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| LE MONDE | 01.10.03 LES GRANDS PRINCIPES républicains interdisent de savoir combien de jeunes beurs s'engagent chaque année dans l'armée française. Il n'est pas question de demander aux nouvelles recrues leur confession ou leur origine ethnique. Mais la Seine-Saint-Denis est le seul département qui possède deux centres d'information et de recrutement de l'armée de terre. Et, visiblement, ils ne chôment pas. "Aïcha, Mohamed, Chaïb... engagés pour la France", le documentaire de Yamina Benguigui qu'on pouvait voir mardi soir sur France 3 donne une idée de l'ampleur du phénomène. Parce qu'elle leur procure un métier, leur permet de sortir de leurs cités ou de faire des études, l'armée compte un nombre croissant de jeunes issus de l'immigration maghrébine. Les fils ou filles de harkis font le pas plus facilement que d'autres. " Moi, je me sens française, tout simplement", explique Noura Beradeï, caporal-chef à Marseille, dont l'enfance a été bercée par le son du clairon et qui a deux frères dans l'armée. Mais, pour Aïcha, qui n'a pas cette filiation, il y a une interrogation qu'elle exprime lorsqu'elle pose sa candidature à l'école de sous-officiers de Saint- Maixent : est-ce qu'on peut l'envoyer un jour combattre son pays d'origine, l'Algérie ? L'officier qui la recrute lui répond qu'un ordre est un ordre. "Lorsque j'ai passé le concours de la gendarmerie, j'ai dit à mes parents : "Ça y est, je suis sorti de la misère"", raconte le maréchal des logis-chef Mohamed Benazzedine. Ses parents sont très fiers de l'entendre appeler "chef" lorsqu'ils viennent le voir à la gendarmerie. Ils ont tout misé sur l'éducation de leurs enfants, alors que d'autres familles immigrées utilisent leurs économies pour faire construire une maison dans leur pays natal. Le futur maréchal des logis-chef était le premier de sa classe à l'école primaire, et ne pouvait en aucun cas les décevoir. Le rapport avec les parents et le regard des autres sont un souci permanent pour ces jeunes militaires. L'un d'eux considère l'uniforme comme une protection. Lorsqu'il est en civil, dans le métro, à Paris, il constate qu'il redevient un objet de soupçon aux yeux des autres passagers. Est-il celui qui a récemment vandalisé leur voiture ? Un autre, second maître dans la marine, a dû se résigner à l'évidence : il ne peut toujours pas entrer dans une discothèque de Toulon. :-) |
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Merci Alkhansaa :-) |
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il y avait un reportage sur la 3 hier soir... mais le terme "beurs" grrrrr |
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L’armée s’ouvre timidement aux Beurs Si la professionnalisation de l’armée pousse celle-ci à recruter dans toutes les sphères de la société, les jeunes d’origine maghrébine demeurent très largement marginalisés. Certes, les mentalités ont bougé, chez les militaires où les réticences et le racisme ont reculé, comme chez les Beurs que les possibilités de promotion sociale et les prestiges de l’uniforme peuvent attirer. Mais les militaires sont loin d’être à l’image de la société française dans sa diversité. Enquête dans une institution qui n’aime guère dévoiler ses carences. Les Beurs dans l’armée ? La question étonne, suscite la prudence ou choque. Rien de particulier à observer ! Chef des ressources humaines de la gendarmerie, le général Henri-Charles Puyou assure que « les jeunes issus de l’immigration sont bien intégrés dans l’armée », et nombre de militaires d’origine maghrébine le confirment. Le capitaine Michel Hadj, aide de camp du chef d’état-major de l’armée de l’air, n’a « jamais senti d’obstacle ». Au contraire, l’armée lui a tout donné. Le soldat Ali Messaoud ne voit pas l’intérêt du sujet puisque, « dans ma section, il y a plus de maghrébins que de femmes ». Pourtant, l’institution revient de loin. En 1990, lorsque le colonel Yves Biville, chef du Centre d’études sur la sélection du personnel de l’armée de terre (Cespat), remet au ministre de la défense de l’époque, M. Jean-Pierre Chevènement, un rapport sur les Beurs et le service national, ses conclusions sont accablantes. Les « jeunes Français d’origine maghrébine » (JFOM), selon l’expression du rapport, restent confinés dans des postes subalternes. Pour eux, « pas de permis de conduire, pas d’insertion professionnelle, pas de promotion ». Leur religion n’est pas suffisamment prise en compte, pas plus que les prescriptions alimentaires qui en découlent (lire encadré). Par défiance, « les JFOM commettent 3,5 fois plus de désertions, 6 fois plus de refus d’obéissance, 6 fois plus d’outrages à supérieurs et 8 fois plus d’insoumission (1) ». Le ministère de la défense adopte alors plusieurs mesures pour différer l’âge d’appel de ces jeunes, les réformer (un quart seulement accomplissent alors leurs obligations militaires), et disperser les autres dans les unités. L’épisode des « Beurs au service » tombe aux oubliettes comme bon nombre des recommandations (cinquante-deux au total) du rapport, censées faciliter leur intégration dans l’armée. Depuis, les multiples instances politiques et militaires chargées d’accompagner la professionnalisation, décrétée en 1996, ont produit un important matériel de réflexion sur les liens entre l’institution, la jeunesse et la nation, mais rien, ou presque, sur l’identité de cette jeunesse. L’armée, à l’image de la République, répugne au traitement différencié de ses troupes : elle se veut, « par ses traditions et ses structures, un univers favorable à l’intégration des jeunes français d’origine maghrébine (2) », comme il fut répondu, en 1996, au sénateur Bertrand Delanoë, qui s’inquiétait des suites données au rapport Biville. Dès la Grande Guerre, l’armée française avait formé des troupes « indigènes d’Afrique du Nord » qui, en 1939, comptaient 127 875 engagés et appelés d’Algérie (53 %), du Maroc (28 %) et de Tunisie (19 %). Mais si le corps militaire y fait volontiers référence comme témoignage de sa « tradition intégrationniste », il évoque rarement leur détention dans les stalags de 1940 à 1944 et l’absence de reconnaissance pour leur participation à la Libération - malgré les 11 193 tués et 39 645 blessés (3). En 2001, la présence des petits-enfants de ces héros dans l’armée n’est pas quantifiable. Officiellement, aucune donnée ne mentionne l’origine des engagés. Retranchée derrière la loi du 6 janvier 1978, dite Informatique et libertés, qui interdit ou limite « les possibilités d’enregistrement et de conservation de certaines informations sensibles (informations qui directement ou indirectement font apparaître les origines raciales ou les opinions politiques, philosophiques ou religieuses des personnes) (4) », l’institution assure garantir l’égale représentation de la société française. M. François Cailleteau, ancien contrôleur général des armées, le soutient : « Les recrutements ne se font pas sur la base de l’origine raciale. On peut le garantir, mais pas le mesurer. Comment savoir s’il y a discrimination si on ne peut établir la différence entre le nombre de candidats et celui d’engagés. » Chef du centre d’information et de recrutement de l’armée de terre (Cirat) à Tours, le capitaine Robischung accepte à titre exceptionnel d’interpréter les patronymes des engagés passés depuis deux ans par son centre : « Sur 250 recrues, 4 % sont d’origine maghrébine. » « Le mépris des potes » S’il n’y a guère actuellement d’atti tude ouvertement raciste dans l’armée, M. Mohammed Benazzedine, gendarme à Versailles, l’explique par la vigilance de ses responsables à tout écart de langage ou comportement à connotation raciste (5). La crainte de l’éclaboussure et les possibilités de recours minimisent les frictions. « Nous avons le code pénal avec nous, et le premier endroit où il doit s’appliquer, c’est ici. Et puis notre présence dans les unités contribue à faire reculer les idées reçues de certains collègues. » Chaque corps de l’armée a développé sa propre stratégie à l’égard des jeunes les moins favorisés, parmi lesquels on en compte beaucoup d’origine maghrébine. La marine a créé un contrat court (deux ans non renouvelable) pour des fonctions peu spécialisées, mais l’afflux de candidatures en provenance des « quartiers » l’a conduit à « réviser ses critères de sélection ». Confirmée par les uns, mais démentie par le porte-parole de la défense, la mutinerie d’une soixantaine de jeunes engagés volontaires protestant contre leurs conditions de vie sur le porte-avions Foch, en mai 1999, n’y est peut-être pas étrangère (6). L’armée de l’air a conçu un contrat de militaire technicien de l’air (MTA), avec une durée maximale de service de huit ans (quatre ans renouvelable une fois) et la possibilité pour un petit nombre de devenir sous-officiers - les plus cyniques ont décliné MTA en « Marocain, Tunisien, Algérien ». Avec la professionnalisation, l’armée a ainsi abandonné son rôle de « creuset de la nation ». Pour le député socialiste Bernard Grasset, membre de la commission de la défense à l’Assemblée nationale, « l’armée n’est tout simplement plus là pour faire du social, elle est en pleine restructuration et pare au plus urgent ». Quant aux jeunes, ils n’ont plus de contact avec l’institution, si ce n’est lors de la journée d’appel de préparation à la défense. C’est sans doute pourquoi ils laissent libre cours à leur imagination. Mme Martine Baulon, juge pour enfants au tribunal de Bobigny, rencontre sans cesse des jeunes « écorchés vifs » qui rêvent d’une carrière dans l’armée : « Ils ont en tête le mythe de l’uniforme, du soldat héros et viril. » Pour d’autres, l’idée est repoussante. « En fonction de leur rapport à la discipline et à l’autorité, certains jeunes entretiennent une aversion profonde pour la police ou l’armée, explique-t-on à l’association Banlieues du monde. Ceux qui entrent dans un corps d’Etat doivent alors affronter le mépris des potes. » La guerre d’Algérie, et la résurgence du débat, alimenterait-elle des réticences à l’engagement ? M. Benazzedine rejette cette idée : « Il y a dix ou vingt ans, cela pouvait être considéré comme une trahison envers la communauté, mais aujourd’hui ce sont les parents qui poussent leurs jeunes à l’armée. C’est une voie de promotion sociale. » Ce que confirme à sa manière M. Nourdine Khabez, professeur en BTS : « Pour beaucoup de jeunes, l’armée, c’est la dernière chance. Les motivent l’aspect financier et le prestige. » Du côté des militaires, le député socialiste Robert Gaïa, secrétaire de la commission de la défense de l’Assemblée, a confiance en la nouvelle génération d’officiers, « qui ont moins de blocage culturel et neurologique ». Le général Elrick Irastorza, de la sous-direction du recrutement de l’armée de terre, reconnaît que les Cirat de la région parisienne sont moins sollicités. Le courant peut-il s’inverser ? Directeur de la Fondation pour la recherche stratégique, M. François Heisbourg aimerait y croire : « Les militaires sont à la recherche de compétences sur un marché de l’emploi très tendu, et ils pourraient être vite rattrapés par les réalités socio-économiques. Mais rompront-ils pour autant avec un système d’autoreproduction des élites ? » En 2001, on n’aperçoit toujours aucun Colin Powell à l’horizon de l’état-major français. Or l’armée se veut, à en croire le général Irastorza, « une émanation de la société dans toutes ses composantes, qui fédère en transcendant les particularismes ethniques, sociaux ou religieux ». Faute de répondre à ce défi, l’armée pourrait se transformer insidieusement, à l’instar de sa consoeur britannique (7), en un corps de « petits blancs ». Outre-Manche, cette image « toute blanche » et « souvent raciste » de l’armée a suffisamment inquiété pour que soit adopté, en 1998, un Plan d’action pour l’égalité des chances (Army’s Equal Opportunity Action Plan). « Depuis trois ans, les Britanniques se sont assigné comme objectif d’accroître de 1 % par an la part des minorités dans leur armée pour atteindre les 6 % à l’horizon 2003, soit la proportion des minorités en Grande-Bretagne » (les recensements comportent l’origine ethnique et la religion), explique M. Heisbourg. La méthode peut être discutée. Mais des salles de prière apparaissent dans les casernes, le respect des prescriptions alimentaires est effectif, et la police londonienne vient d’autoriser ses membres musulmanes à porter le voile. En France, la question des « jeunes issus de l’immigration », politisée à l’extrême, se trouve prise en étau entre l’urgence du débat et ce que M. Jean-Michel Belorgey, conseiller d’Etat, appelle la « crispation du législateur » face à la question des discriminations raciales. Dans ces conditions et par ses traditions, comment l’armée prendrait-elle les devants ? L’initiative de M. Jean-Pierre Chevènement, qui a demandé aux préfets « de diversifier les recrutements et de permettre l’accueil au sein des services de police des jeunes issus de l’immigration (8) », peut-elle servir de modèle ? Cette entreprise suscite la réserve des sociologues Véronique De Rudder, Christian Poiret et François Vourc’h, de l’unité de recherche migrations et sociétés du CNRS : « C’est du fait du racisme que les groupes minoritaires sont discriminés, et c’est au nom du même racisme que leur sont proposés des mesures compensatoires. Privés de leur humaine universalité par la minorisation qu’impose le racisme, on peut douter que ce soit par le recours au registre racisant le plus "élémentaire" et le plus naturalisant que les minoritaires puissent être restaurés dans leur statut d’individus universels (9). » L’armée - retranchée comme le reste de la société derrière le principe d’indifférence aux appartenances religieuses, ethniques ou culturelles - n’a pas véritablement cherché à promouvoir la constitution d’un corps pluriel. La chose se fait, timidement, d’elle-même. Pourtant, en poursuivant cette mise sous silence des particularismes et en négligeant l’importance d’une juste présence de toutes les composantes de la société française dans ses corps décisionnaires, la République exacerbe d’elle-même les contradictions de son modèle d’intégration. KARIM BOURTEL |
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Vous ne savez pas s'il repasse unautre moment dans la semaine ce reportage de Yamina Benguigui par hasard?
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moi aussi, j'ai horreur de ce mot : "beurs" :-( "beurrette" c'est encore plus horrible ! :-( :-( |
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Est-ce que vous pourriez expliquer ce que signifie ce mot pour vous ou quelles connotations vous y voyez ? :roll: |
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Mais ce sont les jeunes arabes de banlieu qui se sont surnommés comme ca. C'est vrai qu'il a été récupéré mais je me souviens encore de l'époque où on a crée ce mot. Même le groupe toulousain Zebda l'a utilisé. Pour moi ca reste un terme de banlieusards qui parlaient verlan. Des gens qui vivent au pays m'ont dit que pour eux c'était une insulte subit par les "pauvres" immigrés. J'ai l'impression que ca les touche plus que les jeunes qui ont vécu la création du terme. Perso, je l'ai jamais mal pris. :-? [quote]pour moi peronnlement ils sont nos frére et soeur marocain comme moi et les autres qui sont née au maroc seulement qu´il sont née a 2000-3000 km du maroc ...la marocanité c´est planter dans la ADN [1] c´est un hertiage ! ;-)[quote] C'est beau ! :zaama: |