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Envoyé par diyana un autre article de "FEMMES DU MAROC"
30 ans… et encore chez ses parents !
Si autrefois, les Marocaines ne quittaient le toit de papa et maman que pour se marier, il en est qui, aujourd’hui, ont les moyens matériels d’une vraie indépendance vis-à-vis des parents, des hommes et de la société tout entière. Certaines choisissent de vivre seules, d’autres pas. Or, si vivre en solo chez nous demande beaucoup de courage, il en faut souvent au moins autant pour continuer à vivre chez ses parents.
Myriam Jebbor
Il n’y a pas si longtemps, il était de règle de préparer sa vie d’adulte en restant chez ses parents. De devenir adulte par étapes. La seule raison qui excusait une absence provisoire de la fille était les études dans une autre ville. Une fois celles-ci achevées, elle réintégrait le toit parental qu’elle ne quittait par la suite qu’en vue d’un mariage. Elle ne pouvait rêver d’avoir un chez soi, tout d’abord parce qu’elle n’avait pas été éduquée dans ce sens, ensuite pour des raisons économiques. Aujourd’hui, les données ont changé. Et comme le dit si justement Hind Taarji, “c’est toujours le facteur économique qui crée le changement”. On observe effectivement que si maintenant les Marocaines peuvent se poser la question de savoir si elles entendent rester chez leurs parents ou au contraire vivre en solo, c’est parce que beaucoup d’entre elles, dans les grandes villes, s’assument financièrement. De là provient le grand bouleversement.
Changement de mentalités. Libération d’une certaine catégorie de femmes qui font des choix qui, il y a quelques années seulement, ne se posaient même pas. Certes, elles ne sont pas nombreuses à oser franchir le pas, couper le cordon ombilical et assumer tout ce que cela implique, mais il est, dans les grandes villes, des pionnières qui ont voulu arracher leur liberté au prix fort. Le Maroc est en pleine mutation. La preuve en est qu’il y a dix ans seulement, il aurait été absolument incongru de se pencher sur le cas des filles qui vivent encore chez leurs parents à 30 ans, le contraire n’étant pas de mise. Aujourd’hui, alors que s’amorce une indéniable émancipation de la femme Marocaine, on peut se demander pourquoi certaines font le choix - mais est-ce vraiment un choix délibéré ? - de rester dépendante de leurs parents ? A travers des témoignages de jeunes trentenaires, à l’appui d’intervention de spécialistes, quelques réponses ont été données. |