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mercredi 14 février 2007, 11h27 Par Samir TOUNSI CLAIRVAUX (AFP) - Philippe Bidart, 53 ans, chef historique du mouvement indépendantiste basque armé Iparretarrak (IK), est sorti mercredi matin de la centrale de Clairvaux dans l'Aube, au bénéfice d'une libération conditionnelle, en demandant que "le Pays basque puisse vivre". Vif, souriant, combatif, "Patxi" (son surnom), vêtu d'un jean, d'une veste polaire et coiffé d'un béret basque, est sorti à 07H00 sous les applaudissements d'une dizaine de proches dont ses deux filles Elorri, 23 ans, et Leire, 27 ans, et son frère Betti Bidart, 52 ans, charpentier à Bayonne, a constaté un journaliste de l'AFP. Incarcéré depuis 1988, Philippe Bidart a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, en 1992 pour le meurtre de deux CRS à Saint-Etienne-de-Baïgorry et en 1993 pour le meurtre d'un gendarme à Biscarrosse. On lui a aussi infligé 20 ans de réclusion en 2000 pour une fusillade au cours de laquelle un gendarme avait été tué et un autre blessé à Leon. Après avoir étreint ses deux filles et son frère sous une pluie fine, l'ex-chef d'Iparretarak a tenu un discours militant classique en langue basque, traduite par un sympathisant : "Comme Iparretarrak le disait, il faut que le Pays basque puisse vivre", a-t-il déclaré, parlant à deux reprises d'un "processus de paix" qu'il fallait "enclencher" au Pays basque français. Il a fait allusion à ses "quatre camarades qui sont encore en prison ici à Clairvaux", aux "600 prisonniers politiques (basques) dans les prisons", françaises et espagnoles et à Inaki de Juana (détenu basque de l'ETA, ndlr) "en grève de la faim et toujours en prison" en Espagne. "Ma joie n'est pas complète parce que l'Etat français ne reconnaît pas le Pays basque. (..) Ma joie n'est pas complète parce que c'est la fête des amoureux aujourd'hui, que j'aime le Pays basque, et que je ne peux pas y rentrer", a-t-il ajouté. Interdit de séjour dans plusieurs départements - dont les Pyrénées-Atlantiques, selon son avocat -, Bidart doit pour sa réinsertion travailler pendant sept ans à Béziers (Hérault), dans un centre d'aide aux demandeurs d'asile de la Cimade. Avant de s'engouffrer dans une voiture immatriculée dans les Pyrénées-Atlantiques, Bidart dans un geste savamment étudié a déployé une "Ikurrina " (drapeau basque) qu'il portait autour du coup en scandant "Gora Euskal Herria" (vive le Pays basque), poing gauche levé. Dans la tradition du folklore basque, sa famille a alors entonné "l'Eusko Gudariak", le chant du partisan basque, hymne des séparatistes. "C'est un militant debout qui sort de la prison la tête haute. C'est un abertzale (ndlr : militant de la gauche nationaliste) convaincu. Il n'a pas changé", avait prévenu son frère Betti quelques minutes avant sa sortie de prison. Le fondateur en 1973 d'Iparretarrak ("Ceux du nord" en euskara, par opposition aux Basques d'Espagne) doit prendre un peu de repos avant une "journée de bienvenue" (Ongi Etorri) prévue avec des sympathisants venus de Bayonne le 17 février à Béziers. D'après son frère, Bidart, ex-séminariste, devait passer chez les religieux de Clairvaux, installés dans l'abbaye juste à côté de la centrale. Sa demande de libération conditionnelle avait été acceptée le 1er février par la chambre de l'application des peines de la cour d'appel de Paris. Le parquet général de cette cour s'est pourvu en cassation à l'encontre des modalités d'application de sa libération conditionnelle, un pourvoi non suspensif de cette libération. |