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Les candidats sans appartenances politiques sont de retour! Faut-il brûler les SAP ? L’interrogation n’est pas vraiment saugrenue au regard du débat suscité par la décision prise à la veille des législatives de septembre 2002 par le conseil constitutionnel. On s’en souvient, les Sages avaient en son temps tranché : il y va de la liberté individuelle que de briguer un mandat électif y compris sous aucune bannière politique. « Et c’est cette même liberté stipulée par la constitution qui fait de l’adhésion à une famille politique un choix consenti et non une obligation », précise un constitutionnaliste de la place. Au scrutin de ce 12 septembre, les Sans appartenance politique sont une fois encore de la partie communale, ressuscitant un débat aussi vieux que l’organisation des premières élections en terre marocaine. Cette année, ils sont en effet 3033 candidats à se présenter sous aucune bannière politique. Représentant 2,47 des candidatures, les SAP ont fait mieux que la gauche socialiste unifiée par exemple (3014 candidats) et le MDS (2,29%) ou encore que la majorité des tous nouveaux partis (ADL : 2,44%, PML : 1,32%, ICD : 1,67%) Les questions n’en finissent pas de se bousculer à l’ombre du désormais célèbre postulat selon lequel il n’y a pas de démocratie sans partis politique. Faut-il avoir peur des SAP ? Quelle crédibilité pour le champ politique avec des élus qui ne croient pas en la politique ? Que penser enfin des militants à qui l’accréditation a été refusée par leur parti et trouvent refuge dans des listes SAP ? A en croire ce dirigeant de gauche « les sans appartenance politique n’ont pas vraiment laissé un souvenir heureux ». Se débarrassant de tout euphémisme politiquement correct, notre interlocuteur remonte le temps pour mieux raconter l’histoire des SAP. « Depuis que le Maroc organise des élections, les sans appartenance politique sont poussés comme pour barrer la route aux partis du mouvement national. Ils ont souvent été présenté comme une alternative possible. Aux élections de 1976, celui qui est devenu aujourd’hui le Rassemblement National des Indépendants étaient d’abord et à l’origine un groupe de personnes qui se sont présentées comme indépendants ». Dans les rangs de la Koutla, on est prompt à associer les sans appartenance politique et les pratiques qui ont entaché la vie électorale, et plus particulièrement encore la gestion locale. Avec amertume et colère parfois, les exemples sont égrenés pour mieux cerner les contours des dérapages annoncés sous forme d’embûches faites aux politiques. « L’on a vu des communes dirigées par des SAP. Nombreux sont ceux qui sont devenus présidents de mairies sans programme politique, sans vision et tout cela a été fait pour que certains partis perdent leurs fiefs », rappelle avec rage un élu istiqlalien. Faut-il alors entonner le refrain « au secours les SAP reviennent !» Pas tout à fait. L’Exécutif a fait en sorte que la candidature des sans appartenance soit soumise à des conditions drastiques dont celui essentiellement du parrainage par des signatures. « Avec de telles conditions, l’aventure des sans appartenance politique n’est plus une promenade de santé. Les élections sont une étape suffisamment importante dans un pays en transition pour que le gouvernement en ait décidé ainsi », souligne avec satisfaction un militant qui a derrière lui 20 ans de vie partisane « Même s’il reste encore beaucoup à faire pour que les citoyens reprennent confiance dans l’action politique, » soupire un politique posant son regard sur le rétroviseur de son combat militant. N. R. www.lematin.ma |
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