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Vieux 04/07/2006, 23h19
 
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Par défaut "le testing, une excellente technique de lutte"

Louis Schweitzer « Nous sommes contre les quotas »
FRANCE - 25 juin 2006 - par PROPOS RECUEILLIS PAR MAYEUL CAIRE
Ancien haut fonctionnaire - il a dirigé le cabinet du socialiste Laurent Fabius à Matignon - et grand patron (à la tête du constructeur automobile Renault), Louis Schweitzer préside la Halde depuis le 8 mars 2005.

Jeune Afrique : Les Français sont-ils racistes ?

Louis Schweitzer : Dans un sondage récent, un tiers des Français se déclarait plus ou moins raciste. Mais je ne crois pas que cela reflète la réalité. Ce résultat témoigne plutôt de l’inquiétude et de l’ignorance d’une partie de la population. Ce qui m’a frappé, dans ce même sondage, c’est qu’une majorité beaucoup plus forte qu’auparavant disait qu’il faut punir le racisme.

Certaines associations de lutte contre le racisme ont critiqué la création de la Halde et doutent de son efficacité…

Les associations, avec lesquelles je veux développer continûment notre collaboration, ont apporté des choses essentielles. Le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap) nous a confié le dossier sur les étrangers dans les chambres des métiers ; et SOS Racisme est à l’origine du testing, une excellente technique de lutte, que nous utilisons.

Qu’est-ce que la Halde offre de plus par rapport aux associations ?

D’abord des moyens. Chaque jour, les soixante-six experts réunis au sein de la Halde s’engagent. Deuxième point, nous apportons le statut d’une Haute Autorité, c’est-à-dire des capacités juridiques et une autorité morale. Dans beaucoup de dossiers, le simple fait que nous soyons saisis fait que la discrimination s’arrête. À ce titre, l’en-tête « République française », avec le profil de Marianne et la devise « Liberté, égalité, fraternité » jouent un rôle… Au fond, c’est la République qui poursuit les discriminations. Enfin, notre statut d’autorité implique une certaine rigueur, différente de la dimension militante. Nous essayons de trouver le juste équilibre entre le mot autorité et le mot lutte.

Pourquoi la Halde privilégie-t-elle la médiation à la sanction ?

Ma priorité, depuis le début, est d’aider concrètement les gens qui nous saisissent. Cela peut passer par la sanction, par la médiation, ou par ce nouveau pouvoir que nous avons de « transaction sous menace de sanction », qui comporte à la fois une amende et une indemnisation de la victime.

Est-il logique de confier à une unique autorité le soin de lutter contre des phénomènes aussi différents que le racisme et, par exemple, la discrimination liée à l’orientation sexuelle ?

Toutes les discriminations partagent un fonds commun. Les techniques de lutte sont d’ailleurs utilisées dans différents domaines. Et puis, il y a aussi beaucoup de « polydiscriminations »: une femme qui appartient à une minorité visible et qui a un certain âge est discriminée trois fois… Aujourd’hui, les Britanniques, qui avaient des organismes spécialisés, les fusionnent en une seule autorité, confirmant que l’approche française est la bonne.

La Halde peut-elle être favorable à la discrimination positive ?

Exception faite des handicapés, la Halde est contre les quotas, qui sont d’ailleurs interdits par la Constitution. Elle est opposée au fait que l’on recrute ou que l’on écarte une candidature pour des raisons « raciales/ethniques ». Ce que nous défendons, c’est l’égalité réelle des chances tout au long de la vie. Cela implique des actions positives en matière de formation, d’encadrement, d’aides financières pour les moins favorisés.

Le gouvernement vous a récemment chargé de promouvoir la diversité sociale dans le logement, pour combattre la formation de ghettos. Comment allez-vous procéder ?

Nous avons lancé une conférence de consensus. C’est une méthode que l’on utilise dans le domaine médical, par exemple pour lutter contre le sida. On recueille l’avis de médecins, de sociologues, de personnes qui appartiennent aux communautés concernées pour définir les bonnes pratiques de référence. On écoute toutes les parties en cause dans un système de décision transparent. Ce processus devrait durer douze mois.

Vous siégez personnellement dans plusieurs conseils d’administration de grandes entreprises. Est-ce, pour la Halde, un handicap ou un atout ?

La loi a tout prévu : si, dans une affaire de discrimination, une entreprise avec laquelle j’ai ou j’ai eu un lien, est mise en cause, je ne prends pas part aux délibérations. Et puis, j’ai personnellement assez de convictions pour ne pas avoir envie de freiner ses travaux… Cela dit, je crois que ma position constitue un avantage. Il est bon que la Halde ne soit pas seulement une autorité de témoignage, mais aussi une autorité qui a des ambitions de résultats concrets, comme peuvent en avoir les entreprises. Le fait que je connaisse le monde de l’entreprise, et que le premier champ de discrimination soit l’emploi, me donne probablement des moyens et une expertise supplémentaires pour agir. Quand j’écris à 146 patrons pour promouvoir l’égalité, ma connaissance de l’entreprise me donne plus de force et de crédibilité. Pour l’immense majorité des entrepreneurs, le problème n’est pas de lutter contre le racisme ; il est de faire de la lutte contre les discriminations et pour l’égalité une priorité concrète.

Votre grand-oncle, le docteur Albert Schweitzer, s’est beaucoup investi en Afrique. Quelle est votre relation personnelle au continent ?

J’ai passé quinze mois en Algérie comme coopérant technique, en 1966-1967. Cette expérience m’a donné un lien particulier avec ce pays. En revanche, je ne connais l’Afrique subsaharienne que de façon livresque. Mais ce qui me frappe et me paraît poser problème, c’est qu’on a une vue indifférenciée de cette zone du monde.

Et comme président de Renault ?

Le problème de l’Afrique en la matière, c’est qu’elle est hérissée de barrières et que chacun de ses marchés est tout petit, ce qui pose un problème de diffusion.


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  #2  
Vieux 04/07/2006, 23h22
 
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Halde aux discriminations !
FRANCE - 25 juin 2006 - par MARIANNE MEUNIER

Conseiller les victimes de discriminations afin qu’elles obtiennent réparation, telle est la mission de la Haute Autorité mise en place il y a un an. Premier bilan.

C’est une règle bien connue : nombre d’entreprises, de discothèques et d’agences immobilières françaises ouvrent plus vite leurs portes aux citoyens « normaux ». Les autres, Noirs, personnes âgées, homosexuels, syndicalistes, handicapés, parents seuls, n’ont bien souvent d’autre choix que de prendre leur mal patience. Le sacro-saint principe républicain d’égalité n’aurait-il d’existence que nominale, sur le fronton des mairies ? Selon la loi, ces comportements de rejet sont des « discriminations » (le fait de refuser l’accès à un bien ou à un service - ou dénier un droit - à une personne sous prétexte de son origine, de sa religion, de son orientation sexuelle). Elles tombent sous le coup du code pénal et du code du travail. Mais, difficiles à prouver, elles échappent le plus souvent à l’œil d’une justice surchargée.
Longtemps, les gouvernements, de droite comme de gauche, se sont montrés relativement passifs. Mais, depuis le 8 mars 2005, les patrons qui ne veulent pas de Noirs dans leur entreprise sont traqués par un nouveau gendarme : la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde).

Jacques Chirac avait fait de la cohésion sociale l’un de ses chevaux de bataille durant la campagne présidentielle de 2002. La Halde, née avec la loi du 30 décembre 2004, est censée en être le bras armé. « Sa mission, c’est d’accompagner et de conseiller la victime d’une discrimination afin de lui permettre d’obtenir réparation », explique le chef de l’État lorsqu’il « installe » l’institution, le 23 juin 2005.

Nouvel épouvantail pour calmer les esprits et nourrir la cote présidentielle ? La démarche est en tout cas politiquement correcte. Mais la Halde est aussi le produit d’une directive européenne : chaque État membre doit disposer d’un organisme indépendant chargé de lutter contre les discriminations liées à la race et à l’ethnie. Paris prend bonne note de la directive, mais décide de l’étendre à dix-sept critères, un record en Europe (voir encadré ci-dessous). Pour saisir la Halde, il suffit de lui écrire ou de lui téléphoner*. Si la discrimination est avérée, l’un des trente juristes aidera la victime à rassembler les pièces du dossier. C’est là que le « machin » est utile : comment convaincre l’employeur qui n’a pas retenu Leïla, au prétexte que ses compétences étaient insuffisantes, d’envoyer les curriculum vitae des autres candidats, la grille et les comptes-rendus d’entretien, qui permettront de prouver que c’est du fait de son origine que la jeune femme n’a pas été retenue ? Le courrier de la Halde fonctionne comme une sommation. Et quand cela ne suffit pas, elle peut utiliser d’autres armes : investigation, saisine de la justice et dénonciation des mauvaises pratiques. Mais il est rare que le dossier soit transmis au parquet. La décision de donner une suite à l’affaire appartient à un collège de onze membres (parmi lesquels la présidente de l’association Ni ***oops*** ni soumises), qui se réunit en séance plénière deux fois par mois. Trois issues sont alors possibles : médiation, amende et réparation, transmission du dossier à la justice. La première, qui permet de trouver un accord entre les parties, tout en évitant un long détour par les tribunaux, a été à ce jour la plus utilisée. La deuxième option n’existant que depuis le 30 mars 2006, les chiffres ne sont pas encore disponibles. Quant à la troisième, elle n’a concerné que très peu de cas.

Dans son bureau cossu de la rue Saint-Georges, Marc Dubourdieu, directeur général de la Halde, montre du doigt la pile de courrier reçu le matin même. En un an, la Halde a enregistré 1 822 réclamations, dont 40 % pour des discriminations liées à l’origine et 45 % se produisant sur le lieu de travail. Résultat honorable, compte tenu de la confidentialité de la Halde à ses débuts. Pour sa première année d’existence, la Halde a choisi de concentrer ses forces sur la lutte contre les discriminations plus que sur la promotion de l’égalité, sa seconde mission. Mais sa tactique en la matière est déjà élaborée : faire connaître aux entreprises les « bonnes pratiques » mises en œuvre par certaines d’entre elles. Le 5 décembre dernier, Louis Schweitzer a écrit à 146 entreprises en leur demandant de lui faire part de leurs outils de lutte contre les discriminations. Trente-huit seulement n’ont pas répondu.

Difficile de juger de l’efficacité de ce tout jeune sanctuaire de l’égalité. Pour Samuel Thomas, vice-président de SOS Racisme et membre du « comité consultatif » de la Halde, celle-ci, avec un budget de 10,7 millions d’euros en 2005, a « quarante fois les moyens de SOS Racisme » pour lutter contre les discriminations, mais ne met pas tout en œuvre pour sanctionner les coupables.

Dès la nomination de Louis Schweitzer, ancien patron de Renault et membre de plusieurs conseils d’administration, syndicats et associations ont craint une complaisance à l’égard des entreprises. Le fait que les différends se soldent le plus souvent par des recommandations conforte leurs soupçons. Autre source d’inquiétude : la proximité de la Halde avec l’État, rendant a priori délicate la condamnation de la fonction publique, qui est la première à donner, pour certains postes, la priorité aux nationaux… L’ambiguïté est en partie levée : le 9 mars, la Halde a confirmé que les médecins à diplômes étrangers employés dans les hôpitaux publics, moins payés que leurs homologues ayant étudié dans les facultés françaises, étaient victimes de discrimination.


* 11, rue Saint-Georges, 75009 Paris

Téléphone : 08 1 000 5 000
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  #3  
Vieux 04/07/2006, 23h24
 
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Londres donne l’exemple
ROYAUME-UNI - 25 juin 2006 - par MAYEUL CAIRE
La Halde a retenu dix-sept critères de discrimination : âge, sexe, origine, situation de famille, orientation sexuelle, mœurs, caractéristiques génétiques, appartenance vraie ou supposée à une ethnie, une nation ou une race, apparence physique, handicap, état de santé, patronyme, opinions politiques, convictions religieuses, activités syndicales. C’est plus que tous ses voisins européens. Mais si l’on se réfère au budget et aux effectifs consacrés à la tâche, le Royaume-Uni est loin devant. Son action coûte chaque année 77,5 millions d’euros (2e, la Hongrie a débloqué une enveloppe de 14,5 millions, contre 10,7 à la France, classée 3e). Et elle mobilise 665 personnes, contre 175 pour la Grèce, 2e sur ce plan, 112 pour la Belgique, 3e… et 66 pour la France, 5e).
Même primauté du Royaume-Uni en ce qui concerne l’antériorité de la lutte : la Commission britannique pour l’égalité des chances a été créée dès 1975 ; la Commission pour l’égalité raciale dès 1976. Sur ce plan, la France est bonne dernière (2004), même si elle fait toujours mieux que l’Allemagne, le Luxembourg ou l’Espagne, qui ne disposent pas encore de structures dédiées.
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  #4  
Vieux 05/07/2006, 18h46
Avatar de zouhir001
je pense, donc je suis
 
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la belgique c'est pour quand???
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  #5  
Vieux 05/07/2006, 18h59
 
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quand les partis traditionnels deciderons de considerer les belges d orione etrangers comme des humains et ps des citoyens de seonde zone!



ou de troisieme zone! lol

Citation:
Envoyé par zouhir001
la belgique c'est pour quand???
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