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| que se passe-t-il vraiment ? par Craig Murray* L’effort de dramatisation entrepris par le gouvernement britannique avec la révélation du « complot du 10 août » ne semble pas avoir porté ses fruits. Partout au Royaume-Uni, on s’interroge sur la réalité d’une menace qui n’a pas convaincu M. Blair d’interrompre ses vacances. L’ambassadeur Craig Murray, qui mène la fronde à Whitehall contre l’alignement de son pays sur les États-Unis, nous fait part de son scepticisme. -------------------------------------------------------------------------------- 18 août 2006 Depuis Londres (Royaume-Uni) Thèmes Guerre globale au « terrorisme » Action secrète : renversement de gouvernement, guerre psychologique... J’ai lu avec beaucoup d’attention l’ensemble des journaux du dimanche pour tenter d’extraire la vérité de la quantité de pages déclarant rendre compte en détails du prétendu projet d’attentat à la bombe. Contrairement au grand troupeau de soi-disant experts en sécurité fournissant l’analyse médiatique, j’ai l’avantage d’avoir moi-même eu les plus hautes autorisations d’accès secret-défense, ayant effectué énormément de travail professionnel d’analyse de renseignement et ayant été au cœur de la machine de propagande médiatique. Voici donc ce qui est selon moi la vraie histoire. Aucun des prétendus terroristes n’avait préparé une bombe. Aucun d’entre eux n’avait acheté un billet d’avion. Beaucoup ne possédaient même-pas de passeport, ce qui compte-tenu de l’efficacité de l’Agence britannique de délivrance des passeports signifie qu’ils n’auraient pas pu devenir pirates de l’air avant un bon moment. En l’absence de bombes et billets d’avion, et bien souvent de passeport, il serait assez difficile de convaincre un jury, au-delà de tout doute raisonnable, que des individus ont eu l’intention de commettre des attentats-suicide, peu importe de quels actes saugrenus ils ont pu se vanter dans des salons de discussion sur Internet. De plus, nombre de ceux qui ont été arrêtés avaient été placés sous surveillance depuis plus d’un an – comme des milliers d’autres musulmans britanniques. Et pas seulement des musulmans. Des gens comme moi. Rien, d’après ce travail de surveillance, n’avait pointé vers la nécessité d’arrestations en avance. Par la suite, un interrogatoire révéla les détails de cet impressionnant complot visant à faire exploser plusieurs avions ; ce qui, de façon plutôt extraordinaire, n’avait pas émergé au cours d’une année de surveillance. Bien entendu, les interrogateurs au service du dictateur pakistanais ont les moyens de faire parler les gens. Comme j’en fus le témoin en Ouzbékistan, il est possible d’obtenir les informations les plus extraordinaires de cette façon. Or l’interrogé a tendance à fournir aux interrogateurs tout ce qu’ils veulent, et même davantage, dans un effort désespéré pour stopper ou éviter la torture. Mais cela ne permet pas d’obtenir la vérité. L’homme qui fut « interrogé » avait fui le Royaume-Uni après avoir été recherché pour témoigner au sujet du meurtre de son oncle quelques années auparavant. Cela peut éventuellement jeter un certain doute sur sa crédibilité. Cela peut également suggérer que des facteurs autres que politiques puissent être à l’œuvre dans ces relations. On fait en outre grand cas des importants transferts d’argent hors de l’économie formelle. Cela n’est en fait pas très rare dans la communauté musulmane britannique, mais si cette activité est effectivement criminelle, il subsiste néanmoins de nombreuses possibilités qui n’ont rien à voir avec le terrorisme. Ensuite il y a l’extraordinaire question de la discussion entre Bush et Blair au sujet de possibles arrestations durant le week-end. Pourquoi ? Je pense que la réponse à cette question est claire. Se trouvant tous deux confrontés à une situation politique domestique délicate, ils aspiraient à « un autre 11 septembre ». Les renseignements en provenance du Pakistan, aussi peu fiables qu’ils puissent être, leur ont donné un nouveau 11 septembre à servir aux médias. Les médias ont avalé, d’un trait, toutes les couleuvres qui leur ont été servies. Enfin il y a l’inquiétant agenda politique de John Reid, ministre de l’Intérieur, prononçant un discours pour nous mettre en garde au sujet de l’effroyable mal qui nous menace et se plaignant que « certains ne comprennent pas » la nécessité d’abandonner toutes nos libertés traditionnelles. Il est ensuite, selon sa propre machine de propagande, resté debout toute la nuit pour diriger en personne les arrestations. Il ne pourrait y avoir de preuve plus flagrante que notre police n’est dorénavant plus qu’un instrument politique. Comme dans tous les régimes les plus féroces, on a frappé à la porte au milieu de la nuit, à 2h30. Parmi les personnes interpellées figurait la mère d’un enfant âgé de six semaines. Pour ceux qui ne sont pas au courant, il me semble utile de présenter Reid. Staliniste endurci traînant de longue date une réputation violente, il était à l’université de Stirling l’« homme de main » du Parti communiste (du temps où le Parti communiste dirigeait le syndicat étudiant de l’université de Stirling, ce qui ne l’oublions pas était une affaire générant une quantité d’argent impressionnante). Reid était envoyé pour mettre des raclées à ceux qui déviaient de la ligne du Parti. Nous ne saurons dorénavant jamais si une quelconque personne parmi celles qui ont été arrêtées aurait procédé à la fabrication d’une bombe ou aurait acheté un billet d’avion. La plupart d’entre elles ne correspondent pas au profil de l’« assassin isolé » auquel on pourrait s’attendre : un pourcentage minime de terroristes kamikazes a un mariage réussi et des enfants en bas âge. Sachant qu’ils étaient tous placés sous surveillance et figuraient certainement sur les listes noires des aéroports, il n’aurait pas été dangereux de les laisser agir davantage à terme – ce que nous aurions certainement fait avec l’IRA. De tout cela, la seule chose dont je suis absolument certain est que le timing est politique. Il s’agit davantage de propagande que d’un complot terroriste. Parmi le bon millier de musulmans britanniques mis en détention dans le cadre de la loi anti-terroriste, seuls 12 % se sont vus un jour accusé de quelque chose de précis. Il s’agit tout bonnement d’un harcèlement des musulmans à une échelle stupéfiante. Parmi ceux qui sont accusés, 80 % finissent par être acquittés. La plupart des quelques-uns – tout juste 2 % des mis en détention – qui sont condamnés ne sont pas condamnés pour quoi que ce soit qui ait un quelconque rapport avec le terrorisme, mais pour des délits mineurs sur lesquels la police est tombée en ratissant les ruines des vies qu’ils avaient brisées. Soyez sceptiques. Soyez très, très sceptiques. Craig Murray Craig Murray est ancien ambassadeur britannique en Ouzbékistan (2002-2004), poste qu’il a dû quitter pour avoir dénoncé les violations des Droits de l’homme dans ce pays contre l’avis de son gouvernement. Il est membre de la conférence anti-impérialiste Axis for Peace.
__________________ « Rien ne sert de penser, faut réfléchir avant. » Pierre Dac |
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j'en reste sans voix! merci doudou, tu confirmes ce certains soupçonnaient.vivement aussi le mois prochain pour le docu de planete... on ne peut pas cacher indéfiniment la vérité.
__________________ Si tu diffères de moi, frère, loin de me léser, tu m 'enrichis (St-Exupéry) |
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A suivre... |
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| Quelqu'un a vu le film V for Vendetta? Ce film m'a beaucoup intrigué.... j'ai l'impression qu'on y est au tout début ![]() La PEUR, voilà ce que cherchent à créer les politiques. Et surtout la Peur de l'autre. |
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| Manipulation des opinions publiques Londres : terrorisme fictif, guerre réelle par Jürgen Elsässer* L’annonce fortement dramatisée par le ministre britannique de l’Intérieur, le 10 août 2006, de la découverte d’un complot terroriste à Londres a suscité la panique, puis la perplexité. Le journaliste allemand Jürgen Elsässer revient sur ce moment d’hystérie collective et sur le rôle du Mossad dans cette manipulation des opinions publiques en pleins bombardements du Liban. -------------------------------------------------------------------------------- 17 août 2006 Depuis Berlin (Allemagne) Pays Palestine/Israël Royaume-Uni Thèmes Guerre globale au « terrorisme » Action secrète : renversement de gouvernement, guerre psychologique... « Choc des civilisations », racisme Couverture du Spiegel : « La stratégie du massacre de masse ».« La stratégie du massacre » nous hurle la couverture du magazine Der Spiegel, disponible depuis lundi dernier dans tous les kiosques en Allemagne [1]. Mais il ne s’agit pas des bombardements massifs et sans retenue qu’inflige l’aviation israélienne à son voisin libanais. Il ne s’agit pas non plus des morts bien réels de cette folie - environ 1 300 depuis le début de la guerre, dont un tiers sont des enfants. Non, l’hebdomadaire d’informations de Hambourg phantasme sur les victimes éventuelles d’un éventuel attentat d’éventuels kamikazes islamistes - « un massacre dans des proportions gigantesques ». Les astrologues de l’islamisme peuvent même nous proposer des dates pour ce massacre : soit le cinquième anniversaire du 11 septembre 2001, soit déjà le 22 août, c’est-à-dire mardi prochain. Ce jour-là les musulmans du monde entier célèbrent l’ascension céleste de leur prophète Mahomet sur le dos du cheval ailé Burak. Pour Bernard Lewis, islamophobe patenté [2], interrogé par le Spiegel, cette date « peut tout à fait être considérée comme plausible pour une attaque apocalyptique dont le but serait la destruction d’Israël, voire, s’il le faut, du monde entier » [3]. Ces phantasmes de fin du monde sont motivés par un raid spectaculaire mené dans la nuit du 9 au 10 août en Grande-Bretagne et au cours duquel la police a arrêté dix-neuf soi-disant terroristes qui, si on croit le ministre de l’Intérieur britannique John Reid, se préparaient à commettre des attentats contre des avions et provoquer « un massacre d’une ampleur inconcevable », faisant « un nombre encore jamais vu de victimes ». La grande majorité des personnes arrêtées sont jeunes, bien intégrées dans la société et ne se sont pas caractérisées par une pratique religieuse très marquée. Ceci a provoqué un glissement dans l’imagerie de l’ennemi : ce ne sont plus les illuminés barbus (« prédicateurs de la haine ») qui sont dangereux, non, bien pire et bien plus difficiles à détecter sont les bombes à retardement vivantes qui se présentent sous la forme de notre voisin turc ou bien de notre collègue arabe. Le lendemain des arrestations de Londres, le quotidien le plus lu d’Allemagne, le Bild-Zeitung, commentait : « Le Djihad, la guerre sainte contre les infidèles, la conquête du monde par l’islam représente une menace croissant de jour en jour […]. Le plus dangereux dans cette guerre est que même les enfants d’immigrés, qui grandissent chez nous dans la paix, se laissent contaminer par ce virus et se mettent à croire qu’ils doivent, en tant que “Soldats d’Allah”, détruire les ennemis de la Foi. Ils se cachent également en Allemagne, parmi nous, des bombes invisibles au cœur de notre société ». Tout comme dans les années 1930, un groupe entier au sein de la population de notre pays est désigné à la vindicte populaire comme étant l’ennemi intérieur. Des bombes fabriquées dans les toilettes Le plus extraordinaire est la façon dont tous les médias depuis une semaine répètent et enjolivent, voire gonflent de manière sensationnelle l’histoire du complot gigantesque prévenu juste à temps. Et ce alors que les autorités britanniques ont été avares de détails et n’ont pour l’instant pas fourni la moindre preuve de ce qu’ils prétendent. L’hystérie médiatique est la même qu’après l’incendie du Reichstag - sans même avoir eu besoin que le Reichstag brûle. Non seulement on ne nous a pas dit exactement combien d’avions devaient être détournés - un coup on nous dit trois, puis dix et enfin on parle d’« une douzaine » - mais on ne nous précise pas non plus quand ces attentats devaient se produire. Même le Spiegel est obligé de concéder que « pour l’instant, personne n’a encore vu les bouteilles trafiquées de limonade Gatorade contenant l’explosif liquide que les suspects étaient censés introduire à bord des avions ». Il n’y a pas que les armes prévues pour l’attentat qui manquent à l’appel. Les théories avancées de manière officieuse sur la manière dont les terroristes s’y seraient pris pour faire sauter les avions sont ridicules. Si l’on en croit la presse, il s’agirait de composants d’explosifs liquides qui auraient ensuite étés combinés à bord. Mais quels composants ? On nous parle de nitroglycérine et de nitrométhane - deux produits extrêmement dangereux qui peuvent exploser au moindre choc - comme le sait toute personne ayant vu le film Le Salaire de la peur. Le Spiegel, lui, penche plutôt pour le TATP, le triacétonetriperoxyde, car il est soi-disant facile à fabriquer à partir de solvant pour vernis à ongles et autres produits couramment disponibles en droguerie. Mais « Le TATP requiert beaucoup de temps pour sa fabrication, ce n’est qu’au bout de plusieurs heures que la poudre explosive se forme au fond de l’éprouvette. Par contre, d’innombrables accidents survenus lors du mélange des composants témoignent de l’instabilité mortelle de ce produit lors de sa fabrication ». Il faut donc croire que les terroristes envisageaient de s’enfermer pendant plusieurs heures dans les toilettes de l’avion * dans l’espoir que le cocktail mélangé ne leur pête pas entre les doigts avant d’avoir atteint la puissance requise. Et pour finir, et cette information n’est pas des moindres : comme nous en informe le Guardian de Londres dans son édition du 13 août, aucune des personnes arrêtées par la police n’avait réservé ni acheté le moindre billet d’avion. Alors pourquoi les soupçonne-t-on ? À cause de conversations téléphoniques et de courriers électroniques échangés. Voici un petit aperçu des éléments à charge : « Ils utilisaient des noms de code qui ne laissaient aucun doute sur leurs intentions, des expressions imagées comme, par exemple, “raisins secs”, un terme qui est souvent utilisé en arabe pour désigner des explosifs ». En Allemand aussi, « raisins secs » est un nom de code. « Il chie des raisins secs » désigne trivialement une personne tatillonne, mesquine et veule qui se vend à la puissance du moment. Propagande belliciste Les autorités britanniques affirment avoir agi sur la foi d’informations obtenues de la part des services secrets pakistanais, l’ISI. Mais les journaux à sensation du groupe Springer en Allemagne nous fournissent une autre version, qui fait intervenir le Mossad comme source supplémentaire. « Baalbek, début août : un commando israélien s’empare d’un hôpital. Le but initial est de débusquer des terroristes du Hezbollah mais - si l’on en croit des experts britanniques - lors de cette opération des agents des services secrets israéliens seraient tombés sur trois ordinateurs. Les disques durs contiennent des informations sur plus de 20 cellules terroristes en Angleterre. Tel Aviv, dimanche 6 août : au siège du Mossad tombe une information urgente envoyée depuis Islamabad : Al Qaïda vient de donner l’ordre à ses terroristes en Angleterre de se préparer à agir !… Peu de temps après le chef du Mossad informe son homologue des services secrets MI6… » L’information qui sous-tend cet article est claire : l’agression sanglante et contraire au droit international menée par Israël contre son voisin a permis d’empêcher un terrible bain de sang en Europe. En conclusion, les guerres menées par les États-Unis et leurs alliés dans la région entre le canal de Suez et le Golfe persique profitent également à Europe. Le journal met ses lecteurs dans l’ambiance : « Partout des crises, des conflits et des guerres : l’Afghanistan, l’Irak, et maintenant le Liban. Sommes-nous à la veille d’une guerre mondiale opposant le monde libre à l’islam fanatique ? » Et un peu plus loin on lit : « La principale source de financement du terrorisme est l’Iran. Est-ce que l’occident doit mettre en œuvre des mesures plus sévères contre Téhéran ? » Quand on pose la question de cette manière, c’est qu’on a déjà la réponse. Jürgen Elsässer Journaliste allemand. Dernier ouvrage publié Comment le Djihad est arrivé en Europe, préface de Jean-Pierre Chevènement. Xenia, 2005.
__________________ « Rien ne sert de penser, faut réfléchir avant. » Pierre Dac |
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| Citation:
"Les autorités pakistanaises ont déclaré, vendredi 11 août, avoir arrêté un membre opérationnel d'Al-Qaida ayant joué un rôle important dans l'organisation du vaste complot contre des avions britanniques qui a été déjoué jeudi. "C'est un citoyen britannique d'origine pakistanaise. Il s'agit d'un membre opérationnel d'Al-Qaida ayant des liens avec l'Afghanistan", a assuré le ministre de l'intérieur pakistanais." Le monde.fr Cette affaire est trés récente(on parle de terroristes présumés pour le moment ) laissant le temps faire son travail, ce n'est pas un journaliste qui va pouvoir a lui tout seul nous révéler la vérité |
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