Le Soufisme


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  #61  
Vieux 09/11/2006, 22h07
Avatar de hassan00
 
Date d'inscription: octobre 2006
Messages: 215
Par défaut Re : Le Soufisme

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Envoyé par Soufisme
Mais qu'est-ce-qui te dit que je refuse de répondre ?

J'avais déjà fait de tels exposés sur Bladi et je me rappelle ce que cela avait suscité.
Je sais quelles sont tes attentes Hassân : tu veux absolument confirmer à ton mental que le Soufisme c'est bida'a , chirk , kufr , etc etc etc.
Je ne tiens pas à t'expliquer ce qu'est le Soufisme pour la simple et bonne raison que tu trouverais en permanence quelque chose à reprocher à mon exposé.
Salam,

Si tu crois en ta cause (Soufisme) defend la voyant.

L'idée que j'ai sur le soufisme c'est que des gens qui font des bidâa en dansant dans des mosques en chantant en fesant des trucs qui n'on aucune relation avec l'islam.

Si je me trompe corrige moi, Si c'est pas le cas ca me confirmeras l'idée que j'ai dans ma tête et je la garderais.

Merci.
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  #62  
Vieux 09/11/2006, 23h40
Avatar de ikkar
 
Date d'inscription: juillet 2004
Messages: 2 139
Par défaut Re : Le Soufisme

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Envoyé par BOUM !
Moi je vois le soufisme a travers l'histoire de "khidre", ce personnage énigmatique qui est chargé de transmettre le savoir a Moïse. L'histoire est relatée dans la sourate "el kahf" a partir du verset : [65] "Ils trouvèrent l'un de Nos serviteurs à qui Nous avions donné une grâce, de Notre part, et à qui Nous avions enseigné une science émanant de Nous"


Dis moi soufisme, quel est le statut de "khidre" dans le soufisme ?
Salam
Bien sur cet homme dont tu parle est une preuve qu Allah a mis dans le chemin de Moise pour lui prouvr qu il y a une autre verité qu celle que le commun des mortels perçoit. Allah luia ouvert qq pages de l inconnu. Les soufis aiment le pnser comme un model, que leur chouyoukhs pourraient a arriver a ce previlège a force de recitations de dikr. Qqchose que tu ne leliras nulle part ailleurs sauf dans les ecrits soufis. C est une pure recherche de legitimité dans l Islam de leur mouvement. c st ainsi que tout tu verrais les soufis s efforcer tout le temps dans leurs discours à reciter les sourates les hadiths qui conseillent les jeuns, les meditations, les prières mais se desinteressent des versets parlant de travail, de recherche d enseignement....
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  #63  
Vieux 09/11/2006, 23h49
Avatar de ikkar
 
Date d'inscription: juillet 2004
Messages: 2 139
Par défaut Re : Le Soufisme

Citation:
Envoyé par Soufisme
Il serait plus sage de reconnaître que nous avions émis les raisons pour lesquelles nous pensions ne pas devoir entrer dans d'interminables explications conçernant les Doctrines Métaphysiques.
Si vous êtes en quête incessante de preuves réputées irréfutables et agrées par votre mental il conviendrait peut-être de rejoindre ces nombreux forums en lesquels abondent des discours de ce genre.
En ce qui nous conçerne nous pensons inutile - pour ne pas dire plus - d'ajouter à la confusion ambiante.
Cela n'indique nullement toutefois que nous n'aurons pas à présenter fut-ce succinctement des données autres que doctrinales.
Salam,
IL serait surtout bien plus sage d apprendre que dans un forum il est question d echange d idées et questions \reponses plutot que d affirmer des choses et refuser de les argumenter et surtout escquiver les questions des autres.
Tu n as repondu a aucun point de ce que je t avais dit, comme je suis attentivement toutes les questions que HASSAN TE POSE ET AUXQUELLES TU DONNES DES REPONSES VAGUES pour ne pas dire,, passe moi l expression à côté de la plaque.
Mais bon peut etre que tu juges déjà que tu es arrivé à un certain degrès de connaissances divines que nous ces "êtres communs,vulgaires" sommes encore loin de comprendre, non? lol A mon avis c est ce qu on appelle endoctrinement
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  #64  
Vieux 10/11/2006, 12h49
 
Date d'inscription: juin 2004
Messages: 194
Par défaut Re : Le Soufisme

Citation:
Envoyé par ikkar
Salam,
IL serait surtout bien plus sage d apprendre que dans un forum il est question d echange d idées et questions \reponses plutot que d affirmer des choses et refuser de les argumenter et surtout escquiver les questions des autres.
Tu n as repondu a aucun point de ce que je t avais dit, comme je suis attentivement toutes les questions que HASSAN TE POSE ET AUXQUELLES TU DONNES DES REPONSES VAGUES pour ne pas dire,, passe moi l expression à côté de la plaque.
Mais bon peut etre que tu juges déjà que tu es arrivé à un certain degrès de connaissances divines que nous ces "êtres communs,vulgaires" sommes encore loin de comprendre, non? lol A mon avis c est ce qu on appelle endoctrinement
Mon cher Frère ,

Je sais parfaitement que nous nous trouvons dans un forum d'échanges en lequel paraissent se résolver bien des questions/réponses.
Permets-moi toutefois de ne point entrer dans le jeu de ces questions/réponses stéréotypées.
Saches qu'une absence de réponse peut fort bien être une présence...
Pourquoi donc vouloir absolument que tout se joue dans la dualité Question/Réponse ?
Je sais pertinemment que nombre de questions n'en sont pas car si elles étaient véritablement posées des réponses tout autant véritables seraient posées en un face-à-face lumineux.
Je suis alors pour toi à côté de la plaque pour n'avoir pas répondu à tes questions. J'accepte volontiers d'être à côté de la plaque ... pour n'avoir pas à tomber dans le trou !!!
Un disciple vint un jour rencontrer le Shaykh Soufi Larbî ad Dârqâwî. Mais ce disciple était tellement dissipé et peu prédisposé sur le moment à quelqu'apaisement qui eut pu le satisfaire , le Maître eut alors ce propos qui agit comme un éclair : " Détends ton esprit et apprends à nager ! "

Nous sômmes présentement en un monde agité par d'incessants brouhahas et autres troubles dont la cause essentielle se trouve dans le mal-être.
Les gens vivent superfiçiellement et n'ont absolument pas conscience que ce après quoi ils courent ardemment n'est qu'éphémère.
Mais l'humain est porteur en lui de sa propre transcendance.
Toutefois il se sait en quête de "quelque chose" mais il est désorienté. Car tout autours de lui l'attire non à s'élever mais au contraire à répondre incessamment à des demandes d'avoir.
Avoir des réponses , avoir des questions , avoir un travail , avoir une maison , avoir une voiture , avoir des connaissances , avoir des enfants , avoir une épouse , avoir avoir avoir !!!

L'environnement actuel ne permet plus la floraison d'une autre possibilité d'être. Chaque instant l'être est assassiné sur l'échafaud de l'avoir.
Un jour un Shaykh soufi emprunta un chemin et aperçut un homme qui semblait rechercher quelque chose.
Le Shaykh posa alors la question à l'homme sur ce qu'il recherchait , ce sur quoi l'interrogé l'informa qu'il recherchait la clé de sa maison.
Le Shaykh demanda pourquoi il recherchait ici plutôt qu'ailleurs. L'homme eut alors cette réponse qui fit sourire le sage : " Je recherche ici parce que c'est éclairé ".

Voilà bien l'état de l'humain en ces temps. Il recherche quelque chose qu'il semble avoir perdu mais qu'il ne sait pas nommer et il ne recherche que dans les recoins éclairés de sa conscience.
Il ne sait pas qu'en se séparant fut-ce un instant de ce qu'il connait , de ce qu'il sait appréhender , autrement dit de ce qui en lui semble éclairé , il se peut alors qu'une clé lui soit révélée permettant un passage vers ce dont il n'a pas encore conscience.

La Voie ne s'explique pas et n'entre pas dans le parcours instable des jeux du mental qui pour paraitre être doit sans cesse répondre à des activités duelles.
Je sais mon frère que cela peut te paraître injuste car tu veux absolument des réponses dont inconsciemment tu sais qu'elles doivent répondre à de superfiçielles interrogations.
Nombre de ceux auxquels je pus m'adresser et qui avaient les mêmes interrogations que les tiennes , ne pouvaient trouver satisfaction dans les élements de réponses auxquels je les conviai car précisément ces réponses n'étaient pas LES LEURS !
Pire elles étaient complètement étrangères au fonctionnement de leur mental et ce processus est parfaitement connu : on rejêtte ce qui nous dépasse...

je pourrais tout à fait répondre à tes questions ou à celles de Hassan ( qui sont les mêmes ._. ) car je pourrais entrer dans le jeu des discours stéréotypés , des réponses toutes faites parfaitement intégrables dans le logiciel qu'est le mental.
Mais celui-ci va alors connaitre une rebellion car un "corps étranger" a fait une incurssion en lui et menaçe alors de faire vasciller son édifice.
Sa seule voie d'issue sera alors d'affirmer que les réponses sont fausses et utilisera alors un tas de subterfuges bien construit pour ne surtout pas à avoir à chuter du haut de son cher piédestal...
Ce piédestal que nous chérissons , que nous embêlissons en permanence pour n'avoir pas à nous regarder dans la nudité.
Cette Nudité qui pourtant était celle de Muhammad dont le mental dut demeurer totalement vierge pour n'avoir pas à faire écran face à une Connaissance d'ordre supra-humaine précisément.
Les premiers mots qui lui furent alors répétés furent " Iqra' Bissmi Rabbika ! "
Lis AU NOM DE TON SEIGNEUR , c'est-à-dire entres ô Muhammad en une Lecture par En-Haut...

Dernière modification par Soufisme ; 10/11/2006 à 13h10.
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  #65  
Vieux 10/11/2006, 18h34
Avatar de ikkar
 
Date d'inscription: juillet 2004
Messages: 2 139
Par défaut Re : Le Soufisme

Citation:
Envoyé par Soufisme
Mon cher Frère ,

Je sais parfaitement que nous nous trouvons dans un forum d'échanges en lequel paraissent se résolver bien des questions/réponses.
Permets-moi toutefois de ne point entrer dans le jeu de ces questions/réponses stéréotypées.
Saches qu'une absence de réponse peut fort bien être une présence...
Pourquoi donc vouloir absolument que tout se joue dans la dualité Question/Réponse ?
Je sais pertinemment que nombre de questions n'en sont pas car si elles étaient véritablement posées des réponses tout autant véritables seraient posées en un face-à-face lumineux.
Je suis alors pour toi à côté de la plaque pour n'avoir pas répondu à tes questions. J'accepte volontiers d'être à côté de la plaque ... pour n'avoir pas à tomber dans le trou !!!
Un disciple vint un jour rencontrer le Shaykh Soufi Larbî ad Dârqâwî. Mais ce disciple était tellement dissipé et peu prédisposé sur le moment à quelqu'apaisement qui eut pu le satisfaire , le Maître eut alors ce propos qui agit comme un éclair : " Détends ton esprit et apprends à nager ! "

Nous sômmes présentement en un monde agité par d'incessants brouhahas et autres troubles dont la cause essentielle se trouve dans le mal-être.
Les gens vivent superfiçiellement et n'ont absolument pas conscience que ce après quoi ils courent ardemment n'est qu'éphémère.
Mais l'humain est porteur en lui de sa propre transcendance.
Toutefois il se sait en quête de "quelque chose" mais il est désorienté. Car tout autours de lui l'attire non à s'élever mais au contraire à répondre incessamment à des demandes d'avoir.
Avoir des réponses , avoir des questions , avoir un travail , avoir une maison , avoir une voiture , avoir des connaissances , avoir des enfants , avoir une épouse , avoir avoir avoir !!!

L'environnement actuel ne permet plus la floraison d'une autre possibilité d'être. Chaque instant l'être est assassiné sur l'échafaud de l'avoir.
Un jour un Shaykh soufi emprunta un chemin et aperçut un homme qui semblait rechercher quelque chose.
Le Shaykh posa alors la question à l'homme sur ce qu'il recherchait , ce sur quoi l'interrogé l'informa qu'il recherchait la clé de sa maison.
Le Shaykh demanda pourquoi il recherchait ici plutôt qu'ailleurs. L'homme eut alors cette réponse qui fit sourire le sage : " Je recherche ici parce que c'est éclairé ".

Voilà bien l'état de l'humain en ces temps. Il recherche quelque chose qu'il semble avoir perdu mais qu'il ne sait pas nommer et il ne recherche que dans les recoins éclairés de sa conscience.
Il ne sait pas qu'en se séparant fut-ce un instant de ce qu'il connait , de ce qu'il sait appréhender , autrement dit de ce qui en lui semble éclairé , il se peut alors qu'une clé lui soit révélée permettant un passage vers ce dont il n'a pas encore conscience.

La Voie ne s'explique pas et n'entre pas dans le parcours instable des jeux du mental qui pour paraitre être doit sans cesse répondre à des activités duelles.
Je sais mon frère que cela peut te paraître injuste car tu veux absolument des réponses dont inconsciemment tu sais qu'elles doivent répondre à de superfiçielles interrogations.
Nombre de ceux auxquels je pus m'adresser et qui avaient les mêmes interrogations que les tiennes , ne pouvaient trouver satisfaction dans les élements de réponses auxquels je les conviai car précisément ces réponses n'étaient pas LES LEURS !
Pire elles étaient complètement étrangères au fonctionnement de leur mental et ce processus est parfaitement connu : on rejêtte ce qui nous dépasse...

je pourrais tout à fait répondre à tes questions ou à celles de Hassan ( qui sont les mêmes ._. ) car je pourrais entrer dans le jeu des discours stéréotypés , des réponses toutes faites parfaitement intégrables dans le logiciel qu'est le mental.
Mais celui-ci va alors connaitre une rebellion car un "corps étranger" a fait une incurssion en lui et menaçe alors de faire vasciller son édifice.
Sa seule voie d'issue sera alors d'affirmer que les réponses sont fausses et utilisera alors un tas de subterfuges bien construit pour ne surtout pas à avoir à chuter du haut de son cher piédestal...
Ce piédestal que nous chérissons , que nous embêlissons en permanence pour n'avoir pas à nous regarder dans la nudité.
Cette Nudité qui pourtant était celle de Muhammad dont le mental dut demeurer totalement vierge pour n'avoir pas à faire écran face à une Connaissance d'ordre supra-humaine précisément.
Les premiers mots qui lui furent alors répétés furent " Iqra' Bissmi Rabbika ! "
Lis AU NOM DE TON SEIGNEUR , c'est-à-dire entres ô Muhammad en une Lecture par En-Haut...
Salam ami
Un shaykh soufi qui roulait en autoroute apprenait par sa radio qu il y avait un fou qui roulait dans l' autoroute en sens inverse, il

s ecria alors" Mais ILS SONT TOUS FOUS DANS CETTE AUTOROUTE!!" lol non je lol c était un belge peut etre.... un sheikh belge lol

Plus serieusement ami, ton constat sur les problèmes de nos sociètés modernes, et ses consequences sur le quotidien des individus ... oui je suis d accord et d ailleurs même les occidentaux le savant et essaient d y remedier à leur façon. Mais cela ne justifie en AUCUN CAS que je dois me soummettre à une doctrine qui me demunit de mon cerveau de mes facultés mentales pour suivre aveuglement les délires d'un sheikh qui se prend pour un prophète.
_Je n'ai pas non plus envie d abandonner "ce savoir livresque" que tu critiques, écrit par des centaine de savants musulmans car ce n est pas repetant à la longueur de la journée" houwa houwa, houwa....." = lui lui lui... qu'on comprendra mieux notre religion.
_Je ne crois pas du tout en les karamates ou pouvoirs que ces soit-disants sheikh ont reçu d ALLAh et qui feraient d eux des demi-prophètes sur terre. Je pense sincèrement que c'est souvent juste un moyen pour eux de dominer des esprits formatés et .. faibles.
_Je ne crois pas non plus que ces maitres soufis sont en dessus de la religion et peuvent composer avec le licite et l' illicite à leur guise, chose que notre prophète SAWS ne se l est pas permis.
_En tant qu être humain aspirant à la justice, je me dois de combatte l injustice , la tyrannie de nos gouverneurs avec des moyens LEGAUX et PACIFIQUES bien sûr. Le soufisme fait preuve à cet égard d une grande docilité et de passivité ( le karma indou) envers les dictateurs de toutes époques et regions du monde musulmans c est d ailleurs pourquoi ils sont même encouragés par les pouvoirs.
_Je ne crois pas, comme pensent les soufis, qu il y a des manières d adoration d ALLAH pour le commun des mortels = prieres, hajj, Zakat... mais que pour les maitres soufis existent d autres manieres d adorations ( genre adoration 5 étoiles) qui leur permettent de senti r ALLAH en EUX et donc parler de sa voix voir avec ses yeux et entendre avec ses oreilles.
_Et je ne crois pas en la sainteté des hommes et encore moins de celles des morts; car si qqun doit faire une prière ce sont les vivants pour les morts et non le contraire.
Et surtout pour finir, ma vision de l Islam me laisse penser que l être humain doit être un sujet positivement actif dans sa socièté. Je suis, en fait, content quand je vais à la mosquée et la trouve pleine de monde mais je suis encore bien plus content quand ( en Europe) je rencontre des musulmans occuper differentes professions, voir des musulmans voter, participter à la vie associative et politique dans les facs .............. Et s'il y a la bonne NIYA = l intention, alors ils seraient bien plus pieux, à mon sens, de ceux qui s'isolent dans des délires "dikriques"
Tu nous a encore rien dit des croyance soufis , de leurs pratiques, et leur hierarchie. Tu t'es contenté seulement, passe moi l expression, d'un discours fleuve qu'on applique en toute occasion. Soit! En tant que personne je te dois bien sur le respect ainsi qu à ta croyancen importe qu elle soit mais le soufisme en tant que "mouvement" est en ce moment plus de "charlatanisme " qu autre chose

..mais bon c est juste mon avis

Dernière modification par ikkar ; 10/11/2006 à 18h39.
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  #66  
Vieux 10/11/2006, 21h21
 
Date d'inscription: juin 2004
Messages: 194
Par défaut Re : Le Soufisme

On me demande donc de répondre à des questionnements et j'y réponds non en faisant des copier mais en rédigeant moi-même un texte et tu y réponds enfin en faisant ressortir toute ta superbe. J'attendais cela et ma précédente intervention mit l'accent précisément sur ce processus bien connu en psychologie des profondeurs.
Ce sont là des paravents dont se sert l'égo pour n'avoir surtout pas à se sentir rabaissé...
Je vais donc répondre point par point à tes invectives dont je puis constater qu'elles ont été rédigées rapidement , mais cela est normal car ce qui t'habitait bien à ce moment précis c'est ce fameux processus dont je viens de parler.
La rapidité avec laquelle tu écrivis comme en témoignent les innombrables fautes provient donc de cet état soudain en lequel se trouve la nafs lorsqu'elle se trouve mise en danger...

Ton intervention prouve combien ton ignorance est opaque et je crains pour toi que tu ne sortes jamais des voiles épais dus à celle-ci.

Tu commençes donc par un mensonge honteux en prenant la figure du Maître spirituel soufi en le ramenant à une histoire belge.

Selon `Abd-Allah ibn `Amr (qu'Allah soit satisfait des deux) rapporte que
le Prophète (pbAsl) a dit: "Il est quatre défauts qui lorsqu'ils entachent quelqu'un, le rendent un parfait hypocrite. Celui qui en possède un, est atteint d'une des caractéristiques de l'hypocrisie, à moins qu'il ne s'en débarrasse, à savoir: Tenir des propos mensongers; trahir ses serments; manquer à ses promesses et être de mauvaise foi au cours des disputes".
Numéro du Hadith dans le Sahîh de Muslim 88.

Il convient donc de s'entendre sur nos rapports : je ne suis pas venu m'inscrire ici pour jouer au fanfaron et encore moins permettre à des cancres de se moquer d'une Science dont ils ignorent absolument tout et qui se permettent de rejeter des Hommes qui sont l'Elite de la Communauté Islamique.
Ceci clairement dit , je poursuis.
Tu écris " ... Mais cela ne justifie en AUCUN CAS que je dois me soummettre à une doctrine qui me demunit de mon cerveau de mes facultés mentales pour suivre aveuglement les délires d'un sheikh qui se prend pour un prophète. "
Tu as là une idée franchement bien basse de la Spiritualité et de ceux qui l'incarnent. Qui te demande de te soumettre à une "doctrine qui démunirait ton cerveau ( pourtant peu éclairé ) de tes facultés mentales pour suivre aveuglément les délires d'un sheikh qui se prend pour un prophète" ??????????
Saches donc ô toi qui prétend tout connaître , que la Doctrine Spirituelle n'a rien d'un endoctrinement et il n'est jamais demandé à un candidat à l'Initiation de se vider de ses facultés mentales !!!!!

Voici donc quelques propos sur ce qu'est la Voie Spirituelle Soufie , rédigés par d'éminentes Autorités du Monde Islamique , propos qui convaincront ceux qui peuvent l'être que le Tassawûf n'est en aucun cas un ajoût à l'Islam :

1 : Fakhr ad-Din ar-Razi (544-606 H.): "La Voie des Soufis pour recevoir la connaissance consiste à s'éloigner de la vie matérielle, et ils restent constamment occupés par l'invocation d'Allah (dhikr allah), dans toutes leurs actions et leur comportement." ('Itiqadat Furaq al-Muslimin)

2 : An-Nawawi a dit: "Les caractéristiques de la Voie Soufie sont [...] de garder la Présence d'Allah dans le c?ur en public ou en privé, de suivre la Sunna du Prophète [...] d'être heureux de ce qu'Allah nous donne." (Maqasid at-Tawhid). Il s'agit là bien évidemment de l'Imam an Nawawi le célèbre Mûhadith.

3 : Ibn 'Abidin (1198-1252 H.): "Les Chercheurs sur la Voie Soufie n'entendent rien qui ne vienne de la Présence Divine. Et ils n'aiment rien d'autre que Lui. S'ils se rappellent de Lui, ils pleurent, et s'ils Le remercient, ils sont heureux [...] Qu'Allah les bénisse." (Risail Ibn 'Abidin)

4 :Abou Hanifa a dit: "Si il n'y a avait pas eu ces deux ans, j'aurais péri. [...] Pendant deux ans, j'ai été le compagnon de Sayyidina Ja'far as-Sadiq et j'ai acquis la science spirituelle qui a fait de moi un Connaissant ('arif) de la Voie". (Durr al-Mukhtar)

5 : Malik a dit: "Celui qui étudie la jurisprudence (tafaqaha) et n'étudie pas le soufisme (tasawwuf) est un pervers (fasiq); et celui qui étudie le soufisme et n'étudie pas la jurisprudence est un hérétique (zindiq); celui qui allie les deux, atteint la vérité". (rapporté par Ahmad Zarruq, 'Ali ibn Ahmad al-'Adawi dans le tome 2 de ses ?uvres, al-Hafiz `Ali al-Qari al-Harawi et d'autres)

6 : Ach-Chafi'i a dit: "J'ai accompagné les Soufis et j'ai appris d'eux trois sciences: [...] comment parler; comment se comporter avec les gens avec indulgence et avec un c?ur doux [...] et ils [...] me guidèrent sur la Voie du Soufisme". (cité par 'Ijluni dans son Kashf al-Khafa 1/341)

7 : Ahmad Ibn Hanbal a dit: "Ô mon fils, tu dois t'asseoir avec les Soufis, parce qu'ils sont comme une fontaine de science et ils gardent le souvenir (dhikr) de Dieu dans leur c?ur. Ils sont les ascètes et ils ont un pouvoir spirituel très fort". (cité dans Tanwir al-Qulub)

8 : Al-Ghazâli a dit: "J'ai su avec certitude que les Soufis sont ceux qui cheminent sur la Voie d'Allah, que leur conduite est la plus parfaite, que leur voie est la plus sûre et la plus droite, et que leur caractère est le plus pur. Je dirais plus: même si l'on additionne l'intelligence des hommes, la sagesse de sages et la science des savants avertis des secrets de la loi religieuse pour pouvoir réformer la conduite des Soufis, ou même l'améliorer, on n'y arriverait pas. Car tout dans leur mouvement ou leur immobilité, extérieurement et intérieurement, est puisé dans la lumière de la Niche (Mishkat) de la Prophétie". (Al-Mounqid mina d-Dalal)

9 : as-Suyuti a dit: "Le Soufisme en lui-même est la meilleure et la plus honorable science. Elle explique comme suivre la Sunna du Prophète (S) et comme rejeter l'innovation." (Ta'yid al-Haqiqa al-'Aliyya)

10 :Ibn Khaldûn dit: "La Voie des Soufis avait toujours été considérée comme celle de la vérité et de la bonne direction, tant par les Compagnons du Prophète que leurs disciples immédiats et par leurs successeurs. Elle repose sur la pratique stricte des exercices de piété, de la dévotion exclusive à Dieu, du renoncement aux vanités du monde [...] Tout cela était courant parmi les Compagnons du Prophète et les premiers musulmans. Ensuite, à partir du VIIIème siècle, le goût pour les biens de ce monde augmenta et les gens se tournèrent davantage vers les jouissances terrestres. C'est alors que l'on appela sûfiyya et mutasawwifa les aspirants à la mystique. [...] Les Soufis se sont donc constitués une science particulière, que les autres docteurs en droit canon ne discutent pas. [...] Aussi, les jurisconsultes sont-ils tantôt en accord et tantôt en désaccord avec le soufisme. Mais les arguments et les preuves ne servent à rien, pour savoir s'il faut accepter ou rejeter celui-ci, car la mystique est affaire (avant tout) d'expérience intuitive." (Al-Muqqadima)

11 : Ach-Chatibi a dit: "Leur porte-parole, maître et pilier de leur Voie, Abu al-Qasim al-Qushayri déclara qu'ils avaient reçu le nom de gens du Tasawwuf dans le but de les différencier des gens de l'innovation. Il déclara aussi que les plus honorables musulmans après le Prophète n'ont reçu aucun autre nom que celui de "Compagnons"; car il n'existe aucun mérite plus grand que celui d'avoir été Compagnon. Ensuite ceux qui les ont suivi ont été appelés les Suivants. Après cela, les gens ont divergé et les différences de niveau sont devenues plus apparentes. L'élite parmi ceux qui étaient fermes dans la croyance ont été appelés ascètes (zouhhad) et adorateurs ('Oubbad). Plus tard, toutes sortes d'innovation ont fait leur apparition, et l'élite des Ahl al-Sounna qui observait ses obligations avec Allah et qui préservait son c?ur de l'insouciance d'une manière exceptionnelle, reçurent le nom de gens du Tasawwouf. Considère bien ceci, tu y gagneras beaucoup pour l'Au-delà. Et Allah est le plus savant". (al-I'tisam min al-kutub)
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  #67  
Vieux 10/11/2006, 21h25
 
Date d'inscription: juin 2004
Messages: 194
Par défaut Re : Le Soufisme

12 :Ibn Taymiyya a dit: "Certains ont critiqué les Soufis et le Soufisme en disant qu'ils étaient des innovateurs, en dehors de la Sounna, mais la vérité est qu'ils s'efforcent d'obéir à Allah [...] Parmi eux on trouve les personnes les plus proches [d'Allah] grâce à leurs efforts". (Majmu' al Fatawa al-Koubra, vol. 11)
"Les grands maîtres Soufi sont bien connus et acceptés, tels que : Bayazid Al-Bistami, Cheikh Abdoul Qadir Jilani, Junaid ibn Mouhammad, Hasan Foudayl Al-Basri, Al-ibn Al-Ayyad, Ibrahim Bin Al-Adham, Abi Souleyman ad-Darani, Ma'rouf Al-Karkhi, Siri as-Saqati, Cheikh Hammad, Cheikh Aboul Bayan. [...] Ces grands Soufis était les leaders de l'humanité et ils appelaient à ce qui était juste et interdisait ce qui était mauvais." (Majmu' al-Fatawa al-Koubra, vol. 10)

13 :Tajuddin as-Subki (727-771 H.): "Qu'Allah les bénisse [les Soufis], qu'Il les recouvre de Sa Paix, et qu'Allah nous accorde d'être avec eux dans Son Paradis. Trop de choses ont été dites à leur propos et trop d'ignorants ont affirmé des choses qui ne peuvent pas leur être reprochées. La vérité est que ces gens [les Soufis] ont renoncé au monde et ne se sont occupés que d'adoration [...] Ils sont le Peuple d'Allah, dont les prières et les supplications sont acceptées et par lesquels Allah aide les êtres humains." (Mu'id an-Na'am)

14 :Ibn Qayyim a dit: "Nous pouvons nous rendre compte de l'importance qu'avaient les Soufis aux yeux de la première génération de Musulmans grâce à Soufyan ath-Thawri (161 H), un des plus grands imams de la seconde génération et un des plus grands juristes. Il a dit: "Si je n'avais pas connu Abu Hisham as-Soufi (115 H), je ne me serais jamais aperçu des formes subtiles de l'hypocrisie de l'Ego". Parmi les meilleures personnes on trouve le Soufi qui connaît la jurisprudence". (Manazil as-Sa'irin)

15 :Muhammad 'Abduh (1265-1323 H.): "Le Soufisme apparaît dans le premier siècle de l'Islam et il reçut immense honneur. Il purifiait l'Ego et renforçait la conduite, il apprenait aux gens la connaissance de la Sagesse et les Secrets de la Divine Présence." (Majallat al-Muslim)

16 : Abou l Hassan an-Nadwi (1333-1420 H.): "Ces Soufis ont initié les gens à l'Unicité, à la sincérité dans le suivi de la Sounna du Prophète (صلى الله عليه و سلم), à se repentir de leurs péchés et à s'éloigner de toutes les désobéissances envers Allah 'Azz wa Jall. Leurs guides les ont encouragés à parvenir jusqu'à l'amour parfait d'Allah 'Azz wa Jall. [...] A Calcutta, chaque jour, plus de 1000 personnes prenaient l'initiation soufie [...] Grâce à l'influence des Soufis, des milliers et des milliers et des centaines de milliers de personnes en Inde ont trouvé leur Seigneur et ont atteint un degré de perfection dans l'Islam." (Muslims of India)

17 : Le Cheikh Rachid Rida a dit : Certes, les Soufis se distinguent (s'isolent) par un pilier (Rukn) noble parmi les piliers de la religion. Il est l'éducation en science, en caractère, en réalisation véritable, ainsi que les sciences dont les maîtres traitent dans leurs livres le montrent concernant les caractères nobles et l'examen (al muhasabat) de l'âme...

18 : Sheikh Muhammad Al-Ghumârî dit : « Le hadith établit trois piliers et quiconque néglige ce degré de l’excellence qui fonde la voie soufie, alors sa religion est incomplète car il a délaissé l’un de ses piliers. La finalité même à laquelle aspire la voie soufie, c’est le degré de l’excellence, une fois que l’islam et la foi sont établies de façon correcte. »

Nous pourrions multiplier à l'infini les exemples des plus hautes Autorités Islamiques conçernant la réalité du Tassawûf.
Dans ton triste message tu parlais de délires du Shaykh Soufi.
Voici quelques biographies de Oulamas contemporains très réputés pour leur très grand Savoir en Sciences Islamiques ( Ûlûm ad Dîn ) qui sont également des Mashaykhs en Tassawûf.
J'éspère que tu sauras les lire et regrêtter sinçèrement ce que tu as écrit que eux. Après ces biographies nous continuerons le débat :
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  #68  
Vieux 10/11/2006, 21h26
 
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Le Sheikh Muhammad Badr Ad-Dîn Al-Hasanî ( Le Sheikh du Hadith en Syrie ) :

Naissance et Famille
Sheikh Muhammad Badr Ad-Dîn Al-Hasanî naquit à Damas en 1850 E.C. Sa mère, `Â’ishah était issue de la famille Al-Kuzbarî qui comptait les plus grands experts de la science du Hadith damascènes de l’époque. Son père, Sheikh Yûsuf Al-Hasanî, d’une famille de chérifs originaires du Maroc, étudia les sciences islamiques à Al-Azhar auprès de savants de renom comme Sheikh Hasan Al-`Attâr, le juriste malékite et soufi khalwati [1] Sheikh Ahmad As-Sâwî, les juristes malékites Sheikh Fath Allâh Al-Mâlikî et Sheikh Al-Amîr As-Saghîr, et le juriste shâféite Sheikh Muhammad Al-Fadâlî. Il s’initia par ailleurs auprès de savants mecquois et médinois, puis s’installa à Damas où il enseigna diverses branches des sciences islamiques.

Sheikh Yûsuf Al-Hasanî eut deux fils : l’aîné, Sheikh Muhammad Badr Ad-Dîn à qui nous consacrons cette biographie et Sheikh Ahmad Bahâ’ Ad-Dîn qui fut un Sheikh de la voie Khâlidiyyah, une branche de la confrérie soufie Naqshabandiyyah en Syrie.

Apprentissage et Enseignement
Son père se chargea de son éducation et lui enseigna l’écriture et des éléments d’arithmétique. Il acheva la mémorisation du Coran à l’âge de sept ans et poursuivit son initiation aux sciences religieuses sous le patronage de son père. Lorsque ce dernier décéda en 1862 E.C., le jeune Muhammad Badr Ad-Dîn fut encadré par sa mère et son oncle maternel Sheikh Sâlih Al-Kuzbarî. Tous deux l’encouragèrent à poursuivre ses études et à acquérir le savoir religieux. Il s’enferma dans l’étude de son père à la prestigieuse École Ashrafiyyah et y mémorisa près de vingt mille vers constituant un précis des sciences islamiques. Il étudia ensuite leur commentaire auprès de Sheikh Abû Al-Khayr Al-Khatîb qui valida son parcours par la délivrance d’une habilitation (ijâzah).

Dans son adolescence, il choisit l’isolement et la retraite spirituelle. Il partagea son temps entre la prière, la fine fleur des œuvres de dévotion, et la mémorisation des hadiths compilés dans les sommes les plus authentiques comme les deux Sahîh d’Al-Bukhârî et de Muslim. Aidé par sa mémoire exceptionnelle, le jeune Sheikh veilla à mémoriser les hadiths, accompagnés de leurs chaînes de narration complètes. Selon son disciple, Sheikh Mahmûd Ba`yûn Ar-Rankûsî, il aurait également mémorisé les six recueils de Hadith des Imams Mâlik, Ahmad, At-Tirmidhî, Abû Dawûd, An-Nasâ’î et Ibn Mâjah, avec une parfaite connaissance des biographies des narrateurs mentionnés dans les chaînes de transmission et le degré d’authenticité des propos rapportés.

Sa mémoire hors du commun, sa formation auprès de savants spécialisés, son ascétisme et sa conduite irréprochable le qualifièrent pour enseigner à la Mosquée Omeyyade dès son adolescence. Il y tint ainsi un cours entre la prière du vendredi et la prière des vêpres (Al-`Asr) et y enseigna la grammaire, la rhétorique, la logique, la jurisprudence et l’exégèse. Mais la popularité de son cercle d’enseignement provoqua quelque désagrément à certains Sheikhs de la Mosquée Omeyyade et le jeune homme choisit, par courtoisie, de se retirer de la sphère publique. Il regagna alors sa retraite et ses études solitaires dans son étude à l’École Ashrafiyyah.

À l’âge de vingt ans, il partit pour l’Égypte et étudia auprès des savants d’Al-Azhar comme le spécialiste du Hadîth Sheikh Hasan Al-`Adawî, le Grand Imam d’Al-Azhar Sheikh Ibrâhîm As-Saqqâ, Sheikh Ahmad `Abd Ar-Rahîm At-Tahtâwi et le Sheikh de l’Islam Ibrahîm Al-Bâjûrî qui devint plus tard le Grand Imâm d’Al-Azhar. Au terme de son parcours à Al-Azhar, il fut habilité par Sheikh Ibrâhîm As-Saqqâ dans les sciences du Hadîth, et c’est par sa voie initiatique et ses chaînes de transmission que Sheikh Muhammad Badr Ad-Dîn Al-Hasanî accorda des habilitations à ses propres disciples après son retour en Syrie.

Âgé de plus de trente ans, il reprit son cercle d’enseignement à Damas, mais cette fois-ci à la mosquée As-Sâdât. Son audience ne cessa de s’élargir, si bien qu’il s’installa dans une mosquée plus grande, la mosquée de Sinân Pacha, puis retourna à la mosquée Omeyyade. Selon Sheikh Mahmûd Ar-Rankûsî, il récitait un hadith de Sahîh Al-Bukhârî avec sa chaîne de transmission, puis il en interprétait le sens, déclinait les enseignements à en tirer, exposait sa substance juridique, expliquait le jugement légal qui en fut déduit selon les quatre écoles de jurisprudence sunnites fournissant les arguments des juristes de chacune de ces écoles, et corroborait le hadith enseigné par de nombreux autres hadiths qu’il énonçait avec leurs chaînes de narration également. En outre, ses disciples témoignent que son savoir n’était pas uniquement religieux. On dit que les ingénieurs et les médecins qui assistaient à ses cours appréciaient la précision et la richesse de sa culture dans diverses disciplines scientifiques comme l’astronomie et la géométrie.

Bibliographie
Les retraites de Sheikh Badr Ad-Dîn Al-Hasanî furent fécondes. Ainsi a-t-il composé dans les premières vingt années de sa vie une quarantaine d’ouvrages et d’épîtres, essentiellement des commentaires et des annotations d’ouvrages classiques dans les domaines du Hadîth, de la Sîrah et de la grammaire arabe, dont les titres suivants :

Commentaire de Sahîh Al-Bukhârî.
Commentaire d’Ash-Shamâ’il Al-Muhammadiyyah.
Commentaire d’Ash-Shifâ’.
Commentaire d’Al-Bayqûniyyah.
Commentaire de la Sîrah par Al-`Irâqî.
Il semblerait cependant que les ouvrages du Sheikh soient peu diffusés et qu’il préféra se consacrer à la formation de ses nombreux disciples par le biais de ses cours.

Ses disciples
Sheikh incontesté de la Syrie, les savants, les Sheikhs du soufisme et les spécialistes du Hadîth en Syrie veillaient à assister à ses enseignements quotidiens. Parmi les plus célèbres de ses disciples figurent :

Sheikh `Abd Al-Hakîm Al-Afghânî (1835-1908) [2].
Sheikh `Abd Al-Qâdir Al-Qassâb (1847- ?).
Le Mufti de Homs Sheikh Tâhir Al-Atâsî (1860-1940).
L’historien d’Alep Sheikh Muhammad Râghib At-Tabbâkh (1876-1951).
Sheikh `Alî Ad-Duqr (1877-1934).
Sheikh Makkî Al-Kittânî (1894-1973).
Sheikh Hasan Hanbakkah Al-Maydânî (1908-1978).
Sheikh Mahmûd Ar-Rankûsî (1910-1985) qui fut le plus jeune des disciples de Sheikh Badr Ad-Dîn Al-Hasanî.
Père de la révolution
Autorité respectée de tous, il eut un rôle actif dans la préparation de la révolte contre la colonisation française. Sheikh Muhammad Sa`îd Al-Hamzâwî raconte dans la biographie qu’il dédia à Sheikh Badr Ad-Dîn Al-Hasanî : « Le Sheikh sillonnait les villes syriennes, allant de village en village, incitant les gens à la lutte armée. Il rencontrait les insurgés, leur prodiguait des conseils et leur exposait des plans tactiques mûrement réfléchis. Il fut ainsi un père spirituel de la révolution. »

Ses nobles manières
Sheikh Ar-Rankûsî évoqua son scrupule et son humilité en ces termes : « Il fut — que Dieu lui fasse miséricorde — scrupuleux, humble, digne, doué de nobles manières et accessible à autrui. Par scrupule, il s’abstenait de délivrer des fatwas et renvoyait la question à l’un des savants de son École ou le Mufti du pays. Pour les questions problématiques qui restaient sans réponse, il dictait son verdict à l’un de ses disciples. Il détaillait alors tous les arguments et, pour certains aspects de la question, il référait le lecteur à la littérature appropriée, à la page près. Par ailleurs, il s’abstenait, par scrupule, de diriger la prière en congrégation. Il ne discutait point des choses de l’ici-bas et refusait catégoriquement de prêter l’oreille à la médisance (...). Il refusait aussi de parler aux gens au sein des mosquées. En outre, parmi les signes de son scrupule et ses efforts en matière de dévotion, il accomplissait ses ablutions avec le plus grand soin, en hiver encore plus qu’en été, pour s’assurer que son ego ne s’habitue pas à l’aisance et au repos (...) Quant à son humilité, elle fut sans pareil. Il veillait à rendre visite aux gens de piété, aux pauvres et aux écoles des jeunes enfants. Il demandait alors aux enfants et à leurs maîtres de faire des invocations en sa faveur, et caressait la tête des orphelins parmi eux. Il rendait aussi visite aux prisonniers, les saluait, leur prodiguait des conseils, leur parlait aimablement et leur demandait de faire des invocations en sa faveur. Il recommandait la patience à ceux qui furent injustement incarcérés et ses propos les réconfortaient. Il ne fréquentait pas les bureaux du gouvernement, ni les palais des hommes du pouvoir, et lorsqu’une affaire importante l’y poussait, il n’en franchissait pas le seuil. »
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  #69  
Vieux 10/11/2006, 21h28
 
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Il fut connu pour sa bonté envers les veuves, les orphelins et les nécessiteux. Il faisait des invocations pour l’ensemble des musulmans et pleurait souvent par pitié et miséricorde envers la communauté musulmane.

Il plaçait toute sa confiance en Dieu et comptait sur Lui en toutes circonstances. Sur son chemin pour le Hijâz, le train qu’il avait pris s’arrêta à cause d’une panne au milieu du désert chauffé par un soleil de plomb. Les gens en profitèrent pour accomplir la prière. Lorsque la panne fut réparée et que les gens entendirent le sifflet du train, ils interrompirent la prière et retrouvèrent leur place dans le train à grands pas. Mais Sheikh Badr Ad-Dîn était imperturbable ; il poursuivit sa prière, malgré le départ du train. Quelques minutes plus tard, les gens réalisèrent qu’il n’était pas parmi eux et demandèrent alors au conducteur de rebrousser chemin pour récupérer le Sheikh. Arrivés sur place, on se précipita vers Sheikh Badr Ad-Dîn, puis les gens virent qu’il n’avait pas encore conclu sa prière et attendirent qu’il ait terminé paisiblement.

Témoignages d’autres savants
Sheikh Muhammad Bakhît Al-Mutei`î, le Mufti d’Égypte de l’époque, dit : « S’il vivait parmi nous en Égypte, les savants l’auraient porté sur leurs épaules, par respect. »

Le savant du Hadîth `Abd Al-Wâsi` Al-Yamânî dit : « J’ai écouté des savants et prédicateurs dans de nombreux pays, mais nul n’était comparable à lui pour ce qui est de son expertise dans toutes les sciences. »

Le Sheikh de l’Islam Mûsâ Kâdhim Efendi d’Istanbul dit : « Il est le Pôle du monde musulman. »

Retour à Dieu
Quatre mois avant son décès, Sheikh Badr Ad-Dîn fit une douloureuse chute du toit de sa maison. Il dut rester chez lui et ne sortait que pour accomplir la prière du vendredi. Il maintint cependant les assemblées et les cours qu’il tenait dans sa demeure, et continua à se dépenser jusqu’au dernier jour de sa vie. Un vendredi matin, en 1935 E.C., le cours de ce ruisseau de bonté, d’humilité et de savoir s’arrêta. Puisse Dieu lui faire miséricorde.


Le Sheikh `Îsâ Al-Bayânûnî :

À dix kilomètres environ au nord-ouest de la ville d’Alep se trouve le paisible village de Bayânûn. C’est ici que naquit le savant éducateur Sheikh `Îsâ Ibn Hasan Ibn Bakrî Ibn Ahmad Al-Bayânûnî en 1873, au sein d’une famille réputée pour sa piété et sa générosité.

Ses Sheikhs et son apprentissage
À l’âge de dix ans, le destin le conduisit à la ville d’Alep pour étudier les sciences religieuses. Il séjourna chez son frère Sheikh Hamâdah Al-Bayânûnî qui fut un savant réputé à l’École Ottomane (Al-Madrasah Al-`Uthmâniyyah). Ce dernier emmena le jeune `Îsâ chez le maître-récitateur du Coran Sheikh Ahmad Al-Hajjâr. Il mémorisa le Noble Coran auprès de Sheikh Al-Hajjâr et apprit l’art et les règles de la récitation. En outre, il apprit l’art de la calligraphie arabe auprès de Sheikh Bashîr Al-Hayyânî.
À l’âge de treize ans, il suivit les cours de l’École Ottomane et s’instruisit auprès de Sheikhs qui jouissaient d’une grande renommée dans le pays. Il étudia l’exégèse coranique, la logique et la grammaire arabe auprès de Sheikh Mustafa Al-Hilâlî Ad-Dar`azânî. Il apprit la théologie auprès de son frère, Sheikh Hamâdah qui lui enseigna également les principes de la grammaire arabe, du soufisme et du droit musulman.

Il enrichit son savoir par les cours d’exégèse, de théologie, de logique et de rhétorique dispensés par Sheikh Husayn Al-Kurdî qui fut parmi les savants distingués de l’École Ottomane. Il assista assidûment à l’assemblée de Sheikh Bashîr Al-Ghazzî, un expert dans la science du Hadith et dans les lectionnaires coraniques. Il acheva son apprentissage de la grammaire arabe auprès du dévot Sheikh Ahmad Al-Maktabî qui lui enseigna, entre autres, la Alfiyyah d’Ibn Mâlik avec les commentaires d’Al-Khudarî, ainsi que les commentaires de l’érudit Al-`Attar de Sharh Al-Azhariyyah.

Outre l’introduction à la jurisprudence islamique qu’il reçut de son frère, il se versa dans cette discipline auprès de Sheikh Ahmad As-Sankarî qui lui enseigna la Hâshiyah du Sheikh de l’Islam Ibrâhîm Al-Bâjûrî, Recteur et Grand Imâm d’Al-Azhar entre 1847 et 1860, et une partie de la Hâshiyah de l’érudit Al-Bijirmî. Il se forma également auprès des juristes Sheikh Ahmad Al-Budûri Al-Jamîlî, professeur à l’Ecole Sha`bâniyyah et expert en jurisprudence shâfi`ite, ainsi que le grand Sheikh d’Alep, le juriste shâfi`ite, Sheikh Muhammad Az-Zarqâ.
Éloges de ses Sheikhs et de ses disciples
Toute personne qui avait l’opportunité de parler au Sheikh ou d’écouter ses sermons, ses conseils ou ses exhortations repartait convaincue de la vivacité de son esprit, de son éloquence et de la bonté de son cœur. Dans sa jeunesse, il se distingua dans les cercles de ses Maîtres par son intelligence et sa perspicacité. C’est pour cela que ses professeurs interrogeaient d’abord ses autres camarades, puis lorsque ceux-ci étaient incapables de répondre, ils se retournaient vers le jeune `Îsâ et lui donnaient la parole. Certains de ses pairs disaient : « S’il n’avait pas dépensé sa vie dans le soufisme, il serait devenu un éminent juriste. » D’autres de remarquer : « Si Sheikh `Îsâ avait continué à étudier la jurisprudence, il serait devenu un savant de référence de l’école shâfi`ite. »
Son élève, Sheikh ` Abd Al-Fattâh Abû Ghuddah, dit : « J’ai assisté à ses cours avec un certain nombre d’étudiants distingués. Lorsque l’un de nous commettait quelque erreur ou se trompait dans une expression, le Sheikh - que Dieu lui fasse miséricorde - le reprenait rapidement. Puis, il nous interrogeait afin de corriger l’erreur en question. Lorsque nous trouvions la bonne réponse, il exprimait sa satisfaction par des éloges. Sinon, il attirait notre attention vers l’erreur. En matière de correction de l’expression, il fut tel un orfèvre distinguant, d’un seul coup d’œil, le vrai du faux. »
Lorsque Sheikh Abû Ghuddah fut interrogé au sujet de ses Sheikhs, il cita Sheikh `Îsâ en tête et rappela l’ampleur de son amour pour le Messager de Dieu et ses nobles manières.

Postes et Efforts
Outre son lien avec l’École Ottomane, il fut reçu premier au concours pour enseigner à la ville d’Al-Ma`arrah. Il y passa six ans puis retourna à Alep où il fut nommé prédicateur de la mosquée de l’École Ottomane. Il enseigna également l’éthique à l’École Khasrawiyyah.

Lorsque l’Imâm du Hadith en Syrie, Sheikh Muhammad Badr Ad-Dîn Al-Hasanî arriva de Damas pour visiter Alep, il rencontra Sheikh `Îsâ et vit sa sincérité en matière de prédication et l’impact de ses mots sur son audience. Il demanda alors au directeur des Biens de mainmorte à Alep de le nommer professeur pour les femmes afin qu’elles profitent à leur tour de sa sagesse et de ses enseignements.
Au-delà des postes officiels occupés par le Sheikh, il dépensa la majeure partie de sa vie dans les mosquées et les assemblées pour appeler à Dieu, recommander les œuvres pies et charitables et mettre en garde contre la négligence et les péchés. Cette revivification de l’Islam dans les cœurs et les œuvres des musulmans était devenue vitale à l’heure où la société syrienne, comme d’autres sociétés musulmanes, étaient infiltrées par des courants de pensée étrangers banalisant les péchés et la corruption des mœurs.

Aussi, lorsque les colons français posèrent leur botte en Syrie et s’apprêtaient à pénétrer Alep, Sheikh `Isâ prêcha et encouragea les hommes à porter les armes dans le Sentier de Dieu. L’enthousiasme gagna les chevaliers d’Alep et les volontaires qui se joignirent à eux, portant leurs fusils, droits sur leurs chevaux. Mais lorsque les nouvelles vinrent de la capitale annonçant la défaite de la résistance et l’ordre du gouvernement de cesser toute forme de manifestation, l’enthousiasme pâlit et la foule se dispersa.

Par ailleurs, le Sheikh déploya de louables efforts pour subvenir aux besoins des nécessiteux, notamment ceux de la ville du Prophète - paix et bénédictions sur lui. Le Sheikh confia à un homme de piété, qu’il vit en songe le Prophète - paix et bénédictions sur lui - lui disant de venir en aide aux habitants de sa noble ville. Il s’activa alors dans la collecte d’argent et réunit deux cents livres ottomanes en or qu’il envoya avec une assemblée de pèlerins dignes de confiance afin que l’argent soit distribué aux Médinois indigents.

Dernière modification par Soufisme ; 10/11/2006 à 21h30.
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  #70  
Vieux 10/11/2006, 21h31
 
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Parmi l’héritage que le Sheikh a laissé à la postérité, figure son fils, Sheikh Ahmad `Izz Ad-Dîn, qui porta à son tour le flambeau de l’Islam et prolongea les efforts de son père.
Un cœur absorbé par le soufisme
Parmi les disciplines islamiques où le Sheikh excella, il en est une qui occupa son cœur dès sa jeunesse et qui l’accompagna tout au long de sa vie. Il s’agit du soufisme, de ce cheminement vers Dieu avec dévotion et ascétisme, en suivant les pas du Messager de Dieu - paix et bénédictions sur lui. Sheikh `Îsâ y voyait la traduction sincère par l’œuvre et par la parole de l’essence de la religion, et le moyen d’accéder à la lumière de l’observance de Dieu et au rang de l’excellence. Versé dans la lecture des ouvrages du soufisme, il goûta aux délices de la spiritualité islamique et son cœur s’attacha aux Sheikhs de cette discipline, si bien qu’il s’affilia à certaines de leurs écoles ou confréries. Il s’initia ainsi à la voie qâdirie, fondée par Sheikh Abd Al-Qâdir Al-Jîlanî, auprès de Sheikh Mustafâ Al-Hilâlî. Puis il s’attacha à la voie rifâ`ie, fondée par l’Imâm Ahmad Ar-Rifâ’i, et s’y forma auprès de l’éducateur Sheikh Muhammad Khayr Allâh. Pendant qu’il suivait les enseignements de la confrérie rifâ`ie, il intégra l’ordre rashîdi, fondé par Ibrâhîm Ar-Rashîd, lorsque Sheikh Muhammad Abû Khâlid Ad-Dimashqî vint à Alep. Enfin, il suivit la voie naqshabandie, fondée par Muhammad Bahâ’ Ad-Dîn Shâh Naqshaband, selon la chaîne initiatique de Sheikh Muhammad Abû An-Nasr Khalaf, le Sheikh de la ville de Homs.
Ses ouvrages et sa poésie
Le champ du soufisme absorba le cœur et la vie du Sheikh. Malgré la charge de la prédication et de l’enseignement, le Sheikh laissa à la postérité un certain nombre d’ouvrages soufis traitant de l’éducation du cœur, de la dévotion et du cheminement vers Dieu. Ses ouvrages pourraient être classés selon trois catégories : l’éducation de l’être et l’acquisition des vertus, l’explication de l’éthique du cheminement vers Dieu et les devoirs que cela implique et enfin, l’amour du Prophète - paix et bénédictions sur lui. Les ouvrages, en prose ou en vers, qui traitent de l’amour du Prophète sont considérés comme les meilleurs écrits du Sheikh. Il y déversa la quintessence de son amour et y chanta sa langueur pour son bien-aimé - paix et bénédictions sur lui.

Parmi ses ouvrages citons :

Kanz Al-Hibât fi As-Salât `alâ Sayyid Al-Kâ’inât (Le Trésor des présents dans la prière pour le Suzerain des créatures),
Mawâdd Al-`Aql As-Salîm fi Mutâba`at An-Nabî Al-Karîm (Articles de l’esprit sain à propos de l’observance du Noble Prophète),
Tahdhîr Al-Insân min Âfât Al-Qalb Wal-Lisân (Mise en garde contre les fléaux du cœur et de la langue),
Akwâb Ar-Rahîq fî Âdâb At-Tarîq (Les Coupes de nectar sur le cheminement spirituel),
Arba`ûna Hadîthan fî Al-Mahabbah An-Nabawiyyah (Quarante hadiths sur l’amour du Prophète), accompagnés d’un commentaire concis,
Ma`rifat Al-`Abd Rabbah Bidh-Dhikr Wal-Mahabbah (Connaissance du Seigneur par l’invocation et l’amour),
Trois ouvrages compilant ses prêches du vendredi.
Fath Al-Mujîb fî Madh Al-Habîb, recueil de poésie faisant l’éloge du Messager de Dieu - paix et bénédictions sur lui.
I`lâm Al-Insân Bi-Ahkâm As-Siyâm (Manuel des règles du jeûne),
Seize épîtres, certaines en prose d’autres en vers, relatant la naissance du Messager de Dieu - paix et bénédictions sur lui,
Une courte autobiographie rédigée en 1942 à la demande de Sheikh Al-Fâdânî.
Son dernier ouvrage, Ghâyat Al-Matlûb fî Ru’yâ Al-Mahbûb (Les Plus Intimes Espoirs dans la vue du Bien-Aimé), relate des songes où il vit par la Grâce de Dieu le Messager de Dieu - paix et bénédictions sur lui - et évoque les bienfaits de suivre son Message et la beauté de sa lumière.
Retour à Dieu
Sheikh `Îsâ effectua sept pèlerinages au cours se don existence. Lorsqu’il acheva son dernier pèlerinage, en 1943, il fut atteint de la diarrhée. Ses compagnons de route s’empressèrent d’appeler le médecin qui lui prescrivit des médicaments. Puis ils prirent la route pour Médine. C’est alors que des pluies diluviennes les surprirent. Elles entravèrent leur chemin et les forcèrent à passer deux nuits sur la route entre La Mecque et Médine. Les compagnons du Sheikh se serrèrent et lui libérèrent le siège arrière afin de lui procurer le meilleur repos possible dans ce voyage éprouvant. Arrivés à Médine, ils suivirent le conseil du médecin et l’emmenèrent à l’hôpital où on leur apprit qu’il souffrait d’une sévère insuffisance rénale. La santé du Sheikh ne cessa de se dégrader et son âme apaisée retourna au Seigneur de l’Univers. Ainsi la Providence divine l’avait-elle conduit vers la ville de son Bien-Aimé où il quitta ce monde. La prière funéraire sur sa dépouille fut conduite devant la noble chambre prophétique, puis une grande foule accompagna son cercueil jusqu’au cimetière d’Al-Baqî`. C’est alors que Sheikh Muhammad Al-Hakîm, l’un des compagnons du Sheikh dans son pèlerinage, se dressa devant la foule et leur parla du rang distingué du Sheikh dans son pays. Il fut ensuite enterré entre la tombe de Ibrâhîm, le fils du Prophète Muhammad, et les tombes des martyrs.

Le Sheikh Muhammad Amîn Kuftârû :

Biographie
Le Sheikh Muhammad Amîn Kuftârû, père du Grand Mufti de Syrie Sheikh Ahmad Kuftârû, naquit en 1877 à Damas. Son père, Sheikh Mûsâ Kuftârû, était d’origine kurde et avait migré de Karmah, ville frontalière du nord de la Syrie, à Damas. Il fréquenta alors la célèbre Mosquée damascène Abû An-Nûr, où il apprit la langue arabe et où il exhortait les fidèles musulmans. Son fils, Muhammad Amîn Kuftârû, lui succéda plus tard à cette tâche, lui qui avait appris le Coran et acquis les sciences religieuses dès son enfance. Il devint ainsi imam et enseignant à la Mosquée Abû An-Nûr.

C’était à cette époque qu’il rencontra son Sheikh, le guide de la confrérie soufie naqshabandie `Îsâ Al-Kurdî. Il apprit auprès de lui les méthodes pédagogiques adéquates pour éduquer et purifier les âmes des hommes. Il obtint ainsi une licence d’orientation religieuse, d’enseignement et d’éducation spirituelle. Sur les ordres de son Sheikh, il s’établit définitivement à la Mosquée Abû An-Nûr pour y enseigner. Ses leçons étaient suivies par un public toujours plus nombreux, et depuis lors, la Mosquée Abû An-Nûr devint l’une des plus grandes écoles d’éducation spirituelle de toute la Syrie.

Sa prédication à Dieu
Sheikh Muhammad Amîn Kuftârû s’engagea dans une voie nouvelle en ce qui concerne les méthodes d’éducation et d’enseignement. Cette voie est notamment reflétée par le type d’ouvrages qu’il enseignait à ses étudiants. Il choisit ainsi de leur faire étudier en droit musulman le livre de l’Imâm Ash-Sha`rânî, Al-Mîzân (L’Équilibre). Dans ce précieux ouvrage, l’auteur se soucia de concilier dans un juste équilibre l’école des juristes, davantage attachée aux aspects rituels et intellectuels de la religion, et l’école des soufis, plus attachée aux aspects spirituels. Sheikh Kuftârû permit ainsi à ses élèves de ressentir les effluves du bonheur prodigué d’une part par l’invocation de Dieu et la purification de l’âme, et d’autre part par les connaissances religieuses indispensables.
En faisant étudier ce livre à ses élèves, le Sheikh entendait également éradiquer le sectarisme des uns et des autres qui était à son comble à l’époque. L’Imâm Ash-Sha`rânî s’était en effet attaché à l’argument probant lorsqu’il établissait un jugement légal, sans considération aucune pour l’avis de telle ou telle école de jurisprudence. Il avait l’esprit assez ouvert pour s’inspirer de tous les savants qui l’avaient précédés, sans distinction d’école de pensée, dans le domaine de la jurisprudence, des fondements ou des règlements dérivés du droit.

Sheikh Muhammad Amîn Kuftârû sélectionna également pour ses étudiants l’ouvrage phare du Grand Cadi de Cordoue, le juriste malékite Ibn Rushd (Averroès), intitulé Bidâyat Al-Mujtahid wa Nihâyat Al-Muqtasid. Dans ce livre, la méthodologie suivie par l’auteur fut de lister tous les arguments ayant été soutenus pour une question donnée puis d’établir une comparaison quant à la solidité de chacun d’entre eux. Et pour de nombreuses questions, l’Imâm Ibn Rushd opta pour une opinion ne correspondant pas à l’école juridique malékite à laquelle il appartenait pourtant.
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