Le President Jimmy Carter Est-il Devenu Antisemite ?




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  #1  
Vieux 13/12/2006, 18h13
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bulledechamp    
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Le President Jimmy Carter Est-il Devenu Antisemite ?

Tout cela parce que cet homme a osé décrire les abominables sévices, les oppressions et les persécutions que doivent subir tous les jours les Palestiniens dans les territoires occupés par l’État hébreu. Il dénonce aussi le rigide système de laissez-passer et la ségrégation stricte entre citoyens palestiniens et colons juifs en Cisjordanie...de plus il rajoute dans son livre, que ce qui se passe en Palestine est plus oppressant que quand les noirs vivant en Afrique du Sud au temps de l’apartheid, devaient subir la loi de la communauté blanche.

Carter a toutefois sans ambages affirmé "Le silence est quasi universel dès lors qu’il s’agit d’une possible critique des politiques que mène actuellement le gouvernement israélien", a-t-il observé devant la presse à Atlanta (Géorgie). Il ne devait pas s’attendre de passer à la moulinette de la part des groupes néo-sionistes. Il se défend tout de même en répondant à ces groupes « J’affirme pourtant que le terme d’apartheid se justifie par les barrières grillagées, les détecteurs électriques et les blocs de béton installés par Israël le long de la frontière avec la Cisjordanie ».

Et bien c’est fait ! La critique dont nous parlions vient de tomber. Et encore une fois par ceux qui défendent leur os comme des chiens enragés. Un juriste juif américain, Alain Dershowitz a qualifié le titre du livre de Jimmy Carter comme « indécent » et sur le site d’achat de livres en ligne « Amazon.com » nous pouvons y lire plusieurs commentaires qui qualifient M.Carter d’antisémite.

De plus, comme nous pouvions encore une fois nous y attendre, le Centre Simon Wiesenthal, l’un des principaux groupes au monde de défenses des intérêts Juifs, a lancé une pétition contre le père des accords de Camp David qui avait forgé la paix entre l’Égypte et Israël en 1978. « Jimmy Carter est devenu l’un des critiques les plus féroces d’Israël » affirme le Centre Simon Wiesenthal et ce centre poursuit sur sa lancée raciste, J .Carter, avec ce livre est devenu « un porte-parole virtuel de la cause palestinienne ». Et alors, il serait peut-être temps que des hommes ayant quelques écoutes, puissent enfin dire la vérité sur ce qui se passe au Proche-Orient.

Mais cette attaque mensongère de la part du Centre Simon Wiesenthal ne s’arrête pas là, bien au contraire. Voyons comment il s’y emploie. La pétition dont nous parlions au début, est destinée « à rappeler respectueusement à M. Carter que la vrai raison pour laquelle il n’y a pas la paix au Proche-Orient est à cause du terrorisme et du fanatisme perpétuel des Palestiniens ». 16,000 signatures de fanatiques ont été paraît-il reçues.

Essayons de décortiquer cette dernière assertion du Centre Simon Wiesenthal. Tout d’abord avant de calomnier M. Carter, il s’adresse à lui très « respectueusement » Voilà bien la dialectique mielleuse des néo- sionistes. En sus, comment peut-on affirmer que seuls les palestiniens sont des terroristes empêchant la paix, alors que les vrais terroristes fanatiques dans cette région sont avant tout les dirigeant de l’état d’Israël, qui depuis 58 ans rodent une stratégie de grappillage et de pourrissement.

Cette tactique qu’Israël a jouée finement depuis sa création finit par porter ses fruits : Le peuple palestinien se meurt, spolié ouvertement à la face du monde, épilogue d’une farce qui dure comme je le disais, depuis plus d’un demi-siècle, que d’aucuns appellent "processus de paix au Moyen-Orient". Jamais expression n’aura été aussi cynique et naïve. Les Palestiniens n’ont pas droit à leur terre, pas le droit de se déplacer, de manger à leur faim, pas le droit de vivre dans leurs maisons, pas le droit de contester, pas le droit de résister. Ils n’ont que le droit de mourir, dans une indifférence qui devient générale.
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  #2  
Vieux 13/12/2006, 18h14
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Re : Le President Jimmy Carter Est-il Devenu Antisemite ?

Et le Centre Simon Wiesenthal voudrait nous faire croire le contraire de la réalité. Nous sommes habitués d’entendre ceux qui partagent les politiques des dirigeants d’Israël, de continuellement ramener une pseudo victimisation de l’État hébreux. Pour poser la cerise sur le gâteau, l’un des collaborateurs de Jimmy Carter, l’ancien directeur du Centre Carter, M. Kenneth Stein, a rompu publiquement toutes relations avec M. J. Carter, supputant que son livre est bourré d’erreurs. Ben voyons donc, tout le monde sait que Carter est incapable, tout comme nous, de voir ce qui se passe au Proche-Orient. Nous sommes tous des imbéciles...seuls les néo-sionistes ont raison et cela depuis des décennies.

Personnellement, je me suis procuré le livre de M. Carter « Palestine : Peace, not Apartheid » et je n’ai lu nulle part quelques phrases erronées ou mensongères. Je ne vois donc vraiment pas pourquoi l’inquisition néo-sioniste en fait un procès en sorcellerie ? Quoique je les comprenne ces pauvres...ils sont tellement attaqués de toutes parts par leurs frères Palestiniens et délaissés par l’administration Bush. Ils n’ont rien pour se défendre...et ils vont finir par nous faire pleurer.

On ne voit pas quel pouvoir, quel évènement, quel miracle même, permettrait aux Palestiniens de recouvrer leurs droits territoriaux, de permettre le retour des exilés de force, de devenir un état souverain, tant que des fanatiques comme ceux qui dirigent présentement l’État hébreu, et ceux qui les appuient dans la diaspora juive auront pleins pouvoirs, les Palestiniens auront peu de chance de vivre en paix en toute égalité avec un État qui ne prône que la colonisation sauvage.

[LesOgres.Info] Jimmy Carter descendu en flèche
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  #3  
Vieux 13/12/2006, 18h16
soumaya400    
 
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Re : Le President Jimmy Carter Est-il Devenu Antisemite ?

A mon avis, il l'a toujours été tout comme son homologue Georges Bush, mais pour ne pas déséquilibrer le monde et l'entrainer à sa perte, ils soutiennent Israël.

Voilà la dure et malheureuse réalité.
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  #4  
Vieux 13/12/2006, 18h17
Avatar de Cappuccino
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Re : Le President Jimmy Carter Est-il Devenu Antisemite ?

J'ai pas lu l'article

mais c'est pour dire que maintenant si tu critiques la politique d'israel on dit que tu es un antisemite qui se cache derriere des critiques...


alors pire encore pour certain juifs ils diront que tu veut raser les israliens de la terre etc...et menace de porter plainte et tout le tralalala et tout ca parce que tu critiques la politique isralienne!

c'est fort quand meme!!!
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  #5  
Vieux 13/12/2006, 18h17
Avatar de jamservant
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Re : Le President Jimmy Carter Est-il Devenu Antisemite ?

c'etait une chose prevue et comme israel est critiquee depuis peu par tout le monde c'est une reaction habituelle de leur part la victimation qui d'ailleurs leur reussie .
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  #6  
Vieux 13/12/2006, 18h29
hakem nawal    
 
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Re : Le President Jimmy Carter Est-il Devenu Antisemite ?

Tiens, le "cacahètier" Carter serait donc de retour sur la scène politique? De toute manière, la moindre des critiques envers l'Etat hébreu est ressentie-de facto- comme une démonstration antisémite.
______________________________ ___________
PROCHE-ORIENT - Le Suisse Jean Ziegler se défend de s'acharner contre Israël. Il veut aussi aller au Darfour.

A l'ONU, la guerre du Liban n'est pas terminée. De retour de mission, plusieurs experts présentaient cette semaine leurs conclusions devant le Conseil des droits de l'homme. Parmi eux, le Suisse Jean Ziegler, rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation. Son rapport s'est attiré les louanges des pays arabo-musulmans et les foudres d'Israël, qui n'avait pas invité le sociologue à venir constater les dégâts provoqués par les roquettes tirées par le Hezbollah sur la Galilée.

Est-ce que vous ne vous acharnez pas sur le gouvernement israélien?

Jean Ziegler: C'est absurde. Je vais là où le droit à l'alimentation est violé. C'est le cas à Gaza à cause de l'enfermement quasi hermétique imposé par l'Etat hébreu. Au Liban, un million de personnes ont perdu leurs moyens de subsistance à cause des bombardements israéliens. J'insiste aussi pour enquêter au Darfour, mais le gouvernement soudanais ne veut pas en entendre parler.


Pourquoi êtes-vous indésirable en Israël?

Je crois que le gouvernement n'a pas supporté mon rapport de 2003 sur la sous-alimentation rampante dans les territoires occupés. Tel Aviv refuse d'admettre les conséquences de son occupation: plus de 15% des enfants palestiniens souffrent de malnutrition, 65% des habitants n'ont qu'un repas par jour et 85% de la population dépend de l'aide internationale.


Qu'est-ce qui vous a le plus frappé lors de votre mission au Liban?

La côte méditerranéenne est noire de mazout parce que les Israéliens ont bombardé les citernes de Jieh. En plus d'être hautement cancérigènes, les nappes ont ruiné les pêcheurs. C'était intentionnel, tout comme les destructions du réseau d'eau potable et d'irrigation. De plus, des centaines d'enfants ont été tués. Car la stratégie militaire était de «frapper d'effroi tout le Liban» pour lui faire payer l'enlèvement des deux soldats par le Hezbollah. Ce n'est pas moi qui le dit, mais l'écrivain israélien Michel Warschawski.


Vous êtes d'avis qu'Israël doit verser des réparations au Liban.

Moi, je ne fais que constater les violations du droit à l'alimentation. C'est au Liban de saisir la Cour internationale de justice. En 2004, les juges de La Haye ont admis le principe d'indemnités pour les Palestiniens expropriés par la construction du Mur. Cet arrêt reste lettre morte car les Palestiniens n'ont aucun moyen d'imposer son application. Le Liban est, lui, un Etat souverain. Fort d'un jugement, il aura la possibilité de faire saisir des biens israéliens à l'étranger.


Avez-vous eu des contacts avec des responsables du Hezbollah?

Le Hezbollah fait partie du gouvernement libanais et je me suis entretenu avec le ministre de l'Eau, qui est un membre du parti chiite. L'ambassadeur israélien me reproche de ne pas considérer le Hezbollah comme une organisation terroriste. Je n'ai rencontré personne de la branche armée. Le désarmement de cette dernière ou son intégration dans l'armée libanaise relève des affaires du Liban. Il n'est pas non plus de mon ressort de me prononcer sur la légalité du Hezbollah ou sur l'opportunité de l'exclure du gouvernement.
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  #7  
Vieux 18/12/2006, 18h07
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Re : Le President Jimmy Carter Est-il Devenu Antisemite ?

Il viens de sortir un livre canon...Vraiment tres interessant.
C'est un grand homme Monsieur Carter..
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  #8  
Vieux 18/12/2006, 18h18
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Re : Le President Jimmy Carter Est-il Devenu Antisemite ?

Le retour au pouvoir d'Avigdor Lieberman et de son racisme
anti-arabe montre où en est arrivée la politique israélienne

Par Jonathan Steele, à Jérusalem

The Guardian , jeudi 2 novembre 2006

"Il y a quand même un endroit où il faut rendre justice aux Israéliens. À la Knesset, le bâtiment du parlement , les journalistes, une fois qu'ils ont passé le barrage, peuvent déambuler sans escorte à la cafétéria des députés. Des tables ordinaires sont placées côte à côte, comme dans un terminal d'aéroport, et les ministres qui font la queue pour charger leur plateau n'ont pas la priorité sur les députés.

À côté de la fenêtre, l'ultra-facho Avigdor Lieberman est penché sur son bol de soupe. À deux tables de là, Ahmed Tibi, député arabe et vice-président du parlement, discute avec des journalistes entre deux coups de fil sur son portable. Ceci est admirablement égalitaire et d'une simplicité déconcertante. Mais, ce lundi, l'atmosphère était loin d'être paisible. La majorité gouvernementale s'apprêtait à voter pour approuver la nomination d'Avigdor Lieberman par Ehoud Olmert en tant que vice-Premier ministre, en charge des "menaces stratégiques" auxquelles Israël est confronté.

Tibi était furieux. Dans d'autres parties du monde, fulminait-il, un homme comme Lieberman - "un politicien très dangereux et très sophistiqué qui a trouvé du soutien grâce à la haine raciale" - serait rejeté. En Israël, c'est au plus haut niveau qu'on lui a donné un job.

Lieberman a dépeint Tibi et les autres Arabes israéliens qui ont rencontré des responsables du Hamas comme des traîtres. Ils devraient être exécutés, a-t-il dit l'année dernière, exactement comme les juges à Nuremberg n'ont pas seulement condamné les Nazis mais ceux qui ont collaboré avec eux.

Lieberman plaide pour que les Arabes du Nord d'Israël soient dépouillés de leur citoyenneté et qu'ils soient placés dans des zones sous contrôle palestinien. En échange, Israël accaparerait encore plus de terres de Cisjordanie que ce qu'envisage Olmert.

Ce qui inquiétait Tibi n'était pas que le gouvernement "devienne plus brutal" à cause de la présence de Lieberman au gouvernement. Après tout, la prolifération des barrages en Cisjordanie, les assassinats à Gaza et la guerre au Liban se sont produits quand il n'était pas là. "Notre problème est avec la société israélienne", a dit Tibi. "En tant qu'Arabe et être humain, cette nomination d'un raciste et d'un fasciste m'envoie un message."

Assise à côté de Tibi, dans la cafétéria, Zahava Galon, qui dirige le groupe parlementaire de Meretz, le petit parti israélien de gauche, était tout aussi horrifiée. Sa colère était dirigée contre les ministres travaillistes de la coalition d'Olmert qui n'ont pas protesté. Cela ne peut que rabaisser de plusieurs degrés le respect du public pour les hommes politiques, a-t-elle dit. Elle a écrit une lettre aux instances dirigeantes du parti travailliste, arguant que Lieberman était pire que l'Autrichien Jörg Haider ou le Français Jean-Marie Le Pen. Mais un seul ministre a choisi de quitter le gouvernement.

"La nomination de Lieberman influencera l'ensemble de la société israélienne", a dit Galon. "Les ministres ne s'intéressent qu'à garder leur fauteuil... Les hommes politiques sont déjà perçus comme étant cyniques, dépourvus de valeurs, d'idéologie et de principes. Maintenant, ce sera encore pire. Aujourd'hui, en Israël, le camp de la gauche n'existe plus. Si les travaillistes pensent qu'on peut légitimement s'allier avec Lieberman, alors pour moi ils ne sont plus de gauche et pour la liberté et ce ne sont plus des démocrates. Cette nomination est une attaque terroriste contre la démocratie."

Tandis que sa morosité et sa colère montaient, Lieberman, lui, poursuivait son déjeuner, ne faisant une pause que pour répondre à quelques questions du Guardian. S'exprimant dans un mélange de russe et d'anglais, il m'a dit que ses priorités au gouvernement seraient "d'établir un processus de prise de décision adapté" et de faire passer "la vision stratégique d'une solution finale à ce que ressemblera Israël dans 20 ou 25 ans... Ce n'est pas seulement une question de territoire et de frontières mais celle du caractère de l'Etat - sera-t-il un Etat sioniste, un Etat juif ou un Etat comme les autres ? Je veux qu'il soit un Etat juif".
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  #9  
Vieux 27/12/2006, 19h33
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Re : Le President Jimmy Carter Est-il Devenu Antisemite ?

Adresse aux citoyens juifs des États-Unis
par Jimmy Carter*

Une vive polémique s’est développée aux États-Unis après la parution du livre de l’ancien président Carter, Palestine : la paix, pas l’apartheid !. Répondant à ses détracteurs juifs, le politicien et précheur baptiste a circonscrit son propos. Il a maintenu sa dénonciation de la situation dans les territoires occupés et a retiré ses critiques relatives au régime politique en Israël même. À défaut de calmer l’AIPAC, ce compromis semble avoir satisfait l’électorat juif états-unien.


Au cours de ma récente tournée de dédicaces de mon livre, j’ai signé plus de 100 000 exemplaires, et j’ai été interviewé par plus de cent médias.

Le plus impressionnant fut pour moi ma rencontre avec les dirigeants du Consistoire de l’Agglomération de Phoenix, qui avaient annoncé, avant mon arrivée, qu’ils manifesteraient afin de protester contre mon ouvrage. Quand ils m’ont invité à les rencontrer, j’ai immédiatement accepté. Les six rabbins (trois hommes et trois femmes) et moi-même, nous fûmes les seules personnes présentes, à l’exception d’une équipe de cameramen sous la direction de Jonathan Demme, qui réalisait un documentaire sur moi et l’ action du Carter Center. M. Demme a indiqué alors qu’il y avait [dehors] un groupe tout aussi important de citoyens juifs, qui manifestaient leur soutien à mon livre, et [plus important] à l’exhortation à la paix dont il se veut le vecteur.

Nous avons tout d’abord débattu du traité de paix que j’ai négocié [personnellement] entre Israël et l’Egypte, en 1979, ainsi que de la Commission sur l’Holocauste, dont j’ai annoncé la création à l’occasion du trentième anniversaire de la création d’Israël. Cinq de mes interlocuteurs avaient lu la totalité de mon livre, et un autre ne l’avait lu qu’en partie. J’ai répondu à leurs questions sur le texte et sur son titre : Palestine : la paix, pas l’apartheid !. J’ai souligné, comme je l’avais d’ailleurs fait tout au long de ma tournée de dédicaces, que le livre porte sur les conditions et les événements dans les territoires palestiniens, et non en Israël, où existe une démocratie comportant toutes les libertés dont nous jouissons aux États-Unis, et où les Israéliens, juifs et arabes, se voient garantir les mêmes droits, en tant que citoyens.

Nous avons débattu du mot « apartheid », que j’ai défini comme la ségrégation forcée entre deux peuples vivant sur le même territoire, l’un d’ entre eux dominant et persécutant l’autre. J’ai dit clairement dans le livre, et dans ma réponse à ces rabbins, que le système d’apartheid prévalant en Palestine n’est pas basé sur le racisme , mais sur la convoitise d’une minorité d’Israéliens pour les terres palestiniennes et sur la répression des protestations qui en résultent, et qui impliquent la violence. Mgr Tutu, Nelson Mandela et d’ éminents Israéliens, dont l’ex-procureur de la République Ben Yair, qui a été en fonctions sous des Premiers ministres tant du Likoud que du Parti travailliste, ont utilisé et explicité cette qualification en des termes bien plus durs que moi, faisant observer que cette cruelle oppression est contraire aux préceptes de la religion juive ainsi qu’aux principes fondamentaux de l’État d’Israël.

Ayant voyagé partout dans la Terre Sainte au cours des trente-trois années écoulées, en particulier dans les territoires occupés, je suis qualifié pour décrire la situation à partir de mes propres observations. De plus, le Carter Center a supervisé les élections palestiniennes de 1996, de 2005 et de 2006, ce qui exigeait un engagement intime et exhaustif avec des citoyens palestiniens : des candidats, des édiles publics et aussi les plus hauts dirigeants politiques israéliens, qui contrôlaient les checkpoints partout à l’intérieur de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, et toutes les facettes du déroulement de ces élections à Jérusalem Est.

J’ai dit très clairement que je n’ai jamais clamé que les juifs états-uniens contrôleraient les médias, mais j’ai réitéré que le parti pris écrasant en faveur d’Israël a pour origine des chrétiens comme moi-même, à qui on a enseigné depuis l’enfance à honorer et à protéger le peuple élu de Dieu, duquel est issu notre sauveur, Jésus Christ.

Un facteur supplémentaire, en particulier dans l’arène politique, est la puissance influence de l’AIPAc, qui exerce sa mission légitime consistant à expliciter les politiques actuelles du gouvernement israélien, et à susciter un maximum de soutien dans notre pays.

Or, il n’y a aucune expression d’opposition à cela.

Je connais bien les actes d’extrême violence qui ont été perpétrés contre des civils innocents, et je comprends la peur qu’ont beaucoup d’Israéliens que les menaces contre leur sécurité et même contre leur existence, en tant que nation, restent présentes. J’ai redit ma condamnation catégorique de tous ces actes de terrorisme.

La question des propositions que je formule pour le Moyen-Orient m’ayant été posée, je les ai résumées par l’appel aux membres du Hamas et aux autres Palestiniens les exhortant à renoncer à la violence et à faire leur l’ engagement pris par les nations arabes en 2002 : reconnaissance totale du droit d’Israël à exister en paix à l’intérieur de ses frontières légalement reconnues de 1967 (à modifier éventuellement par accord mutuel et des échanges de territoires). Cela serait conforme aux résolutions de l’Onu, à la politique officielle des Etats-Unis, à l’engagement pris à Camp David en 1978 et à Oslo en 1993, ainsi qu’aux principes du Quartette international, « La Feuille de Route vers la paix ».

Une mesure immédiate serait la reprise de conversations de paix entre Israël et les Palestiniens, interrompues désormais depuis six ans. Le président Mahmoud Abbas est le porte-parole officiel des Palestiniens, ainsi que le Président de l’Autorité nationale palestinienne et de l’Organisation de Libération de la Palestine, et il en a appelé de manière constante à des pourparlers de paix. J’ai demandé aux rabbins de rejoindre un effort visant à inciter le gouvernement israélien à se conformer à cette proposition.

De plus, j’ai fait observer que le peuple palestinien était privé des besoins vitaux élémentaires par les restrictions économiques qui lui sont imposées par Israël et les États-Unis, au motif que 42 % des Palestiniens ont voté en faveur des candidats du Hamas aux dernières élections. Des enseignants, des infirmières, des policiers, des pompiers et d’autres employés ne sont plus payés, et l’ONU a fait savoir que les réserves de nourriture, à Gaza, équivalent à celles dont disposent les familles les plus pauvres de l’Afrique subsaharienne, la moitié des familles survivant en ne faisant qu’un unique repas quotidien. Mon autre requête était que les citoyens juifs états-uniens contribuent à rendre moins lourd le calvaire des Palestiniens.

Le président du groupe, le Rav Andrew Straus, suggéra alors que je dise clairement à tous les juifs états-uniens que mon utilisation du terme « apartheid » ne s’applique pas à la situation à l’intérieur d’Israël, que je reconnais la profonde préoccupation des Israéliens causée par la menace terroriste et les autres actes de violence commis par certains Palestiniens, et que la majorité des Israéliens veulent sincèrement vivre en paix avec leurs voisins. Le but de cette lettre est précisément de rappeler ces points.

Nous avons ensuite formé un cercle en nous tenant par la main, tandis qu’un des rabbins priait. J’ai dédicacé des exemplaires de mon livre, comme mes interlocuteurs m’en avaient prié, et l’aumônier juif des armées, le Rav Bonnie Koppell m’a offert un livre de prières.

J’ai consacré une bonne partie de ma vie d’adulte à tenter d’ amener la paix à Israël, et ma prière personnelle sera pour que tous ceux d’ entre nous qui veulent voir les Israéliens jouir d’une paix durable avec leurs voisins se joignent à cet effort collectif.

Sincèrement

Jimmy Carter
Le pasteur baptiste Jimmy Carter est ancien président des États-Unis (1977-1981). Il a reçu le prix Nobel de la paix 2002 et préside le Carter Center à Atlanta
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