Suivi des élections communales.


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Vieux 14/09/2003, 13h14
 
Date d'inscription: juillet 2003
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Par défaut Suivi des élections communales.




Au scrutin local de Casablanca, les islamistes jouent la modération
LE MONDE | 13.09.03 | 13h45
Casablanca de notre envoyé spécial

"Je n'arrive pas à avaler la couleuvre. Mais comme on est disciplinés, on obéit." Candidate dans un quartier populaire de Casablanca sur la liste islamique du Parti de la justice et du développement (PJD), Asmaa Dagh ne cache pas ses états d'âme.

Comme plusieurs de ses "frères" et "sœurs", la jeune femme, médecin généraliste, a difficilement accepté la décision du parti de ne pas être présent dans tous les arrondissements de Casablanca. "Tout était prêt : les listes, les tracts..." lâche-t-elle, approuvée par les autres militants.

Dans la première ville du royaume, la victoire paraissait possible. Les législatives de septembre 2002 autorisaient tous les rêves. A Casablanca, le PJD a raflé 11 des 31 sièges en compétition. "Selon les résultats officiels", précise un militant, d'un air entendu. La rumeur dit, en effet, que les résultats ont été "arrangés" par les autorités.

Pour apaiser les esprits et expliquer la stratégie du parti aux élections locales, deux membres du secrétariat national du PJD ont été dépêchés à Rabat, cet été. Les semaines suivantes "il y a eu beaucoup de réunions, d'assemblées générales", puis tout a fini par rentrer dans l'ordre. "Il y a des données qui nous échappent", soupire Asmaa Dagh. A Casablanca, seuls deux cadres n'ont pas accepté la décision du parti. Ils ont démissionné et se sont présentés vendredi en tant que candidats "indépendants".

"Le PJD a placé l'intérêt du pays avant celui du parti et opté pour une solution de compromis. On veut rassurer les citoyens marocains, les pays occidentaux et les investisseurs étrangers", explique Ahmed Jodar, un chirurgien-dentiste, tête de liste dans cet arrondissement de Hay Hassani. Le souci de ne pas effaroucher est tel que, dans les arrondissements où ils sont absents, les islamistes ont donné pour consigne de voter pour un tout nouveau parti lancé par... l'ancien patron des patrons, un homme peu suspect de sympathie envers les "barbus".

"ACQUÉRIR UNE BASE SOLIDE"

"Nous ne sommes pas pressés. Le PJD est jeune. Il lui faut acquérir une base solide", ajoute M. Jodar. Pour lui, le modèle à suivre est celui des islamistes turcs, arrivés au pouvoir par les urnes. A l'autre extrémité, l'exemple algérien, à éviter à tout prix, avec ses violences et son impasse politique.

Amers mais disciplinés, les militants sont partis porter la bonne parole dans cet arrondissement sans âme de plus de 100 000 électeurs. Chaque jour, par petits groupes, arborant une tunique qui porte l'emblème du PJD - une lampe à pétrole - ils ont arpenté les rues, sillonné les marchés, frappé à toutes les portes. Pas de musique, pas de mégaphone, mais un travail de fourmi.

Vêtue d'un pantalon, la chevelure masquée par un foulard bleu, Asmaa Dagh n'a pas ménagé sa peine pour faire passer le message : à défaut de promettre la lune, le PJD garantit que ses candidats sont "honnêtes et compétents".

A aucun moment, il n'y a eu la moindre animosité à l'égard des militants islamistes. Personne ne les a interpellés sur les attentats du 16 mai et leur "responsabilité morale". "Contrairement à la presse, glisse la candidate, les gens savent faire la différence entre le parti et les terroristes."

Selon les premiers résultats, la campagne a porté : pour leur première participation à un scrutin local, les islamistes sont en tête à Hay Hassani, avec deux fois plus de suffrages que les socialistes.


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Lemonde.fr du 13-sept
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