| |||||||
![]() |
| | Outils de la discussion | Modes d'affichage |
|
#1
| |||
| |||
|
Laissé pour mort (11/07/2006) Avant les meurtres d'Anvers, un Gabonais était passé à tabac à Bruges. Il est sorti du coma. Ses amis dénoncent : "Aucune aide" BRUXELLES La nuit du 6 au 7 mai 2006, un Français de 50 ans, d'origine gabonaise, Raphaël Mensah, était passé à tabac, à Bruges, par des skinheads, sans autre raison que la couleur de sa peau. Le mois suivant, un skinhead d'Anvers tuait deux personnes dont un petit enfant et en blessait grièvement une troisième. Les deux faits ont subi un sort médiatique très différent, déplorent les amis de Raphaël Mensah. S'ils se réjouissent de l'émotion unanime suscitée en Belgique et à l'étranger par les assassinats racistes d'Anvers, ils dénoncent l'oubli auquel Raphaël a eu droit. Les six crânes rasés ne s'en sont pris à lui que parce qu'il était noir. Son portefeuille ne les intéressait pas, pas plus que son GSM. Depuis mai, sa vie n'a tenu qu'à un fil. Pendant deux mois, les médecins brugeois ont répété que rien n'était sauvé. Ce n'est que depuis peu que la victime est sortie du coma. Elle ne pouvait rester indéfiniment à Bruges. Ce week-end, il a donc été décidé de la rapatrier en France. Il n'a pas été possible de prévoir une ambulance médicalisée. Ses proches s'étaient adressés à diverses autorités et ont frappé à toutes les portes. Ils nous disent n'avoir obtenu aucune aide de personne. Ils sont particulièrement déçus de l'attitude de l'ambassadeur et du consulat de France à Bruxelles qui, disent-ils, n'ont été d'aucun secours. Ils mettent en cause la classe politique française dans son ensemble. "Nous avons demandé de l'aide aussi bien à droite - M Sarkozy - qu'à gauche - M Hollande : personne n'a répondu " . L'activité cérébrale semble irrémédiablement atteinte. M. Mensah ne sera plus jamais comme avant. "On s'accroche à l'espoir de récupérer certaines facultés; mais ce sera dur. Il a perdu une partie de la vue. D'accord, il est sorti du coma. Mais sa tête, c'est fini. Il tient des propos incohérents. Il n'a aucun souvenir de l'agression. Il ignorait d'ailleurs qu'il avait été agressé à Bruges. Il pensait que cela s'était produit en France dans une banlieue". Faute d'une ambulance, la victime de la ratonnade raciste du 6 mai a donc été rapatriée en voiture, ce week-end. Bruges-Paris, de l'ordre de 300 km. Une véritable expédition. Du bricolage "Nous n'avions aucun moyen de faire autrement. On s'arrêtait pour vérifier que tout allait aussi bien que possible, que la sonde urinaire par exemple ne s'était pas décrochée. Le consulat de France ne nous a apporté aucune aide médicale, aucun conseil juridique, aucune aide au niveau du transport. Pas même un encouragement moral : nous n'avons eu droit à rien. Raphaël n'est qu'un Gabonais, un pauvre Africain". En Belgique, les amis remercient, du fond de leur coeur, les médecins et le personnel infirmier de l'hôpital de Bruges. Ils n'en disent pas autant de notre Justice : "l'établissement d'où provenaient les skinheads est rouvert, et au moins un suspect d'avoir frappé M. Mensah, de l'avoir plongé dans le coma et abîmé pour le restant de sa vie, a déjà été libéré" . Amertume chez ces gens qui comparent l'émotion provoquée à Anvers, et parlent d'anti-racisme à deux vitesses. Gilbert Dupont © La Dernière Heure 2006 |