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Un an et demi de travail continu en vue de mettre sur pied une stratégie de lutte contre la violence à l’égard des femmes. L’ampleur du phénomène qui sévit dans notre société, aussi bien dans ses aspects visibles (violence sexuelle, physique…) que dans ses aspects invisibles (violence institutionnelle, discrimination juridique…) et la qualité du travail accompli expliquent le temps pris dans l’élaboration de cette stratégie qui vise l’éradication à terme de ce fléau. Ce document officiel a été présenté hier à Rabat par le ministère chargé de la condition de la femme, de la protection de la famille et de l’enfance et de l’intégration des handicapés à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la femme. L’objectif du ministère n’était pas de transplanter ou de transférer une stratégie étrangère, mais de développer une réponse proprement nationale en mettant en place une stratégie basée sur la réalité marocaine et sur les difficultés vécues par les femmes victimes de violence. C’est la raison pour laquelle les chercheurs qui ont réalisé ce travail se sont appuyés sur une étude de terrain accomplie à cette fin. Elle avait pour objectif de faire connaître le phénomène, son ampleur, sa typologie et ses conséquences sur la vie des femmes sur les plans social, sanitaire et économique. A partir de là, une question principale a pu être posée à des experts puis à un public plus élargi: Quelles sont les actions qui devraient être entérinées en vue de mettre un terme à la violence à l’égard des femmes? Les réponses recueillies, après être réunies, agencées et travaillées, ont constitué la base de la stratégie nationale de lutte contre la violence à l’égard de la femme. Globalement, cette stratégie qui regroupe une quarantaine d’actions, vise à renforcer l’Etat de droit, en criminalisant la violence à l’égard des femmes et en la reconnaissant comme étant une violation des droits humains et à professionnaliser l’intervention en vue d’une prise en charge globale, concertée et efficace. Ces objectifs ne peuvent être obtenus sans le développement d’une approche participative et d’un effort de communication soutenu sur les problèmes existants et les progrès réalisés. Sept axes constituent cette stratégie où l’aspect juridique se taille la part du lion. En effet, il y a urgence dans ce domaine qui doit constituer le levier de changement dans ce dossier de lutte contre la violence à l’égard des femmes. Dix-huit actions ont été retenues dans ce domaine de la lutte contre la violence à l’égard des femmes. Dix-huit actions ont été retenues dans ce domaine dont 16 sont toutes à élaborer en terme de lois. Seule la Moudawana accapare 10 actions alors que les autres actions concernent le droit civil et international, le code pénal et le code du travail. L’action dans ce domaine juridique doit permettre d’arriver au stade de l’impunité zéro tout en faisant jouir la femme de son droit constitutionnel. Il est recommandé également de privilégier la politique de la réponse juridique immédiate afin de contourner les problèmes de la lenteur administrative ainsi qu’une approche socio-juridique dans la gestion des conflits conjugaux. Le deuxième sur lequel a insisté la stratégie est celui de la prise en charge et le suivi des femmes violentées. Un domaine qui requiert une importance particulière vu les problèmes vécus par les femmes victimes de violence. Six principaux axes ont été sélectionnés qui insistent sur la nécessité de renforcer la prise en charge médicale, judiciaire, psychologique et socio-économique des femmes victimes de violence. Cette prise en charge doit s’accompagner par la mise en place d’infrastructures à même de permettre d’accueils les femmes victimes de violence, tels les centres d’accueils, les foyers, les conseils d’orientation, de prise en charge, de téléphonie et d’assistance à distance. Et c’est l’objet du troisième domaine dont la réalisation doit être renforcée par l’élaboration de textes de loi réglementant ces structures ainsi que par la mobilisation continue de ressources matérielles et financières. La stratégie nationale de lutte contre la violence à l’égard des femmes a mis l’accent sur quatre domaines relatifs, notamment au développement d’une politique de communication et de sensibilisation, de la recherche dans ce domaine afin de constituer une base de données fiable et approfondie et sur la promotion du facteur ressources humaines. Dans le dernier domaine relatif aux actions de politique générale, la stratégie préconise la gratuité des soins pour les femmes violentées et la considération de la violence à l’égard des femmes comme une violation des droits humains. Une stratégie ambitieuse dont la mise en application nécessite inéluctablement une volonté et une décision politique claire. libé Ma |