Démonstration de force du Hezbollah Suite à l’appel lancé par le leader chiite du Hezbollah Hassan Nasrallah, des centaines de milliers de citoyens libanais ont convergé en direction de la place de la Victoire afin de fêter le succès de la résistance contre l’armée israélienne et écouter leur chef spirituel.
Selon les spécialistes libanais et étrangers, jamais un rassemblement d’une telle envergure n’a eu lieu au Liban ; d’après les premières estimations, il y aurait entre 120 000 et 200 000 personnes qui sont venus de tout le Liban pour assister à cette grande manifestation. Durant la retransmission en direct de cet événement par la télévision El-Manar appartenant au Hezbollah, on pouvait constater des milliers de drapeaux jaune, vert et orange appartenant aux partis du Hezbollah, Amal dirigé par Nabih Berri, président de l’Assemblée nationale libanaise, ainsi que le mouvement de Michel Aoune, Salem El-Hosse, Rachid Karamé. Il faut souligner qu’aucun membre du gouvernement n’a assisté à ce meeting, ce qui confirme qu’il y a véritablement un malaise dans la classe politique libanaise .
Il y avait aussi de nombreuses personnalités politiques, dont notamment le président de la République du Liban, Lahoud, Nabih Berri, Michel Aoun, Ali Hassen Khalil. Après avoir écouté l’hymne national du Liban et celui du Hezbollah, Hassan Nasrallah est monté à la tribune sous une formidable ovation. D’emblée, le leader du Hezbollah annonce les couleurs en disant : «Nos ennemis ont dit que la place de la victoire sera vide lorsque je viendrai discourir et que personne ne viendra m’écouter ; il y a à peine 30 minutes, mes amis et les services de sécurité de la résistance m’ont supplié de m’adresser à vous par le biais de la télévision , mais j’ai préféré venir au risque de me faire tuer, mais mourir pour une cause aussi noble telle que le Liban, n’est-ce pas la plus belle des récompenses ?». A ce moment précis, la foule s’est levée comme un seule homme pour saluer son chef qui ajoute: «Nous célébrons aujourd’hui la victoire céleste ; vos enfants ont tenu tête à l’une des plus puissantes armées du monde, quelques milliers de vos enfants de nos enfants ont battu l’élite israélienne. Nous sommes une résistance dévouée à Dieu ; notre force réside en notre foi, notre force et notre engagement pour la liberté et la dignité nous ont permis de gagner cette guerre».
S’adressant au Président Bush : «Lors de votre dernier discours, vous avez estimé selon les rapports qui vous sont parvenus par vos alliés du Liban que le Hezbollah n’a plus de popularité ; la preuve est là : faites entendre vos voix mes frères, vous êtes des centaines de milliers». Sitôt dit sitôt fait, des milliers de personnes ont scandé des propos contre Bush et ses partenaires occidentaux. Il continue : «Les Américains ont arrêté la guerre ; croyez-vous qu’ils l’ont fait pour le peuple libanais, pour les enfants de Cana, non ! Ils l’ont fait pour Israël car Tsahal était en péril et il fallait coûte que coûte sauver l’armée sioniste».
Sur un autre volet, le leader du Hezbollah a fustigé les gouvernants arabes pour leur mollesse et leur peur d’affronter l’Etat hébreu, et principalement la Ligue arabe qui selon lui, s’est rendu à New York pour quémander un semblant de paix, alors que la résistance libanaise est sortie victorieuse des combats. L’heure est venue de poser nos conditions à l’entité israélienne car nous sommes les vainqueurs». «Chaque jour des enfants palestiniens tombent sous les balles des sionistes, des maisons sont détruites, des responsables politiques sont enlevés, séquestrés, et le monde entier se tait ! où sont passés les Arabes ? Savez-vous au moins que la résistance a empêché la guerre civile au Liban ?» Faisant allusion au gouvernement actuel, il dira en substance : «Si vous allez bientôt entendre dans les différents salons de la capitale que certains trament un complot contre le Liban, sachez que c’est Israël, si on exige du Liban une partition, c’est Israël, si on exige du gouvernement un Etat fédératif, c’est Israël. Je dirai que le Liban est un et indivisible, quoi qu’il en coûte». (...) A ce titre, il nous faut un gouvernement qui réponde aux aspirations du peuple libanais en dehors de toute implication étrangère; il nous faut un gouvernement compétent, honnête, fort, qui puise sa force de la majorité populaire et non pas de quelques personnes qui ne représentent rien sauf eux-mêmes».
«Nous avons constaté que depuis l’arrêt des hostilités, des voix s’élèvent ici et là pour demander le désarmement de la résistance libanaise ; il faut tout d’abord comprendre pourquoi la résistance s’est armée. n’est-ce pas pour défendre l’intégrité du territoire libanais contre les agressions répétées des sionistes, que c’est aussi à causes des fermes de Chebaâ et de l’eau du fleuve El-ouazani (Litani. Le jour où le gouvernement défendra ces nobles causes, à partir de ce moment nous irons discuter pour un éventuel désarmement. Mais pour l’heure, je le dis et je le répète en vous prenant à témoin, que nulle armée au monde ne pourra désarmer le Hezbollah, je vous en donne ma parole.»
24-09-2006 |