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  #1  
Vieux 29/11/2006, 22h30
 
Date d'inscription: mai 2006
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Par défaut "Racisme : la Stib traumatisée..."

Inspection du travail à la « Sûreté et Contrôle »
ROBERT,FRANCOIS
mercredi 29 novembre 2006, 05:42

La Stib traumatisée par l'étalage dans la presse des dysfonctionnements d'un seul de ses services ? C'est ce que pense son directeur Alain Flausch : il regrette que des problèmes internes soient évoqués dans les médias alors que la bonne gouvernance suggère de régler les problèmes en interne. Les médias ne mesurent pas les retombées négatives de ce déballage sur les 6.200 employés de la Stib, estime-t-il.
La direction de la Stib a eu enfin connaissance des plaintes adressées au Centre d'égalité des chances pour racisme, plaintes émanant de sept membres du service « Sûreté et Contrôle ». Les faits visés sont qualifiés par Alain Flausch de « peu graves, confus et non démontrés ». Par contre, il admet que la répétition de ceux-ci pose problème. S'il reste, héritage du passé, des racistes invétérés dans le service, il les débusquera et les chassera.
Pour le patron de la Stib, ce sont surtout des relations individuelles qui peuvent conduire à des actes racistes. Il ne voit pas de faits avérés, sciemment racistes. Il annonce des mesures énergiques pour retrouver la sérénité. D'autant que la récente enquête de satisfaction menée par une société externe a prouvé de nombreuses insatisfactions.
Parmi ces mesures, la descente de l'Inspection du travail, une suggestion déjà faite voici une dizaine de jours par le vice-président de la Stib, Philippe Close (PS). Cette enquête sera déterminante et doit déboucher sur d'autres mesures.
Sont aussi acquises la formation des agents et la création d'équipes mixtes.
Quid de la hiérarchie du service, largement mise en cause par la base ? Alain Flausch refuse d'écarter certaines personnes tant qu'il ne dispose pas de preuves formelles. Sont prévus des débriefings réguliers, la réorganisation du travail (présence accrue des chefs patrouilleurs principaux sur le terrain). Sont attendus une conseillère sociale et un meilleur traitement des plaintes.
Ces mesures ramèneront-elles le calme ? Toujours est-il que l'employé interviewé jeudi passé par Le Soir et qui dénonçait les irrégularités commises lors d'un examen interne d'avancement a été licencié hier soir.

Dernière modification par boptitprince ; 29/11/2006 à 22h51. Motif: précisions
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  #2  
Vieux 29/11/2006, 22h32
 
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Par défaut Re : La Stib traumatisée...

Transport Le Centre d'égalité des chances au chevet de la Stib
Les contrôleurs ont le blues
Racisme et harcèlement, un service de la Stib montré du doigt. Mais le mal est ailleurs. Paroles d'agents démotivés.
MATHIEU,BENOIT
mercredi 29 novembre 2006, 05:40

N ous sommes tombés des nues en lisant les journaux, déplore Youssef (1). Personne n'a reconnu ce portrait. » Dans leur dépôt de Haren, les gars du service « Sûreté et contrôle » ne ratent pas un seul article de presse. Une punaise, et au mur. À 13h30, les cigarettes envahissent le perron, avant le service « 14 - 22 ». La consternation règne. C'est que le portrait dressé est au vitriol, mêlant racisme, harcèlement et examens truqués. En plus, le linge sale se lave en public.
« Sûreté et contrôle », c'est près de 300 personnes, dont un personnel de terrain à forte visibilité : stewards, contrôleurs et patrouilles d'intervention. Un passé à l'odeur de soufre, puisque Bernard Sicx, ancien chef du service, avait été remercié en 1998 pour des raisons similaires. Plus une (très) mauvaise réputation. Auprès de la clientèle - « personne n'aime recevoir une amende de 76 euros », résume un contrôleur - et en interne. Au dépôt de Delta, les chauffeurs de bus se lâchent. « Dans les bus, le contrôle est nullissime, lâche Jos. Je les vois environ tous les sept mois ! »
« 80 % de ce qui se dit dans la presse est correct », estime Jacques, qui a quitté la Stib après 20 ans de service. Fissurée, la belle image de la société « multiculturelle », avec 10 nationalités différentes et 37 % du personnel d'origine étrangère. « Stib signifie société des transports intercommunaux berbères », en riait l'humoriste Sam Touzani.
Des accusations de racisme, donc. « C'est n'importe quoi. » De drapeau du Vlaams Belang, Benoît n'en a pas vu un seul en quatre ans. Justin prend le relais, et nuance. « On ne dit pas qu'il n'y a absolument rien, juste qu'il n'y a rien de plus qu'ailleurs. Les faits sont totalement exagérés. Il faut voir d'où ça vient, aussi. Le racisme, c'est à la mode et c'est un raccourci facile. Certains s'en servent comme prétexte, à des fins personnelles, dès qu'ils n'obtiennent pas ce qu'ils veulent. D'autres veulent simplement foutre la merde. C'est grave. » Et s'ils y sont confrontés, c'est venant de la clientèle. « Dès que je chope quelqu'un, je me fais taxer de raciste, même si je suis noir. » Un phénomène accru depuis que la presse... en parle.
À 14 heures, une équipe de contrôleurs se met en branle, Jean en tête. Direction le secteur 5, inscrit au planning du jour. Au total, la Stib doit contrôler 1 % de sa clientèle. Bus 54, puis métro. Une première « prise » après trente secondes. Vient le bus 98, encerclé à l'arrêt. Pas de chance, les machines à oblitérer sont en panne : pas de contrôle. Au sein de l'équipe, l'ambiance est chaleureuse. Et les langues se délient.
« Ces examens truqués ? C'est sûr ! Un chef de service a donné les questions avant le test. » Justin est catégorique, comme beaucoup d'autres. Youssef, Louise et Albert, eux, n'ont jamais rien vu. Et raté, ou réussi. « Je suis à la Stib depuis 25 ans, lance Albert. Dans tous les services, de tout temps, j'ai entendu ça. »
Un bus 49 passe, trop plein pour un contrôle. Dans le bus qui repart, quelques regards soulagés. Le suivant est pris d'assaut. Un mineur est identifié par un journal de classe d'où dépasse une capote. Une jeune fille doit descendre, coupable de « faux ». Sur son abonnement, sa photo est collée sur une autre. Pas de bol, Justin a le flair pour ça. Elle risque gros, près de 350 euros.
Racisme ou examens truqués, le mal est ailleurs. Le service est frappé de morosité. Les mots « malaise » et « démotivation » reviennent à chaque détour de phrase. Pas à cause des injures, quotidiennes. « Ça ne me touche plus, explique Jean. Même si toute la famille y passe. » C'est le métier qui est en cause. « Un boulot difficile, juge David. Nous avons souvent la même clientèle que la police, des petites frappes aux crapules, mais pas les moyens de nous défendre. Juste de la bonne volonté. » Plus de grosses torches, ni de menottes. Ces dernières, la nouvelle loi gardiennage devrait les réintroduire, de même qu'un « pepper spray ». Mais les arrêtés tardent. « Et les conditions sont ridicules. Prenez le spray. Utilisation à un mètre, une seconde. Après avertissement, bien sûr. Puis, il faut limite pouponner et jouer assistante sociale : douche et nouveaux vêtements. Moi, je n'en veux pas ! » Ils ressemblent à des policiers, mais n'en sont pas. « On ne peut plus confisquer les abonnements scolaires des jeunes qui mettent le souk, regrette Patrick, chef patrouilleur qui coordonne les interventions. C'était pourtant efficace : ils tremblaient de l'annoncer à

leur famille. »
Bien sûr, certains se prennent pour des policiers. « Il y a des Starsky et Hutch, des policiers ratés. C'est un secret de polichinelle. Mais ils sont peu nombreux. Ils n'ont pas leur place à la Stib et ce sont d'eux que viennent les problèmes. Certains se plaignent de la nouvelle couleur des voitures d'intervention. Gris, pas assez flic. »
Et puis, il y a la hiérarchie, qui en prend pour son grade. Vieux briscard, Patrick attaque : « Pire que la crèche. Les gens peuvent faire n'importe quoi, la hiérarchie n'assume pas ses responsabilités. Depuis trois ans, c'est l'anarchie. » Les chefs de patrouille, premier rang de gradés, l'ont encore plus mauvaise. « Deux manques, diagnostique Jean : structure et discipline. Lorsque je fais un rapport sur un agent qui dérape, il connaît systématiquement le même sort : classement vertical. Et moi, je passe pour un guignol. Nous ne sommes jamais soutenus. Je n'ai plus aucune confiance dans la hiérarchie. » Patrick ne dit pas autre chose. « Nous sommes coincés entre le marteau et l'enclume. Après l'épisode Sicx, la direction a fait profil bas. On m'a demandé de regarder à droite s'il se passait quelque chose à gauche. Mais il serait temps de se réveiller ! »
1. Les prénoms des agents sont modifiés
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