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  #101  
Vieux 04/04/2007, 20h01
Avatar de Yazz
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Par défaut Re : journal de vacances au maroc

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Envoyé par AL motawakil Voir le message
salut
je confirme, je me porte toujours très bien :-D
b'ssaha a si Al motawakil !


encore un doukali ! Doukala en force ! ( ça me fait bizarre de dire ça car je ne dis jamais ce genre de choses lol)



ps : au fait comment va ton tit chat, tjs affecté "à la circulation" ? lol
__________________
A propos d'un certain féminisme :"Vouloir ressembler à l’homme, être l’avenir de l’homme qui soit dit en passant, est une citation de proxénète, sans même se poser la question du pourquoi je veux ressembler à un être aussi minable, me semble parfaitement surréaliste !" - Wasinegh

Dernière modification par Yazz ; 04/04/2007 à 20h03.
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  #102  
Vieux 04/04/2007, 20h19
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Date d'inscription: septembre 2006
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Par défaut Re : journal de vacances au maroc

Tachoürat chamali afandi d avoir partager ce beaux texte




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Envoyé par Chamali2005 Voir le message
Souvenirs de voyage: radiographie de la société marocaine (www.zmagri.ma).
Voilà… on démarre. Et c’est parti pour de nouvelles aventures.

Le car est presque vide, le chauffeur met une cassette de cha3bi. Personne ne parle, koulchi saket. On ne se connaît pas encore, et chacun reste dans son coin, transi d’ennui… jusqu’au premier arrêt. Il fait terriblement froid ; l’aire d’autoroute est déserte : pas un vacancier, à peine quelques routiers qui ne sortent de leur cabine que pour gagner les toilettes publiques. Le soleil brille timidement –autant qu’il peut le faire un jour de janvier en fin d’après-midi ; un vent glacial s’engouffre entre les camions.

La petite équipée se réfugie dans la cafétéria où le personnel s’applique à astiquer des tables auxquelles personne ne s’asseoit. On s’agglutine près de la machine à café (car il n’est pas question de goûter à la nourriture exotique proposée par l’établissement). Un viel homme sémillant me raconte –entre deux gorgées de café- qu’il doit se rendre en urgence au pays pour qu’on lui remette les derniers mois de loyer impayés. Après avoir travaillé toute sa vie sur les chantiers et dans les usines de la France, il a pu monter un immeuble « m3awwouj » à la périphérie de je ne sais quelle ville du « bled »… Vous savez ( ? ), ce genre d’immeubles fermés par des portes en fonte peintes en bleu, où les étages ne forment pas de couches « régulières », où les balcons « penchent » et ne sont parallèles ni au toît, ni au sol ; où l’on accède aux appartements par des escaliers en béton et des rampes de la même matière (il vaut mieux ne pas trébucher… croyez-en mon expérience… ça fait mal !).

Une jeune femme nous rejoint, sans interrompre notre conversation : elle salue d’un regard, puis baisse les yeux. Le vieux « zmagri » (ex-zoufri) la met en confiance et l’invite à se présenter. Elle nous apprend que la jeune fille que nous avons vu avec elle à la gare routière n’est pas sa sœur, ni son amie (comme nous nous l’imaginions), mais sa fille de 18 ans, étudiante en première année de droit en France, à qui elle vient de rendre une petite visite après de longs mois de séparation (vraiment, je ne connaît rien de plus attendrissant que le cœur d’une mère). Elle a 35 ans, a épousé un fassi quand elle en avait 16 et est mère de deux enfants. Elle parle avec l’accent de Fès, mais s’exprime aussi dans un français timide, mais tout à fait charmant : sa fille lui manque, elle s’inquiète pour ses études, nous demande de faire des « dou3a » pour sa réussite.

Le chauffeur klaxonne ; il faut repartir ; musique cha3bi soutenue par le bruit monotone du moteur : il pleut et la nuit tombe. Submergés par l’ennui, nous oublions le temps, le monde, mais nous ne dormons pas. Le chauffeur annonce une heure de pause à Bordeaux. Le moteur cesse de ronfler et je descend en quête d’un endroit pour uriner (en plein centre ville, c’est difficile à trouver). Lorsque je regagne le car, une femme en tailleur rose-pâle fait mettre ses bagages dans la soute. Emmitouflée dans un manteau blanc au col bordé de fausse fourrure (blanche, elle aussi), en collants, les sourcils remplacés par un trait au crayon et les cheveux teints en blond, elle fait retentir sa voix stridente : « Oh bâh alors !à l’agence i’ m’ont dit qu’ j’ pouvais am’ner mon chien ! Mon caniche, mon p’tit toutou… Bâh quand même, j’vais pas l’laisser là ! Comment qu’i va faire, mon pauv’ chéri, sans moi ? I’ va êt’ perdu sans sa maman… » La litanie est interminable. Elle supplie le chauffeur de laisser son « pauv’ chéri » embarquer avec elle, mais rien n’y fait ni la harangue aux passagers, ni les mines désespérée d’une mère éplorée (« Vous comprenez… ce chien, c’est comme mon fils ! i’ peut pas viv’ sans moi ! »), ni le billet de 10 euros proposé -tout naturellement- au chauffeur marocain. Finalement, « chéri » ne monte pas et doit rester avec Roger pendant que « Maman »s’en va passer deux semaines de vacances dans l’appartement d’Agadir récemment acheté pour y passer une retraite « à la plage ». Les autres passagers embarquent pendant que la plainte continue (« Les vacances sans mon toutou, c’est pas des vacances ») : un homme en poncho et en bleu de travail (sale et usé), dont j’apprendrai plus tard qu’il passe sa retraite à monter des projets de développement à Bamako et qu’il appartient à je ne sais quel mouvement « alternatif » - s’il se rend au Maroc, c’est pour obtenir un visa pour le Mali à Rabat… où les démarches administratives sont censées être moins longue et moins contraignantes qu’à Paris (je demande à vérifier…), avant de décoller depuis l’aéroport de Casablanca vers le pays de ses rêves. Le vieux baba-cool est suivi d’une mère –très jeune- et de son fils de dix ans (que nous appellerons Hamza, par commodité… j’ai oublié son vrai prénom…) et surtout, surtout, surtout ( ! ) : un homme complètement ivre, le visage enfoui dans une écharpe mauve, que tout le monde a d’abord pris pour un attardé mental (« hada machi normal » comme l’a dit un des chauffeurs… « meskine… Llah i7fed… »). Il s’installe devant l’une des passagères, une rbatiya de 40-45 ans, qui fume à chaque arrêt, porte les cheveux courts, un pantalon noir et des chaussures à talon. Pendant ce temps là, la litanie reprend : « Mon chien, comment i’ va faire ? », ce à quoi la fassia si timide rétorque dans son français correct mais peu assuré : « Mais faut pas te plaindre, madame, moi, j’ai laissé ma fille en France, et je sais pas si elle va rentrer pour les vacances d’été… ».

Le « skerri » s’affale sur son siège dont le dossier cède… et tombe sur la rbatiya… Son haleine chargée de bière se trouve soudain mêlée au parfum « Chanel-Marlboro » de cette fille d’officier (dans l’armée marocaine), dont la fille effectue sa scolarité au lycée Lyautey. Outrée, elle lui demande sèchement de remettre son siège en place. Il lui répond avec un sourire béat que le siège est cassé et qu’il ne peut rien faire.

Elle lui répond –encore plus sèchement- qu’elle est coincée et qu’elle ne peut pas rester comme ça.

Il lui répond, le plus gentiment du monde que « personnellement », il n’y voit pas d’inconvénients.

Elle lui répond EN HURLANT que lui, ça ne le dérange pas, mais qu’ELLE, elle est écrasée entre la vitre et les deux sièges (comme une feuille de salade dans un sandwich oublié au fond d’un sac… et je vous assure que cette condition est loin d’être agréable). Elle va appeler les chauffeurs, se plaindre à l’agence, ça ne va pas se passer comme ça… en plus, c’est à lui de dégager, parce qu’elle était là la première ! D’ailleurs, elle n’aurait pas dû prendre le car : d’habitude, elle prend l’avion, et elle ne se serait jamais adressée à cette compagnie de transport si elle n’avait pas du faire l’aller-retour dans l’urgence, pour signer ce « putain de papier » chez son mari (officier lui-aussi) qui menaçait d’interrompre la procédure de divorce si elle ne le faisait pas, et qu’elle compte bien ne plus jamais revoir, parce qu’il lui a fait trop de mal… Le tout prononcé avec ce magnifique accent de l’ « upper-class »des Chawiya (celui du film « Marock » qui nous a fait rire, moi et ma sœur, pendant plus d’une année).
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  #103  
Vieux 05/04/2007, 10h32
Avatar de assilah
 
Date d'inscription: novembre 2002
Messages: 485
Par défaut Re : journal de vacances au maroc

Merci Nancy pour le bel hommage au regretté Driss Chraibi.
Merci aussi pour la chronique. Je me suis régalée avec ton récit sur Bouchra la classe et me suis pliée en deux en lisant la partie sur les lunettes DIORE.
Bon séjour
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  #104  
Vieux 05/04/2007, 13h07
Avatar de khanfous
 
Date d'inscription: février 2005
Messages: 2 451
Par défaut Re : journal de vacances au maroc

Citation:
Envoyé par nancy3ajram Voir le message
Quissaryat ZARA ( première partie)

« Attends, j’arrive, deux minutes et je descends…. mais c’est bon, arrêtes de râler !!! elle ne va pas s’envoler ZARA» hurle Bouchra du haut de la fenêtre du troisième étage de sa maison au quartier du hay mohammadai. Sa copine Samira, commence à perdre patience et manifeste des signes d’exaspération. Mais pour Bouchra, il est hors de question et inimaginable de sortir sans être certaine qu’elle est parfaite.

Ce n’est pas pour rien qu’on la surnomme « bouchra la classe », enfin, le « on » désigne une seule personne : sy Mohammed « l miricani », le beau gosse du quartier, le dragueur en chef du hay Mohammadi. « celle qui marche est à lui et celle qui vole, il en détient la moitié » ( li foug lard dialou we ly tayra 3andou fiha el noss) dit-on de lui. Et si un jour il a dit à Bouchra qu’elle a la classe, c’est qu’il a d’excellentes et objectives raisons de le penser. Car elle le vaut bien.
Après une dernière vérification de son maquillage et de sa nouvelle coupe de cheveux, qui est supposée la faire ressembler encore plus à Nancy Ajram ( c’est encore Hassan qui lui a dit qu’elle ressemble à nancy ajram), elle rejoint sa copine Samira, qui est au bord d’une rupture d’anévrisme. Destination, le quartier des Maarif, et sa nouvelle attraction, le magasin ZARA.

Bouchra et Samira se dirigent vers la mythique quissarya du hay Mohammadi, pour prendre la non moins mythique ligne numéro 2 ; la Mecque des pickpockets et des « pointeurs », ces galants messieurs qui aiment coller aux femmes pour leur apporter un contacte et une chaleur humaine dont elles manquent certainement. Le bus arrive, et nos deux bimbos essayent de s’accrocher à une barre. Bouchra passe une main nerveuse sur sa frange, en priant Dieu et Sidi bouabid el charqui, et tous les marabouts du Maroc, pour que sa coiffure ne perde pas sa forme.

Arrivée au marché central, « Bouchra la classe » sort le grand jeu, le petit détail qui tue, l’accessoire fatale: les grosses lunettes noires, DIORE, (oui, c’est avec un E, car c’est une imitation de la marque DIOR). La moitié de son visage disparaît sous ces lunettes, qui la font ressembler plus à la tête d’une mouche sous l’effet amplifiant d’un microscope. Et ça marche : premiers regards intéressés, deux ou trois phrases lancées par les clients d’un café, quelques tentatives de drague au boulevard Mohammed 5, mais Bouchra n’en a cure. Elle continue sa marche royale vers le quartier du Maarif, escortée par une nuée d’admirateurs qui s’alternent pour soustraire un sourire, un mot, un numéro de portable, à Bouchra la classe.

Bouchra et sa copine arrivent devant les deux tours des « Twin center », deux monstres de béton, de verre et de laideur, mais qui offrent néanmoins du haut de leur 27éme étage, une vue panoramique sur Casablanca. Des enseignes de magasins de lux poussent aux pieds de ces deux tours, aux boulevards Zerktouni, el Massira et Anfa.

Bouchra et Samira passent devant le « venesia Ice », un café où on aime bien s’afficher à casablanca. Des Marlboro, des clés de voiture, des vraies lunettes de soleil, des portables rutilants…sont posés ostentatoirement sur les tables de ce café. Les filles semblent sortir d’un clip de MTV ou de ROTANA au plus grand plaisir des garçons, dont le mouvement semi circulaire de la tête ressemble à celui des spectateurs d’un échange intense et rapide d’une partie de tennis. Il ne faut pas perdre confiance, il ne faut pas se décontenancer, il ne faut pas se sous estimer, bouchra respire un coup et traverse la rue, pour aller au magasin Zara qui est en face.


Excellenttttttttttttt
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  #105  
Vieux 05/04/2007, 13h42
Avatar de leroidufrigo
Allez,sans rancune !
 
Date d'inscription: mai 2006
Messages: 4 996
Entrées dans le blog: 1
Par défaut Re : journal de vacances au maroc

Citation:
Envoyé par nancy3ajram Voir le message
[b]
Bouchra et Samira se dirigent vers la mythique quissarya du hay Mohammadi, pour prendre la non moins mythique ligne numéro 2 ; la Mecque des pickpockets et des « pointeurs », ces galants messieurs qui aiment coller aux femmes pour leur apporter un contacte et une chaleur humaine dont elles manquent certainement. Le bus arrive, et nos deux bimbos essayent de s’accrocher à une barre. Bouchra passe une main nerveuse sur sa frange, en priant Dieu et Sidi bouabid el charqui, et tous les marabouts du Maroc, pour que sa coiffure ne perde pas sa forme.


le petit détail qui me tue

le HASSAN : michi houa elli teygoul "dour al-pnou" ?
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  #106  
Vieux 05/04/2007, 15h52
Avatar de Yazz
Mi-Femme Mi-Féline
 
Date d'inscription: décembre 2002
Messages: 17 598
Par défaut Re : journal de vacances au maroc

Citation:
Envoyé par leroidufrigo Voir le message
le petit détail qui me tue :-D

le HASSAN : michi houa elli teygoul "dour al-pnou" ?
pq je ne comprends jamais rien à ce que tu racontes leroi ?!

y a pas une notice d'explication fournie avec le frigo ??!!
__________________
A propos d'un certain féminisme :"Vouloir ressembler à l’homme, être l’avenir de l’homme qui soit dit en passant, est une citation de proxénète, sans même se poser la question du pourquoi je veux ressembler à un être aussi minable, me semble parfaitement surréaliste !" - Wasinegh
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  #107  
Vieux 05/04/2007, 15h56
Avatar de kamomille
 
Date d'inscription: avril 2005
Messages: 7 441
Par défaut Re : journal de vacances au maroc

Citation:
Envoyé par Yazz Voir le message
pq je ne comprends jamais rien à ce que tu racontes leroi ?!

y a pas une notice d'explication fournie avec le frigo ??!!
je te rassure moi non plus je lui ai deja demandé si il etait livré avec le mode d'emploi..
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  #108  
Vieux 05/04/2007, 16h00
Avatar de ilioucha
 
Date d'inscription: avril 2005
Messages: 6 223
Par défaut Re : journal de vacances au maroc

Non khouna leroi y a que nancy3ajrame qui peut le comprendre, c'est lui la notice mais il est pas toujours fourni avec

PS : Salam leroi!
__________________
Mon manteau est assez large pour dissimuler les trous de mon costume
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  #109  
Vieux 05/04/2007, 16h06
Avatar de Yazz
Mi-Femme Mi-Féline
 
Date d'inscription: décembre 2002
Messages: 17 598
Par défaut Re : journal de vacances au maroc

Citation:
Envoyé par kamomille Voir le message
je te rassure moi non plus je lui ai deja demandé si il etait livré avec le mode d'emploi.. :-D
Citation:
Envoyé par ilioucha Voir le message
Non khouna leroi y a que nancy3ajrame qui peut le comprendre, c'est lui la notice mais il est pas toujours fourni avec :-D

PS : Salam leroi!
ok merci kami et lilouch ... vous me rassurez ! je sais qu'il n'est pas bien méchant mais juste comment dire ?! incompréhensible ! lol
__________________
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  #110  
Vieux 05/04/2007, 16h08
Avatar de kamomille
 
Date d'inscription: avril 2005
Messages: 7 441
Par défaut Re : journal de vacances au maroc

Citation:
Envoyé par Yazz Voir le message
ok merci kami et lilouch ... vous me rassurez ! je sais qu'il n'est pas bien méchant mais juste comment dire ?! incompréhensible ! lol

Ce monsieur est un paradoxe volontaire.. il doit bien rire derriere son pc.. car je presume qu'il est est tres tres intelligent.. mais se rend volontairement inaccessible..
je suis une temeraire.. je ne m'avoue pas vaincu , je finirai par le comprendre...
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