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#1
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| Un grondement sourd à peine rythmé par les pas de Elvis embrumait Suisse. Celui-ci sourit, sans trop savoir pourquoi, à une vieille dame qu'il croisait. Il leva la tête, rêveur, et observa les nuages... celui-ci ressemblait à une rose. Celui-là à un coeur... Sans comprendre, il fut face à la porte. Il chercha alors ses clefs, mais s'aperçut que sa poche était vide. Il réalisa alors que celle-ci était percée. Il se frappa le front: comment allait-il entrer chez lui? Après avoir passé en revue les différentes possibilités, il décida de rentrer par la fenêtre entrouverte. Il jeta un coup d'oeil rapide alentour, passa une jambe, puis l'autre, et se retrouva dans la cuisine. Soudain, la lumière s'alluma... - C'est toi? Que fais-tu là? Pourquoi tu n'as pas sonné? Charon était là, debout sur le pas de la porte de la cuisine, et tenait dressée au-dessus d'elle une poêle à frire. - Et toi? Répondit Elvis. Je ne pouvais pas savoir que tu étais là! Le visage de Charon se radoucit. Elle posa la poêle et sourit: - Je n'avais pas de travail, aujourd'hui. Elle était angelique. Ses yeux, sa bouche, tout s'éclairait chez elle. - Viens, dit-elle. Elvis la suivit jusqu'au salon. - Assieds-toi, fit Charon. Il se laissa tomber dans un fauteuil et poussa un soupir d'aise. Mais soudain, Charon se jeta sur lui. Sans qu'il n'ait eu le temps de réagir, elle l'embrassa fougueusement. Cela dura longtemps. Elvis sentait son coeur battre la mesure de cette musique silencieuse... Cela était doux, comme à chaque fois. Cela n'en finissait plus... jusqu'à ce que les lèvres de Charon se détachent, pour glisser dans un souffle imperceptible: - Tu m'as manqué... - Je t'aime, dit Elvis. - Je t'aime aussi, dit Charon. Cette phrase, ils se l'étaient répétée des milliers de fois. Mais jamais elle n'avait perdu de son sens. - Cela ne fait qu'une semaine que je t'ai rencontrée, je voulais que tu saches que tu es mon premier amour. Le premier et le dernier. - Voyons... tu vas me faire rougir, murmura Charon. - Pourquoi? S'écria-t-il. Tu es la personne la plus charmate que je n'ai jamais connue! La plus charmate de tout Suisse! Les gens ne t'arrivent pas à la cheville. - Mais et toi, tu es si galant... - Cela n'est rien à côté de toi. Lorsque je t'embrasse, j'ai l'impression que je m'envole. Quand je te quitte, j'ai l'impression que mon coeur se fait piétiner par un féroce chien, ou transpercer par mille lances empoisonnées. - Mais toi aussi, Elvis, tu as beaucoup de qualités... - Tu sais... j'ai aimé, tout à l'heure, lorsque nous nous sommes embrassés. Il n'en fallut pas plus à Charon pour saisir le bras de Elvis et lui offrir de nouveau un baiser enflammé. Les deux êtres eurent cette fois l'impression d'être emportés dans une tempête. Sur un océan rouge sang. Leurs souffles s'échouaient invariablement dans les hurlements du vent, et les gifles des vagues leur faisaient fermer les yeux. C'était beau, c'était puissant, comme un tableau de No Name, ou comme ''Back To Love'' de Jonathan Battler. Tout rugissait autour d'eux, ils étaient enfermés dans une parenthèse qui les épargnait des griffes du cyclone, des griffes signant leur passage d'une trace de salive blanche et éphémère... tout tournait, des vertiges les prenaient, Elvis ferma les yeux et eut l'impression de je t'aimerais en haut d'un un sapin. Et soudain tout s'arrêta. - Notre mariage a été la plus merveilleuse idée de notre vie, murmura Charon. - Je suis bien d'accord avec toi... Ils discutèrent toute la nuit. Ils parlaient de tout, de rien. - Tu sais, c'est drôle, dit Charon, car hier matin, Lvis a tenté de me séduire. - Non, c'est vrai? - Oui, et comme je lui disais que c'était toi, l'amour de ma vie, il m'a répondu que je perdais mon temps et que je serais bien plus heureuse avec lui. - Ça ne m'étonne pas de lui, il a toujours essayé de gâcher ma vie privée. - Heureusement je lui ai dit ceci: ''Le jour où tu seras un tant soit peu civilisé, mon petit bonhomme, tu apprendras que mon Elvis est plus beau que n'importe qui. Et tu ne lui arrives pas à la cheville.'' Ils s'embrassèrent pendant des heures. Des jours. Des années. Si d'aventure vous ne croyez plus à l'amour, sachez qu'en ce moment même ils s'embrassent quelque part. by Elvis. |
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