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#1
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Robert Redeker vient de sortir de sa cachette en signant dans le Monde des livres (24/11) une recension de la réédition de « Tocqueville et la nature de la démocratie » de Pierre Manent, auteur classé libéral (Gallimard, Tel). Le propos de ce livre est de tirer les conséquences de la transformation sociale que la démocratie moderne opère. Pour Tocqueville, comme le rappellent Manent et Redeker, en donnant la liberté à tout individu, la démocratie détruit les solidarités. C’est pourquoi Tocqueville prêchait l’association des individus. Autre constat, la démocratie favorise la paresse intellectuelle et Redeker de commenter : « La démocratie contient un paradoxe : se voulant l’universalisation de la nature humaine sous la figure de l’égalité, elle met en danger, en rabattant l’ambition humaine sur le bien-être matériel, cette même nature humaine. » Manent conclut : Bien aimer la démocratie, c’est l’aimer modérément. Le commentaire de Redeker fera sourire ceux qui ont lu son pamphlet contre les anti-pub. Serait-il atteint de paresse intellectuelle démocratique ? On peut discuter de savoir si la démocratie se réduit à la transformation sociale qu’elle a opérée, si ce n’est pas là une conséquence dont elle n’est pas seule la cause. Mais n’y a-t-il pas quelque justesse dans la perception de cette paresse ? Le débat public auquel nous assistons n’en porte-t-il pas les marques ? Cette figure de l’égalité n’en est-elle pas absente ? Serait-ce cette absence la modération dans l’amour de la démocratie ? |
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#2
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Dans le même Monde des livres, dans un entretien à l'occasion de la parution de la traduction de Ensaio sobre a Lucidez (La Lucidité, Le Seuil), José Sarramago répond indirectement à Redeker : "Nous vivons dans une ploutocratie. La vieille phrase, "la démocratie, c'est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple", est devenue "le gouvernement des riches par les riches et pour les riches"."
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#3
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Un autre propos de Sarramago dans le même entretien : "Nous vivons à une époque où l'on peut tout discuter mais, étrangement, il y a un sujet qui ne se discute pas, la démocratie. C'est quand même extraordinaire que l'on ne s'arrête pas pour s'interroger sur ce qu'est la démocratie, à quoi elle sert, à qui elle sert ? C'est comme la Sainte Vierge, on n'ose pas y toucher. On a le sentiment que c'est une donnée acquise. Or il faudrait organiser un débat de fond à l'échelle internationale sur ce sujet et là, certainement, nous en arriverions à la conclusion que nous ne vivons pas dans une démocratie, qu'elle n'est qu'une façade." |
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#4
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Salam Moi ce que je trouve surtout interessant dans les études sur la democratie de tocquevile c est qu ils prennent en reference souvent en reference son ouvrage " la democratie en Amerique" vantant les merites de la democratie qui ferait même la distinction entre "l ancien monde" sans democratie et "nouveau monde"! Ce même Tocqueville parlant des libertés d égalité change completement de ton quand il s agissait de la colonisation de l algerie ou il devient un sanguinaire macheivelique " Je crois que le droit à la guerre nous autorise à ravager le pays, et que nous devons le faire soit en detruisant les moissons à l'époque de la recolte, soit dans tout le temps en faisant ces incursions rapides qu'on nomme razzias et qu ont pour objet de s emparer des hommes ou des troupeaux" "Travail sur l algerie" d Alexis de Tocqueville Extraits " Tocqueville apotre de la colonisation" maniere de voir n° 82 " Les grande expeditions me paraissent de loin en loin necessaires: 1)Pour continuer à montrer aux arabes et nos soldats qu il n y a pas dans le pays des obstacles qui puissent nous arrêter 2) Pour détruire tout ce qui ressemble à une agrégation permanente de population, ou d autres termes à une ville" Envers les EU la FRance a soutenu l indepance et a voulu consolidé le nouvel état americain car cela affaiblirait logiquement l' ANgleterre en Europe. Et la colonisation de l'Algerie devait agrandir le prestige de la FRance et developper son économie. Le discours de Tocqueville n'est pas tout simplement le fruit de ces données politiques? |
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#5
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Excellente initiative de rappeler les propos de Tocqueville sur l'Algérie. Elle a le mérite de montrer le gouffre entre la réflexion théorique sur le lointain et les positions pratiques sur le proche. Il n'en reste pas moins que la réflexion théorique est intéressante et qu'on ne gagne rien à réduire l'auteur à son colonialisme, de même qu'on ne gagne rien à la reductio ad hitlerum de Heidegger. Tocqueville n'était pas un réactionnaire, mais un conservateur. S'il regrettait les solidarités sociales de l'Ancien Régime, son mérite est d'avoir anticipé les dangers de la démocratie et du pouvoir que menaçait d'y prendre ce qu'il appelait l'aristocratie industrielle. Anticipation vérifiée. Ce regret et cette anticipation l'on conduit à préconiser l'association comme contre-pouvoir au pouvoir démocratique de la majorité. La leçon politique me paraît toujours d'actualité. |