La césarienne.


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  #1  
Vieux 17/09/2006, 16h36
Avatar de pocoloco
 
Date d'inscription: décembre 2003
Messages: 3 642
Par défaut La césarienne.

Quels sont les cas où la césarienne est prescrite pour accoucher?
Une amie à moi, Marocaine, sage-femme de profession, m'a dit qu'on usait et abusait de la césarienne au Bled.
Alors il m'a semblé pas trop mauvais de commettre un copier-coller d'un article traitant de ce sujet.


"Quand doit-on faire une césarienne ? Le professeur Aziz Baydada, obstétricien au CHU de Rabat à plein temps , répond... que cela dépend.

Il y a des cas où la césarienne est prescrite systématiquement dans tous les pays du monde. Il existe trois formes d'indications, nous énumère notre spécialiste : des indications maternelles, foetales ou materno-foetales. Pour simplifier, soit c'est la mère qui est en jeu, soit c'est le bébé, soit c'est les deux. Étroitesse du bassin, souffrance foetale aiguë, diabète ou hypertension chez la mère, ou encore grossesse prolongée sont ces cas d'école où le praticien n'hésite pas une seconde.

Indications de prudence

En dehors de ces complications, les autres sont laissées à son bon-sens, selon son expérience et sa conviction. Et selon la politique du service. Par exemple, en France, lorsque l'enfant se présente par le siège -normalement, comme chacun sait, c'est la tête-, on pratique sans hésiter une césarienne. Au Maroc, ce n'est pas forcément le cas.

Dans les pays médicalisés, toujours selon notre interlocuteur, on césarise à tour de bras pour éviter de récolter des problèmes. Lesquels ? tout simplement les ennuis médico-légaux, surtout aux États-Unis où l'on poursuit devant la justice son médecin, sa clinique, son infirmière, son dentiste et son vétérinaire pour un oui ou pour un non.

Ce n'est évidemment pas le cas au Maroc, où l'on remarque l'absence d'une législation vraiment... claire. Et puis, il y a d'un côté les hôpitaux, de l'autre les cliniques. Dans les premiers, et là encore il faut distinguer les CHU (Centre hospitalier universitaire) des autres, il existe une infrastructure plus importante. Une équipe, du matériel, la possibilité d'hébergement. Dans les cliniques, ce n'est pas le cas. Alors la solution "césarienne" est le plus souvent souvent sollicitée, dès le moindre petit doute. Ce sont des &laqno; indications de prudence », commente notre professeur. Le manque de législation fait qu'en outre, tout cela entraîne inévitablement &laqno;des abus », dans certaines cliniques, précise notre interlocuteur.

D'autre part, la césarienne implique que les grossesses futures nécessiteront elles-aussi, en général, un accouchement autre que par les voies naturelles.

Conclusion, plus on fait de césariennes, plus on sera amené à en faire.

Pourtant, même si la technique est simple et standardisée à tous les pays du monde, cela reste avant tout une intervention chirurgicale. Les dangers sont ceux de toute anesthésie qui se respecte. Pour la mère comme pour l'enfant. Et puis, il y a les risques liés à l'acte chirurgical, une hémorragie par exemple. Ou encore, les complications au niveau des voies urinaires.

On le voit, cette opération n'est pas à prendre à la légère. La décision doit être mûrement réfléchie, en mettant en balance la mère et l'enfant, préconise le Professeur Baydada.

Quant à la cicatrice, elle ne pose plus de problèmes. Celle interne disparaît après l'accouchement et ne réapparaît que lorsqu'il y a de nouveau des contractions. Ce qui explique que les accouchements suivants seront en général faits de la même manière. Quant à la cicatrice externe, elle se fait au niveau du pubis et est pratiquement invisible. Il n'est pas recommandé de faire plus de trois grossesses sous césariennes. De l'avis du professeur : &laqno;Même si c'est techniquement faisable, c'est humainement déconseillé. »

Pourtant, tout cela reste très théorique si l'on ne prend pas en compte certaines données inévitables au Maroc qui rendent la pratique beaucoup plus irrationnelle. La première des constatations à faire, c'est le taux énorme de mortalité maternelle. Trois femmes sur dix meurent en effet de leur accouchement ou de ses suites dans notre pays.

Données inévitables

Mais alors, est-ce que justement la césarienne ne serait pas la solution idéale pour diminuer ce taux effarant ? Est-ce qu'il ne faudrait pas la systématiser ? &laqno;Non », répond catégoriquement l'obstétricien, il faudrait d'abord donner une couverture sociale à tous, ensuite établir une planification familiale digne de ce nom, apporter une information véritable à tous les niveaux, former plus de praticiens, ... etc, etc, etc. Les "il faudrait" ne manquent pas. Avant d'en arriver à se demander s'il faut pratiquer une césarienne ou pas.

Et puis, au CHU de Rabat, on pratique près de 50 accouchements par jour. Un chiffre qui laisse pantois. C'est clair, cela signifie que tous ne pourront pas être médicalisés. La césarienne ne sera pas pour tout le monde.

Sans compter que 80 % des parturientes qui viennent mettre leur enfant au monde à l'hôpital n'ont jamais consulté un médecin durant leur grossesse. Inutile de préciser combien il est difficile d'établir un diagnostic infaillible si l'on ne peut pas appréhender la façon dont se sont déroulés les mois précédents. Il faut tenir compte aussi des femmes qui accouchent chez elles.

Les exemples ne manquent pas, comme cette mère qui n'a même pas trouvé une sage-femme pour l'aider à donner le jour à ses jumeaux. Elle a dû couper elle-même le cordon ombilical. Un de ses deux enfants n'a pas survécu. Car, il ne faut pas oublier un détail qui a son importance, le coût d'une césarienne est élevé. L'argent, c'est le nerf de la guerre, dit-on. Là, c'est le garant d'une naissance sans risques.

Question de moyens

À la clinique, il n'y a aucun doute, la césarienne est réservée aux plus fortunées. Pas moins de 5000 Dh sont nécessaires, sans compter les frais annexes comme les examens complémentaires, le gîte et le couvert. En général, tout cela grimpe aux alentours de 15 000 Dh. Parfois beaucoup plus selon les cliniques. Et selon la tête du client », déclare le professeur Baydada. Ce n'est pas, c'est le moins qu'on puisse en dire, à la portée de toutes les bourses.

À l'hôpital, en revanche, cela ne revient pas trop cher, relativement parlant, entre 800 et 1000 Dh. Mais, du coup, cela coûte cher à l'hôpital. Et à l'État, pour ceux qui ont le privilège de bénéficier d'une sécurité sociale. D'où, peut-être, le manque de motivation pour cette méthode dans les établissements publics ? À quand la césarienne au prix de l'accouchement normal?

Pour résumer, la césarienne, c'est bien ou c'est pas bien? Un obstétricien qui fait trop de césarienne se décrédibilise», assure le professeur Baydada, il faut donc privilégier les voies naturelles avant tout. Certes, on ne peut pas le nier.

D'un autre côté, on peut dire qu'un peu plus de césariennes ne feraient sans doute pas de mal à toutes celles, nombreuses, dont l'accouchement se termine en catastrophe mais qui n'ont pas les moyens d'accéder à la médecine moderne.
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  #2  
Vieux 17/09/2006, 16h48
Avatar de mecdu93
 
Date d'inscription: août 2006
Messages: 966
Par défaut Re : La césarienne.

Citation:
Envoyé par pocoloco
Quels sont les cas où la césarienne est prescrite pour accoucher?
Une amie à moi, Marocaine, sage-femme de profession, m'a dit qu'on usait et abusait de la césarienne au Bled.
Alors il m'a semblé pas trop mauvais de commettre un copier-coller d'un article traitant de ce sujet.


"Quand doit-on faire une césarienne ? Le professeur Aziz Baydada, obstétricien au CHU de Rabat à plein temps , répond... que cela dépend.

Il y a des cas où la césarienne est prescrite systématiquement dans tous les pays du monde. Il existe trois formes d'indications, nous énumère notre spécialiste : des indications maternelles, foetales ou materno-foetales. Pour simplifier, soit c'est la mère qui est en jeu, soit c'est le bébé, soit c'est les deux. Étroitesse du bassin, souffrance foetale aiguë, diabète ou hypertension chez la mère, ou encore grossesse prolongée sont ces cas d'école où le praticien n'hésite pas une seconde.

Indications de prudence

En dehors de ces complications, les autres sont laissées à son bon-sens, selon son expérience et sa conviction. Et selon la politique du service. Par exemple, en France, lorsque l'enfant se présente par le siège -normalement, comme chacun sait, c'est la tête-, on pratique sans hésiter une césarienne. Au Maroc, ce n'est pas forcément le cas.

Dans les pays médicalisés, toujours selon notre interlocuteur, on césarise à tour de bras pour éviter de récolter des problèmes. Lesquels ? tout simplement les ennuis médico-légaux, surtout aux États-Unis où l'on poursuit devant la justice son médecin, sa clinique, son infirmière, son dentiste et son vétérinaire pour un oui ou pour un non.

Ce n'est évidemment pas le cas au Maroc, où l'on remarque l'absence d'une législation vraiment... claire. Et puis, il y a d'un côté les hôpitaux, de l'autre les cliniques. Dans les premiers, et là encore il faut distinguer les CHU (Centre hospitalier universitaire) des autres, il existe une infrastructure plus importante. Une équipe, du matériel, la possibilité d'hébergement. Dans les cliniques, ce n'est pas le cas. Alors la solution "césarienne" est le plus souvent souvent sollicitée, dès le moindre petit doute. Ce sont des &laqno; indications de prudence », commente notre professeur. Le manque de législation fait qu'en outre, tout cela entraîne inévitablement &laqno;des abus », dans certaines cliniques, précise notre interlocuteur.

D'autre part, la césarienne implique que les grossesses futures nécessiteront elles-aussi, en général, un accouchement autre que par les voies naturelles.

Conclusion, plus on fait de césariennes, plus on sera amené à en faire.

Pourtant, même si la technique est simple et standardisée à tous les pays du monde, cela reste avant tout une intervention chirurgicale. Les dangers sont ceux de toute anesthésie qui se respecte. Pour la mère comme pour l'enfant. Et puis, il y a les risques liés à l'acte chirurgical, une hémorragie par exemple. Ou encore, les complications au niveau des voies urinaires.

On le voit, cette opération n'est pas à prendre à la légère. La décision doit être mûrement réfléchie, en mettant en balance la mère et l'enfant, préconise le Professeur Baydada.

Quant à la cicatrice, elle ne pose plus de problèmes. Celle interne disparaît après l'accouchement et ne réapparaît que lorsqu'il y a de nouveau des contractions. Ce qui explique que les accouchements suivants seront en général faits de la même manière. Quant à la cicatrice externe, elle se fait au niveau du pubis et est pratiquement invisible. Il n'est pas recommandé de faire plus de trois grossesses sous césariennes. De l'avis du professeur : &laqno;Même si c'est techniquement faisable, c'est humainement déconseillé. »

Pourtant, tout cela reste très théorique si l'on ne prend pas en compte certaines données inévitables au Maroc qui rendent la pratique beaucoup plus irrationnelle. La première des constatations à faire, c'est le taux énorme de mortalité maternelle. Trois femmes sur dix meurent en effet de leur accouchement ou de ses suites dans notre pays.

Données inévitables

Mais alors, est-ce que justement la césarienne ne serait pas la solution idéale pour diminuer ce taux effarant ? Est-ce qu'il ne faudrait pas la systématiser ? &laqno;Non », répond catégoriquement l'obstétricien, il faudrait d'abord donner une couverture sociale à tous, ensuite établir une planification familiale digne de ce nom, apporter une information véritable à tous les niveaux, former plus de praticiens, ... etc, etc, etc. Les "il faudrait" ne manquent pas. Avant d'en arriver à se demander s'il faut pratiquer une césarienne ou pas.

Et puis, au CHU de Rabat, on pratique près de 50 accouchements par jour. Un chiffre qui laisse pantois. C'est clair, cela signifie que tous ne pourront pas être médicalisés. La césarienne ne sera pas pour tout le monde.

Sans compter que 80 % des parturientes qui viennent mettre leur enfant au monde à l'hôpital n'ont jamais consulté un médecin durant leur grossesse. Inutile de préciser combien il est difficile d'établir un diagnostic infaillible si l'on ne peut pas appréhender la façon dont se sont déroulés les mois précédents. Il faut tenir compte aussi des femmes qui accouchent chez elles.

Les exemples ne manquent pas, comme cette mère qui n'a même pas trouvé une sage-femme pour l'aider à donner le jour à ses jumeaux. Elle a dû couper elle-même le cordon ombilical. Un de ses deux enfants n'a pas survécu. Car, il ne faut pas oublier un détail qui a son importance, le coût d'une césarienne est élevé. L'argent, c'est le nerf de la guerre, dit-on. Là, c'est le garant d'une naissance sans risques.

Question de moyens

À la clinique, il n'y a aucun doute, la césarienne est réservée aux plus fortunées. Pas moins de 5000 Dh sont nécessaires, sans compter les frais annexes comme les examens complémentaires, le gîte et le couvert. En général, tout cela grimpe aux alentours de 15 000 Dh. Parfois beaucoup plus selon les cliniques. Et selon la tête du client », déclare le professeur Baydada. Ce n'est pas, c'est le moins qu'on puisse en dire, à la portée de toutes les bourses.

À l'hôpital, en revanche, cela ne revient pas trop cher, relativement parlant, entre 800 et 1000 Dh. Mais, du coup, cela coûte cher à l'hôpital. Et à l'État, pour ceux qui ont le privilège de bénéficier d'une sécurité sociale. D'où, peut-être, le manque de motivation pour cette méthode dans les établissements publics ? À quand la césarienne au prix de l'accouchement normal?

Pour résumer, la césarienne, c'est bien ou c'est pas bien? Un obstétricien qui fait trop de césarienne se décrédibilise», assure le professeur Baydada, il faut donc privilégier les voies naturelles avant tout. Certes, on ne peut pas le nier.

D'un autre côté, on peut dire qu'un peu plus de césariennes ne feraient sans doute pas de mal à toutes celles, nombreuses, dont l'accouchement se termine en catastrophe mais qui n'ont pas les moyens d'accéder à la médecine moderne.
pourquoi ta mis sa dans sport ?
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  #3  
Vieux 17/09/2006, 16h50
Avatar de pocoloco
 
Date d'inscription: décembre 2003
Messages: 3 642
Par défaut Re : La césarienne.

Citation:
Envoyé par mecdu93
pourquoi ta mis sa dans sport ?
Parce qu'accoucher c'est du sport. Sans blague, j'ai envoyé un mp à un modérateur pour le diriger à sa place, dans le forum santé.
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