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| Bonjour ma soeur, Citation:
Sais-tu que les Hadiths que tu lis ne sont pas les paroles fraiches du Messager saws? Sais-tu que ces hadiths sont rapportés depuis L'époque du Messager saws ( 7 é siècle ) par des personnes certes connues intégres et pieuses avec une liste de noms bien connus du monde musulman, mais que CETTE CHAINE S'ARRETE à L'EPOQUE DE MUSLIM (9é siècle). Sait-tu que nous N'AVONS PLUS DE LISTE DES PERSONNES QUI ONT RECOPIE ces hadiths, depuis Muslim jusqu'à nos jours? du 9é au 21 é siécleC'est à dire que ces récits sont recopiés plusieurs fois PAR DES INCONNUS en majorité DEPUIS PLUS DE MILLE ANS? C'est TOUT A FAIT LA MEME METHODE QUE POUR LES EVANGILES? Alors pourquoi tu ne crois plus aux Evangiles et tu crois aux Hadiths? Citation:
Il s'agit ici de religion et de retribution dans un au-delà éternel ,la priorité ne doit pas être pour la beauté mais pour LA VERACITE et L'AUTHENTICITE. Je suis desolé de le dire , mais la beauté est parfois trompeuse,et n'est qu'une apparence et relève plutôt de LA PASSION.Or Dieu nous interdit de suivre nos passions! Al-Qasas - 28.50. Mais s'ils ne te répondent pas, sache alors que c'est seulement leurs passions qu'ils suivent. Et qui est plus égaré que celui qui suit sa passion sans une guidée d'Allah ?.... (désolé pour le mot égaré) Citation:
Citation:
Az-Zukhruf - 43.78. “Certes, Nous vous avions apporté la Vérité; mais la plupart d'entre vous détestaient la Vérité”. Yusuf - 12.106. Et la plupart d'entre eux ne croient en Allah, qu'en lui donnant des associés. Ad-Dukhan - 44.39. Nous ne les avons créés qu'en toute vérité. Mais la plupart d'entre eux ne savent pas. Ash-Shu'araa - 26.8. Voilà bien là une preuve ! Et la plupart d'entre eux ne croient pas. Al-An'am - 6.116. Et si tu Obéis à la majorité de ceux qui sont sur la terre, ils t'égareront du sentier d'Allah : ils ne suivent que la conjecture et ne font que fabriquer des mensonges Que Dieu nous éclaire pour trouver le chemin de la droiture ma soeur. Dernière modification par elie01 ; 05/02/2007 à 12h37. |
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#32
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| Citation:
mais une chose certaine nous différencie contrairement a toi, je n'ai jamais eu l'audace et le culot (parce que là il en faut) de traiter quique se soit d'égaré PS: nous avons déjà eu l'occasion de débattren a se sujet et une fois de plus tu élude le sujet de la salaty que je t'ai exposé tien un cadeau tu vas te reconnaitres dans la question Question : Vous et d'autres vous fondez souvent sur des Hadîths, textes attribués en tant que dires, gestes et approbations à notre Prophète Muhammad (la paix soit sur lui). Pour ma part j'ai plutôt tendance à penser que si le Coran est notre source à nous musulmans, le Hadîth n'a pas été retransmis avec suffisamment de certitude pour servir de source (...). Et puis le Hadîth n'est pas l'objet de suffisamment de vérification quant à son authenticité. Réponse : Les Hadîths n'ayant pas été systématiquement et immédiatement mis par écrit comme l'ont été les versets du Coran, des Hadîths inventés sont effectivement apparus des années après la mort du Prophète (sur lui la paix), à partir de l'épreuve que constitua la bataille de Siffin et des divisions qui s'ensuivirent. Il s'agissait de prouver que tel personnage était supérieur, sur la base d'une parole du Prophète même, cela se fît-il en prêtant au Prophète ce qu'il n'avait pas dit. Cela est vrai. Cependant, ce qu'il importe de relever, c'est que très tôt, dès les premiers temps et avant même l'épreuve sus-citée, on s'est soucié de vérifier l'authenticité des textes attribués en tant que paroles, d'actes ou d'approbations au Prophète. Autrement dit de vérifier le fait que l'attribution de telle parole, tel acte et telle approbation au Prophète n'était pas le résultat d'un mensonge ou d'une erreur. 1. Le Prophète lui-même met en garde contre l'invention de Hadîths et demande d'être prudent : "Mentir à mon sujet n'est pas comme mentir au sujet de quelqu'un d'autre. Celui qui ment (et me prête ce que je n'ai pas dit), qu'il prépare son séjour en enfer" (rapporté par al-Bukhârî, n° 1229, et d'autres). "Viendront à la fin des temps des trompeurs menteurs qui vous apporteront des Hadîths que ni vous ni vos pères n'aviez entendus. Préservez-vous d'eux : qu'ils ne vous égarent ni ne vous tentent" (rapporté par Muslim, al-Muqaddima). "Préservez-vous de citer de moi des Hadîths à l'exception de ceux dont vous savez (que je les ai dits). Car celui qui ment à mon sujet, qu'il prépare son séjour en enfer" (rapporté par at-Tirmidhî, la version rapportée par Ibn Abî Shayba est authentique d'après al-Albânî). 2. Omar demande d'être particulièrement prudent lorsqu'on cite des Hadîths : Pendant son califat, Omar, envoyant une délégation de Compagnons ansârites dans la ville de Kufa (en Irak), les accompagna jusqu'à ce qu'ils quittent la ville de Médine. Il leur fit entre autres recommandations : "Vous allez partir pour Kufa et vous rendre auprès de gens qui récitent souvent le Coran. Ces gens diront à votre arrivée : "Des Compagnons du Prophète sont arrivés, des Compagnons du Prophète sont arrivés !" et viendront vous rencontrer pour vous demander de leur citer des Hadîths. Citez avec parcimonie des paroles du Prophète… " (rapporté par Ibn Mâja, n° 28, ad-Dârimî, n° 282). Mu'âwiya disait : "Préservez-vous de citer des Hadîths [de façon légère], mais [vous pouvez citer librement] les Hadîths connus à l'époque de Omar. Car Omar rappelait aux gens leurs responsabilités vis-à-vis de Dieu" (rapporté par Muslim, n° 1037). |
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#33
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| 3. Des Compagnons cherchent à s'assurer de l'authenticité du propos qui leur est présenté en tant que Hadîth : Abû Bakr, premier calife de l'Islam, mort deux ans après le Prophète, demanda une fois si quelqu'un avait entendu le Prophète dire quelque chose au sujet de la part d'héritage de la grand-mère. Al-Mughîra ibn Chu'ba affirma qu'il avait, lui, entendu le Prophète lui donner le sixième de la somme laissée en héritage. Abû Bakr vérifia : "Quelqu'un d'autre que toi sait-il également cela ?" Muhammad ibn Maslama confirma alors les dires de Al-Mughîra (rapporté par at-Tirmidhî, Abû Dâoûd, etc.). Omar, deuxième calife de l'Islam, demanda une fois quelle règle devait s'appliquer au cas où une femme enceinte perdait son enfant à cause d'un coup volontaire de la part de quelqu'un. Al-Mughîra ibn Chu'ba affirma qu'il avait entendu le Prophète dire que l'auteur du coup devait dédommager la mère par un esclave. Omar exigea : "Amène-moi quelqu'un qui témoigne avec toi (avoir entendu cela du Prophète) !" Muhammad ibn Maslama apporta alors son témoignage (rapporté par al-Bukhârî, Muslim). Abû Mûssâ al-Ach'arî ayant un jour rapporté que le Prophète avait dit : "On doit demander par trois fois la permission d'entrer dans une maison. Si on obtient la permission, tant mieux, sinon doit s'en retourner". Omar lui demanda alors d'apporter le témoignage de quelqu'un d'autre ayant lui aussi entendu cette parole du Prophète. Abû Sa'îd al-Khudrî apporta ensuite ce témoignage (rapporté par Al-Bukhârî, Muslim). Omar dit alors à Abû Mûssâ : "Sache que je n'ai pas de doute à ton sujet. Mais je crains que des gens ne se mettent à inventer des propos et qu'ils les attribuent au Prophète" (rapporté par Abû Dâoûd, n° 5184). Cette phrase de Omar nous montre bien qu'il ne pensait pas qu'un Hadîth n'est acceptable que s'il est rapporté par deux personnes au minimum (il a lui-même accepté d'autres Hadîths rapportés par une seule personne : par exemple celui rapporté par Abd ur-Rahmân ibn 'Awf à propos des Zoroastriens, à propos de la peste, etc.). Omar entendait seulement enseigner aux gens d'être prudent et de procéder à des vérifications avant d'attribuer une parole au Prophète. Il arrivait à Alî, pour sa part, de demander à la personne qui lui citait un Hadîth, de faire le serment par Dieu que ce Hadîth était authentique (rapporté par at-Tirmidhî, n° 406). Le Compagnon Amr ibn Abassa raconta une fois à Abû Umâma avoir entendu le Prophète dire à propos que des ablutions parfaites suivies d'une prière de deux cycles conférait à celui qui les faisaient telle et telle récompense. Abû Umâma, qui était lui aussi un Compagnon du Prophète, lui dit : "Considère ce que tu dis, Amr ibn Abbassa ! Pour une action unique, un homme aurait une récompense aussi grande !" Mais Abû Umâma le tranquillisa en lui prouvant que le Prophète l'avait bien dit (rapporté par Muslim, n° 832). Mahmûd (un jeune Compagnon) rapporta une fois de 'Itbân (un Compagnon plus âgé) que celui-ci avait entendu le Prophète dire : "Dieu a interdit sur l'enfer celui qui dit sincèrement "il n'y a de divinité que Dieu". Abû Ayyûb al-Ansârî, un autre Compagnon, qui était présent, demanda alors à vérifier l'authenticité de cette parole. Mahmûd fit alors le serment de se référer de nouveau à 'Itbân dès qu'il retournerait à Médine (où celui-ci se trouvait) (rapporté par Muslim, n° 33). Abdullâh ibn Omar rapporta une fois que le Prophète avait dit : "Le défunt est puni pour les pleurs que ses proches font à sa mort". Ibn Abbâs l'informa alors que Aïcha avait expliqué que le Prophète ne pouvait avoir dit qu'un défunt serait systématiquement puni pour les pleurs de ses proches, car ceci contredisait le verset du Coran offrant la règle générale : "Nulle âme ne portera le péché d'une autre" (rapporté par al-Bukhârî, n° 1226, Muslim, n° 928). En une autre occasion, ayant été informée de ce que Abdullâh ibn Omar rapportait, Aïcha dit : "(Abdullâh) n'a pas menti, il a mal compris." Puis elle expliqua qu'en fait, le Prophète était passé près de la tombe d'une personne morte dans l'incroyance. Les proches de la défunte la pleuraient, et le Prophète dit alors que pendant que ses proches pleuraient sa mort, la défunte était en train d'être punie dans sa tombe pour son incroyance (rapporté par Muslim, n° 932). 4. La prise en compte de l'honnêteté de celui qui rapporte le Hadîth : L'apparition de faux Hadîths amena les savants musulmans à faire preuve de plus grande prudence encore. Ainsi, Bushayr al-'Adawî se rendit un jour auprès de Ibn Abbâs et commença à citer devant lui de nombreux Hadîths : "Le Prophète a dit : …". Mais Ibn Abbâs ne prêta pas grande attention à cela. Bushayr le lui fit remarquer : "Je te cite des Hadîths du Prophète et tu ne m'écoutes même pas ?" Ibn Abbâs fit : "Il fut un temps où, lorsque nous entendions quelqu'un dire : "Le Prophète a dit…", nous nous tournions vers lui avec nos yeux et nos oreilles. Mais depuis que les gens ne font plus attention, nous ne prenons plus que les Hadîths que nous connaissons" (rapporté par Muslim, al-Muqaddima). Un événement amena également ces savants à être particulièrement prudents : l'apparition des tendances déviantes (kharijites, etc.). Ibn Sîrîn explique : "(Dans les premiers temps,) les savants ne questionnaient pas au sujet des chaînes de transmission. Mais depuis l'épreuve (fitna), ils se sont mis à dire : "Dites-nous quels hommes (ont rapporté ce Hadîth) !"…" (rapporté par Muslim, al-Muqaddima). Dans le même ordre d'idées, voici ce que al-Mughîra affirmait : "Il n'y a que les élèves de Ibn Mas'ûd qui rapportent de façon véridique les paroles de Alî" (rapporté par Muslim, al-Muqaddima). En résumé : C'est depuis les premiers temps de l'Islam qu'est apparu le souci de se préserver des faux Hadîths. Au fur et à mesure, les critères se sont affinés pour la vérification de l'authenticité du Hadîth. Au point de disposer désormais des méthodes évoquées dans mon article : Pourquoi dit-on de certains Hadîths qu'ils sont faibles ? Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux). |
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| Autre article interessant Pourquoi se référer non seulement au Coran mais aussi aux Hadîths ? Certaines personnes disent se suffire de la référence au Coran et que la référence aux Hadîths n'est non seulement pas nécessaire, mais est même nocive dans la mesure où on donne au Prophète la même place qu'à Dieu en terme de source de législation suprême. Que penser de ces affirmations, nous allons le voir ci-après. 1) Ce que le Coran lui-même dit : Le Coran parle du Prophète Muhammad (sur lui la paix) comme étant un messager qui "enseigne (aux hommes) le Livre et la Sagesse" (Coran 2/129, 3/164, 62/2). Le "Livre" est bien sûr le Coran, que le Prophète a retransmis aux hommes ; quant au terme "Sagesse" ici employé, il désigne la Sunna, comme en témoigne cet autre verset, dans lequel Dieu dit aux épouses du Prophète : "Et gardez en mémoire ce qui est récité dans vos maisons, de Versets de Dieu et de la Sagesse" (Coran 33/34). En plus des versets coraniques, quoi donc d'autre que les propos du Prophète les épouses de celui-ci entendaient-elles dans leur maison ? "Et ce que le Messager vous apporte, prenez-le, et ce que qu'il vous interdit, abstenez-vous en" (Coran 59/7). "Conformez-vous à (ce que dit) Dieu et conformez-vous à (ce que dit) Son Messager" (Coran 5/92). "Conformez-vous à ce (que dit) Dieu et conformez-vous à (ce que dit)Son Messager et à (ce que disent) les détenteurs de l'autorité parmi vous ; si vous divergez alors au sujet de quelque chose, faites référence de cette chose auprès de Dieu et de Son Messager si vous croyez en Dieu et au jour dernier" (Coran 4/59) : il s'agit bien de deux sources : les paroles de Dieu et celles du Prophète : si le Prophète ne faisait que transmettre les paroles de Dieu, le verbe "conformez-vous à" n'aurait pas été répété, exactement comme il n'a pas été répété avant "les détenteurs de l'autorité". 2) Pourquoi le besoin des enseignements de la Sunna en plus de ceux du Coran ? La Sunna montre la façon humaine de vivre les enseignements coraniques : 2.a) la Sunna détaille les enseignements du Coran, qui demeurent, eux, souvent d'ordre général ; le Coran dit simplement : "Accomplissez parfaitement la prière" (73/20 etc.) ; mais c'est le Prophète qui a détaillé quelles sont les invocations, les postures et la concentration qui composent la prière ; il en est de même concernant la zakâte, le jeûne, le pèlerinage, les invocations, etc. : le Coran se contente de mentionner sommairement ces actions, tandis que c'est le Prophète qui les a détaillées ; 2.b) la Sunna définit le champ d'application des lois coraniques, en déterminant les conditions pour leur applicabilité et les exceptions dans leur application : ainsi en est-il des conditions d'applicabilité de certaines peines mentionnées telles quelles dans le Coran ; 2.c) la Sunna offre les repères humains pour la mise en pratique d'enseignements qui, sinon, demeureraient fort théoriques car n'existant que sous formes de phrases dans un Livre ; ainsi, le Coran dit : "Accomplissez parfaitement la prière" (73/20 etc.) et fait les éloges de "ceux qui, dans leur prière, sont dévoués" (23/2) ; mais voilà des paroles qui resteraient très théoriques pour nous si nous n'avions pas de repères humains quant à la façon de les vivre ; et ces repères, nous les avons eus par le biais du Prophète, qui priait la nuit au point qu'on lui demanda pourquoi il se donnait autant de peine (al-Bukhârî 6106 Muslim 2819) ; dont on entendait, lorsqu'il priait, montant de sa poitrine, le son de ses pleurs (Abû Dâoûd 904, an-Nassâ'ï 1214) ; qui a dit : "La fraîcheur de mes yeux a été placée dans la prière" (an-Nassâ'ï 3940) et : "Bilâl, donne le second appel vers la prière et procure-nous le repos par celle-ci" (Abû Dâoûd 4985) ; voilà les repères humains montrant comment il s'agit de mettre en pratique cette "dévotion dans la prière" dont parle le Coran ; on pourrait passer en revue d'autres aspects de sa vie ; 2.d) la Sunna offre aussi le modèle humain pour la mise en pratique de l'ensemble des règles qu'offre le Coran : elle induit un équilibre en plaçant chaque enseignement à sa place et en prévenant les risques d'excès : c'est bien le Prophète qui a enseigné comment à la fois être dévoué à Dieu, s'engager pour Sa cause, et avoir une vie humaine normale ; sans ce modèle, les musulmans se consacreraient à un enseignement coranique au détriment de tous les autres. 2.e) la Sunna offre une dynamique dans la mise en œuvre des enseignements coraniques : certains enseignements du Coran ne sont applicables que lorsque certains points ont pu être réalisés ; c'est la référence à la Sunna qui permet de le comprendre (lire à ce sujet notre article Comprendre les différences de situations des musulmans). Tout ceci fait que le rapport entre les éléments communiqués par la Sunna et les éléments du Coran est comparable, toutes proportions gardées, au rapport existant entre la loi, décidée par l'autorité législative du pays, et le décret d'application de cette loi, décidé par l'autorité exécutive du même pays. 3) Les données de la Sunna par rapport à celles du Coran : Par rapport aux données du Coran, celles de la Sunna : 3.a) soit disent exactement la même chose ; 3.b) soit détaillent ce que le Coran a évoqué de façon sommaire ; 3.c) soit apportent une règle que le Coran n'a pas du tout évoquée. Exemple du premier cas (3.a) : tous les Hadîths où le Prophète dit que l'accomplissement de la prière est nécessaire, ainsi que tous ceux où il dit que donner l'aumône est nécessaire : ceci rejoint les versets coraniques où Dieu ordonne d'accomplir la prière et donner l'aumône (Coran 2/83, 73/20 etc.). Ce cas de figure rejoint le point 2.c évoqué plus haut. Exemple du second cas de figure (3.b) : le Coran ordonne d'accomplir la prière et de donner la zakâte, mais ne détaille pas la façon d'accomplir la prière ni les règles relatives à cette zakâte ; c'est vers les paroles et les actes du Prophète qu'il faut se tourner pour cela. |
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| Exemple du troisième cas de figure (3.c) : le Coran a autorisé en soi la polygynie sous conditions (voir Coran 4/3) ; cependant il a formulé l'interdiction qu'un homme soit marié simultanément à deux sœurs (Coran 4/23) ; le Prophète a rajouté à cela l'interdiction qu'un homme soit marié simultanément avec une femme et sa tante maternelle (Bukhârî 4819). Ces deux cas de figure b et c relèvent des points 2.a et 2.b cités plus haut. 4) Est-ce Dieu ou bien le Prophète qui légifère ? L'islam enseigne que le droit de légiférer (de rendre permis, obligatoire et interdit) de façon absolue revient à Dieu. Dieu, dans le Coran, affirme que certains non musulmans ont pris "leurs savants, leurs moines et le Messie fils de Marie comme des divinités (rabb) en dehors de Dieu" (Coran 9/31). 'Adî ibn Hâtim, intrigué par le contenu de ce verset, questionna le Prophète Muhammad (sur lui la paix) au sujet de ce que pouvait signifier "avoir pris des moines comme divinités". Le Prophète lui fit la réponse suivante : "Ils ne rendaient sans doute pas un culte [sous forme de prosternation etc.] à ces moines, mais lorsque ces derniers leur déclaraient quelque chose permis, ils le considéraient permis. Et lorsqu'ils leur disaient que quelque chose est interdit, ils le considéraient interdit" (rapporté par at-Tirmidhî, n° 3095). Après avoir rappelé cette croyance islamique enseignant que c'est Dieu qui, de façon absolue, rend permis et interdit, Shâh Waliyyullâh écrit : "Quand on dit que le Prophète a permis ou interdit tel acte, c'est dans le sens où le propos du Prophète est l'indice certain que Dieu a permis ou interdit cet acte" (Hujjat ullâh il-bâligha 1/186) ; cela dans la mesure où : – premièrement : si cette explicitation par le Messager se faisait tantôt suivant une ijtihad à partir des principes supérieurs de la législation musulmane, tantôt ce fut suivant une révélation certes non coranique mais quand même divine qu'il reçut (nous y reviendrons plus bas) ; – deuxièmement : celui qui obéit à l'envoyé dans ce que celui-ci lui ordonne, parce qu'il le considère comme chargé de délivrer un message, celui là obéit en réalité à celui qui l'a envoyé Dieu : or Dieu a désigné Muhammad comme Son Messager auprès des hommes, avec pour mission de leur expliciter, par sa Sunna, les principes du Coran (nous avons, en 1 et en 2, vu ce point) ; dès lors : "Celui qui se conforme à (ce que dit le) Messager se conforme à (ce que veut) Dieu" (Coran 4/80) ; – troisièmement : Dieu intervenait pour rectifier les erreurs d'ijtihads faits par le Prophète (Hujjat ullâh il-bâligha, 1/371) : Il l'a fait en Coran 80/1-11 (à propos de l'aveugle duquel il s'était détourné pour se consacrer à la prédication de notables), en 9/84 (après que le Prophète eût accompli la prière funéraire sur le chef des Hypocrites), en 9/43 (à propos d'une permission que le Prophète avait donnée à des gens), en 4/105-113 (à propos du fait qu'ayant entendu un témoignage et ne sachant pas qu'il était faux, le Prophète y avait cru), en 8/67-69 (à propos de prisonniers), en 9/107-108 (ici le Prophète avait juste eu l'intention de faire quelque chose et l'avait dit). Le Prophète a rappelé cette différence de statut entre Dieu et lui dans les normes qu'il a communiquées : un jour, un orateur commença son discours par ces mots : "Celui qui suit (ce que disent) Dieu et Son Messager, celui-là est bien guidé ; et celui qui leur désobéit, celui-là s'est fourvoyé". Le Prophète dit alors : "Tu n'es pas un bon orateur ! Dis (plutôt) : "et celui qui désobéit à Dieu et à Son Messager"" (rapporté par Muslim n° 870, Abû Dâoûd n° 1099, an-Nassâ'ï n° 3279). Voyez : le Prophète a préféré que cet orateur dise : "Et celui qui désobéit à Dieu et à Son Messager, celui-là s'est fourvoyé" plutôt que "Et celui qui leur désobéit, celui-là s'est fourvoyé". Le Prophète a voulu lui rappeler qu'un esprit non averti peut croire que l'emploi de ce pronom duel signifie qu'il s'agit d'obéir à deux êtres qui sont du même niveau ("at-tashrîk fi-dh-dhamîr" "yûhimu-t-taswiyata bi-n-nazari ilâ adh'hâni ba'dhi-s-sâmi'în al-qâssirîn" : as-Sindî), et il a donc voulu que devant certains de ces esprits non avertis (peut-être y en avait-il lors de cette assemblée) on emploie les deux noms séparément : alors le nom "Messager" rappelle que si on suit aussi, en plus des paroles de Dieu, les paroles de Son Messager, c'est seulement parce que celui-ci est, comme le nom prononcé l'indique, le "Messager" de Dieu, autrement dit celui qui a été chargé par Dieu de détailler Ses paroles. (Il est également à savoir que Shâh Waliyyullâh a aussi expliqué comment et pourquoi le fait de se référer aux avis des ulémas ne contredit pas le fait que c'est bien Dieu qui légifère : il écrit : "Et quand on dit que tels et tels ulémas ont déclaré tel acte permis et tel autre interdit, c'est dans le sens où soit ces ulémas rapportent cela de Dieu pour l'avoir lu directement dans un texte du Coran ou de la Sunna, soit ces ulémas ont fait un raisonnement à partir des principes présents dans le Coran et la Sunna" (Hujjat ullâh il-bâligha 1/186).) Se référer aux Hadîths du Prophète ne contredit donc absolument pas le fait que ce soit bien Dieu qui légifère dans l'absolu. Et quand Dieu dit : "Conformez-vous à ce (que dit) Dieu et Conformez-vous à ce (que dit) Son Messager" (Coran 5/92), avec la répétition du verbe "conformez-vous" dont nous avons déjà parlé en 1, Il ne veut pas dire qu'il s'agit d'obéir à Muhammad en tant que tel et pour lui-même ; Il veut dire qu'il faut se référer à deux sources, l'une étant constituée de Ses Paroles à Lui, Dieu, et l'autre des paroles de Muhammad qui est Son Messager : ce qu'Il veut dire c'est qu'il existe, en sus de Ses paroles, une source supplémentaire qu'Il agrée, et qu'il est nécessaire de s'y référer même si cette seconde source ne mentionne pas toujours explicitement de laquelle de Ses Paroles à Lui elle a extrait telle de ses règles. 5) Les éléments de la Sunna ont-ils pour source la révélation divine ou bien sont-ils le fruit d'un raisonnement du Prophète ? Ce que le Prophète a transmis aux hommes de texte coranique a pour source la révélation divine : le contenu – le message – et le contenant – les termes – du texte coranique lui ont été communiqués par Dieu. Mais qu'en est-il des paroles personnelles qu'il a laissées aux hommes – autrement dit de la Sunna – : le contenant est sien, mais qu'en est-il du contenu : est-ce le fruit de sa réflexion personnelle ou bien est-ce quelque chose que Dieu lui a communiqué ? Différents cas doivent être dégagés… 4.a) Ce que le Prophète a enseigné qui se rapporte aux choses purement 'âdî ne relève à l'unanimité pas d'une révélation mais de son savoir humain : ce qu'il a dit de cette catégorie relève de ses connaissances personnelles et Dieu n'intervient pas en cas d'erreur de sa part à ce sujet, car cela ne relève pas de sa mission : le récit de sa remarque à propos de la fécondation des dattiers est bien connu (cf. Hujjat ullâh il-bâligha 1/372-373). |
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| 4.b) Par contre, la question reste posée pour tout ce qui constitue des éléments ta'abbudî dans les paroles, actes et approbations du Prophète. Et en fait différents cas sont à distinguer… 4.b.a) Les paroles du Prophète décrivant des scènes de la dimension invisible ou prédisant des événements futurs sont toutes le fruit d'une révélation divine reçue par le Prophète (formes A ou C de la révélation divine), sans qu'il s'agisse nécessairement de texte coranique (cf. Hujjat ullâh il-bâligha, 1/372). Cependant, seul le sens en est révélé, les termes exprimant ce sens étant ceux du Prophète (différemment du Coran, dont les termes mêmes sont révélés par Dieu au Prophète, qui ne fait que les retransmettre aux hommes) (cf. 'Ulûm ul-qur'ân, Muftî Taqî, p. 50). 4.b.b) Les propos du Prophète offrant des règles juridiques (ahkâm) sont quant à eux de deux types… 4.b.b.a) Certains de ces propos sont le résultat d'une révélation divine reçue par le Prophète, et relèvent exactement de ce que nous avons décrit en 4.b.a. Ainsi, à propos de la question de savoir si les épouses du Prophète pouvaient ou non sortir, Omar souhaitait que non ; il interpella Sawda à ce sujet : "Sawda, par Dieu, on peut te reconnaître ! Vois toi-même comment tu sors (si tu dois sortir) !" Sawda revint alors sur ses pas. Aïcha raconte : "Le Prophète était chez moi, et il était en train de prendre son repas ; dans sa main il y avait un morceau de viande enrobant un os. Sawda entra et dit : "Messager de Dieu, j'étais sortie pour quelque chose, et Omar m'a dit telle chose". Le Prophète reçut alors la révélation ; celle-ci se fit puis cessa tandis que le morceau de viande était toujours dans la main du Prophète ; il dit alors : "Il vous a été permis de sortir pour faire ce que vous avez besoin de faire"" (al-Bukhârî 4517). Un homme vint questionner le Prophète au sujet de savoir s'il pouvait demeurer en état de sacralisation avec un manteau et alors qu'il s'était enduit le corps d'un parfum colorant. Le Prophète demeura silencieux, puis une révélation se fit à lui ; ensuite il donna la réponse à l'homme (al-Bukhârî 4074 etc., Muslim 1180). Voyez : dans ces deux récits on voit des paroles du Prophète – donc des Hadîths – et non des versets coraniques être le résultat d'une révélation divine. D'autres exemples existent encore. C'est bien pourquoi al-Hassân ibn 'Atiyya disait : "L'ange Gabriel venait apporter de la Sunna au Prophète, comme il venait lui apporter le Coran" (rapporté par ad-Dârimî, n° 587). 4.b.b.b) Par contre, d'autres propos du Prophète sont, eux, le résultat de ce qu'il a déduit par analogie des principes généraux de la législation islamique qui lui ont été enseignés par Dieu. Ainsi, le Prophète pensa pendant un temps dire aux femmes musulmanes de ne pas allaiter un nourrisson pendant une grossesse, car il pensait que pareil allaitement risquait d'affaiblir les nourrissons ; mais ensuite, relate-t-il lui-même, il remarqua que d'autres peuples le faisaient (les Byzantins et les Perses) sans que leurs nourrissons en soient affectés, et il ne formula pas l'interdiction (rapporté par Muslim, n° 1442). Il s'agit bien d'une réflexion, d'un ijtihad : le principe général extrait du Coran est clair : il est interdit de faire ce dont on sait que cela causera du tort à la santé ; l'application de ce principe à des cas concrets dépend pour partie de la connaissance de ce qui se passe lors de ces cas concrets : le Prophète avait pensé interdire tel cas mais ensuite modifia son raisonnement. Il s'agit bien, souligne An-Nawawî, d'une réflexion sur la base d'un principe (ijtihâd) (Shar'h Muslim sur ce Hadîth). C'est bien pourquoi ash-Shâfi'î disait : "Ce que le Prophète a dit est chose qu'il a comprise du Coran" (Tafsîr Ibn Kathîr, tome 1 p. 6, Al-Itqân, p. 1025). (Attention : nous parlons ici des ijtihads du Prophète qui ont valeur de réglementation, et non de ceux de ses ijtihads qui consistaient en sa compréhension du meilleur cas pouvant concrétiser l'application d'un principe établi : cliquez ici pour lire les exemples de ces différents types d'ijtihads du Prophète : ici nous parlons du type B et non du type C.) Il est à noter qu'il y a deux différences entre les ijtihads du Prophète menés sur la base des principes coraniques et ceux des ulémas menés sur la base des textes du Coran et de la Sunna... Première différence) Les ijtihads du Prophète ont valeur formelle (qat'î), alors que ceux des ulémas (hors cas de consensus) n'ont pas la même valeur : le fait est que Dieu indique, par révélation, au Prophète les cas où il a fait une erreur dans son ijtihad. Shâh Waliyyullâh écrit donc : "Ijtihâduhû bi manzilat il-wah'y, li ann-Allâh 'assamahû min an yataqarrara ra'yuhû 'ala-l-khata'" (Hujjat ullâh il-bâligha, 1/371). Or Dieu n'intervient bien évidemment pas à propos des ijtihads des ulémas : il est nécessaire de se référer aux ijtihads de ces derniers, mais tout en gardant à l'esprit que chaque savant autre que le Prophète est tel que certains de ses avis sont erronés (ce qui lui vaut une récompense, contre deux si son avis est correct) ; par contre, les ijtihads du Prophète à propos desquels Dieu n'a rien dit relèvent de Son approbation (iqrâr), donc d'une forme de révélation aussi ("wah'y ghayr matlû"). Seconde différence) Les ulémas doivent fonder leur ijtihad sur une règle extraite des textes du Coran et de la Sunna, sur la base d'un principe présent dans le cas stipulé dans un texte particulier ('illa) ou dans l'ensemble des textes (maslaha mursala) ; ils ont eux-mêmes demandé à leurs élèves de vérifier leurs arguments avant de répéter leurs avis ; alors que le Prophète, lui, menait ses ijtihads à partir des principes généraux qui président à l'ensemble de la législation islamique, principes que Dieu lui avait enseignés directement, et non pas forcément à partir d'un principe extrait d'une règle détaillée figurant dans un verset (Hujjat ullâh il-bâligha, 1/371-372). Conclusion : A la lumière de ce qui précède, on ne peut, en tant que musulman, que penser ceci : Dieu a voulu que le Prophète ait pour rôle non seulement de transmettre le texte du Coran mais également de détailler par ses paroles et ses actes les enseignements du Coran. Toujours en tant que musulman, on ne peut que penser aussi que dès lors que Dieu a voulu que les paroles et actes du Prophète détaillent les enseignements du Coran, et dès lors qu'Il a voulu que le Coran parvienne dans son authenticité jusqu'à nous, Il a également voulu que ces paroles et actes du Prophète parviennent eux aussi jusqu'à nous : cliquez ici pour en savoir plus. Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux). |
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