Les non-dits du sahara marocain


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Vieux 03/11/2006, 03h00
 
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Droits historiques, territoires marocains spoliés et vérités au Sahara : Aux origines du conflit maroco-algérien

02.11.2006 | 16h45
Au Collège d'Azrou, devenu Lycée Tarik Ibn Zyad, nous avions tout au début des années 60 un proviseur dont le nom et le destin ne devaient plus jamais nous laisser indifférents. Algérien, il s'appelle Abdellatif Rahal. Il se rendait périodiquement à Ksar Souk (Errachidia) pour participer à des réunions politiques clandestines avec des responsables du FLN qui franchissaient la frontière marocaine au nez et à la barbe des autorités françaises. Car le Tafilalet – de 1954 à 1962 - servait de base arrière aux combattants algériens.

Tout comme Oujda où étaient implantés, entre autres, un certain colonel Boukharouba, alias Houari Boumediene, Abdelaziz Bouteflika et leurs compagnons d'armes. «Si Rahal » a regagné l'Algérie indépendante en 1962. Il y réussit une autre carrière : haut responsable au ministère des Affaires étrangères, alors dirigé par Abdelaziz Bouteflika, représentant à l'UNESCO, ambassadeur et représentant de l'Algérie aux Nations unies, notamment dans les années 70-80 , enfin depuis quelques années Conseiller diplomatique du président Bouteflika. Un parcours sans faute, et pour tout dire admirable. Sauf que le même « proviseur » d'Azrou , croisé plus tard aux Nations unies, aux Non-Alignés ou à l'OUA , a été l'un des artisans de la parodie du Sahara.

Il est de la génération de dirigeants qui ont fabriqué « l'affaire» et voue une fidélité à toute épreuve à son président. A M. Bouteflika, impétueux ministre des Affaires étrangères, cohiba au bec, revenait l'assaut des forums et des capitales du monde qu'il sillonnait . A l'ambassadeur à l'ONU ensuite, la tâche de répercuter la partition : D'abord, « l'Algérie n'est ni concernée , ni intéressée par le Sahara marocain ». Ensuite, « l'Algérie intéressée » seulement à sa décolonisation avant qu'elle ne devienne au fil du temps « concernée»! Le bureau de Si Rahal était quasiment mitoyen à l'une des classes où « Msieur Arbeille » dispensait son cours d'histoire et de géographie. Règle à la main, survolant une carte fixée aux punaises sur le tableau noir, ce dernier présentait les contrées du sud-est marocain, traçant au-delà de …Tindouf un arc-en-ciel qui longe quasiment Aïn Safra, Béchar, Abadia, Oum Lassel, Tindouf, le Drâa et jusqu'à Smara, Dakhla et…Nouadhibou : «riches en minerais», pérorait-il.

La règle glissait subrepticement plus à l'ouest , se posait sur le littoral atlantique : « le Sahara occupé par l'Espagne, d'autres richesses pour le Maroc », soufflait-il. A une encablure, «Si Rahal » pouvait-il entendre le maître de classe déployer si naturellement dans le cadre d'un cours une si évidente et candide vérité ? Quatorze ans plus tard, en 1974, un conflit surgit et nous ramène à une autre vérité, celle du cynisme du gouvernement algérien. Jamais, il n'a été aussi impliqué. La mystification est telle que toute l'histoire du Maroc, la générosité de ses Souverains et de son peuple, leurs convictions et idéaux se heurtent à l'immoralité.

La carte de l'Afrique du Nord déploie territoires et colonies, les uns couleur grenadine, les autres couleur jaune ou vert pâle. Ils se confondent dans un dégradé indicible. Pas de ligne de démarcation sur cette vastitude du sud-est marocain, nul tracé frontalier, une épure diluée à peine. A chacun d'y aller de son songe dans le vertige d'une histoire absente, à tout le moins confisquée par le colonialisme, où le conflit latent des frontières s'est habilement nourri du cynisme sur une scène biseautée. C'est la partie à trois qui se joue toujours : «Msieu Arbeille» le Français, « Si Rahal» l'Algérien et nous autres.

L'affaire du Sahara marocain a fait de nouveau l'objet d'un examen controversé aux Nations unies. Nos détracteurs, ne cessant d'affûter leurs armes - pour ne pas changer- s'en sont donné à cœur joie, jusqu'à mardi soir où le Conseil de sécurité auquel, à tort ou à raison, quelques-uns croient avoir une fois pour toutes lié le sort de ce dossier, a voté une résolution encourageant une négociation politique. Voilà en effet plus de trente ans maintenant que les gouvernements algériens qui se sont succédé, s'en tiennent invariablement à une position d'hostilité affichée à l'endroit du Maroc, soufflent le chaud et le froid sur l'évolution de cette affaire, disent aujourd'hui une chose et demain son contraire, nourrissent une propagande mensongère où, vérité oblige, la presse algérienne pèche gravement par une méconnaissance ahurissante du dossier du Sahara, se laisse fourvoyer par ses commanditaires, joue le rôle d'apprentis sorciers et, ce qui n'est pas moins tragique, s'évertue à nous administrer des leçons…
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Vieux 03/11/2006, 03h02
 
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A vrai dire, depuis 1962, l'essentiel de l'énergie des dirigeants algériens s'est porté de préférence sur une campagne permanente et spectrale contre notre pays. Comme si derrière cette affaire, plus que la légitime récupération par le Maroc de ses provinces, plus que leur décolonisation en vertu du droit international et de l'accord du 14 novembre 1975, il fallait justifier une rivalité régionale que notre pays récuse, il fallait surtout entériner une ambition hégémonique démesurée qu'Alger ne parvient ni à contenir ni à dissimuler. Comme si ensuite notre pays – et la propagande algérienne ne se lasse pas d'entretenir cette image caricaturale - s'apparentait à une puissance en proie à quelque irrédentisme territorial, alors qu'il a été victime des plus grandes et perverses spoliations de son territoire et du plus injuste morcellement que l'histoire ait connu. Comme si enfin, le droit et la légalité historique n'étaient qu'un vœu pieux, à la limite un vain mot que l'Algérie s'autorise à piétiner…
L'Etat algérien dans sa splendeur, les instances non gouvernementales et la presse à sa botte n'ont de cesse depuis trente ans d'user infatigablement d'arguments fallacieux, de recourir à des procédés spécieux, de faire feu de tout bois, d'investir non sans fracas les forums internationaux, de l'OUA jusqu'aux Non-Alignés, nourrissant ainsi une rhétorique fielleuse dont le moins que l'on puisse dire est qu'elle est archaïque et procède d'une récurrente falsification de l'histoire. C'est une curée ininterrompue, ses acteurs essentiels, sa méthode et ses objectifs ne changent jamais, si ce n'est pour se transfigurer et épouser le visage tantôt diabolique, tantôt amadoueur. Si ce n'est aussi pour fourvoyer nos âmes et nous ramener ensuite sur le terrain de la dure réalité : un cloaque de petites lâchetés et d'engagements jamais respectés. Nous nous sommes d'autant plus habitués à cette duplicité érigée en politique d'Etat, que depuis belle lurette, elle ne nous surprend plus à l'amphigouri.

A cela plusieurs conséquences. La perception que l'opinion internationale s'était faite au départ du conflit du Sahara marocain obéissait à un effet de surface, tant il est vrai que la propagande algérienne, véhiculée à grands renforts de moyens par un appareil bureaucratique, à l'insu ou contre la volonté du peuple algérien, s'était soigneusement attachée à déformer sa réalité historique, politique et humaine. Les prétendus arguments exposés à cet égard recouraient jusqu'aux images caricaturales. Dans un contexte marqué par la guerre froide, caractérisé aussi par une rivalité idéologique entre les deux superpuissances que furent la Russie soviétique et les Etats-Unis, on comptait en effet pas moins d'une trentaine de conflits qui embrasaient le planisphère, qualifiés de «conflits par procuration». Ils mettaient aux prises indirectement les deux géants de l'époque. De l'Angola à l'Afghanistan, en passant par le Cachemire ou le Vitenam, du Bangladesh à l'Ethiopie, la guerre froide prospérait sur le terreau des clientélismes que Moscou et Washington entretenaient à tour de bras, échafaudant une sorte de jeu de dominos qui, l'un après l'autre, tombaient au gré de l'un et l'autre protecteur. La division du monde ne se trouvait pas au point de fixation que fut la ville de Berlin coupée en deux, elle était transposée aux antipodes, sur de lointaines latitudes devenues, en Afrique notamment, des théâtres de confrontation par peuples interposés.

On disait que le communisme allait transformer le destin des peuples colonisés et, lui servant de catéchisme, le marxisme-léninisme constituait son bréviaire idéologique. Nombreux furent les pays, à leur tête l'Algérie, qui y avaient opté, récusant violemment le système démocratique, fondé sur le pluralisme et la liberté. Ils avaient, non sans arrogance, institué le parti unique qui souvent s'apparentait à l'autocratie d'un seul homme. De l'autre côté, bien entendu, le capitalisme – disons le libéralisme–, battu en brèches, ne pouvait qu'aller en dépérissant. Car, les Etats qui s'en réclamaient n'étaient pas mieux lotis, à la limite acculés au dilemme «la révolution ou la mort» ! Ils avaient beau vanter, ces libéraux désemparés, le multipartisme, les libertés publiques et individuelles, invoquer la liberté de la presse et l'initiative individuelle.

Cela sonnait pour eux comme une sorte de vox clamantis in deserto…La déferlante révolutionnaire en Afrique, conséquence d'une décolonisation anarchique des années soixante, avait submergé la quasi-totalité du continent, exceptés quelques Etats comme le Maroc, la Tunisie, la Côte d'Ivoire, le Gabon, le Cameroun, le Sénégal qui pour avoir fait de la démocratie parlementaire et du multipartisme leur modèle politique, n'en étaient pas moins soumis aux sarcasmes des régimes staliniens.
En Afrique, les effets de la décolonisation avaient pris parfois des dimensions sanglantes. Et la rivalité idéologique américano-soviétique traduisait une terrible césure du continent, jetant après les avoir disloqués les peuples dans le piège des guerres civiles. En témoigne dans nos mémoires mal cicatrisées l'exemple du Congo, du Katanga, du Biafra pour ne citer que ceux-ci Le 12 septembre 1974, l'empereur Hailé Sélassié d'Ethiopie était destitué, avant d'être assassiné dans sa prison, une année plus tard, par un groupe de militaires, à la tête desquels se trouvait un certain colonel Mengistu Hailé Maryam, dictateur de pacotille érigé en Négus Rouge qui avait instauré la terreur d'Etat. Il s'était fait ensuite une spécialité : éliminer, après les avoir torturés, des centaines de milliers d'Ethiopiens au motif que la «révolution communiste» imposait une purification.
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Vieux 03/11/2006, 03h04
 
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Pis : les combattants indépendantistes de l'Erythrée, province fédérée de force à l'Ethiopie en 1952, se réclamant du même marxisme-léninisme que Mengistu, accrochant dans leurs grottes les portraits de Lénine et du « Che», étaient littéralement massacrés par le dictateur. La solidarité internationaliste était, pour le moins, sacrifiée aux folies des grandeurs d'un potentat qui, comble de l'hypocrisie, réclamait à cor et à cri l'autodétermination en faveur des «Sahraouis», mais la combattait farouchement, la refusait chez lui pour les Erythréens… Avant-poste du pseudo-communisme en Afrique, le régime de terreur de Mengistu inscrivait avec cynisme sur son fronton la devise de «l'internationalisme prolétarien», tout en écrasant sous sa férule des milliers d'opposants et en chassant d'autres aussi.

Il servait de base aux légions et aux milices armées de Fidel Castro, s'opposait avec obsession au Maroc au sein de l'OUA et de toutes les autres instances et, se faisant l'écho d'une Algérie que rien ne retenait, proclamait son indéfectible soutien à la pseudo «république sahraouie».
On opposait de manière rédhibitoire les «régimes capitalistes» aux «régimes révolutionnaires», ceux-ci ne cessant constamment d'avoir le vent en poupe, nous serinant dans le même registre des logomachies révolutionnaires sur la monarchie marocaine qui comptait ses derniers jours.
A telle enseigne que le colonel Boumediene, baignant dans l'euphorie, s'était cru acculé dès la fin de 1963 à lancer cette incartade, que « la révolution algérienne ne saurait se limiter à ses frontières, pas plus que celle du président Nasser. Faute de s'étendre, elle périrait étouffée»…On eut dit Franz Fanon, la faconde poétique en moins! Quelques années tard, nous étions de fait conviés à prendre la réelle mesure d'une telle litanie aussi péremptoire qu'extravagante…Et c'est peu dire qu'aux yeux des dirigeants algériens, prosoviétiques jusqu'au bout des ongles, le Royaume du Maroc ne pouvait être au mieux qu'un Etat aligné sur l'impérialisme américain, une «monarchie féodale», condamnée à périr, qu'il fallait à tout prix combattre au nom de la révolution et…du principe de l'autodétermination des peuples.
Les soubassements historiques
Autant dire, en effet, que la perception du monde en cette époque obéissait à une vision manichéenne. Le conflit du Sahara non seulement n'y échappait guère, mais en illustrait la tragique dimension. Il dévoilait en plus la face cachée, immergée de l'iceberg : à savoir – et ce n'est pas un vain mot – l'expansionnisme rampant d'une Algérie portée sur les fonts baptismaux d'un tiers-mondisme aux teintures «révolutionnaires». Que les lecteurs nous pardonnent de leur avoir infligé ce préambule, nécessaire à la compréhension du contexte historique dans lequel l'affaire du Sahara a été fomentée et créée ex nihilo.
Ceci étant, un tel aspect ne saurait à lui seul déterminer le cours qui en est devenu par
la suite la ligne de force. Ni suffire non plus à expliquer la causalité et l'enchaînement des péripéties d'une affaire qui se résume, quelle que soit la position par laquelle on l'aborde, à un seul principe : le dépeçage du Maroc dans ses territoires et ses frontières.
Il y a un siècle, à la faveur de la Conférence d'Algésiras organisée en 1905-1906, douze pays européens - rien que cela !- dont la France, l'Espagne, l'Angleterre, l'Allemagne et l'Italie en présence de la Russie tsariste, s'étaient évertués à le morceler avec un appétit vorace. Ils lorgnaient sur ses confins qui s'étendaient alors à de lointaines extrémités méridionales, jusqu'en Mauritanie. L'appellation officielle «empire chérifien», confortée par les puissances européennes, correspondant bel et bien à une configuration géopolitique, nourrissait à l'envi admiration et convoitises. D'ailleurs, la même conférence d'Algésiras n'avait-elle pas reconnu officiellement - comme les documents le prouvent - l'intégrité territoriale et la pleine souveraineté du Maroc ? Or, cinquante ans après, à la Libération en novembre 1955, quelle ne fut immense l'injustice ainsi faite : par la volonté du colonisateur, les mêmes territoires du Maroc étaient «carottés» de plus que de moitié, tracés et remodelés sur une carte au bon vouloir de tel ou tel officier de la «coloniale», cédés impunément à l'Algérie. Le Royaume qui rayonnait treize siècles durant sur l'Afrique du nord, dont les bâtisseurs almoravides et almohades du XIème et XIIème siècle, sâadiens et alaouites avaient réussi à étendre l'influence jusqu'aux confins mauritaniens, l'Etat souverain ensuite qui n'a jamais été défait par qui que ce fût, qui à la différence de l'Algérie et de la Tunisie, a stoppé nette la vague conquérante des Ottomans venus de Turquie, s'est retrouvé subitement en 1956 rétréci et réduit à une peau de chagrin.
Il avait subi les assauts de toutes parts, depuis des siècles bien sûr ; mais à partir de 1904, précisément, ce sont les gouvernements français, espagnol, anglais et allemand qui jettent leur dévolu sur un Maroc qui, comme l'a écrit le professeur Charles Zorgbibe, président du Centre de politique internationale de la Sorbonne, «constitue depuis l'expulsion des Maures d'Espagne, une sorte de terre promise dans le subconscient collectif espagnol». En 1902, dans le sillage d'un accord précédent signé en France et Espagne, décident de jeter les bases de l'occupation et du partage du Maroc, et afin de consoler les autres pays européens, elles prennent soin d'indiquer dans un accord que Tanger serait une «place internationale», ce qui ne calmera tout de même pas la colère de l'empereur allemand ( Kaiser), Guillaume II, désireux de participer au partage du «gâteau», mais floué et contraint à titre de compensation de se contenter du Togo. La conférence d'Algésiras a concédé ainsi le Nord et le sud du Maroc à l'Espagne, ensuite le centre, le sud-est et le littoral atlantique à la France qui, le 30 mars 1912, par le biais du Traité signé à Fès avec le sultan Moulay Hafid, impose le protectorat et confie sa gestion au général Hubert Lyautey.
En fin de compte, les puissances qui participent à la conférence d'Algésiras en 1905, notamment la France et l'Espagne, sont parvenues, rivalités et subterfuges aidant, à la conquête «légalisée» du Maroc par un acte léonin, sur la base d'un partage en zones d'influence. Or, elles n'ont pas trouvé un pays en déshérence, mais une nation et un peuple, plus que cela : une conscience identitaire et homogène. Elles ne se sont pas heurtées à un vide territorial, étatique et humain. Autrement dit, au moment de sa colonisation par les deux pays, le Maroc n'est pas, tant s'en faut, un res nullius…Et ses frontières, notamment méridionales – comme les documents historiques gardées encore par la France et l'Espagne en témoignent - s'étendent au-delà du Sahara et de Tindouf, et son influence couvrait jusques y compris la Mauritanie et Tombouctou. Des documents, rapportés par Mohamed Boughdadi, historien et ancien officier au Sahara, nous indiquent qu'en 1591 déjà, «le sultan sâadien Ahmed al-Mansour Eddahbi se déplaça à Tinbouctou (Tambouctou). Il y nomma ses caïds, ses cadis et ses ouléma. Il dota L'Haj Jeddour, pacha de la ville de tous les moyens et y demeura plus de deux mois. Il y reçut quatre ambassadeurs venus des pays soudanais voisins, l'un d'entre eux, dépêché par le roi des Songhays, demanda au sultan Ahmed al-Mansour de mettre à sa disposition des ouléma afin de conforter l'islam dans son pays» (Le Conflit saharien, une nouvelle lecture, Ed. Arrissala, 2001).
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Vieux 03/11/2006, 03h05
 
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En 1974, d'ailleurs, lorsque se posera la question au plan juridique de la marocanité du Sahara occidental, notre pays fournira les pièces historiques et juridiques accablantes. La Cour internationale de justice (CIJ), saisie quelques mois auparavant par les Nations unies à la demande de feu S.M. Hassan II, avait eu à répondre, entre autres, à la question de savoir si le territoire, au moment de sa colonisation, était terra nullius ? C'est-à-dire vide et inhabité ! Ensuite quels étaient les liens entre le Maroc et les populations du Sahara. Des preuves confortant la marocanité de ces territoires, il en existe en très grand nombre, même si le droit international, inspiré d'une conception «positiviste» de Hugo Grotius, croit nécessaire d'instaurer l'esprit critique puisé dans une tradition occidentale. Ce sont des questions épistémologiques incontournables que des esprits raisonnables, férus d'équité ne peuvent occulter: Oui ou non l'histoire a-t-elle une prééminence, notamment lorsqu'elle s'appuie sur des pièces à conviction, comme les traités, les dahirs, qui ont tous valeur juridique ? Et que le colonisateur non seulement a pris en compte, mais dont il a aussi perpétué la tradition ? Vers la fin du XVIIème siècle, le Sultan Moulay Ismaïl – intronisé à l'âge de 26 ans en 1672 - a nommé ses propres fils à la tête de différentes régions sahariennes : Moulay Chérif gouvernait le Souss jusqu'à la Mauritanie, appelée alors Chenguit et Moulay Mansour ( décédé après et remplacé par son frère Moulay Youssef) les régions de l'est, qui s'étendaient de Sijilmassa jusqu'au Toumbouctou en passant le Touat…Le même Touat où Moulay Ismaïl toujours a présidé une commission mixte maroco-turque destinée à fixer la frontière entre les deux empires, le Maroc et la Turquie, celle-ci occupant à cette époque tout le monde arabe, excepté le Royaume du Maroc. Or le traité ainsi paraphé en 1679 intègre Tlemcen, la Saoura, Aïn Salah, Aïn Safra, Tindouf ( appelée Tindifis) dans la souveraineté marocaine.
C'est dire que la réponse de la CIJ le 15 octobre 1975, quand bien même elle tend à une prudence ambiguë, a été d'autant plus claire et cinglante qu'elle mettait en évidence les liens juridiques et historiques des provinces sahariennes avec le Maroc. Il n'est pas jusqu'à des juristes connus et peu portés à une quelconque sympathie pour le Maroc, comme Maurice Flory, qui n'en convenaient pas. En témoigne un texte publié en 1975 dans l'Annuaire français du droit international (AFDI), sous le titre «L'Avis de la CIJ sur le Sahara occidental» (page 272) où, analysant la situation des territoires dans leur rapport à l'Etat, évoquant à titre d'exemple le cas de «L' Etat-nation type et stable» comme la France, il souligne que «l'inquiétude actuelle, il faut la chercher du côté des Etats nouveaux qui n'existaient pas avant la colonisation». Et Maurice Flory, du haut de son panthéon juridique d'ajouter: «L'expression d'Etat importé indique bien leur fragilité. Il ne faudrait pas en déduire comme on l'a fait au XIXè siècle que le colonisateur n'avait trouvé à son arrivée qu'une terra nullius. La Cour internationale de justice dans son avis sur le Sahara occidental a montré qu'existaient alors d'autres formes d'organisation du pouvoir…». A l'aune de ce jugement pertinent, nous souscrivons d'emblée à la démonstration historico-juridique que nos détracteurs ne peuvent, évidemment, que récuser. Plus loin, il n'en poursuit pas moins avec la même rigueur : «Le caractère artificiel et importé des frontières coloniales a été fréquemment souligné et dénoncé». Quelques lignes plus loin, il s'évertue à rappeler, avec une dialectique qui renforce a contrario son argumentation, «qu'il est frappant de constater qu'une des premières résolutions de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) par ses Etats membres a été le ralliement à l'uti possidetis, c'est-à-dire au statu quo territorial laissé par le colonisateur».
Faut-il rappeler que sur ce point précis, le Royaume du Maroc, en signant la charte de l'OUA en 1963, avait expressément fait adopter une clause de sauvegarde, une manière de contestation officielle dont les documents de l'organisation panafricaine portent toujours la marque ? A savoir qu'il ne reconnaissait pas les «frontières héritées du colonialisme», qu'il rejetait fermement le concept «d'intangibilité des frontières», contraire ô combien ! à ses intérêts, et qu'il se réservait, par conséquent, le droit et le pouvoir le moment venu de poser le problème de ses territoires sous domination coloniale ou, mieux encore, les territoires du sud est, de Touat jusqu'à Tindouf, que la France avait délibérément octroyés de facto à l'Algérie. Les frontières contestées forment, en effet, comme une demie-boucle, un arc-en-ciel constitué de centaines de kilomètres, longeant à partir de Teniet Sassi à côté d'Oujda les oasis de Touat, Saoura, Béchar, le plateau de l'Iguidi, Tindouf, l'Adrar jusqu'à Dakhla. Depuis des siècles, ces contrées font partie du territoire du Royaume du Maroc, jusqu'à l'année 1962, où ils furent annexés par la France et octroyés à l'Algérie. Toutes les cartes géographiques de l'époque, toutes les archives militaires consignées par la France au Château de Vincennes, à Fontainebleau ou ailleurs, de nombreux documents officiels et officieux, le dictionnaire Larousse en témoignent avec limpidité.
A la proclamation en 1963 par l'OUA du fait accompli frontalier, le Maroc opposa son droit à parachever son intégrité territoriale. Mais, faisant bon cœur contre mauvaise fortune, il réaffirma aussi qu'il n'engagerait de pourparlers sur ses territoires encore spoliés et sur ses nouvelles et définitives frontières qu'avec le gouvernement de l'Algérie libérée. En un mot, on ne le dira jamais assez, il subordonna ses propres intérêts à la fraternité maroco-algérienne. Acculée à quitter en définitive l'Algérie, à abandonner ses rêves nucléaires et ses mirages énergétiques dans le Sahara, la France proposait pourtant au Maroc de récupérer ses territoires spoliés.
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Vieux 03/11/2006, 03h06
 
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Feu S.M. Mohammed V, que la mort avait emporté avant même qu'il n'ait pu régler le contentieux frontalier, opposait une fin de non recevoir catégorique aux autorités françaises qui, lors des négociations de la Celle Saint Cloud à l'automne 1955, lui proposaient de fixer le tracé des frontières aux confins sahariens, de manière à trancher définitivement le problème et éviter toute contestation ultérieure. Il s'agissait de restituer un chapelet de territoires du sud-est marocain que notre pays revendiquait avec insistance des années avant que l'Algérie ne devînt un Etat, quand elle n'était encore que «département français» au même titre que la Martinique, la Guadeloupe…Ces territoires contestés, la France les avait l'un après l'autre arrachés au Maroc et incorporés manu militari avant et après l'institution du protectorat en 1912, suivie d'une campagne de conquête militaire rampante et violente, appelée «pacification»…Nous sommes ici au cœur du problème que la colonisation a crée, et qui ne manquera pas de resurgir quelques décennies plus tard, avec son cortège de frustrations et d'animosités nationales. Nous sommes en effet confrontés à un nœud gordien insurmontable qui, pour avoir dans un premier temps mis face à face la France et le Maroc, s'est déplacé ensuite, à partir notamment de la libération de l'Algérie en 1962, pour nous opposer à celle-ci. L'Algérie indépendante, au combat de laquelle le peuple marocain avait consenti d'énormes sacrifices, a hérité de territoires marocains qui ne lui reviennent pas. Le dire, ce n'est pas sacrifier à un irrédentisme belliqueux, ni non plus céder à un quelconque révisionnisme ou à un négationnisme revanchard. C'est simplement rétablir une vérité historique, c'est rendre justice à la loyauté du Maroc d'avoir placé en avant la solidarité avec le peuple algérien, quitte à mettre en veilleuse – ce qu'il a d'ailleurs fait – ses propres revendications territoriales.
Depuis l'instauration du protectorat en 1912, c'est un rouleau compresseur qui a été déployé au Maroc à partir du territoire algérien, colonisé en 1830. Les armées françaises avaient opéré leur pénétration à partir de l'est, en connivence par moments avec les Espagnols dont l'occupation était à l'œuvre au Sahara occidental notamment. C'est le 29 décembre 1899 que la fameuse mission Flamand, venue de l'Algérie, s'empare de Aïn Salah, ensuite une année plus tard des oasis du Touat. D'autres troupes, notamment la colonne Bertrand prennent d'assaut Gourara. Voici comment «L'Histoire des colonies françaises», tome II, chapitre 1, intitulé La Renaissance française, décrit cette période: «La pénétration saharienne (par la France), si longtemps interrompue, marche à pas de géant dans les premières années du XXème siècle. La période de 1900 à 1912 est, à cet égard, absolument décisive. C'est à ce moment que l'empire français d'Afrique se constitué véritablement, que ses divers tronçons se soudent, que la questionne saharienne se règle, que le problème marocain enfin reçoit la solution qu'exigeaient nos intérêts africains»!...Voici une proclamation officielle qui, c'est le moins que l'on puisse dire, nous laisse ébaudis. Mais elle nous éclaire, cependant, sur la place qu'occupe alors le Maroc, évoqué comme un «problème» dans l'échafaudage colonial de la France. Nul autre pays n'est cité ou invoqué dans ce texte, tant il est vrai qu'il n'a jamais été autre chose qu'un Etat constitué, un «empire chérifien» qui ne cesse d'attiser les convoitises impérialistes… France et Espagne avaient signé en 1904, après ceux des années précédentes, l'accord secret sur le «partage de l'empire du Maroc», avant même que la Conférence d'Algésiras et le protectorat ne procèdent au morcellement de notre pays. La «pacification» armée du Sud-est marocain par la France a duré, cependant, plusieurs années et a atteint sa dimension paroxystique vers les années trente. Un événement de taille va pousser un peu plus en avant ce qu'on a appelé «l'organisation administrative et militaire par la France dans ces confins du sud-est marocain»: le guet-apens tendu le 8 décembre 1928 à Jbel Aghlal, non loin de Beni Abbès et de Béchar par la tribu Aït Hammou au colonel Clavery qui provoqua la mort immédiate de celui-ci, ainsi que celle de ses compagnons, soit trois hauts officiers. Le jour même de sa disparition, le colonel Clavery est promu général de brigade…Opérations de reconnaissance, expéditions, conquêtes en tous genres, à vrai dire la pénétration française dans ces contrées où les limites du territoire n'existent pas, mais se volatilisent avec le vent et les sables, s'est prolongée des années durant, non sans se heurter à une résistance sourde, parfois spontanée et violente des populations. Le 3 février 1930, soucieuse de prévenir les attaques nationalistes et «sécuriser» ces régions, la France promulgue un décret qui institue une «zone militaire sur les confins algéro-marocains». Son objectif ? Assurer la sécurité des patrouilles qui opèrent désormais ouvertement pour la «pacification» du Sahara, justifier aussi l'occupation armée sur le plan administratif. En réalité, il s'agit ni plus ni moins d'encadrer militairement les confins, avant d'entamer leur exploration. La vérité, c'est que l'incident qui a coûté la vie au général Charles Amédée Clavery, rapporté par son propre fils Edouard dans un livre où il décrit au passage «la visite d'inspection dans le sud-est marocain» par son père – reconnaissance implicite et naturelle - a incité les autorités française à créer une zone militaire, placée naturellement sous le contrôle du Maroc. Détail significatif, parce qu'il met en évidence, presque par inadvertance, des éléments administratifs et humains qui attestent à n'en pas douter de la marocanité et de l'unité géopolitique, jamais contestée de ces territoires. Et à laquelle le gouvernement français commence par attenter au motif qu'il entreprend sa réorganisation administrative et territoriale, alors qu'il conçoit simplement le projet d'une délimitation sur un périmètre qu'il vient de s'approprier aux dépens du Royaume dans le but de former plus tard ce qui deviendra le Sahara français… En fait, depuis l'accord de Lalla Maghnia, signé entre la France et le sultan Moulay Abderrahman en mars 1845, après que le Maroc se fût porté militairement au secours de l'émir Abdel Kader dans la bataille d'Isly, une seule et unique frontière a existé depuis lors entre l'Algérie française et le Maroc, celui-ci ayant été contraint d'offrir à la France des «territoires en compensation». Fluctuante au gré des vainqueurs, la nouvelle frontière se situait entre le 280 et le 310è degrés de latitude nord. Elle part de la Méditerranée, va de l'embouchure du Kiss, située près de Saïdia (appelée autrefois Port Say, du nom du lieutenant français Jean-Baptiste Say, venu en 1906 d'Algérie avec ses troupes investir la région) jusqu'à Taniat Sassi, soit quelque 150 kilomètres seulement. Au-delà, c'est la plongée dans le désert. Rien n'a été défini, rien non plus n'a été tracé ni non plus jamais fixé, si ce n'est la multitude de petites cartes crayonnées en épure, que des militaires français se sont amusés à bricoler au gré de leurs incursions, de leurs mésaventures dans des territoires aussi vastes et vides que la lune, par eux parcourus et sillonnés en long et en large…
C'est l'époque où, mettant à profit l'anarchie ( blad As-siba ) suscitée après la mort du Sultan Moulay Hassan 1er en 1894, les troupes françaises accélèrent leur pénétration à partir d'Oujda dans les territoires du Sahara marocain oriental…Elles se heurtent alors en 1899 à la résistance farouche des hommes du Caïd al-Mokri près de Aïn Salah. Elles sont combattues ensuite dans le Touat par les habitants mobilisés par le pacha Idriss. En 1900, les mêmes troupes françaises, dirigées par les colonels Bertrand et Menestrel, équipées d'armes modernes, s'emparent de l'Igli, de Lemtarfa, Saoura et Touat. Une portion du Maroc est ainsi mise sous leur coupe. Comment dire alors ? Occupations, annexions, pénétration pour invoquer une lexicologie militaire en cours, «pacification», n'est-ce pas ? Armée et violente néanmoins. Le plus grave, c'est que 60 ans plus tard, la responsabilité du gouvernement français a failli. Elle s'est dérobée, laissant comme une bombe à retardement, mettant face à face deux Etats indépendants, l'Algérie et le Maroc qui se regardent depuis lors avec méfiance comme deux chiens de faïence…
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  #6  
Vieux 03/11/2006, 03h07
 
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our revenir au fameux décret du 3 février 1930 sur l'organisation des «confins sahariens» algéro-marocains, il transfère tout simplement les attributions de pouvoir jusque-là détenues par «le gouverneur général à Alger», au «Commissaire Résident général de France à Rabat». Ce déplacement institutionnel a valeur de symbole : la «gestion» des confins sahariens revient désormais de facto au Maroc, et pour cause ! Toutes les activités dans ces territoires, allant de Taniat Sassi, près d'Oujda, jusqu'à Tindouf, en passant par Hassi Beida, Tinjdoub, Souara, Gourara, Touat, Kenadsa, Béchar, Tabelbala, Zegdou, relevaient de toute évidence des autorités marocaines – comme en témoignent des milliers de documents détenus, on l'a dit, par le gouvernement français. Ces territoires, étalés sur des centaines de kilomètres du nord au sud, après les avoir spoliés au Maroc, arrachés à «l'Empire chérifien au profit de l'Empire français», après les avoir triturés, refondus aux bons vouloir d'un mystérieux officier colonial qui s'est découvert un beau matin, on l'imagine, une vocation de «tailleur» de cartes sur mesure, la France les a simplement offerts à l'Algérie en 1962. Ces provinces étaient rattachées soit à Marrakech, soit à Agadir pour ce qui est de Tindouf. Mieux, les cartes d'identité des habitants de ces régions étaient celles du protectorat français au Maroc, les troupes militaires levées à Saoura, Tindouf et Labadla n'étaient autres que les Goums marocains, la monnaie qui circulait de Smara à Tindouf était à l'effigie du Roi du Maroc, au nom duquel, au surplus, la prière ( al-Khoutba ) dans les mosquées était dite aussi…
Après leurs raids sur Saoura, Kenadssa, Bechar, Beni Ounif, Touat, Tabelbala et Zegdou, après s'être confrontées aussi à une implacable résistance, les troupes motorisées des généraux Georges Catroux (Commandant de la région de Marrakech), Henri Giraud et du colonel Trinquet, se sont emparées enfin de Tindouf en mars 1934.

Ils avaient l'impudence de le faire au nom du sultan, invoquant le traité de protectorat de 1912 qui fait à la France obligation de «défendre l'intégrité territoriale du Royaume». L'occupation de Tindouf constitue une blessure, parce que cette ville fondée dès le XVIème siècle sous l'appellation Tindifis, disparue ensuite, avait pour vocation d'être le centre-relais à des caravanes de commerce. Elle fut relancée et reconstruite en 1850 sur instructions du Roi Moulay Abderrahman par un Marocain du nom de Lemrabet ould Lâamach, à qui le Souverain accorda toute l'aide nécessaire, en moyens financiers, maçons et artisans en bâtiments qui ont permis d'élever une nouvelle cité sur les collines, comprenant tout de suite une mosquée, une école (medersa), un marché (souk) et un caravansérail. Ville commerciale, cité florissante, carrefour d'échanges aussi, Tindouf dépendait alors du Khalifa de Tafilalet. Jusqu'à l'année 1962, nous apprenions dans les cours de géographie qu'elle était marocaine…

Avec Smara, elle aura constitué deux grands axes civilisationnels, le prolongement du Maroc historique et ethnico-géographique.Tant et si bien qu'un certain André Barrière, lieutenant de son état, après avoir fait une incursion de reconnaissance à Tindouf en 1925, découvre, comme le rapporte l'historien militaire Mohamed Boughdadi, une cité désertée. Dans le message qu'il rédige à sa hiérarchie, il la décrit en tant que «ville marocaine en miniature, tant ses mosquées, ses minarets et ses constructions sont bien décorées par les mains expertes des artisans venus de Marrakech et de Meknès. Elle est gouvernée par le Makhzen du Sultan du Maroc».

Mohamed Mâazouzi, historien des frontières méridionales du Maroc rapporte, quant à lui, ce témoignage du Bulletin du Comité de l'Afrique française, rédigé en mai 1934, c'est à dire juste après la prise de Tindouf : «A peine Tindouf occupée et la liaison militaire accomplie à El Guerdane que le dynamisme marocain s'affirme à nouveau. Un comité privé, constitué à Casablanca a pris l'initiative d'étudier l'établissement d'une liaison économique Maroc-Soudan. Si l'on voit comment, au Nord se jalonnera l'itinéraire Casablanca-Tindouf malgré deux variantes admissibles, soit par Agadir, soit par Marrakech Tazenakht, à partir de Tindouf vers le sud, les idées sont moins précises. La vieille route des caravanes, celle de l'expédition sâadienne suivie par Jouder ( Le pacha Jeddour nommé par le sultan sâadien à Tombouctou ) sera-t-elle ouverte ?». Ce témoignage français se suffit à lui-même et parle à lui-même. Il corrobore une réalité historique intangible.
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  #7  
Vieux 03/11/2006, 03h08
 
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Tindouf, le nouveau mirage

Reprise de nouveau en mars 1934, elle ne quittera plus le giron administratif français avant d'être annexée arbitrairement à l'Algérie indépendante en 1962. Sans doute, faudrait-il rappeler que le Maroc a commencé à revendiquer à la France et à l'Espagne ses territoires de Saoura, du Touat, de Tindouf et du Sahara occidental dès le début des années cinquante. A cette époque, l'Algérie en tant qu'Etat n'existait pas, encore moins la notion de «peuple sahraoui» ou sa créature le «polisario» dont on ne cesse aujourd'hui de nous rebattre les oreilles.

En janvier 1953, un rapport militaire français signalait un important soulèvement populaire à Tindouf et dans les localités avoisinantes de Tinfouchi et Labadla. Les manifestants dénonçaient le complot qui se tramait contre S.M.
Mohammed V, poussé à l'exil 7 mois plus tard par le général Guillaume et brandissaient des drapeaux marocains et des portraits du Roi. Comme après le discours prononcé à Tanger par feu Mohammed V, l'insurrection des populations de Tindouf, exprimait surtout leur attachement au Roi et au Maroc, mais suscitait aussi une peur panique chez les autorités du protectorat.

Les manifestations ont été matées, et les protestataires emprisonnés ou exilés. Jusqu'au 5 juillet 1962, c'est-à-dire l'indépendance algérienne, la ville de Tindouf est demeurée marocaine, rattachée notamment à Agadir, au même titre que Bir-Moghrein (autrefois Fort Trinquet) en Mauritanie.

L'armée française, contrainte de la quitter en vertu des accords d'indépendance, les forces algériennes s'y sont installées de facto, le Maroc protestant vainement de toutes se forces devant un fait accompli aussi sournois. Le gouvernement français avait en tête, on l'a dit, de mettre sur pied un territoire au Sahara indépendant de l'Algérie, il a nié et combattu toutes prétentions territoriales de l'Algérie sur le Sahara. Il s'est efforcé ainsi à maintenir un tel statu quo jusqu'au départ de la France en 1962, qui s'est fait au plus grand bénéfice territorial de l'Algérie indépendante et au plus injuste et léonin détriment du Royaume du Maroc.

Ce dernier, tout à sa stupeur, commence alors à voir s'envoler ses territoires l'un après l'autre et, à terme, à s'étonner de découvrir – c'est l'affaire du Sahara occidental – que les dirigeants algériens nourrissent en somme d'autres convoitises et d'autres prétentions territoriales à l'ouest…

La fin de la Deuxième guerre mondiale en 1945 et la reconstruction de la France à partir des années cinquante, éclipsent provisoirement les problèmes de «l'empire français».

Les regards se sont focalisés sur le développement, les débouchés et l'approvisionnement en matières premières. Si le gouvernement français met en veilleuse la question des colonies – dont les peuples se réveillent à une conscience politique – c'est pour mieux les voir resurgir plus tard. En 1952, un géologue français fait la découverte sensationnelle d'un important gisement de minerais de fer à Gara de Jebilat, située à plus de 100 kilomètres au sud-est de Tindouf.

Le gouvernement français réalise immédiatement la mesure des nouveaux enjeux économiques et stratégiques, car le nouveau gisement vient compléter celui de Fort-Gouraud ( Zouerate), déjà abondamment exploité par la MIFERMA ( Société franco-mauritanienne créée à cet effet ), devenue la SNIM. Accompagné de proclamations triomphales, un véritable frisson d'engouement traverse alors la métropole.

Il convient de préciser à ce niveau et à cette étape de l'histoire de l'occupation coloniale, que la France à lancé le projet en 1952 de création d'un ensemble saharien dans les «confins algéro-marocains», comprenant les territoires marocains du sud-est et le Sahara algérien.

Cet ensemble, dont les contours sont tracés par les états-majors militaires, serait alors devenu un territoire entièrement détaché aussi bien du Maroc que de l'Algérie, il serait d'autant plus soustrait à leur souveraineté, d'autant plus autonome qu'il ne relèverait que de la seule administration française jusque-là promise à y régner ad vitam aeternam…Ce territoire a été baptisé Sahara français…Les ressources énergétiques, en hydrocarbures, en gaz et en fer, convoitées au nom d'une féroce compétition économique au niveau européen et mondial, éloignent encore pour quelques années aux yeux des dirigeants français la perspective d'une décolonisation et d'un retrait de la région. Lorsque la France quittera l'Algérie en 1962, le Sahara central servait encore de terrain d'essai aux expériences nucléaires françaises.
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  #8  
Vieux 03/11/2006, 03h09
 
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Or, les territoires arrachés dès 1900, grignotés ensuite au fur et à mesure au Maroc, étaient englobés dans un vaste no man's land qui forme un losange éventré et s'étend de la Mauritanie jusqu'au Hoggar algérien, ensuite du Tafilalet jusqu'au Ghadamès et le Ghât à l'est, comprenant aussi le Soudan français devenu le Mali, le Tchad et une partie importante du Niger. Taillée à la serpe par un lumineux officier de l'état-major colonial, notamment à ses limites sud-ouest et sud-est, la carte officielle de l'Algérie après 1962 s'éclate sur ses interminables 2.380 000 km_, plus vastes encore que la République démocratique du Congo (RDC).

Quelques mois avant l'indépendance de l'Algérie, soit le 5 juillet 1961, le président du GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne),Ferhat Abbès, accompagné d'une délégation où figurait Benkhedda, se rend au Maroc où il est reçu par Feu S.M. Hassan II.

Si l'entretien se déroule dans le cadre de la journée de soutien au peuple algérien que le Maroc organise, il est aussi, il est surtout dominé par les questions de frontières. C'est alors que le Souverain réaffirme la même position que celle de son défunt père, feu Mohammed V, selon laquelle «le Maroc ne discutera le problème des frontières du sud-est, qu'avec les frères algériens, une fois l'Algérie libérée», excluant toute négociation avec la France, même si celle-ci l'y convie avec insistance.

Dans l'esprit de S.M. Hassan II comme dans celui de Ferhat Abbès, les choses étaient limpides : l'Algérie devait récupérer la partie du Sahara qui lui revient et le Maroc ses territoires spoliés, comme Tindouf, Bechar, Saoura, Touat, Gourara, Tidikelt, etc…

Les engagements non tenus de l'Algérie

Le lendemain, 6 juillet 1961, un accord secret sur les frontières entre les deux pays est signé dans lequel le GPRA reconnaît officiellement que «le problème territorial crée par une délimitation arbitraire imposée par la France devait être ultérieurement être résolu par des négociations directes entre le Maroc et l'Algérie». Le même GPRA affirme, de surcroît, que tous les accords susceptibles d'être finalisés entre Paris et Alger ne pourraient être étendus aux frontières territoriales du Maroc. Le texte disait : «…ne sauraient être opposables au Maroc quant aux délimitations territoriales algéro-marocaines». C'était réellement se méprendre sur la nature de l'engagement des dirigeants algériens, notamment après que Ferhat Abbès ait été «limogé» par ses pairs du FLN, écarté à la fois des négociations en cours à Evian avec la France et de toute activité.
Non seulement le gouvernement algérien ne respecte pas son engagement de juillet 1961 avec le Maroc, mais piétine un l'accord avec arrogance.

En mai 1966, Houari Boumediène, nationalise – c'est son droit – les hydrocarbures et les richesses minières dont l'essentiel se trouve au Sahara, englobant dans la même opération les gisements de Gara de Jebilat qui, à tout le moins, faisaient encore l'objet d'un contentieux avec le Maroc. Procédant d'une politique arbitraire et peu respectueuse des engagements, le fait accompli algérien ne laissait aucune alternative au Maroc. Mais, la même Algérie contestera neuf ans plus tard, avec mépris en plus, le retour du Sahara au Maroc…Comme quoi, le ridicule ne tue plus !

L'indépendance algérienne à peine proclamée, en juillet 1962, que l'armée nationale populaire (ANP) algérienne, soutenue par l'armée française se mobilise déjà tout au long de la frontière artificielle où des territoires marocains sont simplement envahis, comme Zegdou, oued Zelmou et Aïn Chaïr. Incidents d'autant plus prémonitoires que, sentant les choses évoluer vite et craignant à la fois un retournement de la France et l'arrivée des troupes algériennes, des tribus marocaines de Colomb-Béchar ( qui abritait d'importantes unités militaires françaises ) et de Tindouf, conduites par le caïd Abdallah ould Senhouri, se rendent à Rabat pour faire acte d'allégeance au Roi du Maroc.

Il convient de rappeler que la France, à cette époque, a proposé avec insistance au Maroc de faire partie de l'OCRS ( Organisation commune des régions sahariennes), elle conditionnait ainsi cette adhésion au règlement en faveur du
Maroc du contentieux frontalier. Notre pays a refusé et rejeté ainsi un marchandage qui, en cas contraire, aurait permis à coup sûr la réintégration de Tindouf, de Béchar, de Kenadsa, du Touat, de Saoura dans le giron marocain… Sauf à se faire le contempteur de la vérité, la continuité historique est là pour nous rafraîchir la mémoire.Dans une note relative aux frontières orientales du Maroc et adressée, le 4 février 1924, à son gouvernement à Paris, le maréchal Lyautey souligne que la conquête de l'Algérie par la France «introduit en Afrique la notion européenne de répartition de territoires entre les Etats». Après avoir analysé et prouvé que le seul traité à cet effet est celui signé entre la France ( qui parlait au nom de l'Algérie) et le Maroc, le 18 mars 1845 à Lalla Maghnia, fixait la frontière maroco-algérienne de la Méditerranée jusqu'à Teniet-Sassi (soit 150 kms à peine)…

Or, se demande le Résident général français, «l'extension de la conquête française vers le sud (dans les territoires marocains), pour assurer la sécurité de l'Algérie, devait poser le problème de cette délimitation…». Et la note du Résident général de France, que l'on peut toujours consulter parce qu'elle constitue une pièce officielle française, de préciser sur le ton péremptoire : «il n'est pas douteux qu'à cette époque l'Empire chérifien étendait nettement son influence au Sud de l'Algérie et il coupait celle-ci du Sahara proprement dit : les Oasis sahariennes du Touat, du Gourara et du Tidikelt relevaient depuis plusieurs siècles du Sultan du Maroc».

Peut-on être plus éloquent que le maréchal Lyautey ? C'est lui encore qui, en guise de conclusion, dira que «l'histoire des dynasties marocaines suffit à démontrer que, de tout temps, les Sultans marocains ont exercé sur cette partie du continent une action spirituelle et, parfois, effective incontestée». Pour ne citer que l'occupation du Touat, le gouvernement britannique a demandé en 1887 au sultan Moulay Hassan 1er de résister de toutes ses forces et de «refuser toute concession à la France».
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  #9  
Vieux 03/11/2006, 03h10
 
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Cependant, il est nécessaire de rappeler que les Souverains marocains ne se sont jamais laissés emporter par un quelconque irrédentisme ou par l'expansionnisme. A leurs yeux, ce qui revient au Maroc sera défendu avec acharnement. Et ce qui ne relève pas de leur souveraineté, on peut le vérifier, ne donne lieu à aucune tentation, encore moins à une convoitise. Le cas de Tlemcen qui est à Fès ce que Tindouf est à Guelmim, illustre une telle disposition depuis qu'à la fin du XVIIème siècle le Maroc a cessé de la revendiquer, alors qu'un siècle plus tôt, elle faisait encore partie intégrante du Maroc.

Le 2 octobre 1962, quelques mois seulement après la proclamation de l'indépendance et une série de provocations de frontières, un détachement militaire algérien exige du caïd de Tindouf de retirer le drapeau marocain qui flottait sur le bâtiment officiel, de déposer les armes et de se rendre. Ce qu'il refuse de faire. Il est alors arrêté et fait prisonnier par l'armée algérienne qui, après de violents affrontements qui se sont soldés par la mort de 120 Marocains, quadrille la ville. Ainsi, Tindouf, l'ancienne cité florissante rebâtie sur ordre d'un Roi marocain, après avoir été occupée une fois en 1934 par l'armée française, se trouve vingt-huit ans après de nouveau réoccupée par l'armée algérienne avec laquelle, pourtant, ses habitants fraternisaient jusque-là au nom de l'unité maghrébine…Nul mieux que feu S.M. Hassan II n'a restitué l'atmosphère qui régnait alors : «Le règlement fraternel prévu (avec l'Algérie) n'a pas lieu.

Les Marocains qui ne veulent pas participer au référendum préparé par le GPRA sont au contraire attaqués, molestés par l'Armée de Libération algérienne. A Tindouf où le caïd et toute sa tribu ont rappelé qu'ils sont marocains, on dépêche 600 gendarmes algériens. Malgré tous les efforts de nos envoyés officiels à Alger, notre ministre de l'Information Moulay Ahmed Alaoui et M'Hammed Boucetta, une opération militaire algérienne sur Tindouf fait 120 morts parmi nos compatriotes…»

En octobre 1963, Hassi Beïda et Hassi Timjoule sont violemment attaquées et «anéanties» par l'armée algérienne. C'est la «guerre des sables», lancée par Ben Bella qui, un an auparavant demandait pourtant un «délai» à feu S.M. Hassan II pour mettre en place «les nouvelles institutions» avant «d'ouvrir le dossier des frontières», ajoutant avec solennité «qu'il va sans dire que l'Algérie indépendante ne saurait être l'héritière de la France en ce qui concerne les frontières algériennes» ! Proclamation vertueuse, mais mensongère que feu S.M. Hassan II eut «le tort de croire» et de prendre en compte.

Que oui, en effet, l'Algérie sera bel et bien l'héritière de la politique coloniale de la France au sujet des frontières ! Que oui, donc, elle perpétuera une tradition coloniale, poussant avec obsession son expansionnisme jusqu'à lorgner sur l'ouest, là où se trouve le Sahara marocain occupé par l'Espagne. Dans les longues négociations engagées avec le gouvernement français entre avril et juin 1961, à Lugrin (Haute Savoie) et Evian, les délégués algériens ( Krim Belkacem, Ahmed Boumenjel, Mohamed Ben Yahia, Sâad Dahlab, Ahmed Francis, Teieb Boulahrouf, Réda Malek, Menjli, Kaïd Ahmed, dit Slimane), tous membres du FLN s'en tenaient mordicus à une seule orientation : l'indépendance (souveraineté extérieure et intérieure) et l'intégrité du territoire, comprenant le Sahara et Mers el-Kébir.

Quand les armées algériennes ont attaqué en octobre 1963 les villes de Figuig, Hassi Beida, Ich et autres, au beau milieu d'une tension alimentée par la presse occidentale contre un «Maroc impérialiste» ( !), une voix s'est élevée dans la cacophonie. Celle de Jean Lacouture, envoyé spécial du quotidien «Le Monde» pour couvrir cette «guerre des sables», qui écrit le 20 octobre 1963 : «Ce qui frappe tous ceux qui vivent ces heures menaçantes au milieu du peuple marocain, c'est l'absence ici d'hystérie nationaliste, naturelle ou organisée. Nulle animosité anti-algérienne. Ni la presse, ni la radio ne suscitent la haine. Les journaux publient presque à égalité les télégrammes d'agence…»

«Faut-il partager l'Algérie ?»

Où qu'ils se trouvent, ils n'en démordent pas : le Sahara est partie intégrante de l'Algérie, il constituera même la pomme de discorde des négociations et conduira le général de Gaulle, de guerre lasse, à lâcher en fin de compte la partie alors qu'il l'avait délibérément écarté le Sahara du processus de règlement, notamment dans le discours prononcé le 16 septembre 1959. N'affirmait-il pas que
« la France doit garder la disposition des gisements de pétrole que nous avons mis en œuvre et celle des bases d'expérimentation de nos bombes et de nos fusées» ? Et d'enchaîner, le verbe haut : «Nous sommes en mesure, quoi qu'il arrive, de rester au Sahara, quitte à instituer l'autonomie de ce vide immense…».

A cette menace, à ce coup de menton gaullien, répond en écho alors une campagne enflammée de soutien, notamment de la droite française, chacun y allant de son couplet et de son fantasme. Une Tribune Libre, intitulée : «Faut-il partager l'Algérie ?» circulait comme un pavé dans la mare. Elle était signée par une plume connue, Alain Peyrefitte, plusieurs fois ministre du général de Gaulle, qui plaidait pour la création de deux «républiques amies» et fédérées, l'une au Sahara et l'autre sur ce qui resterait du territoire algérien. Or, le Maroc s'est vigoureusement élevé par solidarité contre cette tendance à garder le Sahara algérien sous la tutelle française et à l'isoler du reste du pays.
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  #10  
Vieux 03/11/2006, 03h10
 
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Par défaut Re : Les non-dits du sahara marocain

Laisses tomber personne ne lira ce pave.

tout le monde la connais l'histoire du Maroc. Moi j'etais pour le sahara marocain afin que les terres arabes s'eparpillent le moins possible. Mais quand j'ai vu ce qu'etait la politique du royaume, je me dis vaux mieux que ces gens (les sahraouis) quittent le bateau pendant qu'il en est encore temps.
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