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#1
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| Vous publiez La Démocratie de l'abstention (Folio "Actuel", Gallimard), résultat de cinq années de recherche dans un quartier de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Qu'est-ce qui caractérise, sur le plan politique, la population de ce quartier sensible ? Jean-Yves Dormagen : C'est une forme d'indifférence à la politique. Elle s'exprime d'abord à travers l'inscription sur les listes et la participation aux votes. Il faut bien se rendre compte de l'état de la démocratie dans un quartier comme celui des Cosmonautes : on compte 1 400 habitants, dont 700 environ sont des Français en âge de voter. Parmi eux, 500 seulement étaient inscrits sur les listes en 2002. Et au premier tour de la présidentielle, moins de 300 de ces inscrits sont allés voter. Lorsqu'on étudie les listes d'émargement sur la longue période, pour voir qui participe régulièrement, on se rend compte que le noyau dur des électeurs tombe à 150 personnes. Cela signifie que, même s'il y a eu un mouvement plus important d'inscription en 2006, c'est la participation qui est aujourd'hui minoritaire alors que l'abstention est devenue la norme. Cela se traduit de manière très concrète dans une commune comme Saint-Denis : en 2001, le maire (Patrick Braouezec) a été élu, au premier tour, avec un peu moins de 7 500 voix sur une population de 85 000 habitants ! Son prédécesseur (Marcelin Berthelot) avait, quant à lui, été élu au premier tour en 1977 avec 20 515 voix. Quand on s'intéresse aux banlieues populaires, on s'aperçoit que la France est en voie d'américanisation électorale. Ce type de quartiers a longtemps constitué la "banlieue rouge" de Paris. Qu'en reste-t-il aujourd'hui ? Céline Braconnier : Dans les années 1970, la cité des Cosmonautes votait plus que le reste du pays. A partir du début des années 1980, on assiste à un renversement de tendance avec une très forte progression de l'abstention, deux fois plus rapide dans ce quartier populaire que dans le reste du pays. L'encadrement partisan et syndical y a totalement disparu. En cinq années d'enquête sur le quartier, nous n'avons pas rencontré un seul militant communiste. Pas un seul ! Une cellule du PCF a fonctionné jusque dans les années 1990 mais le déménagement de son principal animateur a mis fin à toute forme d'organisation politique. Lorsque nous questionnons les habitants, une partie connaît à peine les noms des candidats à l'élection présidentielle. Beaucoup ne savent pas ce que recoupe la distinction entre la droite et la gauche et, a fortiori, ne différencient pas gauche et extrême gauche. Ici, la politique est perçue comme un spectacle assez ésotérique. Constatez-vous des votes identitaires ou ethniques ? C. B. : Oui. Plusieurs éléments importants en témoignent. D'abord, le vote Le Pen qui, ici, présente une forte dimension ethnico-communautaire. Ce vote, dans ce quartier comme dans beaucoup de cités du même type, s'est effondré entre 1993 et 2002, passant de 45 % des voix à 15 %. La raison en est très simple : pendant cette période, un grand nombre d'électeurs dits "Français de souche", des "Blancs" généralement retraités, ont quitté la cité. Ensuite, le vote Taubira en 2002 : on constate que les électeurs d'origine antillaise se sont particulièrement mobilisés pour cette élection et ont massivement voté pour "leur" candidate. Alors même qu'elle tenait un discours universaliste, elle a ainsi, elle aussi, profité d'un vote ethnico-communautaire dans le quartier en obtenant 10,6 % des suffrages. Ce qui au passage révèle à quel point le vote peut prospérer sur un malentendu entre le message du candidat et le sens que les électeurs donnent à leur bulletin de vote. Un phénomène similaire s'est reproduit lors des européennes, cette fois-ci plutôt avec des électeurs d'origine maghrébine : la liste Europalestine a obtenu 14 % des suffrages. Ces résultats témoignent aussi d'une demande de reconnaissance identitaire de la part de la population. Comment expliquez-vous cette démobilisation ? J.-Y. D. : Par la déstructuration des environnements populaires et la déstabilisation de leurs populations ! Le travail, par exemple, a longtemps constitué un espace de politisation individuelle et collective. Il le demeure en partie d'ailleurs : ceux qui sont inscrits sur les listes et vont voter appartiennent, dans des proportions significatives, à la petite fonction publique. Leur participation garantit localement, à la gauche, une majorité électorale. Mais, à l'inverse, les chômeurs ou ceux qui se trouvent dans la précarité ont déserté les bureaux de vote : ils sont majoritaires dans le quartier (44 % des salariés de la cité) mais ultraminoritaires à la sortie des urnes. Si on comprend que la démobilisation en cours n'est rien d'autre que le prolongement de la ghettoïsation dans l'ordre électoral, on comprend également qu'il faudra plus que des opérations de communication pour que le pays légal ressemble à nouveau au pays réel. Propos recueillis par Luc Bronner le monde |
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| j'étais justement en train de le lire ![]() le mec qui a écris le bouquin, j'avais suivi un de ses cours à la Sorbonne et franchemenent, j'pense qu'il caricature bcp paske tout ce qu'il connaît du 93, c'est la cité des Cosmonautes ... |
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#3
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| Au passage , le monde cherche actuellement des personnes de confessions musulmane vivant en france afin de temoigner de leur vision des elections et des differents debats politique que l'on peut voir actuellement... a bon entendeur... |
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| L'électorat de banlieue se joue des frontières politiques LE MONDE | 03.02.07 | 14h03 • Mis à jour le 13.02.07 | 14h56 GRENOBLE ENVOYÉ SPÉCIAL Oubliez les grilles des sondeurs et les catégories savantes des politologues qui rangent les électeurs dans des cases. Oubliez-les, car dans les galeries, au marché, dans les immeubles de la Villeneuve, un quartier de Grenoble classé zone urbaine sensible (ZUS), on peut être de gauche et apprécier Sarkozy pour la sécurité. Ou réclamer plus de répression mais s'opposer fermement au candidat de l'UMP. On peut être militante socialiste, heureuse de voir une femme porter les couleurs du parti, mais rêver de la candidature d'une personnalité civile comme l'abbé Pierre. On peut aussi s'interroger pour savoir si, après vingt-cinq années d'abstention, une envie de voter Bayrou ne va pas réveiller son désir de participation. Ou se demander qui, de Bové le radical ou de Bayrou le centriste, héritera de sa voix. <A TARGET="_blank" HREF="http://ad.fr.doubleclick.net/click%3Bh=v8/34f8/17/a4/%2a/u%3B73906426%3B0-0%3B0%3B15745965%3B4307-300/250%3B19947009/19964903/1%3B%3B%7Esscs%3D%3fhttp://pubs.lemonde.fr/5c/SPECIAL-LEMONDE/articles_special/exclu/269365845/Middle/OasDefault/lm_intel_xeon_pa02_m/intel_rg300.html/353766303430396234356132363036 30?http://www.intel.com/cd/business/enterprise/emea/fra/bss/products/server/xeon/167402.htm?ppc_cid=fr_16_MUxeo nQ1"><IMG SRC="http://m.fr.2mdn.net/1370774/300x250_xeon.gif" BORDER=0></A> Caricature ? Les habitants qui emmènent leurs enfants à l'école, qui reviennent du marché, vont travailler ou promènent leur chien sont, pour la plupart, des inclassables sur le plan politique. A gauche pour le social ou l'économique. A droite pour la sécurité ou le logement. Ou l'inverse, ou un peu des deux. Prenez Louisa Benfakir, par exemple, 30 ans, mère de deux enfants de 4 et 6 ans. Sa préoccupation première, c'est l'absence d'égalité dans la société actuelle. "Certains ont suffisamment de revenus pour vivre dix vies ! D'autres ne peuvent pas manger ni se loger. C'est normal ? Et la justice ? Le type qui vole des bonbons va en prison avec des cafards. Le politique, lui, il se retrouve à la Santé avec tout le confort." Son inquiétude est très concrète pour ses enfants. Elle a comparé leurs cahiers d'école avec ceux de ses nièces, scolarisées en dehors du quartier. "Mes enfants travaillent nettement moins que les enfants de l'extérieur. Ça va encore au primaire, mais au collège, qu'est-ce que ça va donner ?" A défaut de pouvoir quitter le quartier, elle envisage de les inscrire dans le privé. Un choix qui se situerait aux antipodes du programme de Besancenot, le candidat pour lequel elle avait pourtant voté en 2002. Depuis cette date, Louisa Benfakir a adhéré au Parti socialiste. Ce qui ne l'empêche pas de penser que Jacques Chirac n'est "pas si mal". Ou de rêver d'une candidature de la société civile qui bouscule la classe politique. De se dire aussi qu'une femme présidente serait "très bien". Mais que, pour l'heure, la candidate socialiste "brasse trop d'air" pour obtenir sa voix. "Faut attendre", résume-t-elle. Togolais récemment naturalisé Français, Benoît Anani, 49 ans, va, lui, voter pour la première fois en avril. Ce postier se définit comme un homme de gauche - parce que, à ses yeux, la droite ne se distingue jamais assez de l'extrême droite. Mais, dans le même temps, il soutient la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy, réclamant "plus de policiers, plus de répression". Lui qui n'a jamais été victime d'agression, ce sont les incivilités quotidiennes qui l'insupportent. Le bruit des scooters sans pot d'échappement, par exemple. A l'heure actuelle, il pense voter pour Ségolène Royal. Sa femme hésite avec François Bayrou. Christian Mezin, 53 ans, gardien d'immeuble, est un électeur en colère. Il n'a plus voté depuis 1981 et un bulletin glissé dans l'urne pour François Mitterrand. Trop de rancoeur accumulée contre les politiciens, gauche et droite mélangées, contre lesquels il porte des jugements cinglants : "Douste-Blazy, un médecin devenu ministre des affaires étrangères : il en est encore à prendre des cours d'anglais. Sarkozy, en six mois au pouvoir, il est capable de nous déclencher une guerre avec la Suisse..." Cet ancien du quartier se dit en désaccord avec les idées du ministère de l'intérieur, mais il lui reconnaît des "compétences" et de la "volonté". Contrairement à Ségolène Royal, qu'il juge incapable d'assumer des fonctions présidentielles. Bertrand Delanoë lui plaît bien mais il ne se présente pas. François Bayrou, aussi, le fait hésiter à revenir aux urnes, avec sa volonté de rapprocher droite et gauche. Le kinésithérapeute du quartier aimerait croire en José Bové, un homme qui porte, selon lui, des idées généreuses. Sans illusion toutefois : "Je ne suis pas énarque mais je vois bien que ses idées ne sont pas réalistes", explique Boris Capdevieille, 36 ans, entre deux visites à domicile dans les immeubles où il a grandi. Le pragmatisme le fait hésiter entre Royal et Bayrou, parce qu'il a vu ce dernier débattre avec Nicolas Hulot et Michel Rocard, un signe d'ouverture bienvenu à ses yeux. Seule certitude : alors qu'il n'avait pas voté au premier tour, en 2002, incapable de choisir parmi les 16 candidats, il se dit aujourd'hui certain de ne pas manquer l'échéance d'avril. Au pire, il votera "pour la démocratie" et pas pour un candidat. Dans ce maelström d'opinions, les jeunes sont les plus décidés. La mairie a constaté une hausse des inscriptions des 18-30 ans sur les listes électorales en 2006 sans pouvoir la chiffrer précisément. Un engouement ciblé contre Sarkozy, "ses lois" et ses propos sur les "racailles". "Pas un jeune ne peut voter pour lui", résume Fayçal Louraichia, ouvrier de 21 ans, qui s'est inscrit cette année sur les listes pour faire barrage au ministre de l'intérieur. Voilà qui rassurera peut-être les sondeurs sur le fait que, à moins de trois mois du premier tour, certains électeurs aient, malgré tout, une opinion déjà arrêtée. Luc Bronner |
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Comment expliquez-vous cette démobilisation ? J.-Y. D. : Par la déstructuration des environnements populaires et la déstabilisation de leurs populations ! Le travail, par exemple, a longtemps constitué un espace de politisation individuelle et collective. Il le demeure en partie d'ailleurs : ceux qui sont inscrits sur les listes et vont voter appartiennent, dans des proportions significatives, à la petite fonction publique. Leur participation garantit localement, à la gauche, une majorité électorale. Mais, à l'inverse, les chômeurs ou ceux qui se trouvent dans la précarité ont déserté les bureaux de vote : ils sont majoritaires dans le quartier (44 % des salariés de la cité) mais ultraminoritaires à la sortie des urnes. Si on comprend que la démobilisation en cours n'est rien d'autre que le prolongement de la ghettoïsation dans l'ordre électoral, on comprend également qu'il faudra plus que des opérations de communication pour que le pays légal ressemble à nouveau au pays réel. Contraitement à Dormagen, je pense qu'il n'y a pas besoin d'être inscrit dans un quelconque parti, syndicait ou chépaskoi pour être politisé Je trouve qu'il définit mal le concept de "politisation" ou du moins, c pas une définition adaptée aux quartiers pourris |
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| Les associations s'inspirent du modèle Hulot pour peser sur la campagne LE MONDE | 13.02.07 | 14h43 Le modèle Hulot fait des émules en banlieue. Au moment où les candidats à l'élection présidentielle multiplient les discours et les déplacements dans les quartiers dits "sensibles", les associations tentent de peser sur l'élection en obtenant des hommes politiques qu'ils prennent des engagements circonstanciés face à la "souffrance" des quartiers, sur le modèle de ce que l'animateur de TF1 a obtenu pour l'écologie. Dans les prochaines semaines, plusieurs initiatives devraient être lancées. Les associations considèrent que le contexte leur est "très favorable" : à la fois sur le fond - les candidats devant tenter de trouver des réponses aux difficultés des quartiers -, et sur le strict plan électoral - les partis ayant bien compris l'importance de séduire des populations habituellement peu mobilisées. "On ne veut pas un regain d'intérêt temporaire. On veut une vision et du concret, des gestes mais pas de la démagogie", résume Mohammed Mechmache, président d'AC-Le feu. "Les sondages montrent que tout reste possible, pour les différents candidats, mais, surtout, que tout reste à faire pour convaincre les habitants des quartiers", ajoute Karim Zéribi, président du Parlement des banlieues. "CAUSE NATIONALE" L'association AC-Le feu prévoit de rendre public un "contrat social et citoyen", le 23 février. Sur le modèle du Pacte écologique de Nicolas Hulot, le collectif, qui avait recueilli des milliers de doléances au cours d'un tour de France des quartiers en 2006, veut amener les candidats à prendre des engagements précis sur les questions de logement, d'emploi, de discrimination, etc. Les représentants de l'association, née en octobre 2005, ont déjà rencontré Marie-George Buffet, Ségolène Royal, François Bayrou et Olivier Besancenot. Le collectif a prévu un nouveau tour de France des quartiers en mars. Le Parlement des banlieues, autre instance associative, compte également amener les candidats à préciser leurs engagements. M. Zéribi, doit publier, d'ici à la fin février, un "manifeste des quartiers populaires" destiné à présenter une série de propositions. "Il y a une volonté des habitants des quartiers de ne pas passer à côté de l'élection comme cela avait été le cas en 2002. Mais il faut que les candidats aient quelque chose à leur proposer", explique M. Zéribi, pressenti, par ailleurs, pour participer à la campagne de Mme Royal. L'association doit tenir une réunion, début mars, à Villeurbanne (Rhône). Dans un texte provisoirement intitulé "Ni Kärcher ni camps militaires", quatre présidents d'associations locales devraient aussi lancer un appel pour obliger les candidats à aborder les questions d'éducation. Autour de Sonia Imloul, présidente de Respect 93, ils entendent faire signer un maximum de représentants associatifs. "On veut interroger les candidats pour qu'ils nous disent quelle refondation de la politique de la ville ils entendent mener", note Stéphane Ouraoui, un des initiateurs du projet, président de l'association Pas de quartier, tous citoyens ! Sur un registre voisin, l'association Ville et banlieue, qui regroupe des élus de tous bords, a lancé un "manifeste", le 7 février, pour souligner que "le problème des banlieues n'est pas celui de nos villes mais a minima celui de la France". Une interpellation directe des candidats avec l'espoir que la banlieue devienne une "cause nationale". L'ensemble de ces associations n'ont pas réussi, pour l'heure, à s'entendre sur un appel commun. Luc Bronner |
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