Le coup de la panne...


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Vieux 26/08/2003, 20h20
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Après la panne géante en Amérique du Nord, les médias évoquent la question du renforcement des réseaux et l’importance du facteur humain pour la prévention de prochaines coupures. L’autosuffisance électrique est aussi visée par un nombre croissant de gros consommateurs.

La panne géante du nord de la côte Est et d’une partie du Canada secoue encore les journaux des Etats-Unis. Le “New York Times” s’interroge : “Comment les sociétés technologiques modernes peuvent-elles gérer la difficulté de profiter des avantages des réseaux * ferrés, aériens, téléphoniques, énergétiques, informatiques, entre autres * tout en minimisant les failles des dits réseaux ?” Selon ce quotidien, “la panne d’électricité, comme le dernier virus informatique, MSBlast, mettent en évidence ce problème.”

Le système de transmission de l’électricité doit sans doute être modernisé, mais il ne faut pas oublier pour autant le facteur humain, “trop couvert par le bruit que font les centrales électriques”, selon “The Christian Science Monitor”. Par exemple, estime le journal, “la panne en cascade a épargné l’Etat du Vermont, grâce à la rapidité de réaction d’ingénieurs expérimentés”. D’après ce quotidien, “le facteur humain a joué un rôle primordial dans la plus grande coupure électrique de l’histoire des Etats-Unis. Et, si pour éviter de futures coupures plusieurs milliards de dollars sont nécessaires afin de moderniser les infrastructures du pays, les questions de communication et de prise de décision seront aussi cruciales.”

Les investissements consacrés au lobbying

D’autre part, la responsabilité des groupes privés du secteur électrique est indéniable. “The New York Times” s’arrête sur le cas de la société FirstEnergy d’Ohio, “emblématique de la façon dont les groupes traditionnels ont tenté de s’adapter à la déréglementation du secteur. Cette entreprise, comme les autres de son genre, a investi des montants colossaux en lobbying et campagnes politiques, déversant de l’argent dans la politique locale et nationale, parvenant à orienter la politique énergétique du pays.” Pourtant, regrette le journal, “ses efforts pour la modernisation de son système de transmission sont moins impressionnants, même si elle représente ce dont le réseau électrique du pays a le plus besoin”.

Dommage, car il existe des moyens d’éviter que le système en réseau ne sature et que les pannes ne s’enchaînent en cascade. “The New York Times” précise : “Il ne faut pas utiliser toute la capacité des lignes de transmission, mais laisser un espace capable d’absorber un supplément de trafic en cas d’urgence.” Or, explique le journal, “de nombreux systèmes avaient peu d’espace supplémentaire disponible lorsque la panne a eu lieu, peut-être parce que les opérateurs du réseau savent que cet espace inutilisé ne génère pas de profit”.

Vers l’indépendance électrique

Pour éviter les pannes, une autre solution est aussi possible, qui consiste à ne plus dépendre du réseau. De nombreuses compagnies et institutions ont donc investi dans des installations de production électrique, “souvent pour se protéger des coupures”, note “The Washington Post”. Selon l’association US Combined Heat and Power, “huit pour cent de la capacité électrique aux Etats-Unis proviennent de ces installations et ce chiffre est en augmentation.” Dans la plupart des cas, relate le journal, “les entreprises restent connectées avec le réseau, achètent toujours une part de l’énergie qu’elles consomment et vendent à l’occasion l’excès d’électricité produite.”

Par ailleurs, un journaliste du magazine alternatif en ligne “AlterNet” livre un scoop. Il admet être responsable de la coupure de courant et avoue : “J’ai fait une chose que je ne fais jamais, j’ai mis en marche mon air conditionné. C’est lui qui a tué le système électrique de la ville de New York.” D’après lui, “nous aimerions tous penser que l’énergie est illimitée et que la Californie est le seul Etat où les baisses de tension sont systématiques. Mais la coupure de la semaine dernière nous prouve le contraire. Et, vu que nous n’allons pas nous en sortir rapidement, nous ferions donc mieux de tirer parti des prochaines pannes.”

Selon lui, parmi les dix meilleurs choses à faire lors de la coupure de courant qui arrivera bientôt, il faudrait “mettre en marche une bouche d’incendie et jouer avec l’eau jusqu’à ce que la police débarque, manger les glaces qui sont dans son congélateur, vu qu’elles seront de toute façon bientôt fondues, ou faire du roller en cercles sur un carrefour, puisque la circulation est bloquée…”

Le “Boston Globe”, quant à lui, casse un mythe. Non, les bébés ne sont pas conçus dès qu’on éteint les lumières, “même si une croyance persistante veut que dans le noir les couples en profitent”. Ainsi, neuf mois après la panne de 1965 à New York, il n’y a eu que 39 naissances de plus que d’habitude. Nous ne pouvons plus espérer sérieusement un record de naissances en mai prochain.


Courrier International.

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