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#1
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| ...Toi qui met le feu à la terre et tiens éveillés les dormeurs, Quand ton ombre, la nuit dernière, m'a visité, pour mon bonheur, Je lui ai dis : " Sois bienvenue ! Je m'offre en sacrifice à toi. mais j'aimerais mieux ta venue au réveil, quand je ne dors pas. " O, sentir ta joue ingénue ! Est ce un péché - ne l'est ce pas ?... ...J'ai quitté les filles pour les garçons et pour le vin vieux, j'ai laissé l'eau claire. Loin du droit chemin, j'ai pris sans façon celui du péché, car je le préfère. J'ai coupé les rênes et sans remords j'ai enlevé la bride avec le mors... Abû Nuwâs |
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#2
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| je vous recommande un très bon livre d’Omar Merzoug sur « Poèmes bachiques et libertins » Abû Nuwâs est né vers le milieu du viiie siècle dans le sud-ouest de l’Iran. Poète d’ascendance persane, il écrivit toute son œuvre en langue arabe. On sait peu de choses de ce chantre du vin, du jeu et du libertinage, sinon que ses mœurs dissolues et son hérétisme lui valurent par deux fois l’emprisonnement. Omar Merzoug, docteur en philosophie et auteur d’une thèse sur Averroès, a collaboré à de nombreuses revues. Outre la traduction de ces Poèmes bachiques et libertins, il prépare actuellement une biographie de Abû Nuwâs. Abû Nuwâs, ce nom résonne, par-delà les temps, comme le porte-voix de la luxure et de l'impiété, l'emblème d'un art de vivre, courtois et raffiné, aux antipodes de la pudeur compassée et des conventions sociales empesées. C'est sans doute l'une des raisons pour lesquelles son oeuvre demeure interdite dans certains pays arabes. Comme il est de règle aux époques de décadence, le puritanisme, étranger à vrai dire à l'esprit de l'Islam, gangrène l'époque et l'aire arabes dissuadant amateurs et dilettantes de goûter les pages d'Abû Nuwâs. Sans doute faut-il rappeler que le prestige de la poésie est tel chez les Arabes qu'elle est appréciée des religieux comme des athées, des libertins comme des prudes, des hommes comme des femmes.Ignorerait-on que Hârun Al-Rachid, l'un des califes les plus fameux, n'a pas craint de convier dans son salon, d'élever au rang de ses commensaux un homme aussi licencieux que Abû Nuwâs, auréolé de surcroît d'une réputation d'hérétique. Mais cet auteur, qui était-il vraiment? Abû Nuwâs n'a pas laissé de mémoires, de souvenirs, et encore moins de testament. Les informations dont nous disposons à son sujet sont lacunaires. Si on est à peu près sûr qu'il est né à Al-Ahwâz, au sud-ouest du territoire iranien, à proximité de l'Irak, on discute encore de sa date de naissance (747 selon les uns, 762 selon les autres). Quant à celle de sa mort, elle demeure controversée. Au reste, des pans entiers de sa vie sont nimbés d'obscurité et l'on s'égare en conjectures sur certains évènements auxquels il fut mêlé. Mais il y a plus: Abû Nuwâs ne s'est pas soucié de recenser ou de recueillir ses pièces, fragments volés à une existence d'artiste. On s'est à juste titre demandé si les textes, qui se transmettent sous ce nom fameux, sont bien de cet auteur à bien des égards sulfureux. De là à soutenir sans preuves, comme l'ont fait certains orientalistes, et non des moindres, que le Diwân est apocryphe, nous semble excessif. Par son hypercriticisme et ses pointilleuses chicanes, l'Université a porté une suspicion intempestive sur une œuvre qui, pour l'essentiel, est authentique. Assurément, il faut faire litière des pruderies dévotes et des pudeurs puritaines pour affronter des poèmes d'une verdeur aussi inouïe. Son verbe magique ôte aux objets les masques conventionnels dont la vie les pare. Les choses étincellent dans leur splendeur originaire, hors d'une tradition sclérosée qui a figé la substance du poème dans les cadres rigides du mètre et de la prosodie classiques. Les contemporains de Abû Nuwâs n'ont point eu peur d'ouïr ce poète si singulier qui osait non seulement se mesurer aux prédécesseurs antéislamiques, mais encore affronter une tradition sourcilleuse et corsetée. Si son époque a, non sans mal, toléré les satires d'un poète dont elle n'ignorait pas la valeur, la nôtre risque de ce point de vue d'être beaucoup moins libérale. Abû Nuwâs a vécu une époque où la religion, n'étant pas menacée, était plus disposée à transiger. Une fois encore, il se confirme que l'Islam historique est plus plastique que les musulmans. Par conséquent, il n'est de poète plus inactuel et moins conformiste que Abû Nuwâs et ses vers cinglants ou allègres, à la gaieté féroce et au tragique serein sont de nature à réveiller les peuples arabes de la torpeur morne où ils sont, pour leur malheur, engoncés. Par un paradoxe inexpliqué, son anticonformisme et son inactualité laissent intacte sa gloire. Ce poète d'ascendance persane, qui, dans les querelles opposant Arabes et Persans, prit sans équivoque le parti de ses congénères et vitupéra les vainqueurs de Qadissiya et de Nehawend (ou Al-Nahrawân), n'écrivit jamais qu'en claire langue arabe. On le voit soucieux, tout au long de sa vie, de parfaire l'expression de son verbe. Il n'hésita pas à se plonger dans le milieu bédouin pour se forger une culture lexicale des raretés de la langue, et s'acharna à purifier la sienne de toute scorie. Est-ce ce là le motif qui expliquerait la permanence de sa popularité chez les arabophones? Mais ce n'est pas tout: le poète «aux cheveux bouclés » a repris à son compte, en le passant au crible de la critique qu'il avait sévère, le legs antéislamique. Ce passé n'est point occulté. Il poursuit les Arabes et les obsède. L'attachement viscéral aux appartenances tribales et le désir des razzias ancestrales, piaffant dans l'inconscient collectif arabe, en est la meilleure preuve. À ce titre, cet aède doit être célébré pour avoir protesté contre les forces d'anéantissement qui minèrent la société de son temps et culminèrent dans la calamiteuse guerre civile opposant les deux fils héritiers de Harûn Ar-Rachîd. À l'encontre de ce bellicisme de mauvais augure, auquel il opposa un pacifisme de haute tenue, Abû Nuwâs demeure le parangon de l’insatiable désir de jouir de la vie, de cette tendance à être possédé de passions, attaché aux plaisirs du sexe, à la fatalité de l'amour. Extrait de la préface d'Omar Merzoug |
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#3
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| Citation:
Maître par excellence de la poésie bachique et érotique... Vas-y, Soheyla, ennivre-nous ce soir... |
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#4
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| Citation:
tout le plaisir est pour moi Le vin, le vent, la vie, Entre la vie et la mort Voici un poème d’un mort, écrit de la main d’un vivant, qui, entre la vie et la mort, a tant souffert des coups du sort qu’il ne lui reste plus qu’un corps presque invisible, mais présent. Si tu voulais me reconnaître, pas une lettre de ma lettre ne t’aiderait à me trouver. Mais il suffirait que tu fasses battre tes cils, pour me sauver et que mon mal enfin s’efface. |
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#5
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| Libre et gaillard, dressé de bon matin, J’ai grand-soif de débauche et de bon vin, D’un vénérable cru, ardent comme la braise, À l’haleine de musc s’exhalant à son aise Dans sa robe précieuse, où l’or danse et s’immerge. Le soir tombait. Avisant une auberge, À peine y descendîmes-nous à petits pas, Qu’une aube resplendit, où l’aube n’était pas : Quelle vierge exhibée, à saveur longue et âpre, Faveur pour les marchands, langueur des opiniâtres ! ![]() |
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#6
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| Pour l’amour d’un chrétien De bon matin, un faon gracieux me sert à boire. Sa voix est douce, propre à combler tous les vœux. Ses deux accroche-cœur sur ses tempes se cabrent. Toutes les séductions me guettent dans les yeux. C’est un persan chrétien, moulé dans sa tunique, qui laisse à découvert son cou plein de fraîcheur. Il est si élégant, d’une beauté unique, qu’on changerait de foi -sinon de Créateur - pour ses beaux yeux. Si je ne craignais pas, Seigneur, d’être persécuté par un clerc tyrannique, je me convertirais, en tout bien tout honneur. Mais je sas bien qu’il n’est qu’un Islâm Véridique... Extrait de Le vin, le vent, la vie de ABÜ-NUWÂS traduit de l’arabe par Vincent-mansour Monteil ![]() |
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#7
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| Ouh... J'ai la tête qui tourne. Je m'ennivre... D'autres vers (ou verres, c'est selon) ? Toi qui met le feu à la terre et tiens éveillés les dormeurs, Quand ton ombre, la nuit dernière, m'a visité, pour mon bonheur, Je lui ai dis : " Sois bienvenue ! Je m'offre en sacrifice à toi. mais j'aimerais mieux ta venue au réveil, quand je ne dors pas. " O, sentir ta joue ingénue ! Est ce un péché - ne l'est ce pas ? J'ai quitté les filles pour les garçons et pour le vin vieux, j'ai laissé l'eau claire. Loin du droit chemin, j'ai pris sans façon celui du péché, car je le préfère. J'ai coupé les rênes et sans remords j'ai enlevé la bride avec le mors Ceci, à la mémoire du plus épicurien des musulmans... |
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#8
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| Citation:
comme sa fait plaisir de voir une personne partageant la meme passion que moi ...... merci |
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#9
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| Citation:
Merci à toi soheyla ! Mille mercis ! Et je sais que, en haut, Omar Khayyam et Abu Nuwas sont très fiers de toi ce soir (peut-être trinquent-ils à notre santé...)! |
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#10
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| Citation:
je t'en prie tout le plaisir est pour moi ...... tiens je te donne la suite des premiers vers ke j'ai cité en haut pour te remercier ..... Me voilà tombé amoureux d'un faon coquet, qui massacre la langue arabe. Brillant comme un clair de lune, son front chasse les ténèbres de la nuit noire. Il n'aime porter chemise en coton ni manteau de poil du nomade arabe. Il s'habille court sur ses fines hanches, mais ses vêtements ont de longues manches. Ses pieds sont chaussés et, sous son manteau, le riche brocart offert se devine. Il part en campagne et monte à l'assaut, décoche ses flèches et ses javelines. Il cache l'ardeur de la guerre et son attitude au feu n'est que magnanime. Je suis ignorant, en comparaison d'un jeune garçon ou d'une gamine. Pourtant, comment confondre une chienne qui eut ses règles chaque mois et mis bas chaque année, Avec celui que je vois à la dérobée : Je voudrais tant qu'il vînt me rendre mon salut ! Je lui laisse voir toutes mes pensées, Sans peur du muezzin et de l'îmam non plus Janân a pris mon cœur, dont il ne reste rien : Les deux tiers de mon coeur Et les deux tiers du reste Et les deux tiers du dernier reste, Au serveur leste, Le tiers du tiers. Six parts pour les amants enfin. Son corps est très bien fait, ses lignes sont parfaites et du cheval de race il a les sveltes flancs. Des coptes égyptiens son père est un des grands, qui tout Nabatéen, avec orgueil rejette. Il me servit de l'eau claire et pure du nil, coupée avec du vin des vignobles d'Asyoût, connu pour son odeur, sa couleur et son goût et qui, dans la bouteille, luit comme de l'huile. Quand au garçon, je l'ai pris tout seul dans un coin, pour mon plaisir, Et je lui chantai des poèmes... Je meurs d'amour pour lui, en tout point accompli et qui se perd en entandant de la musique. Mes yeux ne quittent pas son aimable physique, sans que je m'emerveille à le voir si joli. Sa taille est un roseau, sa face est une lune et de sa joue en feu ruisselle la beauté. Je meurs d'amour pour toi, mais garde mon secret : Le lien qui nous unit est une corde sûre. Que de temps il fallut, pour te creer, aux anges ! Tant pis pour les envieux : je chante ta louange. Mon protégé a de la fièvre, qui remplace la couleur de ses joues par la rougeur. Je voudrais tant que sa fièvre m'habite deux fois plus forte Et qu'un jour me soit un mois, pour que le mal se transporte jusqu'à mon corps, jusqu'à moi ! J'ai demandé à la fièvre : " Il faut donc que tu y tiennes ? " Elle dit : " autant que toi. " Je lui ai dit : " Je te jure de ne plus penser à lui. " Comme s'il était besoin de le tirer de l'oubli... Alors, qu'à cela ne tienne ! Ses larmes coulent sur les roses de ses joues, parce que je l'ai embrassé à l'improviste. Mais quand je lui tendis un verre, déjà ivre, il défit sa ceinture en faisant une mue. Malheur à moi quand il sortira du sommeil de l'ivresse ! me tuera-t-il à son réveil, Pour , des yeus, me punir de sa mésaventure ? N'ai-je pas dérangé le noeud de sa ceinture ? Ce que les pantalons ont caché se révèle. Tout est visible. Rince toi l'oeil à loisir. Tu vois une croupe, un dos mince et svelte Et rien ne pourraît gâcher ton plaisir. On se chuchotte des formules pieuses... Dieu que le bain est chose délicieuse ! Même quand, venant avec leurs serviettes, Les garçons de bain ont troublé la fête. Quand je vis ce beau jeune homme, Il riait à belles dents. Nous étions tous deux, en somme, Seuls avec Dieu. Cependant, Il mit sa main dans la mienne Et me fis tout un discours, Puis me dit : " Est ce que tu m'aimes ? " " Oui, au dela de l'amour. " " Donc, dit il, tu me désires ? " " Tout est désirable en toi. " " Crains Dieu alors, oublie moi ! " " Si mon coeur veut m'obéir.... " |
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