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Document 11 : Minutes de mon entrevue avec Howard Drake « Je fus ravi de m’échapper au Canada avec ma famille après une année épuisante et difficile. Le responsable du personnel, Colin Reynolds, ayant échoué à ramener la réponse escomptée, le FCO dépêcha un officier politique, Dominic Schroeder, à Tashkent. L’excuse était une "crise" qu’ils avaient eux-mêmes créée en remerciant cinq de mes personnels de bureau les plus expérimentés. Schroeder s’en retourna à Londres et rapporta diligemment qu’il avait pris connaissance d’accusations d’ingérence, d’alcoolisme, de corruption financière et d’offres de services sexuels en échange de visas. Je fus immédiatement rappelé de mes vacances et revins pour rencontrer Howard Drake du département du personnel. Je me rendis directement depuis l’aéroport jusqu’à son bureau après un vol nocturne de 16 heures depuis Vancouver via Chicago sans avoir dormi depuis 60 heures. Tandis que je franchissais l’entrée, j’ignorais que j’étais sur le point d’être confronté à une avalanche de fausses accusations et une demande de démission. Dans de telles circonstances, je suis toujours surpris de voir à quel point je parvins à me défendre lors de cette entrevue ! Il faut bien garder à l’esprit que ceci est le compte-rendu de l’entrevue par Howard Drake ; l’attitude du FCO est ainsi présentée sous le meilleur jour possible. » (PDF - 1.3 Mo) Document 12 : Lettre d’hommes d’affaires de Tashkent « La communauté britannique de Tashkent était sidérée d’apprendre que son ambassadeur faisait l’objet d’attaques. » (PDF - 1.2 Mo) Document 13 : Courriel à Kate Smith « Il devint évident à mes yeux qu’il n’y avait aucun espoir qu’une enquête sérieuse soit menée au sujet des accusations portées à mon encontre. En particulier je ne serais pas autorisé à faire comparaître des témoins pour ma défense ; en effet je n’étais pas autorisé à informer quiconque de l’existence de ces accusations. Il m’était en outre interdit d’entrer dans ma propre ambassade et j’étais assigné à ma résidence de Tashkent. C’en était trop pour moi et j’envoyai ce courriel depuis Tashkent à ma représentante syndical, Kate Smith, juste avant de partir me faire soigner pour dépression. Je suis surpris de voir à quel point mon courriel était articulé et lucide. » (PDF - 495.1 ko) Document 14 : Minutes du 26 septembre 2003 « J’ai reçu un grand nombre de documents suite à une demande en vertu du Data Protection Act. Ces derniers ont été censurés par le Foreign Office, certains passages noircis dans "l’intérêt de la sécurité nationale". Celui-ci est un exemple intéressant. Ces minutes du 26 septembre 2003 sont adressées à Sir Michael Jay et Jack Straw. Par convention les minutes sont adressées au secrétaire privé et non pas directement au secrétaire d’État. Parmi les éléments noircis pour raisons de sécurité nationale figure la liste des destinataires en copie carbone. Ces destinataires figureraient en haut à droite sous la date. L’un de mes amis au cabinet de Jack Straw (souvenez-vous que j’ai servi au Foreign Office pendant 21 ans) m’indique que les destinataires en copie de ce document, ainsi que beaucoup d’autres transitant par le cabinet de Jack Straw, incluaient le 10 Downing Street (Premier ministre), le MI6 et le MoD (Ministère de la défense). Voilà pourquoi ils furent noircis. Comme il est expliqué en détails dans le livre, l’instruction de se débarasser de moi était arrivée au FCO depuis No 10 sur instigation des États-uniens. Il est fascinant de s’interroger sur les autres passages que le FCO a jugé nécessaire de censurer dans ces minutes. » (PDF - 326.3 ko) Document 15 : Télégramme « J’ai continué à refuser de démissionner pour être finalement reconnu non coupable de toutes les accusations portées contre moi, mais sanctionné d’un avertissement formel pour n’avoir pas gardé les accusations secrètes. Suite à une campagne parlementaire et médiatique en ma faveur, je réintégrai mon poste dambassadeur à Tashkent. En Juillet 2004, suite aux révélations sur Abou Ghraib, je revins à la charge contre Londres sur le fait que nous ne devions pas recevoir de renseignements des chambres de torture ouzbèques. Nous étions d’après moi en train de "Vendre notre âme pour du vent". Ce télégramme fuita jusqu’au Financial Times, conduisant le FCO à informer le gouvernement ouzbek (avant de m’en informer moi-même) que j’avais été relevé de mes fonctions d’ambassadeur à Tashkent. » (PDF - 33.1 ko) voltairenet.org |