Sahara marocain: Présentation en avril prochain du projet d'autonomie Le Représentant spécial du Secrétaire général de l'Onu connaît bien le dossier
Ban Ki-moon, le tout nouveau Secrétaire général de l'Onu, a nommé Julian Harston comme son Représentant spécial pour le Sahara et chef de la Minurso, en remplacement de l'Italien Francesco Bastagli. Mise en place en avril 1991, la Minurso, dont les effectifs se montaient à un total de 540 personnes dont 231 observateurs militaires, dispose d'un budget légèrement supérieur à 50 millions de dollars. Elle a essentiellement pour mandat de superviser le cessez-le-feu.
Le nouveau Représentant spécial pour le Sahara et chef de la Minurso connaît assez bien le dossier puisqu'il doit se rappeler de la date du mardi 31 octobre dernier. Ce jour-là, il y a eu un vote historique par le Conseil de sécurité qui préconise «une solution politique définitive» à la question du Sahara, tout en soutenant les efforts du Secrétaire général des Nations unies et de son représentant personnel, Peter Van Walsum. Le Conseil de sécurité avait alors prorogé le mandat de la Mission de l'Onu pour le référendum au Sahara (Minurso) pour une nouvelle période de six mois, soit jusqu'au 30 avril 2007.
Aussi bien devant la 4e commission de l'Onu à New York, qu'à l'assemblée générale, une écrasante majorité des pays membres des Nations unies se sont abstenus, en décembre dernier, de voter en faveur d'un texte algérien qui a tenté de réhabiliter le défunt plan de paix. Pas moins de 122 pays se sont soit abstenus, soit n'ont pas participé à ce vote sur un total de 192 pays membres de l'Organisation.
Pour le Maroc, la résolution onusienne confirme la démarche préconisée par le Conseil de sécurité pour le traitement de la question du Sahara marocain. Cette démarche consacre ainsi la volonté de la communauté internationale d'insuffler une dynamique nouvelle, résolument orientée vers l'avenir, au processus de règlement de ce différend régional. Car, elle écarte toutes les propositions antérieures dont le caractère caduc est définitivement établi. D'ailleurs, un rapport de l'Onu enterre définitivement le Plan de paix Baker II et écarte toute solution imposée.
Pour progresser vers une solution politique consensuelle et définitive à ce conflit artificiel, le Maroc a exprimé sa disposition à présenter un projet d'autonomie qui permette aux habitants du Sahara de gérer leurs affaires dans le cadre de la souveraineté nationale et de l'intégrité territoriale du Royaume.
Selon le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Nabil Benabdellah, le Maroc présentera le projet d'autonomie du Sahara occidental à l'Onu en avril prochain. M. Benabdellah a expliqué que «le Premier ministre Driss Jettou a exposé une première mouture du projet d'autonomie pour le Sahara qui s'articule autour de trois axes : la souveraineté du Maroc, la prise en compte des particularités sociales et culturelles de la région et des critères internationaux en matière d'autonomie». Autrement dit, le projet s'inspire de la nécessité de parvenir à un compromis politique en déléguant de larges compétences à la population concernée dans le respect des prérogatives de la souveraineté du Maroc.
Dans ce cadre, une seconde phase de consultations sur le projet sera engagée auprès des partis politiques, des notables et des représentants des tribus sahraouies, ainsi qu'à l'échelle internationale. Source | Le Matin Maroc |