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Vieux 20/10/2006, 16h53
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En transit dans ce monde
 
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Par défaut Fadela Amara : l’enfance d’une insoumise

LE MONDE | 19.10.06

lle téléphone à Nicolas Sarkozy lorsqu’elle est révoltée par une expulsion, elle remet fermement à leur place les jeunes qui la chahutent pendant les réunions en banlieue, mais elle est incapable de répondre à son père lorsqu’il hausse le ton. "Mon père a quitté sa famille très tôt et il a vécu dans une grande misère en Kabylie, puis en France, raconte Fadela Amara. Quand j’étais jeune, j’ai parfois été tenté de rompre avec ma famille pour gagner un peu de liberté, mais, heureusement, je ne l’ai pas fait. Je sais aujourd’hui qu’avec le temps ces ruptures se transforment en prison : on prend conscience petit à petit de l’absence des siens."

Le père de Fadela Amara est arrivé à Clermont-Ferrand en 1955, à l’âge de 33 ans. Comme beaucoup d’immigrés algériens, il travaille été comme hiver sur des chantiers exposés aux intempéries. Au début, il n’a pas de logement : le soir venu, il entasse trois ou quatre sacs de ciment dans un coin pour s’allonger. Alerté par le chef de chantier, son patron finira par l’autoriser à dormir dans une cabane où les ouvriers accrochent leurs bleus de travail. "Mon père n’est jamais allé à l’école, n’a jamais tenu un stylo de sa vie", raconte Fadela Amara dans La Racaille de la République. "Plus tard, nous lui avons fait tenir un stylo, pour qu’il apprenne à signer. Il a appris à signer, et il sait signer son nom, rien d’autre."

Cinq ans après son arrivée en France, il retourne en Algérie, où il épouse la fille de son cousin germain, qui vient de fêter ses 15 ans. "A l’époque, un mariage, ce n’était pas la rencontre d’un homme et d’une femme, mais un arrangement entre deux familles, poursuit la présidente de Ni putes ni soumises. Mon père avait 22 ans de plus que ma mère, il l’a épousée pour la sortir de la misère et il l’a ramenée tout de suite à Clermont-Ferrand. Aujourd’hui, ils ont tellement traversé de galères qu’ils sont soudés pour toujours."

Car, en France, la vie est loin d’être facile. Les Amara, qui ont dix enfants, vivent à Herbet, une cité de transit près de Clermont-Ferrand. "Herbet, c’était le quartier le plus pauvre de Clermont, celui où il n’y avait que des immigrés, celui qu’on citait chaque fois qu’on parlait de la politique de la ville ou de l’intégration", raconte son ami Mohamed Abdi, coauteur de La Racaille de la République. L’appartement ne compte pas de salle de bains : le dimanche, le père emmène les garçons au marché pendant que la mère lave les quatre filles. Elle installe dans le salon deux grands bacs remplis d’eau - un pour les savonner, un pour les rincer - avant de les coiffer et de leur mettre leurs habits du dimanche. Les filles dorment tête-bêche dans un grand lit à deux places. "On a eu beaucoup de fous rires, mais pas beaucoup d’intimité", sourit-elle. Le père de Fadela Amara, qui, aujourd’hui encore, évite de prononcer le nom du mouvement dirigé par sa fille, est un homme de traditions qui veille à ce que ses enfants reçoivent une éducation stricte. S’il entend parler d’une dispute en rentrant chez lui, il convoque les coupables, écoute avec attention la version de chacun, exige que les frères et soeurs s’embrassent et se demandent pardon.

"C’était très solennel, il y mettait les formes, montait tout un scénario, nous faisait tout un cérémonial, comme s’il nous obligeait à faire un passage dans ce rituel qui allait nous aider à mémoriser cet instant", raconte Fadela Amara dans son livre.

Devant ses enfants, M. Amara, qui a grandi dans un milieu berbère imprégné de culture orale, s’exprime souvent par métaphores : pour renforcer leur solidarité, il leur répète en kabyle que les frères et soeurs sont comme les doigts de la main et qu’une main ne peut pas applaudir seule. "Le père de Fadela est un vrai patriarche, note l’une de ses amies d’enfance, Khadija Garnier. Il a une grande présence, il parle très peu et je ne l’ai quasiment jamais entendu hausser le ton. Quand il a dit quelque chose, il ne faut pas essayer d’y revenir. C’est comme ça."

Dans la famille, le frère aîné bénéficie d’un statut privilégié, les garçons jouissent d’une certaine liberté, mais les filles doivent âprement négocier la moindre sortie : avant 25 ans, il n’est pas question d’aller et venir seule dans le quartier. A chaque fois que Fadela, petite, demande à son père si les hommes et les femmes sont égaux, elle reçoit la même réponse : oui, mais la femme à la maison et l’homme dehors. "Il peut admettre le principe d’égalité pour ses filles, mais pas pour sa femme, poursuit la présidente de Ni putes ni soumises. Aujourd’hui encore, ma mère n’a toujours pas obtenu le droit de passer son permis de conduire."

Fadela Amara, qui poursuit une scolarité chaotique, s’aperçoit bien vite qu’ailleurs la vie est différente : à l’école, les femmes travaillent, les enfants organisent des fêtes d’anniversaire, les petites filles vont dormir chez leurs copines. "Fadela sentait très bien que son quartier avait mauvaise réputation, raconte Nicole Peyron-Bastellica, son institutrice dans une classe d’adaptation pour douze enfants ayant eu des difficultés en CP. Elle venait d’un milieu très pauvre, ses deux parents étaient analphabètes, mais elle était très volontaire et elle s’accrochait. A la fin de l’année, je lui ai offert un livre, c’était son premier."

Tout au long de son enfance, Fadela Amara questionne son père sans jamais se lasser. Elle lui fait raconter son enfance dans les montagnes kabyles, son adolescence sous la colonisation, son arrivée en France dans les années 1950. "Il a grandi dans une misère extrême, il n’avait aucun droit, mais il en parle toujours très calmement, sans la moindre haine. C’est pour ça que je ne supporte pas ceux qui se sont baptisés les "indigènes de la République". En Algérie, avant l’indépendance, mon père, lui, a été un vrai indigène, et sa situation n’avait rien à voir avec la mienne. Moi, je peux protester, je peux agir, je peux voter. Et je le fais toujours, coûte que coûte, parce que je sais que c’est précieux."

Au fil des ans, Fadela Amara est devenue le pivot de la famille. "C’est la boss !", résume Mohamed Abdi. C’est elle qui a soutenu ses parents lorsque son petit frère s’est fait écraser par un chauffard ivre, à l’âge de 5 ans, elle aussi qui a tenu la famille à bout de bras quand son frère aîné a été condamné à une peine de prison, en 1991. "En général, dans les cultures arabes, ce sont les garçons qu’on met en avant, souligne son ami Abbes Benazouz, animateur au centre social d’Epinay. Là, c’est la fille qui a réussi. Le jour de l’inauguration de la Maison de la mixité, la mère de Fadela était là. Elle regardait sa fille, elle regardait Chirac, elle était tellement fière que c’était beau à voir."

Aujourd’hui, son père lui dit qu’elle vaut dix hommes. "C’est ma dernière bataille, sourit Fadela Amara. Je lui dis : "Pourquoi pas dix femmes ?""

http://www.lemonde.fr/web/article/0...
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  #2  
Vieux 20/10/2006, 16h54
Avatar de bulledechamp
En transit dans ce monde
 
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Par défaut Re : Fadela Amara : l’enfance d’une insoumise

la 1ere question que je lui poserais a cette femme

pkoi avez vous changer de prénom???
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  #3  
Vieux 20/10/2006, 17h16
Avatar de Zyryab
 
Date d'inscription: juin 2005
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Par défaut Re : Fadela Amara : l’enfance d’une insoumise

Citation:
Envoyé par bulledechamp
la 1ere question que je lui poserais a cette femme

pkoi avez vous changer de prénom???

Ou encore mieux:

Avez-vous fais quoi de particulier pour qu'on vous reserve un portrait sur un journal réputé par son objectivité (mais qui a basculé ces derniers temps)?
__________________
Oops! I did it again...
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  #4  
Vieux 20/10/2006, 18h17
Avatar de Nbarch
 
Date d'inscription: août 2002
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Messages: 4 310
Par défaut Re : Fadela Amara : l’enfance d’une insoumise

Citation:
Envoyé par Zyryab
Ou encore mieux:

Avez-vous fais quoi de particulier pour qu'on vous reserve un portrait sur un journal réputé par son objectivité (mais qui a basculé ces derniers temps)?
C'est la beurette de service par excellence qui est là pour jouer la caution ethnique, elle sert de belier à tous les racistes et fachos qui veulent salir l'image de l'islam sans être taxé de raciste...
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  #5  
Vieux 20/10/2006, 18h19
Avatar de bulledechamp
En transit dans ce monde
 
Date d'inscription: juin 2006
Messages: 1 815
Par défaut Re : Fadela Amara : l’enfance d’une insoumise

Citation:
Envoyé par Nbarch
C'est la beurette de service par excellence qui est là pour jouer la caution ethnique, elle sert de belier à tous les racistes et fachos qui veulent salir l'image de l'islam sans être taxé de raciste...
tout a fait et ces femmes (loubna meliane fatima amara ) ont fait plus de mal a l'islam et aux jeunes muslims vivant dans les cités, que toutes les caricatures et tout les articles de redecker....

c'est mon humble avis
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  #6  
Vieux 20/10/2006, 18h20
Avatar de Zohra
Fais Moi Mal j'Adore
 
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Par défaut Re : Fadela Amara : l’enfance d’une insoumise

Citation:
Envoyé par Nbarch
C'est la beurette de service par excellence qui est là pour jouer la caution ethnique, elle sert de belier à tous les racistes et fachos qui veulent salir l'image de l'islam sans être taxé de raciste...
exactement.................... ...................
__________________
Caille de Bonne Famille, qui s'y frotte...ne s'y pique pas forcément.
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  #7  
Vieux 20/10/2006, 18h20
Dima Ghiwani
 
Date d'inscription: mars 2005
Messages: 11 231
Par défaut Re : Fadela Amara : l’enfance d’une insoumise

Citation:
Envoyé par bulledechamp
tout a fait et ces femmes (loubna meliane fatima amara ) ont fait plus de mal a l'islam et aux jeunes muslims vivant dans les cités, que toutes les caricatures et tout les articles de redecker....

c'est mon humble avis
le pire c'est qu'elles se croient importantes mais dès qu'elles ne seront plus utiles....
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  #8  
Vieux 20/10/2006, 18h21
Avatar de nwidiya
 
Date d'inscription: décembre 2002
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Messages: 36 463
Entrées dans le blog: 3
Par défaut Re : Fadela Amara : l’enfance d’une insoumise

Dans la famille, le frère aîné bénéficie d’un statut privilégié, les garçons jouissent d’une certaine liberté, mais les filles doivent âprement négocier la moindre sortie : avant 25 ans, il n’est pas question d’aller et venir seule dans le quartier. A chaque fois que Fadela, petite, demande à son père si les hommes et les femmes sont égaux, elle reçoit la même réponse : oui, mais la femme à la maison et l’homme dehors. "Il peut admettre le principe d’égalité pour ses filles, mais pas pour sa femme, poursuit la présidente de Ni putes ni soumises. Aujourd’hui encore, ma mère n’a toujours pas obtenu le droit de passer son permis de conduire."

bah voilà faudrait déjà qu'elle balaie devant sa porte celle là
l hypocrisie pure et dure!
faites ceci faites cela! il el faut!
ma mere elle a pas le droit mais bon c ma mere koi
__________________
Un souci bladinautique?
Un simple clik, et je t'explique!!
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  #9  
Vieux 20/10/2006, 18h25
Avatar de CreaMinal
 
Date d'inscription: juillet 2006
Âge: 23
Messages: 2 769
Par défaut Re : Fadela Amara : l’enfance d’une insoumise

Citation:
Envoyé par nwidiya
Dans la famille, le frère aîné bénéficie d’un statut privilégié, les garçons jouissent d’une certaine liberté, mais les filles doivent âprement négocier la moindre sortie : avant 25 ans, il n’est pas question d’aller et venir seule dans le quartier. A chaque fois que Fadela, petite, demande à son père si les hommes et les femmes sont égaux, elle reçoit la même réponse : oui, mais la femme à la maison et l’homme dehors. "Il peut admettre le principe d’égalité pour ses filles, mais pas pour sa femme, poursuit la présidente de Ni putes ni soumises. Aujourd’hui encore, ma mère n’a toujours pas obtenu le droit de passer son permis de conduire."

bah voilà faudrait déjà qu'elle balaie devant sa porte celle là
l hypocrisie pure et dure!
faites ceci faites cela! il el faut!
ma mere elle a pas le droit mais bon c ma mere koi
elle en a marre de balayer et toi tu lui donnes encore du taf, méchante
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  #10  
Vieux 20/10/2006, 18h26
Avatar de redaune44
 
Date d'inscription: mai 2005
Âge: 31
Messages: 17 753
Par défaut Re : Fadela Amara : l’enfance d’une insoumise

Citation:
Envoyé par nwidiya
Dans la famille, le frère aîné bénéficie d’un statut privilégié, les garçons jouissent d’une certaine liberté, mais les filles doivent âprement négocier la moindre sortie : avant 25 ans, il n’est pas question d’aller et venir seule dans le quartier. A chaque fois que Fadela, petite, demande à son père si les hommes et les femmes sont égaux, elle reçoit la même réponse : oui, mais la femme à la maison et l’homme dehors. "Il peut admettre le principe d’égalité pour ses filles, mais pas pour sa femme, poursuit la présidente de Ni putes ni soumises. Aujourd’hui encore, ma mère n’a toujours pas obtenu le droit de passer son permis de conduire."

bah voilà faudrait déjà qu'elle balaie devant sa porte celle là
l hypocrisie pure et dure!
faites ceci faites cela! il el faut!
ma mere elle a pas le droit mais bon c ma mere koi
serieux je peux plus entendre parler cette personne...elle me degoute !
__________________
Les hypocrites,comme les abeilles,ont le miel à la bouche et l'aiguillon caché.
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