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  #1  
Vieux 27/07/2006, 15h30
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Par défaut vivre chez ses parents à 30 ans !!

un autre article de "FEMMES DU MAROC"


30 ans… et encore chez ses parents !

Si autrefois, les Marocaines ne quittaient le toit de papa et maman que pour se marier, il en est qui, aujourd’hui, ont les moyens matériels d’une vraie indépendance vis-à-vis des parents, des hommes et de la société tout entière. Certaines choisissent de vivre seules, d’autres pas. Or, si vivre en solo chez nous demande beaucoup de courage, il en faut souvent au moins autant pour continuer à vivre chez ses parents.

Myriam Jebbor


Il n’y a pas si longtemps, il était de règle de préparer sa vie d’adulte en restant chez ses parents. De devenir adulte par étapes. La seule raison qui excusait une absence provisoire de la fille était les études dans une autre ville. Une fois celles-ci achevées, elle réintégrait le toit parental qu’elle ne quittait par la suite qu’en vue d’un mariage. Elle ne pouvait rêver d’avoir un chez soi, tout d’abord parce qu’elle n’avait pas été éduquée dans ce sens, ensuite pour des raisons économiques. Aujourd’hui, les données ont changé. Et comme le dit si justement Hind Taarji, “c’est toujours le facteur économique qui crée le changement”. On observe effectivement que si maintenant les Marocaines peuvent se poser la question de savoir si elles entendent rester chez leurs parents ou au contraire vivre en solo, c’est parce que beaucoup d’entre elles, dans les grandes villes, s’assument financièrement. De là provient le grand bouleversement.
Changement de mentalités. Libération d’une certaine catégorie de femmes qui font des choix qui, il y a quelques années seulement, ne se posaient même pas. Certes, elles ne sont pas nombreuses à oser franchir le pas, couper le cordon ombilical et assumer tout ce que cela implique, mais il est, dans les grandes villes, des pionnières qui ont voulu arracher leur liberté au prix fort. Le Maroc est en pleine mutation. La preuve en est qu’il y a dix ans seulement, il aurait été absolument incongru de se pencher sur le cas des filles qui vivent encore chez leurs parents à 30 ans, le contraire n’étant pas de mise. Aujourd’hui, alors que s’amorce une indéniable émancipation de la femme Marocaine, on peut se demander pourquoi certaines font le choix - mais est-ce vraiment un choix délibéré ? - de rester dépendante de leurs parents ? A travers des témoignages de jeunes trentenaires, à l’appui d’intervention de spécialistes, quelques réponses ont été données.
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  #2  
Vieux 27/07/2006, 15h31
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Une liberté excessivement chère
Avoir son chez soi et vivre seule, c’est rentrer à point d’heure sans rendre de comptes à personne, gérer son argent, ses envies, remplir son frigo à son goût, se faire un plateau-télé en guise de dîner, étaler ses affaires aux quatre coins de l’appartement. S’appartenir. Un rêve qui, pour beaucoup, coûte trop cher. Les difficultés à trouver un emploi, les loyers prohibitifs et le niveau de vie qui augmente sont autant de freins à cette réalisation. D’autant plus que chez nous, une fille paie beaucoup plus cher le prix de sa liberté puisque, si elle désire s’installer seule, elle aura intérêt à le faire dans un quartier huppé où elle ne sera pas perçue comme une fille légère. Autant dire que ce rêve est pratiquement irréalisable lorsqu’on sait que le Smig est fixé à 1.800 DH et qu’à Casablanca, un studio au Maârif coûte au minimum 2.000 DH.
Quand bien même une femme toucherait un peu plus, ce qui déjà représente un micro-phénomène, il faudrait qu’elle ajoute à cela le prix des dépenses indispensables à tout citadin. Nawal, journaliste, a vécu une grande désillusion ; vivre seule était pour elle, au-delà d’un souhait, une question de foi : “Je ne concevais pas, en revenant au Maroc, après avoir vécu seule pendant quatre ans pour mes études, de réintégrer la maison familiale. Ou alors provisoirement, le temps de trouver un travail. Avec un salaire très faible, je me suis mise en quête d’un appartement. J’ai vécu dans un quartier populaire où j’étais tout le temps chahutée, draguée, où des garçons que je ne connaissais pas venaient frapper à ma porte à onze heures du soir. Je n’avais pas assez d’argent pour meubler mon appartement, et je me suis retrouvée très vite au rouge, à demander de l’argent à mes parents pour manger.” De cette tentative d’indépendance, elle a dû faire le deuil assez rapidement. Retour à la maison. Elle ne peut envisager, à moins d’un tournant miraculeux dans sa carrière, d’être indépendante.
Ce sont en effet souvent les parents qui, parce que le salaire de la jeune fille lui permet juste de payer son transport, prennent en charge tous ses besoins. Et l’on observe que c’est davantage par obligation que par choix personnel qu’elles restent dans cette situation. Oumama, elle, a trouvé un arrangement, un juste milieu pour un semblant d’autonomie. A vingt-sept ans, elle habite enfin seule et est dispensée de loyer, le deux-pièces où elle vit appartenant à son frère résidant à l’étranger. Elle est heureuse de cet arrangement parce que de toute manière, elle n’avait pas les moyens de s’assumer. C’était cela ou continuer à vivre chez ses parents, et elle a tranché sans aucune hésitation De la vie en solo, elle a les bons côtés : l’espace où elle vit est meublé et ne lui coûte rien. Ses parents paient l’eau et l’électricité. Elle ne prend en charge que ses repas, son transport, ses factures de téléphone et ses achats personnels. Elle a l’impression de vivre seule même si ses parents ont le double des clés et débarquent à l’improviste pour des moments en famille. Au mois d’août, le temps d’un été, elle quittera l’appartement pour que son frère y loge avec sa famille.
Si la famille allège les charges et rend le quotidien matériellement plus vivable, il arrive qu’elle empêche les jeunes de prendre leur envol. Tel est le cas de Sanâe qui n’habite pas seule pour des raisons purement matérielles. Cette jeune femme de trente-deux ans qui revendique son indépendance est le symbole vivant de la Casablancaise dynamique et moderne. Dans l’absolu, son salaire de 13.000 DH pourrait lui permettre de vivre seule, mais cela n’est absolument pas envisageable. Bien que célibataire, d’elle dépend le quotidien de trois personnes. En effet, le père est parti, laissant à sa charge ses deux sœurs adolescentes et leur mère sans travail. Face à cette dure réalité de l’existence, c’est elle qui subvient aux besoins de sa famille et si elle a pu, un temps, vivre seule, elle a dû réintégrer le toit familial parce qu’elle ne pouvait pas payer deux loyers. C’est de cette manière parfois brutale, que le cours des choses peut être bouleversé. Souvent, ce sont les réalités économiques qui rappellent à l’ordre et stoppent dans leur élan les hommes aussi bien que les femmes avides de liberté.
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  #3  
Vieux 27/07/2006, 15h32
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Une pression sociale pesante
Au même titre que les hommes, beaucoup de femmes entendent évoluer et faire carrière. Pour des raisons financières mais aussi d’épanouissement personnel, elles émigrent pour des études longues. Face à cela, les parents se voient obligés de lâcher la bride et de mettre, provisoirement, leurs a priori entre parenthèses. Chez nous, les filles peuvent habiter seules pour faire leurs études ou parce qu’on leur propose un emploi dans une autre ville, mais rarement parce qu’elles le désirent tout simplement. Il en va de leur réputation et de leur avenir. Dans l’inconscient collectif, vivre seule au féminin cache des intentions de frivolité et de légèreté. D’ailleurs, combien de parents acceptent cela ? Pour beaucoup, le choix ne s’est jamais posé. “C’était tout à fait normal que je revienne à la maison après mes études”, nous confie Saloua. Elle n’a jamais essayé de négocier un départ, une liberté que les siens jugeraient d’emblée absurde. Alors, pour ne fâcher personne, elle envoie en cachette des demandes d’emploi dans d’autres villes. Elle rêve de partir non pas pour une vie dépravée mais davantage pour se sentir libre. “J’ai vécu seule pendant six ans, et là je ne supporte plus les couvre-feux à 19 heures, les justifications pour sortir, les week-ends en famille, les coups de fil en cachette pour ne pas qu’ils entendent, leurs appels sur mon portable quand je tarde un peu après le travail.” Elle se sent étouffée. Tiraillée entre la bienséance et une soif d’autonomie rendue aujourd’hui possible grâce à sa situation professionnelle, elle a peur de décevoir et de blesser ses parents, alors elle préfère agir autrement pour qu’il n’y ait pas de remous.
Etouffée aussi, Meriem qui traverse une période difficile : elle a 26 ans et passe ses soirées enfermée dans sa chambre, repas vite engloutis en famille sans piper mot parce que l’atmosphère est invivable depuis qu’elle a osé émettre l’idée de vivre seule. “Ma mère était horrifiée. Elle a dit que je devenais folle, que si je faisais ça, jamais aucun homme ne voudrait de moi. Mon père, lui, a été plus violent. Il m’a demandé si je voulais finir sur le trottoir, il m’a traité de tous les noms. Pour lui, vivre seule, c’est être une p…. Il a dit que je ne quitterais ce toit que le jour où je rentrerais dans la maison de mon mari.” Elle se dit révoltée, écœurée. Elle se sent en décalage. Responsable commerciale dans une structure importante, elle prend des décisions en journée et le soir, doit se comporter comme si elle avait quinze ans. Idem pour Hayat qui doit se battre pour voir son petit ami en cachette des parents. Pour justifier ses sorties ou ses week-ends hors famille, elle use et abuse de son statut de femme active. Un déplacement pour un rendez-vous professionnel, un dîner entre collègues… ; sa liberté, elle doit à chaque fois l’arracher aux prix de mensonges. “Si je ne travaillais pas, je n’aurais jamais eu le droit de sortir. Je serais devenue folle depuis longtemps.”
Si certaines doivent leur peu de liberté au fait qu’elles travaillent, pour d’autres leur volonté de faire carrière n’est aucunement un justificatif à leurs retards. Combien sont-elles à ne jamais être présente à un dîner d’affaires ou à un rendez-vous de travail qui a lieu en dehors des heures réglementaires parce que le père est trop sévère, suspicieux ? “Mes parents ne me laissent pas sortir en dehors des heures de travail, raconte Samia. Si je tarde, ils me rappellent à l’ordre, me harcèlent au téléphone et quand je rentre, c’est la crise. Parce que je suis lasse de me battre et parce que se battre est vain, j’ai dû abandonner mes rêves de femme leader.” Aujourd’hui, elle dit être prête à se marier avec le premier venu pour sortir de cet enfer.
Respectabilité. Virginité. Réputation. Autant de mots qui, pour les parents, sont l’idéal d’une vie de jeune fille réussie. Si, souvent, ce sont eux qui entretiennent ce mythe, veillant à conserver intacte la réputation de leur fille, il est beaucoup de jeunes femmes qui s’enferment elles-mêmes dans leur propre prison. Parce que la pression de la norme est très forte, Ilhame a peur d’être montrée du doigt. Elle travaille, mais aimerait bien entrer dans le clan des femmes mariées. Pour ce faire, elle n’a à aucun moment essayé de s’affranchir. Elle trouve normal de vivre sous le toit de ses parents jusqu’à son mariage. “Je ne veux pas que les hommes pensent que je suis une fille facile. Les filles qui s’installent seules, elles sont vite cataloguées. Je ne veux pas de cette confusion. Moi, j’ai toujours vécu chez mes parents et je crois que c’est la garantie d’une certaine respectabilité. Mon mari me respectera aussi.” La pression sociale est telle que les filles sont obligées de réfréner leur sexualité pour être considérées comme des bent ennass. C’est uniquement en se comportant de la sorte qu’elles pourront un jour trouver un mari. C’est du moins ce qu’elles pensent et ce que pensent leurs parents, mais qu’en est-il des hommes qui, de plus en plus, entendent vivre une intimité avant le mariage ? Il est une véritable confusion dont les femmes, une fois de plus, sont les victimes. Dès 28 ans, elles deviennent le souci principal de leur famille qui veut à tout prix les marier sans leur permettre pour autant la moindre possibilité de rencontres, leurs sorties étant sous haute surveillance, et les parents au même titre que la fille, déchirés entre le souci de bien faire et la peur d’être responsables “d’une grosse bêtise” sont pris dans leur propre piège.
Curieux paysage que celui qu’offre le Maroc. Un Maroc déchiré, en quête de lui-même, tout plein de paradoxes, de tentatives d’évolution, d’égalités, de résistances, de régressions… Alors qu’il est des femmes qui se battent pour être considérées dans la liberté qu’elles se sont elles-mêmes octroyées, une liberté jamais donnée mais arrachée au prix de travail et d’études, qui osent se positionner quitte à perturber l’ordre établi au sein d’une famille ou même de toute une société, qui revendiquent avoir droit à une certaine indépendance associée à des valeurs beaucoup plus profondes que celles auxquelles elles sont amalgamées, il en est d’autres qui semblent se revendiquer mineures à vie. Le qu'en-dira-t-on est, semble-t-il, profondément ancré dans les mentalités.
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  #4  
Vieux 27/07/2006, 15h33
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Des renoncements trop difficiles
“Vivre chez ses parents à 30 ans quand il est matériellement possible d’avoir un chez-soi relève de la pathologie”, avance Rita El Khayat. Or, serions-nous en grande majorité malades ? Malades ceux qui aiment le confort du tout prêt, rassurant, ronron d’un quotidien installé depuis des années, sans risque de changement ? Malades ceux qui, adultes, se complaisent à dormir chaque soir dans la chambre de leur enfance ? Trouver les repas prêts, s’asseoir à la table des parents après une journée de travail en entreprise, n’est-ce pas quelque part refuser de grandir ? Est-il normal de rentrer chaque soir chez papa et maman quand on est âge de construire sa propre vie ? Grandir, n’est-ce pas justement prendre des décisions, faire des renoncements, apprendre à gérer son budget, ses besoins, s’impliquer dans un choix de vie personnel ?
Au Maroc, il est quasi-normal, lorsque les parents habitent la même ville, de vivre chez eux. Même lorsque les enfants détiennent le pouvoir de vivre seuls, ils franchissent rarement le pas. “J’avoue que c’est très pratique de vivre encore à la maison, affirme Nadia, 30 ans. J’ai ma chambre et mes habitudes que mes parents respectent parce qu’ils me connaissent. Quand je rentre le soir, ma chambre est rangée et le repas est prêt. Pas besoin de faire les courses, de faire la cuisine.” Une vie toute rose en apparence, mais qui exige certains sacrifices. Nadia ne peut pas découcher ou voyager. Quand elle sort, elle doit être correctement habillée, quitte à passer un long pull sur son tee-shirt moulant pour ne pas subir les remarques d’un père traditionnel. Elle accepte ça parce qu’en soupesant le pour et le contre de la situation, elle a évalué les avantages qui s’offraient à elle. “Je ne dépense mon argent que pour m’acheter des habits ou du maquillage. J’ai pu prendre une voiture à crédit. Si j’avais fait le choix de vivre seule, je ne vivrais pas aussi bien.” Elle a un ami, mais elle n’envisage pas, comme la plupart des Marocaines, d’ailleurs, d’avoir un chez-soi pour leurs moments d’intimité.
Chez nous, c’est l’homme qui, aussi bien pour l’aventure d’une nuit que pour une relation sérieuse, se charge d’emmener la fille chez lui, chez un ami ou un hôtel. Traditionnellement, c’est à lui qu’il revient de faire face à cet aspect pratique de la relation. De ce fait, vivre une relation amoureuse ou vivre sa sexualité pleinement n’est pas, au féminin, un élément qui justifie qu’on quitte le domicile parental. En revanche, combien de jeunes hommes continuent à vivre chez leurs parents tout en louant, seuls ou à plusieurs, une garçonnière entièrement consacrée à leurs rendez-vous coquins ? En dehors de ces moments de rencontre, ils habitent à temps plein l’espace des parents.
Il faut dire aussi que beaucoup de parents n’encouragent pas leurs enfants à être autonomes. Tel est le cas de Shéhérazade, 28 ans. Elle affirme vivre en famille parce qu’elle n’a pas assez d’argent pour payer un loyer. “Si je gagnais plus, je vivrais ailleurs.” Elle dit ça, hésite un peu : “En fait je ne sais pas, parce que j’ai un si mauvais rapport à l’argent que j’ignore si je serais capable de m’assumer et de faire face aux responsabilités que ça implique. Je reviendrais sans doute chez mes parents au bout d’un ou deux mois.” Elle a vingt-huit ans et travaille dans une agence de communication. A la maison, elle ne participe pas aux frais. Ses parents l’aident même à boucler ses fins de mois. “Pour mon père, je suis encore une petite fille et il ne me laisse rien payer, pas même une limonade.” Elle a sa propre chambre qu’elle ferme à clé avant de sortir pour ne pas qu’on fouille dans ses affaires ou que sa petite sœur lui pique son rouge à lèvres.
Il est certes plus commode, à une époque trouble, d’évoluer dans l’univers rassurant de la famille. Dans une société qui rejette les femmes seules, la famille reste un repère, un refuge. Cependant, cette dépendance matérielle présente des dangers. Elle empêche souvent le jeune de prendre ses responsabilités en affrontant la vie et le maintient dans un confort passif. Asmaâ a vécu jusqu’à 29 ans chez ses parents avant de prendre conscience que ce qu’elle croyait être une autonomie était en fait un mensonge qu’elle se faisait à elle-même. Elle a alors décidé de quitter son petit confort ; acquisition d’un petit appartement, et début d’un quotidien en solo. Elle a vite déchanté. “Je n’arrivais pas à couper le lien. Alors que je voulais me détacher de la famille, je ne pouvais m’empêcher d’appeler ma mère plusieurs fois par jour, et je déjeunais chez elle tous les midis. En repartant, j’emportais avec moi des plats qu’elle avait cuisinés et mon linge qu’elle avait lavé. Ça a duré trois mois. Après, j’ai lâché mon appartement et je suis revenue chez mes parents. Je crois que la liberté doit être enseignée très jeune à ses enfants. Passé un certain âge, on ne peut plus partir. Il y a trop de facilité, trop de confort à vivre avec eux. Qui renoncerait à ça pour la solitude, les contraintes, les charges, les responsabilités ?” On remarque effectivement que chez nous, les jeunes qui décident de partir restent malgré cela dépendants de leurs parents. Un phénomène culturel, certainement, qui convient à tous et auquel il est dur de renoncer.
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  #5  
Vieux 27/07/2006, 15h34
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Celles qui ont franchi le pas

Souad, 25 ans
“Quand j’ai décroché mon premier job, j’ai tout de suite pensé à m’installer en co-location avec une amie. Après confrontation avec mes parents qui ne voulaient pas en entendre parler, je suis partie de la maison. Je faisais ça pour respirer et rentrer à l’heure que je voulais sans avoir à me justifier. La réalité m’a vite rappelée à l’ordre. Dispute avec ma copine, problèmes financiers. Je suis revenue à la maison la tête basse au bout de deux mois. Mes parents n’ont jamais avoué au reste de la famille que j’étais partie de la maison. Ils disent qu’il ne faut pas en parler parce qu’un homme n’épousera jamais une fille qui a vécu seule.”

Imane, 32 ans
“Il a fallu me battre pour faire comprendre à mes parents que je voulais vivre seule. Les propriétaires qui ne veulent pas louer à une femme célibataire, les voisins qui jasent, les parents qui font la gueule, j’ai traversé tout et au lieu de me faire reculer, ces choses m’ont confortée dans l’idée qu’il fallait bousculer un peu l’ordre établi. Les premiers temps, ma mère me regardait avec désolation et pleurait en disant que je nuisais à ma réputation. Quand je rencontrais un homme et que je lui disais que je vivais seule, il croyait toujours que j’allais lui proposer de monter. J’ai tenu bon. Je ne peux pas dire que ça ait révolutionné les mentalités marocaines mais disons que dans mon entourage, j’ai cloué pas mal de becs, et aujourd’hui, pour mes nièces et mes cousines, je suis le symbole de la femme qui a réussi.”

Karima, 34 ans
“J’ai décidé de vivre seule le jour où mon père m’a dit que tant que j’étais sous son toit, je devais faire ce qu’il disait. A ce moment-là, je ne sais pas ce qui s’est passé en moi. J’ai eu une bouffée de rage et j’ai su que je devais partir. J’aurais pu le faire avant, mais je me complaisais dans la facilité et dans l’habitude. Mes parents m’en ont voulu. Ils croyaient que je faisais ça pour les provoquer ou les blesser alors que j’étais parvenue à un moment de ma vie où je ressentais le besoin de voler mes propres ailes. J’ai vécu seule trois ans, puis j’ai rencontré celui qui est aujourd’hui mon mari. Cette expérience m’a énormément enrichie. En trois ans, j’ai appris bien plus qu’en toute une vie sur ce qui est de l’indépendance, de l’épanouissement et de la maturité. Je peux dire maintenant qu’avant ça, j’étais une petite fille parce que c’est en vivant seule que j’ai découvert ce qui était bon et important pour moi. Avant, je me laissais vivre, je me laissais guider par les volontés des autres. Quand j’ai rencontré Ali, j’étais vraiment prête pour une vie à deux, je savais ce que cela impliquait.”
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  #6  
Vieux 27/07/2006, 15h36
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et vous seriez vous prêtes à rester sous la surveillance de vos parents jusqu'à votre mariage ??
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  #7  
Vieux 27/07/2006, 15h47
Avatar de tinky
Humble et cela se voit ..
 
Date d'inscription: avril 2005
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Envoyé par diyana
et vous seriez vous prêtes à rester sous la surveillance de vos parents jusqu'à votre mariage ??
salam, bonjour,

Oui je n'y vois aucune honte

Celà me dérange pas.

tawmat
__________________
Chère future femme tu as trouvé la perle des perles en ma personne alors prend soin de moi.
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  #8  
Vieux 27/07/2006, 16h16
Avatar de joyce1600
 
Date d'inscription: mars 2005
Âge: 29
Messages: 675
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Pourquoi pas !!
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  #9  
Vieux 27/07/2006, 16h21
Avatar de Total_Houb
Ne me tentez pas
 
Date d'inscription: mai 2006
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Entrées dans le blog: 1
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Citation:
Envoyé par diyana
et vous seriez vous prêtes à rester sous la surveillance de vos parents jusqu'à votre mariage ??

non non je ne suis plus avec eux sous le même toit, mais ils auront toujours une atorité sur moi, même si je suis un homme mais les parents passent avant tout

mais rester célibataire pour une femme au maroc, c'est vrai que ce n'est pas évident j'en ai déjà vu autour de moi mais il ne faut pas en faire un drame
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  #10  
Vieux 27/07/2006, 16h23
MOBYS
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ça me fait rire ces reportages à la marocaine version francisé.
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