Chronique de Ali Lmrabet derrière les barreaux... (Bis)


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  #1  
Vieux 19/09/2003, 03h56
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Condamné à trois ans de prison pour "outrage au roi", le journaliste Ali Lmrabet cohabite avec des islamistes, des "droit commun" et des clandestins. Courrier international publie sa deuxième chronique.

COURRIER INTERNATIONAL
Paris

Deux jours après mon incarcération à la prison de Salé, j'ai commencé à recevoir d'étranges visiteurs. Une petite multitude de détenus condamnés à de lourdes peines venaient avec de volumineux dossiers plaider leur cause. Je remarque qu'ils sont habitués à la terminologie juridique puisqu'ils connaissent par coeur les articles du Code pénal sur la base desquels ils ont été condamnés. La prison peut être une école. J'ai essayé d'expliquer aux hôtes de ma "silone" [cellule] que mes journaux avaient été définitivement interdits par le régime et que j'étais, comme eux, un détenu de plus. En vain. Je soupçonne qu'ils viennent plus pour se défouler sur le système judiciaire marocain, corrompu et injuste, que pour défendre leur cas. Tel policier, un solide gaillard condamné pour le vol d'une épée en or lors d'une perquisition, voulait à tout prix rectifier certaines assertions parues dans la presse. Il tenait absolument à ce que l'opinion publique sache qu'il avait été un gardien de paix décoré et bien noté. Tel autre détenu, surnommé "La Ferraille" à cause du nombre impressionnant de cicatrices qui labourent son corps chétif, cherchait à faire publier un article relatant sa vie - une vie passée quasi entièrement derrière les barreaux. Deux jours après que j'eus connu "La Ferraille", celui-ci avait droit à un séjour au cachot et à un nouveau procès pour "agression".

De temps à autre, en dépit de la fatigue, je descendais dans la cour. C'est là que j'ai appris qu'une bonne partie des islamistes raflés dans tout le Maroc après le 16 mai étaient parqués dans deux ailes de la prison que les taulards ont baptisées depuis lors "Guantánamo". A part une, toutes les entrées de "Guantánamo" ont été murées, et le contact a été coupé entre ces deux ailes et le reste de la prison. J'ai su qu'après une petite révolte les islamistes avaient réussi à obtenir un droit de visite pour leurs parents, droit qui leur avait été illégalement refusé au début. On ne les voit jamais, mais, selon une source, les islamistes emprisonnés ne posent aucun problème particulier à leurs geôliers. Ils passent leur temps à prier ou à méditer, recevant avec indifférence les lourdes condamnations qui s'abattent sur eux.
Faute de barbus, j'ai essayé de m'intéresser à un phénomène que j'observe depuis que je suis en prison : presque tous les détenus ont les bras et la poitrine zébrés de longues cicatrices. J'ai pu en compter vingt et une sur les bras d'un jeune homme d'une vingtaine d'années. Quand j'ai demandé à un gardien le pourquoi de ces mutilations, il m'a expliqué qu'il fallait plutôt parler d'automutilations. "Quand on les chope en flagrant délit de vente de haschisch ou de comprimés de drogue, ils se coupent devant nous." Mais pourquoi donc ? "Parce qu'ils préfèrent se mutiler plutôt que nous agresser. C'est une vieille loi de la prison, c'est le désespoir, l'impuissance..."
Dans cette jungle, j'ai quand même eu une sacrée surprise quand j'ai appris que j'étais logé à la même enseigne qu'un prince. Eh oui ! Un véritable prince alaouite, descendant direct d'Hassan Ier, l'un des grands sultans de l'ex-empire chérifien, mort à la fin du XIXe siècle. Je me suis rappelé que, durant mes recherches de doctorat, j'étais tombé sur un document exceptionnel : l'histoire d'une délégation secrète composée de notables marocains envoyés en Espagne par ce sultan réformateur afin de recruter 5 000 francs-maçons chargés de moderniser le Maroc. La mission échoua. Je n'ai pu en découvrir les raisons, pas plus que celles qui ont amené Moulay Abdeslam, ce parent du roi Mohammed VI, à se retrouver embastillé dans la même prison que moi.
J'aurais voulu me renseigner davantage, mais je n'ai pas pu. A cause de la grève de la faim, mon ulcère s'était réveillé et il risquait à tout moment d'éclater. Je fus transporté d'urgence à l'hôpital Avicenne de Rabat. Situé au sixième étage, le service pénitentiaire se compose d'une petite salle de huit lits et d'une minuscule pièce. C'est dans cet antre sale et gardé par plusieurs policiers, par lequel est passé un certain détenu politique du nom d'Abraham Serfaty, qu'est soignée toute la population carcérale du Maroc. Le service est dirigé par le Pr Marzouk, chirurgien urologue, qui m'a prévenu dès le premier jour qu'il était bénévole et qu'il ne touchait pas un rond pour les "services rendus" aux prisonniers malades. En réalité, il n'y a aucun "service rendu". Dans ce recoin oublié de Dieu et des hommes, les malades sont abandonnés à eux-mêmes. A seulement deux étages du luxueux service de cardiologie du Pr Ben Omar, où sont soignés les célébrités et les dignitaires du régime, les patients des prisons marocaines passent des jours, voire des semaines, avant de voir leur médecin traitant. "Les docteurs n'aiment pas monter au sixième étage, les formalités de police les indisposent. Et puis, que voulez-vous, c'est l'hôpital public. Déjà que ceux qui sont libres n'arrivent pas à se faire soigner convenablement, alors des criminels...", me confia un employé de ménage qui passe son temps à taxer les "criminels" quand il fait des courses pour leur compte.
Un matin, un homme menotté aux poignets et aux pieds fut alité en face de moi. Lors d'une bagarre, il avait reçu plusieurs coups de couteau dont l'un lui avait perforé un poumon. Il respirait très mal. La bouteille d'oxygène ne lui servait apparemment à rien. Les yeux grands ouverts qui bougeaient tout le temps donnaient la terrible impression que l'homme, incapable de prononcer correctement deux mots, cherchait une aide, un secours qui ne venait pas. Il se mourait. Et ce n'est que quelques heures plus tard qu'un infirmier, se rendant compte de la gravité de son état, le fit transférer au service des urgences. C'est là qu'il mourut effectivement, le soir même, "dans un couloir", me dira plus tard un infirmier, "alors qu'il aurait dû être placé en réanimation". "Nous sommes à Dieu et à lui nous retournons", lit-on souvent dans les avis de décès parus dans la presse marocaine. Dieu aimerait peut-être qu'on s'occupe un peu de ses ouailles avant de les lui retourner.
Un autre jour, deux immigrés clandestins de nationalité nigériane, qui étaient dans un piteux état, furent remis à la police des frontières pour expulsion. Le premier, qui avait les deux bras en lambeaux à la suite d'une agression, était serein. Le second a tenté pendant une demi-heure d'expliquer, dans une langue inconnue mais parfaitement compréhensible, qu'il n'arrivait toujours pas à marcher. Il fut expulsé du service pénitentiaire, et peut-être du Maroc, en chaise roulante. Une méthode et une manière de faire indignes d'un pays qui a des millions d'immigrés à l'étranger. Quelques jours plus tard, le jeune traumatologue de l'hôpital, se rappelant qu'il avait des patients au sixième étage, vint s'enquérir de leur situation. A ce moment, les deux Nigérians étaient sûrement en Algérie ou en Mauritanie. "Vous auriez dû me prévenir... Vous avez mon numéro de portable... Il ne fallait pas..." l'ai-je entendu dire à l'un des infirmiers qui s'en foutait comme d'une guigne.
Entre-temps, à l'extérieur de l'hôpital, une partie de la presse marocaine était déchaînée contre moi. Le large écho rencontré par ma longue grève de la faim "salissait", selon la formule consacrée, l'image du Maroc à l'étranger. Et mon refus d'accepter le transfert dans une prison française, à l'initiative du président de l'Assemblée nationale, M. Jean-Louis Debré, rendait encore plus furieuse la presse aux ordres. Mais je ne pouvais pas accepter de partir, pour une simple raison : purger en France la peine politique dont m'a gratifié le régime marocain revenait à accepter ce verdict de la honte.


Ali Lmrabet



La première chronique rédigée en prison par Ali Lmrabet est parue dans CI n°665, du 1er août 200

Courrier International
18/09/2003, Numero 672
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  #2  
Vieux 19/09/2003, 13h37
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Citation:
Rifain a écrit :

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Deux jours après mon incarcération à la prison de Salé Et mon refus d'accepter le transfert dans une prison française, à l'initiative du président de l'Assemblée nationale, M. Jean-Louis Debré, rendait encore plus furieuse la presse aux ordres. Mais je ne pouvais pas accepter de partir, pour une simple raison : purger en France la peine politique dont m'a gratifié le régime marocain revenait à accepter ce verdict de la honte.


Ali Lmrabet


Je salut le courage de ce rifain...

on a pas finit de marquer l'histoire du maroc, croyez moi...

par contre ceux qui sont encore à la botte du maghzen...

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  #3  
Vieux 21/09/2003, 21h45
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respect pour cet homme qui a su rester digne pour ses idées. merci rifain de nous rappeler qu'un homme est derrière les barreaux sans raison valable.

;-)
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  #4  
Vieux 21/09/2003, 23h16
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Citation:
Rifain a écrit*:

Je salut le courage de ce rifain...

on a pas finit de marquer l'histoire du maroc, croyez moi...

par contre ceux qui sont encore à la botte du maghzen...
mais pkoi tu dis ON? :-? :-? :-?
tu te sens plus ou koi? tu as déjà fait un truk pr ta patrie,? NAN à ce que je sache sinon ça se saurait!!!!


ah koike à part humilier tes freres, tu sais rien faire d'autres!!! tu imagines l'image que tu donnes des rifains? imagine un type ki tombe par hasard sur ce site et qui voit tes écrits? il va se dire si ça c'est representatif, alors plutot se pendre :pend:...

tu me fais de la peine Rifain, on dirait que tu vis par procuration :chepa: et ça c'est une maladie, il faut te soigner!!!
et prie plutot pr que ali lemrabet sorte de prison, au lieu de te rejouir.....
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  #5  
Vieux 21/09/2003, 23h19
 
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rifain, si ali elmrabet n'etait pas rifain est ce que son sort t'interesserait encore? Arrette de ramener tout a des pseudos "ethnies".
Si ce grand homme a ete emprisonné ce n'est pas parce qu'il est rifain mais parce qu'il à dérangé le pouvoir et combattu pour ses convictions.
La lutte pour les droits de l'homme concerne tout ls marocains.Arrette ton ethnocentrisme a la petite semaine.
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  #6  
Vieux 22/09/2003, 01h00
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400 p.100 d'accord avec Dhimmi Hendrix.
C'est rare, faut le dire alors.

J'ai déjà essayé d'intervenir dans tes sujets, mais j'ai toujours sagement laissé tomber.

Il y en a qui me fiche en colère, mais tes conneries racistes sont tellement débiles que ça décourage l'indignation.

Citation:
voodooChile a écrit*:
rifain, si ali elmrabet n'etait pas rifain est ce que son sort t'interesserait encore? Arrette de ramener tout a des pseudos "ethnies".
Si ce grand homme a ete emprisonné ce n'est pas parce qu'il est rifain mais parce qu'il à dérangé le pouvoir et combattu pour ses convictions.
La lutte pour les droits de l'homme concerne tout ls marocains.Arrette ton ethnocentrisme a la petite semaine.
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  #7  
Vieux 22/09/2003, 01h11
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Citation:
chamsara a écrit*:
respect pour cet homme qui a su rester digne pour ses idées. merci rifain de nous rappeler qu'un homme est derrière les barreaux sans raison valable.

;-)
avec plaisir mademoiselle...
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  #8  
Vieux 22/09/2003, 14h14
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voilà le caricature en question
là je voi ke ali a un peu exagéré

[img]d:\esclavge.jpg[/img]
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