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| Des centaines, peut-être des milliers de personnes, continuaient d'affluer, mardi à Paris, dans les centres de réception des étrangers dans l'espoir d'une régularisation, tous demandeurs confondus: parents d'enfants scolarisés, célibataires ou demandeurs d'asile. Porte d'Aubervilliers, dans le nord de la capitale, devant le centre de réception ouvert la semaine dernière pour faire face aux demandes de régularisation, la rue est jonchée de bouteilles vides, de papiers : des dizaines, peut-être des centaines de personnes ont passé la nuit dans l'espoir d'être reçus ou simplement de retirer un dossier de régularisation. Des agents de la préfecture de police essaient de canaliser : ici la file d'attente pour un premier dossier, ailleurs une autre pour ceux qui ont déjà un rendez-vous. Mêmes images que la semaine dernière quand la rumeur a couru que Nicolas Sarkozy allait régulariser tous les parents sans-papiers d'enfants scolarisés. Mêmes visages de gens harassés par des heures d'attente et souvent une nuit sans sommeil, parfois accompagnés de très jeunes enfants. Une famille de Péruviens sort du centre, déçue de l'entretien. Ils sont quatre: le père et la mère arrivés, disent-ils, en France en septembre 2001 avec des visas diplomatiques et leurs deux filles Isabel, 17 ans, et Carmen, 23 ans. Isabel vient de passer brillamment son bac français au lycée Janson-de-Sailly (Paris 16ème) et s'apprête à rentrer en terminale S. Les parents n'ont pas de papiers et espéraient ardemment que les talents de leur cadette leur vaudraient une régularisation, à tous. Mais l'employé de la préfecture leur a répondu qu'on ne pouvait régulariser la situation d'Isabel parce qu'elle avait 13 ans passés quand elle a été scolarisée en France. Tout espoir n'est pas cependant perdu : on leur a fixé un nouveau rendez-vous pour le 7 août. Ha Kue, un jeune Bangladais, lui, n'a pas d'enfant. Mais il y a dix ans qu'il est ici, à travailler dans les bas-fonds d'une cuisine, avec l'espoir d'obtenir des papiers. Même espoir chez un couple d'Ivoiriens croisé au centre de la rue Truffaut, dans le 17ème : ils sont persuadés qu'on va leur accorder le statut de réfugiés politiques. Beaucoup de personnes, et parmi elles de très nombreux asiatiques, ne parlent que quelques mots de français et paraissent hagardes, ballottées d'un centre à l'autre, espérant, malgré tout. Ils ne connaissent pas les critères énoncés par le ministre de l'Intérieur, dans la circulaire du 13 juin, pour désigner les heureux élus au sacro-saint titre de séjour. Arno Klarsfeld, nommé par Nicolas Sarkozy médiateur, a rappelé mardi matin trois critères essentiels de cette circulaire : L'enfant doit être né en France ou être arrivé en France avant l'âge de 13 ans; Les parents doivent vivre en France depuis au moins 2 ans; l'enfant doit être scolarisé depuis septembre 2005. Les parents d'enfants scolarisés ont jusqu'au week-end du 15 août pour présenter leur demande de régularisation. Le ministère de l'Intérieur a indiqué qu'il n'y aurait aucune expulsion sans un réexamen des demandes. ©AFP |
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