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  #11  
Vieux 03/11/2006, 02h11
 
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Par défaut Re : Les non-dits du sahara marocain

Le discours de M'Hamid al-Ghizlane

Pour sa part, il ne recevra jamais le soutien réciproque attendu de l'Algérie, lorsque se posera le problème de la décolonisation de son Sahara sous administration espagnole. Tout au contraire, il sera confronté à une double hostilité, celle de l'Espagne franquiste et celle de l'Algérie, qu'une étrange et opportuniste coalition a réunies tout au début de l'affaire.

Bien avant l'indépendance en 1956, la démonstration n'a cessé de se faire de l'attachement depuis des siècles des provinces du sud-est et du Sahara au Royaume du Maroc. Les documents historiques, authentiques et irréfutables, peuvent être consultés par une Commission de l'ONU, en collaboration avec des pays comme la France, l'Espagne, l'Angleterre, l'Italie et autres.

La colonisation du Sahara par l'Espagne a commencé lorsque France et Espagne signent le 26 décembre 1886 un accord de partage du territoire, renouvelé d'ailleurs quatre ans plus tard, le 17 juin 1900.

Feu S.M. Mohammed V, à son retour au Maroc en 1955, s'il a ajourné – nous disons bien ajourné – le débat avec les combattants et «frères algériens» sur les frontières du sud-est, en attendant la libération de l'Algérie, a en revanche bel et bien posé le problème du Sahara occidental marocain occupé par l'Espagne dès la libération du Maroc en 1956. Une première fois, en juin 1956, il a saisi l'ONU pour qu'elle inscrive dans son ordre du jour la question du Sahara, de Sidi Ifni et de la Mauritanie, occupés par la France. Le document de saisine existe toujours dans les archives de l'ONU, il est intitulé A/C. 4/SR-1046 et, pour peu que l'on prête à ces dernières un crédit, on ne peut que mieux s'assurer de la rectitude de l'ONU.

Mieux : le 7 avril de cette même année, l'Espagne signe une déclaration solennelle de reconnaissance de l'indépendance du Maroc, en vertu de laquelle Madrid cède seulement la zone nord occupée, mais reconnaît aussi les droits du Maroc sur les territoires encore sous sa domination, dont le Sahara. Un détail significatif, confortant la revendication du Maroc, est le fait que l'autorité du khalifa, représentant le Sultan auprès des autorités espagnoles et exerçant à Tétouan, concernait aussi bien la zone nord que le Sahara, celui-ci relevant au niveau espagnol du pouvoir d'un haut commissaire nommé par Madrid et installé à Tétouan. Faut-il rappeler que le dernier Khalifa, représentant du Sultan au Nord auprès des autorités espagnoles, n'est autre que feu S.A. Moulay Hassan Ben El Mehdi ?

«Ecouvillon», une coalition franco-espagnole

Or, en 1956, feu S.M. Mohammed V a revendiqué explicitement la rétrocession des provinces sahariennes, soit par le moyen d'une négociation directe avec Madrid, soit par le biais des Nations unies. Il s'est inscrit d'emblée dans l'esprit de la charte de l'ONU qui, en son article 33, recommande aux Etats membres «le recours à la négociation» directe dans le cadre de la décolonisation. A quoi le général Franco a opposé une fin de non recevoir catégorique. Dans l'esprit de Mohammed V, aucune unité nationale du peuple marocain n'eut pu être conçue et encore moins réalisée sans le retour à la mère patrie de nos provinces encore sous occupation espagnole.

Quand, le 25 février 1958, il rend visite aux populations de M'Hamid al-Ghizlane, il pose de nouveau, sans emphase, la question du Sahara en des termes qui dissipent toute ambiguïté: «...Notre grand père Moulay El-Hassan, déclare-t-il, a effectué deux voyages dans le Sahara pour consolider l'unité du Maroc et sa souveraineté sur l'ensemble des parties de son territoire national au moment où il était l'objet de convoitises étrangères...".Et le Souverain d'enchaîner alors : «Notre joie est immense d'être accueilli à M'Hamid, porte du Sahara, par les fils de ceux qui avaient reçu notre ancêtre Moulay El-Hassan : Reguibat, Chenguit, Tekna, Ouled Delim et autres tribus sahariennes…Nous proclamons solennellement que nous poursuivrons notre action pour le retour de notre Sahara, dans le cadre du respect de nos droits historiques et conformément à la volonté de ses habitants…».

Au même moment, en effet, la France décide de mettre sur pied le dispositif militaire pour lutter contre l'Armée de Libération Marocaine (ALM) (Jiche at-tahrir). Les résistants marocains, issus notamment des Aït- Bâamrane, après avoir réussi à libérer la ville de Smara en 1956 et une partie importante du Sahara, prennent pied à partir du littoral atlantique jusqu'aux oasis du Touat, menaçant de défaire d'un seul tenant et les garnisons espagnoles et les troupes françaises implantées sur les confins, au nord de la Mauritanie. La reconquête du Sahara par l'ALM, la menace persistante qu'elle fait peser sur les confins sahariens de l'est, suscitent non seulement la panique, mais une prise de conscience au sein de l'état-major français.

C'est «l'opération Ecouvillon» de février, mars et avril 1958 où les troupes françaises viennent à la rescousse des forces espagnoles, mises sérieusement à mal, procèdent non sans peine à la reconquête du territoire. Voici ce que notre regretté ami, Attilio Gaudio, connaisseur s'il en fut du dossier du Sahara écrit à ce propos, dans son livre-reportage «Guerres et paix au Maroc» : «La seule cause réelle, bien qu'indirecte de la perte du Sahara occidental pour le Maroc en 1958 a été la guerre d'Algérie.

Jamais la France n'aurait engagé son armée de l'Afrique Occidentale Française (AOF) aux côtés de l'armée espagnole en détresse pour permettre à Franco de récupérer le Rio de Oro (Oued Eddahab) et la Saguiat al-Hamra si la présence victorieuse de l'Armée de libération marocaine ne présentait pas une menace pour Tindouf et une épine plantée dans le dispositif français au sud de la Soaura et dans le nord de la Mauritanie ( …) Sans l'intervention militaire française, le Sahara était perdu pour l'Espagne et le drapeau marocain aurait flotté définitivement, sans aucune sorte de contestation internationale ou régionale, de Ifni à la Gouera…».
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  #12  
Vieux 03/11/2006, 02h11
 
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vaut mieux................
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  #13  
Vieux 03/11/2006, 02h12
 
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Quelque 10.000 soldats français et espagnols, équipés d'armes modernes, appuyés par l'aviation, quittaient Bir-Moghrein (ancien Fort Trinquet) pour reprendre ce que Jiche at-Tahrir avait libéré. Après l'opération sanglante menée conjointement par les forces armées de Madrid et de Paris, après qu'un feu roulant et une féroce répression se fussent abattues sur les populations du Sahara, ces dernières se sont trouvées contraintes, dans un exode massif sans précédent en provenance d'Ifni, de Tindouf, de Smara voire de Dakhla de se réfugier dans le Nord, à Agadir et à Goulimine notamment. Par sa cruauté, cette opération rappelle à coup sûr l'entrée en 1913, à la tête d'une colonne armée, du capitaine Mouret dans la ville sainte de Smara qu'il prit soin d'incendier et de vider littéralement de ses habitants.

Curieusement, deux mois après le discours de feu Mohammed V à M'Hamid et l'opération Ecouvillon, l'Espagne cède le 16 avril 1958 au Maroc la province de Tarfaya (ancienne Cap Juby, étape ultime de l'Aéropostale où Antoine Saint-Exupéry passa 18 mois en 1927, y écrivit son premier livre : «Courrier sud» ). Mais également enclave océanique qui avait attiré un certain Anglais, génial explorateur du nom de Donald McKenzie, lequel y installa de 1877 et 1885 une factory anglaise, la casa-mar pour mettre au point un système de turbines d'eau, avant que le sultan Moulay El-Hassan ne reprenne Tarfaya. En fait, Mackenzie explorait la région pour préparer l'arrivée des Anglais…..

Le parachèvement de l'intégrité territoriale a constitué une priorité dans l'édification du Maroc post-indépendant. Participant au Sommet des pays non-alignés, réuni en septembre 1961 à Belgrade, feu S.M. Hassan II a posé le problème de la décolonisation du Sahara et, suscitant un élan de solidarité, a reçu un soutien unanime de l'ensemble du mouvement non-aligné.

De même, rencontrant le général Franco en 1963 à Barajas, aérodrome de Madrid, feu S.M. Hassan II réitérera avec netteté la revendication du Maroc au sujet du Sahara. Ce sommet maroco-espagnol – entre un Souverain marocain âgé de 34 ans et le généralissime qui célébrait ses…71 ans – avait été à l'origine de ce qu'on a appelé par la suite «l'esprit de Barajas», dissociant entre deux revendications : celle de Sidi Ifni et du Sahara d'une part et celle, redoutée à terme par l'Espagne, des enclaves de Ceuta, Mellilia, les îles Jâafarines, le Penon d'Al Hoceima, le Penon de Vélez de le Gomera, l'Isla de perejil (Leila). De surcroît, il était convenu, dans le même «esprit de Barajas», que les deux parties trouveraient des «solutions bilatérales négociées aux contentieux territoriaux entre les deux Etats».

Entre 1958 et 1969, onze ans ont passé avant que l'Espagne ne restitue de nouveau au Maroc, après de longues négociations, la province de Sidi Ifni, comprise quant à elle dans l'ancien protectorat français et que l'armée espagnole n'a réellement occupée qu'en 1934. Sidi Ifni, ville sainte pour ainsi dire, participe du mythe religieux qui a nourri pendant des siècles l'imaginaire collectif espagnol.

Un gouverneur des îles Canaries, Diego de Herrera avait construit une petite forteresse sur la côte, baptisée au début du XVIème siècle du nom de Santa Cruz de Mar Pequena (Sainte croix de la petite mer). Outre son rôle de relais destiné à assurer le contrôle et la sécurité des Canaries, elle a abrité les sinistres «entradas», milices militaires connues pour piller, terroriser tout le nord ouest du Sahara au non de la «christianisation».
Elle a été libérée ensuite par les Sâadiens en 1524, avant d'être cédée de nouveau en 1860 aux Espagnols.

Mirage phosphatier et raidissement espagnol

Or la restitution de Tarfaya en 1958 et de Sidi Ifni en 1969, comme on le voit, ne s'est pas effectuée d'un seul tenant, le général Franco jouant à sa guise le tempo, appliquant un détestable principe colonial de « un tiens vaut mieux que deux tu l'auras» ! 1969, c'est l'année où la maladie de Parkinson commence à ronger gravement le maréchal Franco, alors âgé de 77 ans…mais caparaçonné de ses rêves et mirages d'empire espagnol au Sahara !...

Toujours est-il qu'en 1964, le Maroc saisit encore par une motion le Conseil de sécurité de l'ONU afin que le gouvernement franquiste ouvre des négociations immédiates sur son retrait de nos provinces.

Rien n'y fera, et le caudillo, au faîte de sa puissance dictatoriale, lance son projet d'organisation administrative, intégrant de facto les provinces du Sahara dans la législation espagnole. S'il cède Tarfaya et l'enclave de Sidi Ifni, c'est pour fourvoyer à la fois l'ONU et la communauté internationale, c'est aussi– les enjeux économiques aidant –, pour mieux s'assurer la mise en valeur de la Saguia el-Hamra et du Rio de Oro. C'est en 1960 que le gisement des phosphates du Sahara sous occupation espagnole est découvert, il suscite à la fois l'engouement et un raidissement de la politique coloniale.

Il laisse à penser que, devant les perspectives offertes par le nouveau pactole, Madrid ne se résoudra jamais à décoloniser le territoire, à la différence du Portugal et de la France qui, à l'époque se sont résolus à émanciper leurs anciennes colonies.

D'où une série d'atermoiements et de louvoiements où, intérêts régionaux contradictoires exigent, l'on voit se réveiller les démons, les appétits affichés des uns et des autres, bref une sorte de camarilla étrange, mise en branle d'Alger à Madrid.
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  #14  
Vieux 03/11/2006, 02h13
 
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Par défaut Re : Les non-dits du sahara marocain

Le polisario, né dans les fourgons algériens

L'ancien chef du gouvernement de Franco jusqu'en 1973, amiral de son état, Luis Carrero Blanco, n'y allait pas de main morte.

Il fut assassiné d'ailleurs par quatre membres du mouvement séparatiste de l'ETA…Il représentait de gros intérêts espagnols et…allemands à travers le Konzern Krupp, installé à Bou-Craa, protégé par une milice de 3000 hommes du tercio, retranchés dans un camp militaire tout près des sites d'extraction…

En septembre 1974, las de voir piétiner le dossier aux Nations unies, désireux aussi de donner une suite logique à notre revendication et donc à nos droits historiques, feu S.M. Hassan II convoque la presse internationale et la prend à témoin : il annonce que l'année 1975 qui vient, sera celle du Sahara. En même temps, il dépêche plusieurs délégations dans les capitales du monde entier expliquer le bien-fondé de notre revendication.
C'est à la fois un tournant dans la diplomatie marocaine et le point de départ d'une clarification propre à incliner les «autres parties» à dévoiler leur jeu. Dans la foulée, l'ONU a demandé à la Cour internationale de justice (CIJ) de rendre un avis consultatif. Trois ans plus tôt, de jeunes sahraouis, dont notamment Brahim Bassir, parti faire ses études à Damas et revenu fonder son journal à Rabat du nom d'Al-Chihab, manifestent un peu partout pour réclamer la libération du Sahara du joug colonial espagnol. Réprimés, poursuivis, ils militent tour à tour au sein du MOREHOB, du PUNS, du FLU ou du mystérieux mouvement Mouslim.

Ils étaient à mille lieux, en effet, de la mouvance marxiste-léniniste qui fleurissait en ce temps au sein de la faculté Mohammed V de Rabat. Parmi eux, un certain Mustapha Sayed El Ouali, flanqué de son frère Bachir, Mohamed Abdelaziz, dit «Abdelaziz Marrakchi»… Le premier des trois, El Ouali vivait sous une obsessionnelle emprise idéologique de Sayed Qotb, leader spirituel des frères musulmans en Egypte, emprisonné et exécuté par Nasser.

Il appartenait davantage à l'obédience istiqlalienne qu'à la chapelle du gauchisme ambiant. Mais, se «sentant incompris», plus ou moins «lâchés» à une époque où un certain général Oufkir, alors ministre de l'Intérieur, était en intelligente félonie avec les adversaires de notre cause, les jeunes sahraouis ont pris le chemin de l'exil. D'abord en Libye où, tout de suite après son coup d'Etat de septembre 1969, le colonel Kadhafi décide d'ouvrir les portes de son pays à tous les «mouvements révolutionnaires» du monde et de les soutenir (Black Panthers, Black Muslim, ETA, IRA, Baader-Meinhoff, Erythréens ).

Ensuite en Algérie à partir de 1974…Entre temps, réunis avec d'autres à Zouérate le 10 mai 1973, les jeunes sahraouis en provenance du Maroc et de Mauritanie aplanissent leurs divergences et, comme on dit en langage marxiste, " surmontent leurs contradictions, principale et secondaire ". Sous le regard bienveillant et complice des " services " espagnol et algérien, il fondent alors le " polisario "…

Depuis lors, ils sont repris en main, encadrés, orientés, financés, armés et mobilisés par le pouvoir algérien. La question centrale à laquelle jamais aucune réponse, officielle ou officieuse, n'a été donnée est de savoir qui, dans ce rassemblement groupusculaire composite, est authentiquement sahraoui et qui ne l'est pas ?

Faux réfugiés de Tindouf

Les associations marocaines, les observateurs, le HCR (Haut Commissariat aux Réfugiés de l'ONU) n'arrêtent pas d'exiger depuis 1976 une authentification desmembres du prétendu mouvement sahraoui.

L'on sait, en revanche, parce que cela a été prouvé, que les sécheresses endémiques de 1983, 1984, 1985, 1989 et des années suivantes, ont conduit à l'exode des populations entières, parties du Mali, du Niger, de Mauritanie, du pays touareg aussi, acculées à fuir les rigueurs du climat et la famine, à errer dans la déshérence totale avant d'être récupérées par le polisario et, faute d'autre choix, à être enrôlées de force dans ses rangs. Elles ont ainsi grossi artificiellement le chiffre de ses effectifs, le faisant grimper sans foi ni loi à quelque 90.000 personnes.

On ne cesse de le dire : au lendemain de la récupération du Sahara par le Maroc en 1975, une poignée de Sahraouis, en majorité marocains et des mauritaniens, entraînant de force derrière eux quelques familles, se sont repliés à Tindouf d'où partaient quelques mois auparavant – encouragées par les services algériens - les incursions armées contre les forces espagnoles au Sahara ! On pouvait à la limite en dénombrer tout au plus quelque 2 à 2.500 personnes, dont beaucoup, du reste, n'étaient pas membres du polisario, mais arrachées de force à leur terre…Imagine-t-on seulement la tragédie humaine d'un exode de plus 20.000 personnes, ou plus comme le prétend le polisario ? Ni la presse internationale, ni les institutions ne se seraient tues, on peut en être sûrs, si un exode aussi massif s'était avéré ? Cela dit, le Maroc ne cesse de réclamer le retour non pas des «réfugiés» comme l'affirme la propagande du polisario, mais des «séquestrés» marocains dans les camps de Lahmada de Tindouf, auxquels s'étaient ajoutés des soldats des FAR. La nuance est de taille.
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  #15  
Vieux 03/11/2006, 02h14
 
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Par défaut Re : Les non-dits du sahara marocain

L'ambiguïté entretenue aussi. Parler, en effet, de 80.000 «sahraouis», de surcroît «réfugiés", c'est nous faire prendre des vessies pour des lanternes. En 1974, un recensement – le seul jusque-là d'ailleurs - effectué par le gouvernement espagnol à la demande des Nations unies, dénombrait quelque 74.000 habitants du Sahara occupé. Après sa rétrocession en 1975, la quasi unanimité de la population, on l'a vu, n'a pas bougé, ne s'est pas déplacée du territoire.

Quand bien même, la propagande du polisario nous affuble de plus de 100 000 sahraouis «réfugiés», la réalité des chiffres et la loi démographique sont là pour le démentir. Un pays comme la Mauritanie, qui possède un taux de croissance démographique élevé de 2,88%, a vu sa population passer en 44 ans, de1962 à 2004, d'un peu plus de 1 million à 3 millions d'habitants, soit une hausse de près de 400.000 tous les 6 ans…Or, 6 ou 8000 «combattants du polisario», évaporés dans le désert en 1976, implantés à Tindouf peuvent-ils se démultiplier aussi vite, à supposer que l'on succombe au mythe volatile de la «génération spontanée» ? A dire vrai, les «réfugiés» de Tindouf possèdent toutes les qualités, sauf celle d'être «sahraouis» : ils sont algériens, maliens, nigériens, touaregs, mauritaniens et marocains.

La Marche verte, déclenchée le 6 novembre 1975, a mobilisé quelque 350.000 volontaires. Elle a été annoncée le jour même où à La Haye, la CIJ a rendu son avis consultatif à la demande de l'Assemblée générale de l'ONU et confirmé nos droits historiques et politiques, lancée ensuite le 6 novembre par feu S.M. Hassan II. Elle est intervenue à un moment où le général Franco, irréductible adversaire de l'intégrité territoriale du Maroc, agonisait depuis des semaines.

Il mourra le 20 novembre, six jours après la signature le 14 novembre à Madrid de l'accord tripartite, entre l'Espagne, le Maroc et la Mauritanie qui met un terme au contentieux maroco-espagnol sur le Sahara et décolonise ainsi le territoire en vertu des dispositions de la charte des Nations unies. Recevant, toutefois, trois mois auparavant au Palais du Pardo Kurt Waldheim, alors secrétaire général de l'ONU, Franco déclarait que «si les populations ne veulent plus de l'Espagne, il est clair que l'Espagne doit s'en aller» ! Lâché dans une lassitude peu nuancée, le propos faisait écho, en effet, aux nouvelles plutôt mauvaises en provenance du Sahara que l'agitation gagnait gravement et où la crise devenait chaque jour plus aiguë.

L'obsession d'une Algérie méditerranéenne,saharienne et atlantique

Mais le propos ne tombait dans l'oreille d'un sourd et les dirigeants algériens en font à la fois un argument et un blanc-seing pour, enfin, donner libre cours à leurs ambitions étriquées et découvrir aussi leur vrai visage.
Le gouvernement algérien, qui jusqu'en juin 1975 seulement se disait «intéressé», notamment par la décolonisation du territoire sous les auspices de l'ONU, changeait brutalement de cap fin octobre, après que la CIJ eut donné son avis : il ne ménageait plus désormais son soutien officiel aux mercenaires du polisario, il ne cachait plus son hostilité et son opposition à la perspective d'un désengagement par l'Espagne du territoire. Autant que faire se peut, il s'échinait, notamment aux Nations unies, à user des subterfuges et des manœuvres dilatoires pour entraver tout processus de retour possible du Sahara au Maroc. On pouvait, on devait pourtant – pour peu que l'on prêtât quelque attention à ses louvoiements – deviner la duplicité à laquelle ses membres se livraient. Les logomachies et les sophismes de son représentant à la CIJ nous auraient fourni matière à convaincre ! En 1965, le Maroc avait usé de la légalité internationale en faisant voter une résolution au Comité de décolonisation des Nations unies – le même qui aujourd'hui s'agite dans un bocal – pour exiger de l'Espagne de hâter la décolonisation du Sahara et de Sidi Ifni. En juin 1968, feu S.M. Hassan II, au Sommet de l'OUA réuni à Alger, «proposait de poursuivre le dialogue en vue de convaincre frères et amis de la légitimité des revendications marocaines, dans le cadre des résolutions de l'ONU et de l'OUA». Le climat au niveau des Etats maghrébins semblait d'autant plus favorable que l'Espagne, confrontée à leur «entente» n'avait que le choix cruel : négocier ou raidir sa position.
Cependant, ne mesurant pas que l'entente tripartite n'était qu'un faux mirage, ne réalisant à vrai dire pas encore le jeu apocryphe du gouvernement algérien, le Maroc finira par découvrir et se résoudre à cette pénible réalité lors du Sommet maroco-algéro-mauritanien de Nouadhibou réuni le 14 septembre 1970. Il sera suivi trois ans plus tard, le 23 juin 1973 à Agadir par un autre Sommet du même genre, avec les mêmes acteurs : feu S.M. Hassan II, feu Houari Boumediene et feu Mokhtar Ould Daddah. Les ambitions algériennes se dévoilent, alors qu'en sous-main se fomente l'embrigadement de ce qui deviendra le «polisario» et se déploie déjà une diplomatie hostile. Le Maroc parvient alors à cette conclusion qu'après avoir fait d'énormes concessions aux «partenaires» en question sur d'autres plans, ces derniers persistaient à saboter ses efforts pour récupérer son Sahara, tout simplement parce que la perspective d'un départ de l'Espagne du Sahara laissait, à l'évidence, entrevoir pour eux une autre tentation…Pourtant, réunis à Ifrane en janvier 1969, feu S.M. Hassan II et Houari Boumediène semblaient avoir, à tout le moins sur un plan officiel, aplani le différend maroco-algérien sur les frontières en signant un traité d'amitié en bonne et due forme où l'Algérie s'engageait à appuyer les revendications du Maroc au Sahara. Pourtant encore, lors du Sommet arabe organisé en octobre 1974, Houari Boumediene – le texte de sa déclaration existe dans les archives de la Ligue arabe – a proclamé solennellement devant les chefs d'Etat le soutien de l'Algérie au Maroc pour récupérer son Sahara…
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Vieux 03/11/2006, 02h15
 
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Treize mois plus tard, un accord en bonne et due forme, signé en vertu de l'article 33 de la Charte des Nations unies qui impose aux Etats membres la «négociation directe» pour résoudre tout différend entre eux, est signé entre l'Espagne, le Maroc et la Mauritanie. C'est le fameux accord tripartite de Madrid, paraphé le 14 novembre 1975 qui applique le principe de décolonisation du Sahara, et qui, un mois plus tard à peine, est entériné par l'Assemblée générale de l'ONU, c'est à dire toute la communauté internationale. Il avait la double dimension de conforter un principe cardinal de l'ONU, celui d'un règlement bilatéral ou trilatéral, ensuite de consacrer le rôle, le poids explicite ou implicite de l'organisation mondiale. Que le gouvernement algérien l'ait contesté ou ne le reconnaisse pas, témoigne encore de sa propension irascible à vouloir régenter la planète, à administrer aux autres des leçons de légalité et de justice, à leur imposer, contre tout bon sens, sa conception unilatérale de l'ordre international. Il oublie, ce faisant, que la libération du territoire algérien en 1962, consécutive au départ de la France, a suivi le même processus de négociations directes, bilatérales et, qui plus est, sans même que l'ONU fût pour une raison ou une autre saisie ou intervenue. Ensuite que si la même négociation franco-algérienne, commencée à Lugrin, achevée à Evian après trois ou quatre mois, en juillet 1962, avait traîné en longueur et en épreuves, ce fut parce que le général de Gaulle ne voulait pas lâcher le Sahara algérien – où étaient, on l'a dit, incorporés les territoires marocains de Tindouf, Béchar, Ijdil, Gara de Jbilet, etc. Mais aussi parce que les négociateurs algériens revendiquaient avec force – ils avaient plus que raison – leur territoire saharien, avec autant de détermination, de conviction et d'attachement que nous autres Marocains l'avons fait pour notre Sahara. Il ne saurait exister, par conséquent, de différence de processus entre la revendication algérienne et la revendication marocaine au niveau des postulats comme à celui du principe de négociation directe dans un cas et dans l'autre. Encore que l'Algérie, à la différence du Maroc, ne s'est pas trouvée confrontée à un «colonisateur» redoutable qui l'a traînée des décennies durant, ne s'est pas trouvée obligée de fournir des pièces historiques, des preuves écrites, des argumentaires, n'a pas été contrainte de passer par le «chemin de croix» du droit occidental, celui de la CIJ…Et in fine, ne s'est pas heurtée à la duplicité d'un Maroc qui ne s'est jamais départi de son soutien solidaire…
Les négociations entre le FLN algérien et les délégués français avaient achoppé en mai 1961 à Evian sur le Sahara algérien et menaçaient même de se rompre. Les délégués algériens, à leur tête Krim Belkacem, n'en démordaient pas, faisaient référence à l'histoire, remontaient jusqu'à la dynastie fatimide : «le Sahara dans l'Algérie ou rien !» soutenaient-ils.
A Jean Daniel,directeur de L'Observateur, ils déclaraient : «Nous ne cesserons le feu que s'il y a accord politique. Il ne peut pas y avoir d'accord politique si le Sahara est séparé de l'Algérie. Donc, s'il n'y a pas d'accord sur le Sahara dans les deux mois, ce sera l'échec.» Bataille d'autant plus rude qu'à la même époque, le gouvernement français avait décidé, dans le cadre du budget de 1962, d'augmenter les crédits d'infrastructures pour le Sahara. Ce qui n'allait pas sans susciter de graves inquiétudes chez les délégués algériens. Une étrange formule était lancée dans la foulée, à laquelle ils s'opposèrent violemment : «le Sahara saharien», mais… «associé à la France», suggérée dans un article du quotidien Le Monde sous la signature de Pierre Viansson-Ponté, le 19 juillet 1961, où il analysait les germes d'une rupture radicale, «prélude, selon lui, à la mise en œuvre du regroupement annoncé par le général de Gaulle, mais bien plus encore à l'internationalisation» (du Sahara).
Plus qu'une menace, un défi que la nouvelle direction du FLN, radicalisée, était appelée à relever. La décolonisation algérienne a été menée avec la puissance occupante, par la voie bilatérale. Tout comme celle Hong-Kong.
Les îles Kouriles départagent dans le Pacifique Japon et Russie, mais l'un et l'autre sont parvenus à un accord. Il reste que l'obstination algérienne, l'ardeur mise à lier le sort du Sahara à celui du territoire, invoquant de ce fait une «Algérie indivise», souveraine dans son Sahara, nous sert à nous autres Marocains de leçon rétrospective, un exemple a postriori…Car, au moment de l'accord sur l'indépendance en 1956 aussi bien avec la France qu'avec l'Espagne, ne nous fallait-il pas radicaliser la revendication sur l'intégralité de nos territoires spoliés ? Une série de questions se posent toujours : quand le Maroc a commencé à revendiquer le Sahara, le polisario n'existait pas, l'Algérie en tant qu'Etat non plus d'ailleurs. Jusqu'à 1973, où se trouvait donc le polisario, peut-on nous montrer ne serait-ce qu'une infime filiation historique, une trace muette de son existence avant 1973 ?
La question se pose encore avec acuité : pourquoi le Maroc est le seul Etat d'Afrique et du monde arabe à subir une décolonisation par étapes, par intermittences dirions-nous, par deux puissances européennes, alors que tous les autres ont recouvré leur indépendance d'un seul tenant ? Pourquoi lui a-t-il fallu négocier avec plusieurs, à tout le moins avec deux interlocuteurs, chacun imposant son propre modus operandi et son style ? Une fois recouvrée l'intégrité territoriale dans les provinces du sud, abstraction de celles du Nord encore sous occupation, pourquoi se heurte-t-il à la mauvaise foi d'une Algérie dont l'obsession affichée est de reprendre ni plus ni moins l'héritage colonial du morcellement du Maroc, à tout le moins la conception de son encerclement à l'est, au sud et à l'ouest ? Comment auraient réagi les dirigeants et le peuple algériens si, d'aventure, le Royaume du Maroc s'était employé en 1956 ou 1962 à se faire le complice de la France dans sa politique saharienne, ou encore à encourager la dissidence au Sahara algérien, entretenant de ce fait un mouvement séparatiste – en l'occurrence les touaregs -, les finançant, les armant et les imposant sur la scène mondiale au nom de «l'autodétermination des peuples» ? Nous disions «l'obsession d'une Algérie méditerranéenne, saharienne et …atlantique» ! En fait, l'histoire nous l'apprend, toute l'affaire du Sahara occidental dans sa dimension controversée, n'a été créée, entretenue, falsifiée que pour déplacer un autre problème, celui des territoires marocains du sud-est, de Tindouf, des frontières contestées sur lesquelles le Maroc a gardé jusqu'ici, inspiré de la sagesse de ses Rois, une discrétion à toute épreuve…
Hassan Alaoui
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  #17  
Vieux 03/11/2006, 04h11
Avatar de benkabss
 
Date d'inscription: août 2005
Messages: 8 257
Par défaut Re : Les non-dits du sahara marocain

Merci a khouya d'avoir fait partager ce long mais tres instructif texte...
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  #18  
Vieux 03/11/2006, 08h42
Avatar de Benmouss
Bon Ramadan !
 
Date d'inscription: août 2006
Messages: 6 313
Entrées dans le blog: 1
Par défaut Re : Les non-dits du sahara marocain

Historiquement j'ai apprit sur ces articles que l'Algérie a l'époque était divisé en 2 parties :

- La premiére partie Ouest du Maghreb (Maroc et des villes de Tlemcen a Tindouf)…
- La deuxiéme partie Est du Maghreb turque (Algérie et Tunisie)…

Le Maroc existe depuis des dynasties et des millénaires de monarchie en monarchie…

C'est vraie qu'a l'époque la monarchie marocaine occupée le Sahara mais "inhabité"…

Le Sahara est marocain, mais il faut comprendre l'histoire du Maroc, l'histoire du Maroc est tellement longue que celle des autres pays comme l'Algérie et la Tunisie…

Le Maroc a toujours concervé sont histoire depuis bien longtemps…
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  #19  
Vieux 03/11/2006, 10h44
 
Date d'inscription: octobre 2006
Messages: 280
Par défaut Re : Les non-dits du sahara marocain

excellent !!!

ce qui croit qu'ils vont piquer oued dahab et sakiat el hamra au maroc après lui avoir volé le touat, tindouf, gourara, ain salah etc ... se trompent !!!
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  #20  
Vieux 03/11/2006, 10h53
Avatar de Louali34
 
Date d'inscription: août 2005
Messages: 600
Par défaut Re : Les non-dits du sahara marocain

Citation:
Envoyé par pinguin
. Mais quand j'ai vu ce qu'etait la politique du royaume, je me dis vaux mieux que ces gens (les sahraouis) quittent le bateau pendant qu'il en est encore temps.
Tes leçons gardes les pour toi , et si tu as besoin qu'on t'apprends ce qu'est la politique du royaume ,on pourrait le faire.

Je ne sais pas si tu leur propose des zodiacs pour les acceuillir,car s'ils quittent le bateau ils risqueront de mourir noyés.
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