Etude du Conseil national du commerce extérieur


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Vieux 25/08/2003, 14h15
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Par défaut Etude du Conseil national du commerce extérieur

La compétitivité des ports marocains est handicapée par les frais indirects

Les infrastructures portuaires jouent un rôle important au développement économique national. Plus de 95% du commerce extérieur du pays transite par les 30 ports que compte le Royaume. Toutefois, l’essentiel, soit 80% des échanges extérieurs sont concentrés sur trois ports, en l’occurrence ceux de Casablanca, Mohammédia et Jorf Lasfar. A lui seul, celui de Casablanca représente plus de la moitié du trafic portuaire de marchandises. En raison de l’importance de la compétitivité des ports, un transit portuaire lent et onéreux se traduit de manière négative sur le coût des produits et a par conséquent un impact direct sur le commerce extérieur.

La dernière livraison du bulletin CGEM Info indique que l’analyse des coûts des prestations rendues aux marchandises au port de Casablanca montre qu’ils sont globalement biaisés par l’importance des coûts indirects. L’analyse empirique des coûts des prestations a révélé que les coûts d’escale sont relativement moins importants que le coût de manutention et les coûts indirects. Ces derniers représentent pratiquement la moitié des coûts du transit portuaire. L’étude du Conseil national du commerce extérieur aurait démontré également que plus de 75% de ces coûts indirects sont générés par l’absence de la concurrence entre opérateurs, les mauvais rapports entre les différents intervenants, les arrêts fréquents du travail et par les exigences réglementaires imposées par la multitude des textes juridiques, disparates et souvent caducs, qui réglementent le secteur portuaire.

L’étude relève que “ces facteurs sont sources, par ailleurs, du prolongement du délai de séjour des navires dans les ports, de la baisse continue de la productivité et par conséquent de l’installation d’un processus de dévalorisation des infrastructures et de gaspillage de ressources de la nation”.

L’analyse comparative du coût de passage portuaire à Casablanca confirme l’importance des coûts indirects générés par ces dysfonctionnements. Les frais directs (pilotage, laminage, remorquage et les droits portuaires) restent par ailleurs peu importants en comparaison avec le coût total du transit portuaire. En ce qui concerne l’ensemble des coûts, le port de Casablanca est clairement compétitif par rapport aux autres ports (Anvers, Marseille, Barcelone et Nigeria) et se classe en seconde position après le port d’Anvers, qui est exposé à la concurrence interne et externe.
L’accès maritime relativement court et facile du port contribue en grande partie à cette compétitivité tandis que la situation à l’intérieur des terres à Anvers est reflétée dans les coûts nautiques. Cet accès facile au port de Casablanca permet de lever des droits portuaires beaucoup plus importants qu’au port d’Anvers.
L’étude en question estime qu’en ce qui concerne la manutention, le port de Casablanca se positionne également de manière compétitive par rapport aux autres ports. S’agissant des conteneurs, le port se situe en deuxième ou troisième position, en fonction de la valeur des marchandises. Les taux appliqués sont au minimum de 40% plus élevés qu’au port d’Anvers. Autrement dit, ce sont, par conséquent les frais indirects qui handicapent la compétitivité du port de Casablanca.

Sur un autre volet, l’organisation de l’exploitation, caractérisée par la dualité de la manutention bord/terre entre les sociétés de stevedoring qui interviennent à bord des navires et l’ODEP qui intervient à terre, celle-ci constitue l’un des handicaps majeurs à la performance, la productivité et la compétitivité des ports. D’où l’urgence de la réforme du cadre réglementaire actuel qui demeure marqué par la caducité et l’insuffisance de certains textes limitant l’efficacité de l’outil portuaire et provoquant des coûts énormes pour la collectivité et des pertes considérables en compétitivité.

M. Kadimi - Libération
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