accord, ainsi que de celui du 28 septembre, l'Allemagne acceptait que la France se chargeât de la police dans la région frontalière entre l'Algérie et le Maroc, mais sur d¹autres affaires, comme celles relative à la police des ports marocains et la Banque d'État, les deux parties ne parvinrent pas à se mettre d¹accord.

Entre temps, en prévision de la prochaine Conférence sollicitée par le Sultan du Maroc, la France et l'Espagne signèrent le 1er septembre 1905 un accord suite à un échange de notes, destiné à «fixer de manière plus détaillée l'esprit et la portée» de l¹accord hispano-français du 3 octobre 1904, et de déterminer «l'extension des droits» de chacun des deux pays et la garantie de leurs intérêts. Les différentes parties se mirent d'accord sur des dossiers tels que la police des ports, la vigilance et la répression de la contrebande des armes et les intérêts économiques et financiers. Pour les autres questions, l'Espagne se déclarait «fermement décidée à agir en complet accord avec la France au cours des délibérations de la Conférence projetée, proposant à la France d'en faire autant avec l'Espagne».

Incident d'Agadir (1911)
Là-dessus, le faible Abd-ul-Aziz est renversé par son frère Moulay Hafiz. Mais celui-ci, assiégé dans Fès par les tribus berbères du Moyen Atlas, appelle les Français à son aide. Ces derniers ne se font pas prier. En avril 1911, une armée occupe les villes impériales de Rabat, sur la côte atlantique, Fès et Meknès dans le Moyen Atlas.

L'Allemagne y voit une violation des accords signés à Algésiras cinq ans plus tôt. Elle envoie la canonnière Panther vers Agadir sous le prétexte de protéger les entreprises de la région et plus sérieusement pour marquer son territoire et signifier à la France qu'elle n'a pas tous les droits au Maroc. Les gouvernements français et britannique en sont informés le 1er juillet 1911.

L'empereur Guillaume II est surpris par la vivacité de la réaction britannique : le Premier ministre David Lloyd George affiche sans ambiguïté sa solidarité avec Paris et ne craint pas de menacer Berlin. Les diplomates français sont eux-mêmes prêts à l'affrontement… La Grande Guerre que d'aucuns espèrent va-t-elle éclater sur ce futile différend ?

Finalement, l'affaire se résoud grâce à la politique d'apaisement du Président du Conseil français, Joseph Caillaux. A juste titre convaincu qu'une guerre entraînerait la ruine de l'Europe, il manoeuvre avec une sage modération de concert avec le baron de Lancken, conseiller à l'ambassade d'Allemagne à Paris et intime de Guillaume II. On aboutit ainsi à un traité franco-allemand le 4 novembre 1911, avec un échange de territoires en Afrique équatoriale, entre le Cameroun, colonie allemande, et le Congo, colonie française. L'Allemagne concède par ailleurs à la France une entière liberté d'action au Maroc.

Ce traité d'apaisement est ressenti de part et d'autre comme une lâche concession à l'ennemi. A la tribune du Sénat français, Georges Clemenceau lance : «De bonne foi, nous voulons la paix… Mais enfin, si on nous impose la guerre, on nous trouvera. Nous venons d'une grande histoire, nous entendons la conserver». Joseph Caillaux doit céder le pouvoir le 11 janvier suivant à Raymond Poincaré (en 1917, en pleine guerre mondiale, il échappera de peu à une condamnation à mort réclamée par Clemenceau
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Parenthèse du protectorat français (1912 - 1956)
En 1856 les pressions européennes sur le Maroc aboutissent à un rigoureux traité commercial entre l'Angleterre et ce dernier offrant ainsi de grands avantages à l'empire britannique.

Les jeunes rois marocains, moins vigoureux que leur prédécesseurs, vont devoir faire face à la pression des Européens, qui se fait menaçante après la conquête d'Alger par les Français en 1830. Les Espagnols ripostent en 1860 à des attaques contre leurs villes de Ceuta et Melilla en battant à plate couture l'armée marocaine. L'indépendance du Maroc est désormais en suspens. À la veille de la Première Guerre mondiale, en 1912, le pays devient officiellement un protectorat français cependant que la région de Tétouan, au nord, et celle d'Ifni, au sud, sont tenues par l'Espagne.

Mais après son départ, Paris tente par le dahir berbère du 16 mai 1930 de soustraire les tribus berbères à l'autorité du sultan. C'est le début d'une agitation nationaliste qui ne cessera qu'un quart de siècle plus tard avec le retour du pays à l'indépendance.

Chronologie
Résident général auprès du sultan, le général Hubert Lyautey modernise hardiment les infrastructures tout en respectant les institutions du sultanat

1902 - 1912 : la pénétration économique européenne s’intensifie à tel point que le sultan Moulay Hafid, frère de Moulay Abd el-Aziz, est contraint de signer en 1912 le traité de protectorat qu’est la convention de Fès.
1907 : les forces françaises doivent intervenir pour protéger les nationaux.
1907-1910 : Hubert Lyautey pacifie le Maroc oriental, le général Drude qui succède au général Amade doit pacifier le Maroc occidental
1911 : les troupes françaises doivent dégager le Sultan assiégé dans Fès. Cette intervention déclenche la seconde crise marocaine.
1912 : Hubert Lyautey est nommé résident général de France, ce qui provoque le soulèvement de tribus. Moulay Youssef remplace le sultan Moulay Hafid, il voit son autorité sur le Maroc affermie.
1953 : Emeutes populaires à Casablanca durement réprimées : le gouvernement français craint une extension aux autres villes marocaines. Le sultant Mohammed Ben Youssef refuse d'abdiquer : les autorités françaises déposent le souverain et le condamne à l'exil à Madagacar. Le gouvernement français installe au Palais de Rabat Mohammed Ben Arafa, parent éloigné de Mohammed Ben Youssef : il est agé de 70 ans. L'Espagne de Franco, non prévenue de cette manœuvre, refuse de reconnaître sa légitimité. La zone marocaine sous domination espagnole allait devenir ainsi pour les nationalistes marocains en fuite un sanctuaire d'où ils organisèrent des opérations de résistance contre la présence française.
1955 : la France, empêtrée dans les conflits coloniaux en Indochine et en Algérie, décide d'aborder la question marocaine. Edgar Faure, président du Conseil, négocie avec Mohammed Ben Arafa : des pré-pourparlers de négociation sont menés à Aix les Bains (Savoie) entre le 22 et le 26 août entre, côté marocain : Si El Hadj El Mokri, Grand Vizir, Si Kolti, délégué du Grand Vizir aux PTT, Si Thami El Mosbi, délégué du Grand Vizir aux Finances, Si Berrada, Vizir adjoint au Grand Vizir pour les affaires économiques, Si Abderrahaman El Hajoui, Directeur adjoint au protocole et S.E. Hadj Fatemi Ben Slimane, acien pacha de Fez, et côté français : Edgar Faure, président du Conseil, Antooine Pinay, ministre des Affaires étrangères, Robert Schumann, Garde des Sceaux, Pierre July, ministre des Affaires marocaines et tunisiennes et le général Kœnig, ministre de la Défense nationale. Le sultan Moulay Ben Arafa démissionne le 1er octobre 1955. Le 16 novembre le sultan Mohammed Ben Youssef, accompagné de son fils Moulay Hassan, futur Hassan II, revient à Rabat. Il entame aussitôt des discussions avec le gouvernement français au chateau de la Celle-Saint-Cloud.
1956 L'indépendance du Maroc est proclamée le 2 mars. Le sultan Sidi Mohammed ben Youssef prend le titre de roi Mohammed V. Hassan II lui succéda puis, actuellement, Mohammed VI.

La Première Guerre mondiale
1915 : Hubert Lyautey reçoit l’ordre de Paris de retirer les troupes de l’intérieur pour les envoyer en France. Cette évacuation semble prématurée dans la mesure où la pacification se heurte encore à des mouvements rebelles soutenus par les Allemands.
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La Guerre du Rif
Le 27 mai 1926, le chef berbère Abdelkrim (ou Abd el-Krim) se rend aux troupes françaises, mettant un terme à cinq ans de lutte anticoloniale dans le Rif

Le Rif est une chaîne montagneuse qui borde le littoral méditerranéen du Maroc. Habité par de farouches tribus berbères, il a régulièrement résisté aux tentatives d'invasion venues des royaumes chrétiens du nord (Espagne, Portugal).

Après l'établissement d'un protectorat conjoint de la France et de l'Espagne sur le royaume marocain, en 1912, le Rif persiste dans sa résistance à l'occupation étrangère. Les Espagnols, auxquels revient l'administration de la région, ont le plus grand mal à soumettre ses populations.

En 1921, la tribu des Beni Ouriaghel, installée dans la région d'Al-Hoceima, entre en rébellion ouverte sous la conduite d'un ancien fonctionnaire de l'administration espagnole, Mohamed Ben Abdelkrim El-Khattabi (30 ans). Ce jeune chef charismatique et intelligent lève une petite armée et inflige quelques échecs aux Espagnols.

Là-dessus, le général Sylvestre lève une puissante armée pour en finir avec les Beni Ouriaghel. Mais il essuie une dramatique défaite à Anoual en juin 1921. La presque totalité de ses troupes, soit 15 000 soldats espagnols, trouve la mort dans la bataille. Le général lui-même se suicide.

Fort de la renommée que lui vaut sa victoire, et riche surtout de la grande quantité d'armes légères et lourdes saisies sur le champ de bataille, Abdelkrim étend son autorité à l'ensemble du Rif. En février 1922, il proclame la République rifaine et s'en désigne président.

À Madrid, les échecs du gouvernement espagnol face à Abdelkrim sont à l'origine d'un coup d'État le 13 septembre 1923 par le général Miguel Primo de Rivera (53 ans). Celui-ci suspend la Constitution et instaure la dictature, comme Mussolini en Italie un an plus tôt.

Non content de ses victoires face aux Espagnols, Abdelkrim envoie des émissaires aux tribus de la zone du protectorat français pour les inviter à le rejoindre dans la rébellion.

Hubert Lyautey, résident général de la France auprès du souverain alaouite, renforce les postes d'avant-garde pour protéger les villes de Meknès, Taza et Fès. Mais le «maréchal monarchiste» est mal vu du gouvernement républicain et n'obtient pas les renforts réclamés.

Quand Abdelkrim lance en avril 1925 son offensive vers le sud, il repousse sans trop de mal les troupes françaises vers Fès et Taza. Lyautey démissionne et le gouvernement français confie les opérations au maréchal Philippe Pétain, auréolé de sa victoire à Verdun et bien en cour dans les milieux républicains.

Pétain obtient de Paris les moyens qui avaient été refusés à Lyautey. Il organise une contre-offensive massive en s'appuyant sur l'aviation. Il bénéficie du concours des Espagnols qui, sous la direction du général Primo de Rivera lui-même, réussissent un audacieux débarquement à Alhucemas le 8 septembre 1925.

Les troupes d'Abdelkrim se débandent et leur chef demande à négocier. Comme les pourparlers engagés à Oujda échouent, le rebelle ne voit plus d'autre issue que de se rendre pour protéger les siens.

Il est exilé dans l'île de la Réunion mais réussit à s'échapper à la faveur d'un transfert en France et se réfugie au Caire où il meurt en 1963.

La guerre du Rif demeure comme l'une des plus grandes épopées nationales du Maroc. Aux yeux des nationalistes arabes, elle reste un grand symbole de la lutte anticoloniale.
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  #15  
Vieux 03/07/2006, 00h01
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La Seconde Guerre mondiale
Le sultan du Maroc est déposé
Le 20 août 1953, le sultan du Maroc Sidi Mohammed est contraint d'abdiquer par le Glaoui (*), avec la complicité des Français

La France exerce un protectorat sur le Maroc depuis la convention de Fès de 1912. À la gestion éclairée du général Hubert Lyautey, résident général auprès du sultan, succède en 1925 une administration beaucoup plus coercitive. Par le dahir berbère du 16 mai 1930 qui prétend détacher les tribus berbères du sultan, Paris laisse entrevoir sa volonté de remplacer le protectorat par une colonisation directe.

Il s'ensuit des ferments de révolte nationaliste dans le pays. L'invasion de la France par les Allemands en 1940 puis, en 1942, le débarquement anglo-américain sur les côtes du Maroc, abaissent l'autorité de la France. En 1943 est fondé par des nationalistes marocains le parti de l'Istiqlal (indépendance en arabe)

Après la Seconde Guerre mondiale, les Français répriment les émeutes de Rabat, Fès, Tanger… Ils rejettent la revendication par le sultan d'une complète indépendance selon une promesse qui lui a été faite en 1943 par le président américain Franklin Roosevelt lui-même.

Pour affaiblir le sultan, Paris suscite et attise la révolte féodale du Glaoui, le pacha de Marrakech. Enfin, ils obligent le sultan à abdiquer et l'exilent en Corse puis à Madagascar. Mais cela n'a d'autre effet que de grandir son prestige au sein de la population marocaine. Il est remplacé sur le trône par un souverain potiche, Mohamed ben Arafa.

Les attentats contre la présence française se multiplient. À Meknès, au cœur des plateaux céréaliers où sont établis de nombreux colons européens, des émeutes se soldent par de nombreuses victimes.

Contre l'avis de ses ministres gaullistes, le président du Conseil Edgar Faure engage deux ans plus tard des pourparlers avec le sultan. Ils aboutissent à l'indépendance du Maroc le 2 mars 1956.

Le souverain de retour d'exil convertit son titre de sultan en celui de roi sous le nom de Mohammed V et le 7 mars 1956, annonce officiellement à son peuple le retour à l'indépendance.

Le Maroc moderne (depuis 1956)

L'Espagne à son tour reconnaît l'indépendance du pays le 7 avril 1956 avant de restituer le protectorat du Tétouan. Enfin le statut international de Tanger est aboli le 21 octobre de la même année et le grand port retourne dans le giron du royaume.

La question du Grand Maroc
Après l’indépendance, l’essentiel de la politique marocaine consista, dans un premier temps, à reconstituer le “grand Maroc”, projet fédérateur dans lequel le roi ne voulait pas être débordé par le parti de l’Istiqlal.

1969 Espagne cede Ifni


1963 : Guerre des Sables
Le dossier du Sahara occidental
Mohammed V, le souverain marocain, revendiquait le rattachement de ces territoires au nom de « droits historiques ». En effet, il considérait, tout comme la majorité de ses sujets et le puissant parti de l’Istiqlal, que le royaume était un “ État démembré ” victime de la période coloniale, divisé en 7 zones et qu’une indépendance pleine et entière signifiait le retour de ces entités dans le makhzen.

Des officines marocaines créèrent alors l’Armée de Libération du Maroc du Sud, regroupant essentiellement des combattants sahraouis, qui concentra ses attaques contre les Espagnols durant les années 1956 et 1957. Cette armée fut mise hors d’état de nuire par une action franco-espagnole d’envergure, “ l’opération Ecouvillon ” où l’on usa de bombardements aériens. Un autre mouvement, cette fois–ci indépendantiste, allait naître en 1967, le Front de Libération du Sahara, qui allait devenir, en 1973, le Front Populaire de libération du Saguiet el Hamra et du Rio de Oro, plus connu sous son acronyme Front Polisario.

Le 17 septembre 1974, le Maroc et la Mauritanie saisissent la Cour internationale de justice pour lui poser deux questions : “ Le Sahara occidental était-il terra nullius à l’arrivée des Espagnols ? S’il ne l’était pas, quels étaient les liens juridiques de ce territoire avec le Royaume du Maroc et l’ensemble mauritanien ? ”. “Dans sa volonté de contenter les deux parties, la cour répondit clairement à la première question en disant que le Sahara n’était pas un territoire sans maître, mais donna en revanche une réponse inutilisable à la seconde puisqu’elle déclara qu’il existait des liens d’allégeance entre le Sultan du Maroc et les tribus sahariennes, mais sans aucun lien de souveraineté entre le territoire du Sahara occidental et le Maroc. ”

1975 : La Marche Verte
Alors que parallèlement, les négociations bipartites et tripartites avec l’Espagne et la Mauritanie s’enlisaient dans des méfiances réciproques, le roi Hassan II décida de précipiter l’issue de la crise en initiant en octobre 1975 une action éminemment symbolique, la Marche Verte, qui engendra une énorme mobilisation populaire puisque 350 000 personnes suivirent le roi. L’Espagne, préoccupée par la fin de règne de Franco et par sa succession, se retire en février 1976 sans qu’aucune solution n’ait été avalisée par toutes les parties et par les instances internationales.
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  #16  
Vieux 03/07/2006, 00h02
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1976 : Deuxième Guerre entre l'Algérie et le Maroc
Le 27 janvier 1976, éclata la deuxième guerre entre l'Algérie et le Maroc. En fait, ce dernier pays affirmait ses visées territoriales sur ce Sahara que l'armée de Libération marocaine avait envahit en 1957 avant d'etre refoulée par la Légion étrangère espagnole avec l'aide des unités françaises du sud algérien et de l'Afrique occidentale française, tandis que l'Algérie méditerranéenne, refusant l'extension de son voisin, aspirait à un "couloir" vers l'Atlantique, qui, outre son caractère politique et stratégique, lui permettrait d'évacuer notamment son minerai de fer de Gara Jbilet.

Le conflit devenait inévitable. Le 28 novembre, les Marocains occupent Smara. Le 10 décembre, l'ONU décide l'organisation d'un référendum au Sahara. Le 11, 4 000 soldats marocains occupent El Ayoun. De son côté, la Mauritanie, le 19 décembre, occupe La Guerra, à sa frontière avec le Sahara espagnol. Dans une conférence de presse, le roi Hassan II déclare : « Logiquement, j'attends qu'Alger me fasse la guerre ». Le 9 janvier 1976, l'armée marocaine fait son entrée à Dakhla (ex Villa Cisneros). Elle est rejointe le 12 par les Forces armées mauritaniennes. Le même jour, les derniers éléments de la Légion espagnole quittent le Sahara. Le 27, la guerre éclate entre les deux pays. La ville d'Amgala est occupée par le Maroc alors que l'armée algerienne a pénétré dans le territoire du Sahara occidental. Les communiqués contradictoires se succèdent, les campagnes de presse sont virulentes. Il y a grand risque que les escarmouches localisées soient dépassées et que les deux pays se dressent l'un contre l'autre. Le 29, l'armée algerienne se retire de la région d'Amgala sous l'ordre des officiers militaires, l'armee marocaine laisse 100 morts algeriens et 200 prisonniers dont des centaines seront liberes par Hassan II, c'etais l'unique confrontation directe entre le Maroc est l'Algérie.

1979: Ocupación du Rio de Oro
En 1979, la Mauritanie affaiblie, se retira du conflit et le Maroc ne tarda pas à annexer la majeure partie du territoire situé dans le sud, auparavant revendiqué par la Mauritanie. Au cours des années 80, la stratégie du Maroc consistera à consolider progressivement son contrôle sur le territoire, par la construction d'un mur de défense. Construit en six étapes, s’étalant de 1980 à 1987, il comporte cinq « brèches » censées assurer le droit de suite pour les troupes marocaines. Des tranchées de plusieurs mètres sont creusées en plusieurs endroits en contrebas du mur, de façon à minimiser le risque d’une incursion adverse. Tout le long du mur, des unités de surveillance se relaient aux unités d’intervention, équipées de radars et protégées de barbelés. Chaque mur est censé sécuriser la zone qui le sépare de l’Atlantique. D’une longueur totale dépassant les 2500 km, le mur de défense est surveillé par plus de 90 000 hommes. Une bande de plusieurs centaines de mètres de champs de mines en interdit l’accès.

1991: Cessez-le-feu
En août 1988, le Maroc et le Polisario approuvent le plan de règlement de l’ONU, mais sans doute en espérant, chacun, forcer la décision par les armes. En juin 1990, et malgré l’adoption du plan, chacun poursuit son propre plan : durer et porter la guerre sur le plan politique pour le Polisario, courir derrière la légitimité internationale et rattraper près de deux décennies d’erreurs politiques et d’absences diplomatiques pour le Maroc. Le Plan, outre les dispositions référendaires, crée la Minurso en 1991 (Mission des Nations unies pour le Sahara Occidental) qui, avec ses 1000 hommes, veillera à l’identification des votants et au respect du cessez-le-feu. C’est à cette époque, déjà, qu’apparaîtront les premières difficultés pour la définition du corps électoral. Pendant ce temps, la communauté internationale tente de réunir, pour de bon, les deux parties autour d’une table de négociation. Mais les résultats restent frustrants. C’est le 16 septembre 1997 que seront signés les accords de Houston sur la reprise du processus d’identification et la mise en œuvre du plan de règlement. Mais le contenu de ces accords et particulièrement le dernier point qui stipule que "les tribus contestées se présenteront individuellement devant la commission d’identification" provoque la colère des tribus Tekna, essentiellement dans le nord du Sahara. Blocage général et retour à la case départ. En septembre 2000, le Maroc propose pour la première fois une solution négociée dans le cadre de la souveraineté marocaine. Le Polisario s’en tient au référendum. Nouveau blocage. C’est James Baker qui revient à la charge, cette fois en mai 2001, avec un projet d’accord-cadre qui accorde les pouvoirs locaux de gestion aux Sahraouis, le Maroc gardant tous les attributs et prérogatives de la souveraineté, sécurité, diplomatie, finances. Le Polisario refuse. Le 19 février 2002, c’est le tour du S.G de l’ONU, Kofi Annan, de proposer quatre options dont l’une est inédite : la division du territoire entre Marocains et Sahraouis. L’Algérie accepte, le Maroc refuse, imité en cela par le Polisario. Pas de troisième option. Les résolutions se multiplient et la Minurso prend racine au Sahara quand, le 31 juillet 2003, le conseil de sécurité adopte la résolution 1495 qui remet les compteurs à zéro : un référendum d'autodétermination après 4 ou 5 années de transition. L'éventualité d'une indépendance est clairement évoquée. Le Maroc formule une contre-proposition qui pourrait ouvrir la voie à un État fédéral sur le modèle espagnol.

L'île Perejil, qui ne possède aucune habitation permanente, fut le théâtre d'une confrontation avec le Maroc et Espagne en 2002.

19 août 2005 : libération de 404 prisonniers de guerre marocains, détenus par le Front Polisario à Tindouf grâce à une médiation des États-Unis. En 2006 l'ONU va regler se probleme à la fin de l'année par un référendum d'autodétermination et c'est le seul moyen à dit le S-G de l'ONU Kofi Annan.
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  #17  
Vieux 03/07/2006, 00h03
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Par défaut Cuisine Marocaine

La cuisine marocaine est souvent considérée comme l'une des meilleures du monde. Elle se caractérise par une très grande diversité de plats, couscous, innombrables tagines, pastilla, méchoui pour les plus connus, mais aussi bien d'autres plats souvent connus des seuls Marocains mais tout aussi succulents : le tagine mrouzia, la tangia, le kebab, la harira (la soupe de la rupture du jeûne), la seffa ; il existe aussi beaucoup de recettes régionales et chaque lieu a sa variété de menthe pour préparer le thé. La pâtisserie marocaine est aussi très variée et très raffinée.

L'originalité et la richesse de la cuisine marocaine tiennent à la multitude d'influences qu'elle a subies : la cuisine arabe, certaines recettes encore en cours remonteraient à l'époque des Abbassides, la cuisine berbère pour le couscous en particulier, la cuisine morisque pour les ragoûts et tagines et le mélange sucré salé. On peut également noter une influence des cuisines turque, juive et des cultures culinaires venant d'Asie du sud (Inde...). Toutes ces influences ont en fait une cuisine riche et variée, elle a intégré toutes les cuisines du monde tout en y ajoutant sa touche qui en fait une cuisine conviviale et sensuelle.

La cuisine marocaine est riche en pâtisseries souvent à base d'amandes et de miel, qui accompagne le service du thé à la menthe traditionnel. On les appelle en général pâtisseries arabes.

Cornes de gazelles
Ghoribas aux amandes
Bouches de dames
Makroudhs
Griwech
Loukoums
Chrik
Baghrir
.....
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  #18  
Vieux 03/07/2006, 00h05
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Citation:
Envoyé par double perso
sa va copier coller c est pas dure ?
ce qui n'enlève rien à l'intérêt du sujet.

Critiquer n'est pas très difficile non plus cousin et demande encore moins de travail.
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  #19  
Vieux 03/07/2006, 00h06
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Par défaut Musique

La musique au Maroc est très diversifiée et se compose de quatre grands groupes ou familles de musique : la musique arabe, la musique berbère (amazigh), la musique africaine et la musique internationale. Chaque groupe est lui même constitué de sous groupes, ainsi la musique arabe au Maroc est constituée de musique arabe moderne influencée par la musique arabe contemporaine du reste du monde arabe (Égypte, Liban, Syrie etc.), la musique arabe du terroir (populaire) propre à chaque région du Maroc, généralement chantée en arabe dialectal de chaque région, la musique "classique" arabo-andalouse, elle même composée de sous groupes de Fes, Rabat, Tetouan, Oujda (gharnati) etc et la musique Raï de la région d'Oujda.

La musique amazigh (berbère) est elle aussi divisée en sous groupes, généralement suivant les diverses régions et parlés : amazigh, tachelhit, tarifit, soussie etc. Cette musique est aussi divisée en "moderne" et "traditionnelle".

La musique afro-marocaine, connue sous le nom de Gnaoua est propre à la région de Marrakech, Essaouira ainsi que le Sud du Maroc, les paroles sont soit en arabe, en amazigh ou en un mélange afro-arabe.

Enfin il existe une nouvelle génération de jeunes, qui crée une musique qui synthétise l'esprit marocain aux influences venues du monde entier (blues, rock, metal, reggae …). Un des événements les plus importants de cette scène "underground", est le Boulevard des Jeunes Musiciens qui a lieu tout les ans à Casablanca et qui rallie la jeunesse marocaine dans un même événement culturel

Musique Andalouse
Connue autrefois sous le nom de “moussiqua al-âla”, c'est une musique de cour jouée et chantée dans les grandes villes du Nord du Royaume: Fès,Tétouan,Oujda, et Tanger. Elle est surtout présente dans le Nord du pays du fait de l'histoire de ces régions et des origines de leurs habitants (arabes chassés de l'Andalousie). L'orchestre est composé du plusieurs instruments à cordes. Les poèmes sont en arabe classique ou dialectal. Les membres de l'orchestre sont tous vêtus de djellabas blanches.

Le Samaa
Le "Samaa", "l'écoute" est un art de chants polyphoniques sacrés, hymnes au Prophète Mohammed (P.S.) et à Allah.

Melhoun
La chanson populaire arabe au Maroc emprunte ses modes à la musique andalouse, en les simplifiant. La Qassida a cependant conservé la division du texte en strophes comme dans le chant andalou*: le couplet (ghson*: branche ou rameau) peut comprendre de huit à seize vers, un court refrain (harba*: lance) offre une alternance qui permet de rompre la monotonie du discours musical du chant Melhoun.

Aïssaoua
Fondée au XVIè siècle par Sidi Mohamed Ben Aïssa, cette confrérie religieuse se rattache au soufisme. Son centre spirituel (zaouia) principal se trouve à Meknès où son fondateur est enterré

La musique berbère
Inspirée par la beauté saisissante du paysage rural marocain et la résonance du bendir, qui régit la rythmique des chansons, les chants et danses Berbères sont un spectacle fascinant, riche en poésie et en couleurs. Les danses ont lieu durant les festivités, le soir autour d'un grand feu de bois. Les hommes et femmes membres de groupes musicaux sont toujours vêtus d'habits traditionnels. L'expression de l'âme berbère passe incontestablement par les chants et la musique qui se transmettent ainsi de génération en génération. La rythmique est la base fondamentale de cette musique. La danse accompagne toujours les chants berbères. Ainsi, les trois styles de danse et de chants berbères correspondent aux zones linguistiques.
Dans le souss*: l'ahouach est une danse d'hommes et de femmes des pays Chleuhs du bassin du Souss. Il s'agit d'une cérémonie nocturne dans laquelle les femmes forment une ronde autour d'un feu de branches légères. Au centre une douzaine d'hommes forment un cercle plus restreint, tous munis de bendir (grand tambourin rustique). Le thème musical s'établit par soubresauts puis succèdent alors les bendirs sur lesquels la ronde des femmes commence à onduler. La danse arrive alors à son paroxysme lorsque la ronde des femmes se divise en deux groupes qui se font face et se donnent la réplique.
Dans le Moyen-Atlas*: l'ahidous est une danse d'hommes et de femmes du Moyen Atlas dans laquelle, cette fois, hommes et femmes sont coude à coude. Elle est réglée selon un rythme à la fois souple et rigoureux avec des ondulations. Après cette phase d'introduction, un couple de danseurs se détache, puis virevolte avec grâce.

Dans le sud
La guedra est une danse connue originaire du sahara le sud du Royaume. Son cadre musical est composé d'un petit groupe d'hommes dont l'un deux exécute un rythme régulier en frappant sur une poterie. La danse est effectuée par une femme située au milieu du groupe de chanteurs. Elle est à genou, enveloppée dans une étoffe bleue, et exécute de la tête et des mains la rythmique endiablée de la guedra.

Tsanguif ou Tasnguift
Concept d’origine berbère qui signifie: a cappella. Généralement, c’est un style dominé par les voix féminines pendant les occasions des mariages, et où les femmes chantent la douleur de la séparation entre la fille et sa mère.

La musique gnawa
Gnaoua: Ce sont généralement les descendants d’anciens esclaves issus de populations originaires d’Afrique Noire. Ils se sont ensuite métissés à la population locale et se sont formés en confrérie pour créer un culte original mélangeant des apports africains et arabo-berbères. La danse et le chant gnawa ont un aspect mystico-religieux. Les danseurs sont parfois capables d'exécuter de très belles acrobaties. Avec leur crakeb (sorte de castagnette en métal), les chanteurs et danseurs peuvent se mettre en transe parfois. Le style est envoûtant, folklorique et superbe. .

Le chaabi
Le chaabi marocain est une musique que l'on retrouve fréquemment dans les mariages. Musique populaire marocaine, ce style est associé à la fête et s'est surtout développée dans les villes marocaines. L'utilisation du langage populaire et la création de nouveaux rythmes ont fait de ce style un complément essentiel de la danse. De nombreuses tendances sont apparues. Ainsi de nouvelles chikhate, des petits groupes de quartier et autres chanteurs et chanteuses de charme ont pu proliférer dans toutes les villes.

Le raï
Né à Oran, cette musique a vite franchi les frontières qui la séparait du Maroc. On peut dire que la ville d'Oujda, capitale de l'oriental, est le berceau du Raï marocain où sont apparus les premiers groupes
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  #20  
Vieux 03/07/2006, 00h09
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