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L'expulsion d'Arafat serait une "erreur terrible", prévient la Commission européenne BRUXELLES (AP) - La Commission européenne a mis en garde Israël contre la "terrible erreur" que constituerait l'expulsion du président de l'autorité palestinienne Yasser Arafat, et affirmé qu'elle maintiendrait ses relations avec les dirigeants palestiniens. "Nous pensons que ce serait une grave erreur qui aurait de sérieuses conséquences pour toute la région", a déclaré le porte-parole Diego Ojeda, interrogé sur la menace d'une expulsion de Yasser Arafat. Le cabinet israélien de sécurité a autorisé l'expulsion de Yasser Arafat mais n'a pas donné l'ordre d'appliquer cette décision, unanimement critiquée par la communauté internationale. M. Ojeda a affirmé que l'Union n'avait pas l'intention de changer de politique. "Nous poursuivrons nos contacts avec l'autorité palestinienne à tous les niveaux, selon les circonstances. Nous devons discuter de beaucoup de choses", a-t-il dit. AP |
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Le monde met en garde Israël de sa décision d'expulser Arafat JERUSALEM (AFP) - La décision de principe du gouvernement israélien d'expulser le leader palestinien Yasser Arafat a suscité des mises en garde à travers le monde sur ses conséquences, tandis que des milliers de Palestiniens ont annoncé qu'ils se battraient jusqu'à la mort pour défendre leur chef. Les Etats-Unis, la France, la Russie, la Chine ont exprimé leur opposition à une éventuelle expulsion du président de l'Autorité palestinienne, plusieurs pays jugeant qu'une telle initiative serait une erreur grave. Le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan a critiqué cette décision, la jugeant "imprudente". Dès l'annonce jeudi de cette décision, une vague de manifestations de soutien à M. Arafat a déferlé dans les territoires palestiniens. Plus de 3.000 Palestiniens se sont rassemblés devant le quartier général de M. Arafat à Ramallah qui a réaffirmé qu'il n'avait pas l'intention de quitter les lieux. Ils étaient également plus de 5.000 à Gaza, pendant que des milliers d'autres manifestaient à Naplouse, Jénine et Tulkarem (Cisjordanie). Dans le sud du Liban, des manifestations de réfugiés palestiniens ont rassemblé quelque 35.000 personnes. Les Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa, un groupe radical lié au Fatah de M. Arafat, ont menacé de "frapper partout" en Israël si l'Etat hébreu mettait à exécution sa décision. Côté israélien, l'ancien Premier ministre et actuel chef de l'opposition Shimon Peres a estimé qu'une expulsion de M. Arafat serait une "grosse erreur". Le département d'Etat américain a réaffirmé son opposition à une expulsion. "Nos vues sur M. Arafat n'ont pas changé. Nous pensons toujours qu'il fait partie du problème, pas de la solution", a dit le porte-parole du Département d'Etat Richard Boucher, "mais dans le même temps, nous pensons qu'il ne serait pas utile de l'expulser, car cela ne ferait que lui donner une autre tribune pour s'exprimer". Le haut représentant européen pour la politique étrangère Javier Solana a fait part de sa "forte préoccupation". La Présidence italienne de l'Union européenne a demandé à Israël de renoncer à expulser M. Arafat et d'éviter tout recours à la force. Avant même la réunion du cabinet de sécurité israélien, le président égyptien Hosni Moubarak avait condamné l'idée d'expulser M. Arafat, mettant en garde contre les conséquences qu'auraient cette "monumentale erreur". Une éventuelle expulsion du dirigeant palestinien aurait des "conséquences désastreuses", a également prévenu le porte-parole de la Ligue arabe Hicham Youssef. Le président français Jacques Chirac a déclaré que M. Arafat était "le représentant légitime de l'Autorité palestinienne" et que ce serait "une grave erreur de chercher à l'éliminer du champ politique". L'Indonésie, premier pays musulman au monde par sa population, a dénoncé la décision israélienne qui pourrait mener à "déstabiliser encore plus le Moyen-Orient", selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Marty Natalegawa. Le Yémen et Bahrein ont condamné la décision israélienne, estimant que si elle venait à être mise en oeuvre, elle aurait des "conséquences sinistres". Le ministre de l'Information jordanien Nabil Sharif a dit qu'une telle expulsion serait "une grave erreur qui pourrait placer la région au seuil d'un avenir incertain". Le gouvernement canadien s'est vivement inquiété de la décision du cabinet de sécurité israélien, se disant préoccupé des "conséquences imprévisibles" qu'elle pourrait entraîner. Une éventuelle expulsion ne ferait qu'"exacerber les tensions actuelles entre Israéliens et Palestiniens et n'est d'aucune utilité au processus de paix au Proche-Orient", a déclaré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Kong Quan. La Malaisie a appelé les Etats-Unis et la communauté internationale à empêcher une expulsion du chef palestinien. Le ministre des Affaires étrangères australien Alexander Downer a quant à lui estimé qu'une telle décision ferait du dirigeant palestinien un "martyr". Enfin l'Inde, qui a reçu en grande pompe cette semaine le Premier ministre israélien Ariel M. Sharon, a déclaré "désapprouver fortement" la décision d'Israël. |