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| Le vote de l'ONU sur la Corée du Nord reporté pour donner du temps à Pékin Les Etats-Unis ont accepté de reporter le vote sur une résolution aux Nations unies condamnant les tirs de missiles nord-coréens, afin de laisser du temps à la diplomatie chinoise, a déclaré, lundi 10 juillet à Washington, la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice. "Les Japonais sont d'accord pour dire qu'il serait sage de donner du temps à la Chine pour que la mission diplomatique qu'elle a entamée en Corée du Nord ait effectivement lieu", a déclaré la chef de la diplomatie américaine en recevant au département d'Etat son homologue pakistanais, Khurshid Mahmood Kasuri. "Nous pensons que la mission chinoise est prometteuse et nous voudrions la laisser se dérouler", a précisé Mme Rice à la presse. Lundi, la Chine a dépêché une délégation de haut rang à Pyongyang, conduite par le vice-ministre des affaires étrangères Wu Dawei, qui préside les pourparlers à six (Chine, Etats-Unis, les deux Corées, Japon et Russie) sur le nucléaire nord-coréen. Selon le ministre chinois des affaires étrangères, Li Zhaoxing, toute action contre la Corée du Nord doit être guidée par la sauvegarde de la paix et de la stabilité régionales. * RELATIVISER LES DIVERGENCES AU SEIN DU CONSEIL "En ce moment, le dirigeant chinois Wu Dawei se trouve en Corée du Nord pour essayer de convaincre Pyongyang, donc je ne pense pas que nous devions insister pour obtenir un vote ce 10 juillet", a aussi expliqué le premier ministre japonais, Junichiro Koizumi, aux journalistes. Le projet de résolution présenté par le Japon invoque le chapitre VII de la charte des Nations unies, ce qui ouvre la voie à des sanctions et, en dernier ressort, à un recours à la force. Il vise à empêcher le transfert en Corée du Nord de tout équipement pouvant être utilisé dans des programmes de missiles et d'armes de destruction massive ainsi que des ressources financières destinées à ces programmes. La Maison Blanche s'est de son côté efforcée de relativiser les divergences au sein du Conseil. Interrogé sur une éventuelle abstention de Pékin et Moscou, le porte-parole de la Maison Blanche, Tony Snow, a fait valoir que la résolution serait adoptée, même avec des abstentions. La Chine et la Russie peuvent toutefois s'opposer à l'adoption de la résolution en utilisant leur droit de veto en tant que membres permanents du Conseil de sécurité. * UNE RÉSOLUTION "LE PLUS TÔT POSSIBLE" L'ambassadeur chinois à l'ONU, Wang Guangya, a cependant réitéré l'hostilité de son pays à une résolution comprenant des sanctions, à l'issue d'une réunion informelle réunissant lundi matin, à la mission américaine, des délégués des cinq membres permanents du Conseil (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne et France), ainsi que du Japon, qui a présenté la résolution. "S'ils veulent une résolution, il va falloir qu'ils la modifient", a déclaré l'ambassadeur chinois. A la même occasion, les Etats-Unis et le Japon ont exhorté la Corée du Nord à revenir à la table des négociations sur son programme nucléaire. Ainsi Christopher Hill a souligné que la Corée du Nord serait condamnée à l'isolement si elle refusait de reprendre les pourparlers multipartites. Cependant, le Japon a pris une position en pointe contre la Corée du Nord, qui lui fait face. "Chaque pays discute avec les autres. Toutefois, le Japon cherche toujours à obtenir l'adoption d'une résolution [condamnant la Corée du Nord] le plus tôt possible", a souligné le premier ministre. Après Pékin et Séoul, Tokyo était la troisième étape d'une tournée de M. Hill visant à trouver une réponse internationale commune à la crise des missiles. "L'important, c'est que tous les pays affichent leur résolution à leur manière. Je ne vois pas de division. Au contraire, je vois un message très clair" à l'adresse de la Corée du Nord, a expliqué le diplomate américain. LeMonde/AFP |
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| Le chef des inspecteurs de l'AIEA en Iran mis sur la touche Maurin Picard. Actualisé le 11 juillet 2006 : 07h45 Le chef de l'Agence, Mohamed ElBaradei aurait cédé aux pressions de Téhéran, qui n'appréciait pas Christian Charlier «QUOI QUE nous disions, quoi que nous fassions, ils sont toujours derrière nous avec une caméra vidéo, avec un microphone, à essayer d'enregistrer nos mouvements et tout ce que nous disons.» L'auteur de ces propos, tenus dans un hôtel du centre de Téhéran par une froide soirée de février 2005, est un inspecteur nucléaire belge, membre de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), du nom de Christian Charlier. Chef de l'équipe des enquêteurs onusiens chargés de faire la lumière sur le programme nucléaire iranien, il était alors interrogé dans le cadre d'un documentaire de la chaîne publique américaine PBS. Depuis, «Chris» Charlier serait allé beaucoup plus loin, confiant à un hebdomadaire allemand, le Welt am Sonntag, que «l'Iran [possédait] évidemment un programme nucléaire clandestin». Cette attitude lui aurait valu l'ire de Téhéran, qui en avril dernier aurait exigé son éviction auprès du directeur général de l'AIEA, Mohamed ElBaradei. * Incohérences et questions en suspens Dans un article intitulé «L'homme qui en savait trop», le magazine d'outre-Rhin affirme que l'expert belge, qui depuis février 2003 sillonne l'Iran avec ses hommes en quête de «preuves confondantes» d'un programme militaire, aurait été mis à l'écart par son supérieur pour avoir trop ouvertement jeté l'opprobre sur Téhéran. «Je ne suis pas un politicien, déclare Charlier au Welt am Sonntag. La seule chose qui m'intéresse dans mes inspections, c'est de savoir si le programme nucléaire de l'Iran est de nature civile ou militaire. Je crois qu'ils dissimulent leur programme nucléaire et leurs vraies activités. Il est très probable que Téhéran fasse, dans le domaine nucléaire, des choses dont nous n'avons à ce jour aucune idée.» L'un de ses collègues affirme dans ce même magazine : «Naturellement que l'Iran construit la bombe, et Charlier a rassemblé toutes les pièces du puzzle. Il en paie maintenant le prix.» À la lumière de ces déclarations, il est compréhensible que l'Iran ait pu se montrer agacé par l'attitude du chef des inspecteurs de l'AIEA. Il est cependant beaucoup moins imaginable que l'agence, qui n'a elle-même cessé de mentionner les «questions en suspens» et les «découvertes préoccupantes» de ses enquêteurs en Iran, ait pu céder à la pression de Téhéran en acceptant de neutraliser son meilleur limier. Voire, comme l'affirme l'hebdomadaire allemand, «de lui confier des tâches subalternes». râne dégarni, moustache finement taillée, Chris Charlier possède au sein de l'AIEA une réputation à l'image de sa carrure : «Inspecteur tout à fait remarquable» et d'une «grande compétence», selon l'un de ses collègues interrogé par Le Figaro. Il est considéré, avec le Finlandais Olli Heinonen, directeur des garanties de l'AIEA, comme l'un des «meilleurs connaisseurs du dossier nucléaire iranien». * Le crédit d'ElBaradei écorné L'article allemand présente quant à lui des incohérences. Outre le fait que Chris Charlier est âgé de 54 ans, et non de 64, les citations de l'inspecteur belge dans Welt am Sonntag auraient été extraites pour leur majeure partie de l'interview accordée à PBS l'année précédente. En tant qu'inspecteur en chef, il est inconcevable que Charlier ait pu exprimer ainsi publiquement ses doutes quand à la nature du programme nucléaire iranien. Sauf à concevoir l'éventualité d'un réel coup de sang, consécutif à son interdiction récente de retourner en Iran. En aparté, diplomates et experts de l'AIEA restent extrêmement discrets sur le sujet, se bornant à confirmer que Chris Charlier reste officiellement chef des équipes d'inspecteurs. Mais l'une des personnes interrogées affirme cependant sous couvert d'anonymat qu'Ali Larijani, chef des négociateurs iraniens sur le dossier nucléaire, a bel et bien demandé à Mohamed ElBaradei la tête de son subordonné en avril. L'affaire est extrêmement sérieuse pour l'AIEA. Elle écorne sérieusement le crédit de Mohamed Elbaradei, dans son rôle de cerbère intransigeant de la lutte antiprolifération. Une partition ingrate et délicate, récompensée en octobre 2005 du prix Nobel de la paix. L'agence refuse cependant depuis hier de répondre aux accusations parues dans la presse. Dans les salons du Grand Hôtel de Téhéran, Chris Charlier confiait l'an dernier que les harcèlements rencontrés en Iran, finalement, «faisaient partie du jeu». Simple pion dans un jeu d'échecs à dimension planétaire, l'expert belge de l'AIEA vient peut-être de faire les frais des rapports complexes qu'entretiennent les Chancelleries occidentales avec le régime de Téhéran. LeFigaro |
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