L'Autriche découvre les premiers détails sur les conditions de séquestration de Natas Citation: L'Autriche découvre les premiers détails sur les conditions de séquestration de Natascha Kampusch
LEMONDE.FR | 28.08.06 |
Natascha Kampusch, qui a passé huit ans de réclusion dans une maison de Strasshof, à 25 km au nord-est de Vienne, après son enlèvement à l'âge de 10 ans en 1998, est sortie de son silence. Dans une déclaration lue à la presse, lundi 28 août à Vienne, par son psychiatre, Max Friedrich, elle a affirmé que son ravisseur, Wolfgang Priklopil, qui s'est suicidé mercredi en se jetant sous un train, faisait "partie de [sa] vie" et qu'elle n'avait pas l'impression, malgré les affres de l'isolement, d'avoir"raté quelque chose" dans sa jeunesse.
Wolfgang Priklopil "faisait partie de ma vie, c'est pourquoi, d'une certaine manière, je porte son deuil, a-t-elle déclaré avant d'ajouter : "Je n'ai pas pleuré après ma fuite, il n'y avait pas de raison d'être triste." "Je ne l'ai jamais appelé maître [...]. Il n'était pas mon maître. J'étais aussi forte que lui. Symboliquement, il m'a portée à bout de bras, tout en me foulant aux pieds. Mais ce qu'il ne savait pas, c'est qu'il était tombé sur la mauvaise personne", a-t-elle ajouté.
Selon elle, Priklopil était le seul ravisseur en 1998. Le parquet de Vienne indique cependant qu'il continue à enquêter, sans preuve à ce stade, sur la possibilité d'un complice, comme l'avait alors signalé un témoin. Il avait vraisemblablement préparé des mois à l'avance l'endroit où l'enfant a passé 3 079 jours. La cellule où était retenue la jeune fille était meublée, équipée de l'eau courante et d'un système d'aération derrière une porte de 150 kilos. L'électricité pour l'éclairage, la radio et la télévision étaient contrôlée de l'extérieur, selon le quotidien Kurier.
Selon elle, sa captivité lui a permis ne pas fumer ni de boire de l'alcool et lui a évité d'avoir de "mauvaises fréquentations". "Je suis devenue une jeune femme, avec un intérêt pour la culture", estime-t-elle selon ce communiqué. Dans le même temps, elle souligne que sa vie quotidienne a été "accompagnée d'angoisse liée à la solitude".
POLÉMIQUE SUR SES RELATIONS AVEC SON RAVISSEUR
Natascha a confirmé la version de son évasion mercredi : Priklopil l'avait chargée de passer l'aspirateur dans une auto dans le jardin. Comme il s'était éloigné à cause du bruit, elle en a profité pour s'éloigner tout en laissant l'aspirateur en marche pour couvrir sa fuite. "C'était ma chance", dit-elle.
Enfin, à l'adresse des médias, elle s'est indignée qu'on "la calomnie" et a refusé toute réponse sur "sa vie intime", dont elle parlera peut-être un jour. Les enquêteurs se sont jusqu'ici montrés prudents sur la question de relations sexuelles entre Natascha et Wolfgang Priklopil, laissant entendre qu'elles étaient consentantes. "Laissez-moi tranquille pour l'instant [...]. Laissez-moi le temps de pouvoir raconter moi-même" ce qui s'est passé, a conclu la jeune femme dans ce texte. "C'est moi qui déterminerai quand je prendrai contact avec les journalistes", a-t-elle signifié.
Gardée dans un endroit secret entourée de psychologues et de conseillers, elle a dit s'y "sentir bien" et reprendra contact quand elle voudra par téléphone avec ses parents, selon le professeur Friedrich. Natascha Kampusch a passé le week-end sous la garde de psychologues et de fonctionnaires judiciaires pour enfants.
Elle n'a pas souhaité revoir ses parents après une première réunion. Une décision que ceux-ci ont du mal à comprendre. "Une fille a besoin de sa mère. Pourquoi est-ce que je ne peux pas voir mon enfant ?" demande Brigitta Sirny dans une interview publiée dimanche par le quotidien Kurier. Quant au père, Ludwig Koch, aujourd'hui divorcé, il évoque une fille "fragile et timide". "Ce qu'elle aimerait surtout, c'est aller prendre un café tranquille", a-t-il confié au Kronen Zeitung
Avec AFP
| C'est quand même dingue 8 ans de captivité  |