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La grossesse est une période durant laquelle la sexualité se modifie souvent. La majorité des femmes enceintes déclarent avoir changé à cet égard par rapport à avant leur grossesse.
Il faut dire que, chez la femme enceinte, il y a plusieurs réalités : certes, il peut toujours y avoir une sexualité érotique, mais apparaissent aussi une sexualité de femme-maman (et d’ailleurs aussi de partenaire-papa) avec leurs vécus émotionnels différents, et leurs préoccupations pour la bonne santé de l’enfant.
Par le passé, dans certaines civilisations les rapports sexuels devaient être plus fréquents (on pensait que le sperme nourrissait le fœtus). De nos jours la grossesse est placée sous contrôle médical et les rapports sexuels ont longtemps été considérés, par les médecins avant tout, comme une source potentielle de complications de la grossesse. La peur qui en a résulté a joué un rôle important dans les modifications des comportements sexuels des couples.
Plus de 60 études ont été réalisées au cours des cinquante dernières années sur ce thème de la sexualité pendant la grossesse. Elles ont exploré d’une part les composantes de la sexualité de la femme enceinte (désir, plaisir, orgasme...) et d’autre part, les conséquences des rapports sur la grossesse et le fœtus, nous permettant ainsi de disposer aujourd’hui de données objectives.
Évolution du désir
Évolutions du plaisir, de l’orgasme, et de la satisfaction sexuelle
Les rapports sexuels exposent-ils a des risques pendant la grossesse ?
Cas particuliers des maladies sexuellement transmissibles et autres infections
Conseils pratiques
I – ÉVOLUTION DU DÉSIR
Il diminue souvent au cours du premier trimestre. La fatigue, les nausées, la somnolence ne favorisent pas l’intérêt sexuel ! De plus, au plan émotionnel, la femme vit très fortement cette expérience nouvelle de la présence de l’enfant en elle. Le couple est encore sous l’effet de l’annonce de la grossesse.
Pendant le deuxième trimestre, le désir est variable d’une femme à l’autre. Si la sensation de bien-être et la disparition des symptômes désagréables du début de la grossesse favorisent son réveil, les modifications corporelles, la prise de poids, la peur de nuire à l’enfant, l’image socio-familiale de la femme enceinte, particulièrement pour l’homme l’image de femme-maman, sont autant de facteurs qui peuvent au contraire inhiber le désir.
Par ailleurs, un certain degré de sécheresse vaginale peut être observé. La pénétration peut être alors moins agréable, voire douloureuse, augmentant la crainte de nuire au bébé et diminuant le désir.
En définitive, beaucoup de femmes ont un désir et une activité sexuelle plus importants qu’avant la grossesse. Mais chez d’autres, la baisse du désir observée au cours du premier trimestre se poursuit durant le deuxième.
Le troisième trimestre est souvent associé à un désintérêt sexuel. Les changements corporels sont plus nets. Les rapports peuvent devenir inconfortables. Un orgasme peut déclencher des contractions utérines assimilées, chez la femme, au risque d’accouchement prématuré et l’incitant à éviter de vouloir renouveler cette expérience.
Dans le mois précédant l’accouchement l’activité sexuelle est souvent réduite : aux raisons physiques déjà citées viennent s’ajouter la peur accrue de déclencher l’accouchement. En réalité, dans la majorité des cas, les rapports peuvent être poursuivis sans dommage jusqu’aux derniers jours de la grossesse.
Bien entendu les fréquences de l’activité et des rapports sexuels se modifient parallèlement au désir.
En ce qui concerne la sexualité des pères, très peu de données objectives existent. On imagine facilement des difficultés psychologiques liées à cette nouvelle situation à laquelle ils doivent s’adapter avec la présence de l’enfant à l’intérieur de la femme. Beaucoup d’hommes citent la crainte de lui nuire à l’occasion des rapports.
II – ÉVOLUTIONS DU PLAISIR, DE L’ORGASME, ET DE LA SATISFACTION SEXUELLE
Elles sont très variable d’une femme à l’autre et ne peuvent donc être schématisées.
Certaines femmes les jugent plus faibles pendant la grossesse. D’autres rapportent des sensations plus fortes. Quelques-unes disent avoir eu leur premier orgasme au cours de la grossesse (surtout pendant le troisième trimestre). Certaines éprouvent un orgasme pendant l’accouchement.
Il est important de comprendre qu’il s’agit là de variantes naturelles, révélées par des réponses à des questionnaires, par l’expérience des médecins … Il n’y a pas de normes en ce domaine. S’il est plutôt recommandé de poursuivre les relations sexuelles au cours d’une grossesse normale, il n’y a pas à se culpabiliser d’une baisse du désir ou du plaisir.
III – LES RAPPORTS SEXUELS EXPOSENT-ILS A DES RISQUES PENDANT LA GROSSESSE ?
Prés de 50 % des femmes craignent que les rapports soient nocifs pour la grossesse. Dans une étude canadienne récente la majorité des couples qui avaient été confrontés à un problème au cours de leur grossesse croyaient que leurs rapports sexuels pouvaient en être la cause. Qu’en est-il vraiment ?
Les résultats des différentes études objectives permettent les conclusions suivantes :
- La durée de la grossesse n’est pas corrélée à la fréquence des rapports sexuels. Ceux-ci ne peuvent donc pas la raccourcir.
- Il n’y a pas d’association significative entre activité sexuelle et risque d’accouchement prématuré.
On peut donc considérer que, lorsqu’une grossesse se déroule normalement, l’activité sexuelle peut être poursuivie « normalement ». Si un problème survient, il faut prendre l’avis d’un spécialiste et lui poser des questions quant aux risques liés à la poursuite des rapports (en particulier en cas de placenta praevia et de menace d’accouchement prématuré).
source
SEXUALITÉ PENDANT LA GROSSESSE