Développement économique et social au Sahara & CORCAS


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Vieux 29/12/2006, 16h28
 
Date d'inscription: juin 2004
Messages: 1 239
Par défaut Développement économique et social au Sahara & CORCAS

S'il apparait que Le sahara marocain aura été marqué politiquement en 2006 par la création du CORCAS, on pourra fortement regretter que cette entité n'a fait que du lobbying en faveur de l'idée de "large autonomie" pour nos provinces du Sud.
Depuis Mars 2006, 9 mois n'auront même pas été suffisants à sortir une proposition élaborée d'autonomie.

Si encore le CORCAS avait essayé de régler les problèmes quotidiens économiques et sociaux de nos concitoyens sahraouis ... sans doute nous pourrions nous montrer patients.

Récemment 1 sahraoui revenu cette année des camps de Tindouf s'est élevé contre l'inefficacité de ce CORCAS sur le terrain (au Sahara): Daifallah Yahdih

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Le Polisario ne représente personne, mais le CORCAS aussi. Nous ne voulons ni de Mohamed Abdelaziz, ni de Khelli-Henna Ould Errachid. Si le gouvernement veut déboucher sur une solution à ce conflit, il doit éloigner les intermédiaires.
...Il faut dépasser les courses pour les postes et le pouvoir. Je considère que la seule solution consiste à des négociations directes avec les citoyens à Laâyoune, Boujdour et Smara. Il faut trouver une méthode administrative pour résoudre les problèmes sociaux des populations et neutraliser tous ceux qui prétendent être les porte-voix de ces dernières.
....Il ne faut plus que 10 % des Marocains seulement continuent à s'emparer des rênes du pays au détriment des pauvres qui constituent la majorité. Il nous faut une révolution sociale sous la direction de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.
"

Ces propos tenus par cet idéologue sahraoui reconnu, a le mérite d'être en phase avec la réalité d'une jeunesse sahraouie qui souffre de plus en plus du chômage, de l'oisiveté, du manque d'animations socio-culturelles et sportives dans ces régions.
Ceci a été écrit par "Maroc Hebdo International" à la suite d'une enquête faite sur le terrain:

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En tout cas, ce qui est sûr, c'est que, avec sa gestion purement sécuritaire du problème, l'Etat marocain ne fait que remuer le couteau dans une plaie déjà bien purulente. En quoi la réprimande, les coups de matraque et les arrestations massives changeront-ils la situation de ces jeunes?
Et ce n'est pas l'interdiction de sites pro-indépendantistes qui empêchera cette jeunesse de crier son mal-être.

En effet, aussi efficace soit-il, face à l'immensité et à la réactivité d'un réseau virtuel qui ne connaît aucune contrainte d'espace ou de temps, le quadrillage des autorités a ses limites.

50% des habitants des provinces du Sud ont moins de 18 ans et plus de 40% moins de 30 ans. 30% des jeunes diplômés sont au chômage et 70% de la population est citadine. A Guelmim-Smara, seuls 44,8% des jeunes de 20-24 ans et 54,7% des 25-29 ans sont actifs. Le taux d'analphabétisme dépasse les 20% chez les 15-24 ans et grimpe à près de 40% chez les 25-34 ans.
De nombreux jeunes n'ont pas la chance de poursuivre leurs études… ou de bénéficier, comme 8.000 autres Laâyounis depuis 1975, d'un poste à l'Entraide nationale. A titre d'exemple, dans la région de Guelmim-Smara, seuls 4% environ des jeunes scolarisés (âgés de 10 ans et plus) sont parvenus au cursus supérieur, alors que 27,9% des élèves ont décroché au primaire et 15,5% au collège. Le décrochage précoce du système scolaire, en pleine adolescence, ouvre alors la brèche à tous les excès, dont la consommation de drogue, quand les jeunes ne pensent pas à embarquer dans une patera pour tenter leur chance de l'autre côté de la Méditerranée, via les îles Canaries.
...
Les cités du Sud marocain souffrent également d'une insuffisance patente d'infrastructures socio-culturelles et sportives. Les efforts de communication de l'Agence pour la promotion et le développement des Provinces du Sud ne seront jamais en mesure de contrecarrer la simplicité d'un constat, aberrant, dont l'Agence se fait «involontairement» l'écho sur son site. Une unique maison de la culture (un musée des arts sahariens, un conservatoire de musique et une salle polyvalente) pour toute la région de Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra (29% de la population des provinces du Sud) inaugurée le 11 janvier 2001 à Laâyoune. Encore mieux «lotie», la vaste région de Oued Eddahab-Lagouira est dotée en tout et pour tout d'un foyer féminin, d'une maison de jeunes et de trois établissements de formation professionnelle, tous localisés à Dakhla. Une misère culturelle qui n'étonne pas grand monde dans des régions où plus de 30% de la population citadine s'éclaire encore à la bougie et où près de 70% des habitants des villes ne disposent pas de salle de bain moderne ou de douche dans leur résidence.
Côté économique, les investisseurs, les notables et les riches des régions concernées préfèrent placer leur argent par prudence dans le nord du Maroc ou à l'étranger, bien que le Sud regorge de richesses naturelles
...
La vie sociale est réduite, elle aussi, à peau de chagrin, au grand dam d'une jeunesse assoiffée de mouvement et de connaissances. Une jeunesse qu'on n'évoque, et encore indirectement, que lors des commémorations d'événements historiques. Inutile de se voiler la face, les jeunes Sahraouis n'ont aucune visibilité quant à leur avenir.
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