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| Le 04/10/2003 Mieux se soigner avec moins ! L'asthmatique, bien conseillé, est son meilleur médecin. Pourquoi ne pas lui confier le soin de doser son traitement ? L'idée fait son chemin. VIENNE Les bons médicaments de l'asthme ne manquent pas. Mais un bon médicament ne fait pas un bon traitement. Encore faut-il qu'il soit bien appliqué, bien respecté. Ni trop, ni trop peu. Il faudrait idéalement qu'il y ait un médecin à côté de chaque patient. Mais, même dans ce cas, il n'est pas sûr que le traitement serait franchement meilleur (le Pr Paul Dorinsky, de l'Université de Caroline du Nord, a tiré de ses statistiques cette conclusion inquiétante : le nombre d'exacerbations et le taux de mortalité sont les mêmes parmi les patients présentant un asthme léger à modéré et ceux qui ont un asthme dit sévère !). Mais tout porte à croire que, bien guidé, le patient est son meilleur médecin. Beaucoup de praticiens sont convaincus par ce concept. Et une firme, AstraZeneca, s'efforce de les convaincre qu'elle possède le médicament idéal (Symbicort) pour le mettre en pratique. En fait, tout est parti d'une double observation : l'une, c'est que parmi les patients diagnostiqués (6 % de la population adulte, en moyenne), un voire deux sur trois sont mal soignés. C'est-à-dire ne satisfont pas aux critères fixés par les spécialistes dans un modèle connu sous le nom de « gina ». L'autre, c'est que, contrairement à ce qu'on croyait il y a encore une dizaine d'années, l'asthme est une maladie très variable. Elle trouve son origine dans une inflammation des bronches, inflammation qui, pour une raison parfaitement inconnue, varie dans le temps. A ces oscillations se superposent le contact ou l'absence de contact avec des circonstances extérieures (effort, émotions - tristes ou... joyeuses !-, froid, fumée ou autre pollution, pollen, virus par exemple du rhume, etc.) qui provoquent une crise, une exacerbation pour utiliser la terminologie médicale. Tout porte à croire que le patient « sent » l'évolution de cette inflammation et qu'il est tout à fait capable d'y adapter son traitement, dans des limites de doses fixées par le médecin. Selon le Pr Claude Noppen (VUB), 8 patients sur 10 sont capables et désireux de le faire. Pour le Pr Dorinsky, parlant il est vrai lors d'une conférence de presse d'une firme... concurrente, il n'y a qu'une minorité de patients pour avoir suffisamment confiance en eux pour préférer leur dosage à celui du médecin... Seul l'avenir devrait les départager. Et il reste à démontrer qu'in fine, c'est une bonne idée de laisser ce choix aux asthmatiques. A cette question, une étude internationale, dirigée par le Pr René Aalbers (université de Groningen) visait à donner une réponse. Celle-ci est évidemment très complexe et nuancée. Mais deux chiffres sont ou plutôt semblent éclairants : après six mois d'expérimentation, les patients adaptant eux-mêmes leur traitement avaient 40 % de crises en moins et avaient pris 27 % de médicament de moins. Ces données n'ont encore été présentées que de façon sommaire (poster) lors d'une conférence à Vancouver et n'ont pas été présentées à la réunion de la Société européenne des maladies respiratoires (ERS). Elles n'ont pas davantage jusqu'ici fait l'objet d'une publication dans une revue qui aurait soumis les données à une analyse critique. Tout en reconnaissant ces restrictions, le Pr Noppen estime pourtant que cette étude devrait être considérée comme un événement scientifique comme il ne s'en produit que tous les cinq ans. JACQUES PONCIN, envoyé spécial Le Soir |
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