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| salam, t'as pas remarqué qu'on a maintenant +eurs Terminal ![]() très bonne style, on attends la suite. wa salam
__________________ la vie n\'est que passagère !! |
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#12
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| Souvenirs de voyage: radiographie de la société marocaine (www.zmagri.ma). Voilà… on démarre. Et c’est parti pour de nouvelles aventures. Le car est presque vide, le chauffeur met une cassette de cha3bi. Personne ne parle, koulchi saket. On ne se connaît pas encore, et chacun reste dans son coin, transi d’ennui… jusqu’au premier arrêt. Il fait terriblement froid ; l’aire d’autoroute est déserte : pas un vacancier, à peine quelques routiers qui ne sortent de leur cabine que pour gagner les toilettes publiques. Le soleil brille timidement –autant qu’il peut le faire un jour de janvier en fin d’après-midi ; un vent glacial s’engouffre entre les camions. La petite équipée se réfugie dans la cafétéria où le personnel s’applique à astiquer des tables auxquelles personne ne s’asseoit. On s’agglutine près de la machine à café (car il n’est pas question de goûter à la nourriture exotique proposée par l’établissement). Un viel homme sémillant me raconte –entre deux gorgées de café- qu’il doit se rendre en urgence au pays pour qu’on lui remette les derniers mois de loyer impayés. Après avoir travaillé toute sa vie sur les chantiers et dans les usines de la France, il a pu monter un immeuble « m3awwouj » à la périphérie de je ne sais quelle ville du « bled »… Vous savez ( ? ), ce genre d’immeubles fermés par des portes en fonte peintes en bleu, où les étages ne forment pas de couches « régulières », où les balcons « penchent » et ne sont parallèles ni au toît, ni au sol ; où l’on accède aux appartements par des escaliers en béton et des rampes de la même matière (il vaut mieux ne pas trébucher… croyez-en mon expérience… ça fait mal !). Une jeune femme nous rejoint, sans interrompre notre conversation : elle salue d’un regard, puis baisse les yeux. Le vieux « zmagri » (ex-zoufri) la met en confiance et l’invite à se présenter. Elle nous apprend que la jeune fille que nous avons vu avec elle à la gare routière n’est pas sa sœur, ni son amie (comme nous nous l’imaginions), mais sa fille de 18 ans, étudiante en première année de droit en France, à qui elle vient de rendre une petite visite après de longs mois de séparation (vraiment, je ne connaît rien de plus attendrissant que le cœur d’une mère). Elle a 35 ans, a épousé un fassi quand elle en avait 16 et est mère de deux enfants. Elle parle avec l’accent de Fès, mais s’exprime aussi dans un français timide, mais tout à fait charmant : sa fille lui manque, elle s’inquiète pour ses études, nous demande de faire des « dou3a » pour sa réussite. Le chauffeur klaxonne ; il faut repartir ; musique cha3bi soutenue par le bruit monotone du moteur : il pleut et la nuit tombe. Submergés par l’ennui, nous oublions le temps, le monde, mais nous ne dormons pas. Le chauffeur annonce une heure de pause à Bordeaux. Le moteur cesse de ronfler et je descend en quête d’un endroit pour uriner (en plein centre ville, c’est difficile à trouver). Lorsque je regagne le car, une femme en tailleur rose-pâle fait mettre ses bagages dans la soute. Emmitouflée dans un manteau blanc au col bordé de fausse fourrure (blanche, elle aussi), en collants, les sourcils remplacés par un trait au crayon et les cheveux teints en blond, elle fait retentir sa voix stridente : « Oh bâh alors !à l’agence i’ m’ont dit qu’ j’ pouvais am’ner mon chien ! Mon caniche, mon p’tit toutou… Bâh quand même, j’vais pas l’laisser là ! Comment qu’i va faire, mon pauv’ chéri, sans moi ? I’ va êt’ perdu sans sa maman… » La litanie est interminable. Elle supplie le chauffeur de laisser son « pauv’ chéri » embarquer avec elle, mais rien n’y fait ni la harangue aux passagers, ni les mines désespérée d’une mère éplorée (« Vous comprenez… ce chien, c’est comme mon fils ! i’ peut pas viv’ sans moi ! »), ni le billet de 10 euros proposé -tout naturellement- au chauffeur marocain. Finalement, « chéri » ne monte pas et doit rester avec Roger pendant que « Maman »s’en va passer deux semaines de vacances dans l’appartement d’Agadir récemment acheté pour y passer une retraite « à la plage ». Les autres passagers embarquent pendant que la plainte continue (« Les vacances sans mon toutou, c’est pas des vacances ») : un homme en poncho et en bleu de travail (sale et usé), dont j’apprendrai plus tard qu’il passe sa retraite à monter des projets de développement à Bamako et qu’il appartient à je ne sais quel mouvement « alternatif » - s’il se rend au Maroc, c’est pour obtenir un visa pour le Mali à Rabat… où les démarches administratives sont censées être moins longue et moins contraignantes qu’à Paris (je demande à vérifier…), avant de décoller depuis l’aéroport de Casablanca vers le pays de ses rêves. Le vieux baba-cool est suivi d’une mère –très jeune- et de son fils de dix ans (que nous appellerons Hamza, par commodité… j’ai oublié son vrai prénom…) et surtout, surtout, surtout ( ! ) : un homme complètement ivre, le visage enfoui dans une écharpe mauve, que tout le monde a d’abord pris pour un attardé mental (« hada machi normal » comme l’a dit un des chauffeurs… « meskine… Llah i7fed… »). Il s’installe devant l’une des passagères, une rbatiya de 40-45 ans, qui fume à chaque arrêt, porte les cheveux courts, un pantalon noir et des chaussures à talon. Pendant ce temps là, la litanie reprend : « Mon chien, comment i’ va faire ? », ce à quoi la fassia si timide rétorque dans son français correct mais peu assuré : « Mais faut pas te plaindre, madame, moi, j’ai laissé ma fille en France, et je sais pas si elle va rentrer pour les vacances d’été… ». Le « skerri » s’affale sur son siège dont le dossier cède… et tombe sur la rbatiya… Son haleine chargée de bière se trouve soudain mêlée au parfum « Chanel-Marlboro » de cette fille d’officier (dans l’armée marocaine), dont la fille effectue sa scolarité au lycée Lyautey. Outrée, elle lui demande sèchement de remettre son siège en place. Il lui répond avec un sourire béat que le siège est cassé et qu’il ne peut rien faire. Elle lui répond –encore plus sèchement- qu’elle est coincée et qu’elle ne peut pas rester comme ça. Il lui répond, le plus gentiment du monde que « personnellement », il n’y voit pas d’inconvénients. Elle lui répond EN HURLANT que lui, ça ne le dérange pas, mais qu’ELLE, elle est écrasée entre la vitre et les deux sièges (comme une feuille de salade dans un sandwich oublié au fond d’un sac… et je vous assure que cette condition est loin d’être agréable). Elle va appeler les chauffeurs, se plaindre à l’agence, ça ne va pas se passer comme ça… en plus, c’est à lui de dégager, parce qu’elle était là la première ! D’ailleurs, elle n’aurait pas dû prendre le car : d’habitude, elle prend l’avion, et elle ne se serait jamais adressée à cette compagnie de transport si elle n’avait pas du faire l’aller-retour dans l’urgence, pour signer ce « putain de papier » chez son mari (officier lui-aussi) qui menaçait d’interrompre la procédure de divorce si elle ne le faisait pas, et qu’elle compte bien ne plus jamais revoir, parce qu’il lui a fait trop de mal… Le tout prononcé avec ce magnifique accent de l’ « upper-class »des Chawiya (celui du film « Marock » qui nous a fait rire, moi et ma sœur, pendant plus d’une année). Dernière modification par Chamali2005 ; 28/03/2007 à 17h11. |
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#14
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| Le car est reparti depuis bien longtemps, la plainte au sujet du chien s’est un peu atténuée, sans jamais cesser et la fille du général a pris ses affaires pour aller s’installer à une autre place, loin de l’ivrogne (3ala fikra… : il me dira le lendemain, sur le parking désert du port d’Algésiras, qu’il prépare un doctorat, qu’il est lui aussi en instance de divorce, que sa femme –une gawriya qu’il a épousé ( pour les papiers ? )- lui refuse la garde de leur petit garçon qu’il n’a pas vu depuis trop longtemps… C’est ainsi que tout le monde se prépare à dormir… ou plutôt à « essayer de dormir », en changeant de position toutes les trois secondes, sans jamais trouver la bonne… Le Rifi, le Chibani, la Rbatiya vexée (furieuse, devrais-je dire), la Fassiya aux manières si douces (il n’y a guère que les madones de Bellini qui ont une allure si digne), le baba-cool à la retraite, et la femme aux sourcils rasés… Seul le gamin de dix ans (Hamza) n’a pas envie de dormir : le walk-man dans les oreilles, il fredonne, avec sa voix d’enfant qui n’a pas mué, les derniers airs de Rn’b français : Booba, DIAM’s (« Toi, si tu veux m’pppppparler, habbbbbbille ttttoi !!!!!!! »… décidément, la chanson à texte se porte bien…). Sa mère épuisée (et sans doute un peu triste : je l’ai vu saluer son tout jeune mari avec émotion) tente désespérément de trouver le sommeil… ce qui nécessite de faire taire son fils préalablement… En vain… Rien n’est plus touchant que l’enthousiasme et la joie de vivre d’un enfant, même quand cela s’exprime par une voix pré-pubère, sur-aigue, et des paroles dont la profondeur laisse perplexe… : DIAM’s, plus que Sartre m’a fait appréhender le néant), et personne n’ose lui faire de reproche. Je ne pense d’ailleurs pas qu’un étranger aurait réussi là où sa mère a échoué… A la fin, les piles du walk-man s’épuisent, l’enfant s’endort, la nuit passe et les kilomètres défilent : Burgos, Madrid… les pleines blanchies par une fine couche de neige, les montagnes, les rangées d’olivier, les toîts de tuile et les églises en pierre. L’Andalousie nous réveille, le chauffeur allume la radio (qui chuchote les informations en espagnol), ceux qui ont réussi à s’endormir entrouvrent les yeux, regardent autour d’eux avec l’air surpris et un peu stupide de ceux qui viennent juste de se réveiller, s’étirent : l’un est allongé sur quatre sièges et barre le passage du milieu (« personne ne passe : je dors… »), un autre s’est recroquevillé sur deux sièges seulement (position du fœtus, mais en équilibre au dessus du vide), un autre encore est simplement assis, la tête en arrière et la bouche grande ouverte, en respirant bruyamment… Certains n’ont pas réussi à dormir : la fassiya est restée éveillée, le front contre la vitre et le regard fixé sur les bandes blanches qui défilent inlassablement. Hamza, lui, est encore plongé dans le plus profond sommeil et rien ne semble pouvoir le troubler. On s’arrête enfin : pause « pipi-café-eausurlevisage ». On boit, mange quelque chose, discute… La confiance s’est installée et le dialogue est établi ( Waw ! on dirait un discours politique ! « Rétablissons la confiance, ensemble, par le dialogue »). Le baroudeur en poncho et barbe blanche (avec des yeux d’un bleu acier) tente d’entrer en communication avec la fille du général qui s’habille comme l’héroïne du film « Marock » : « Ah, du soleil, enfin ! on en manque tellement… dans le ciel, comme dans les cœurs… C’est vrai ça : chez vous en Afrique (= au Mali, au Maroc, et tout ça…), les enfants courent pieds-nus, ils ont toujours le sourire ; les gens sont pauvres, mais ils ne se plaignent pas… pas comme chez nous, où les mômes sont gâtés et jouent à la « playstation » mais oublient d’apprendre à sourire… ». Tous les clichés y passent : le soleil, les enfants, les bidonvilles et la joie de vivre. La Rbatiya qui a vécu entre Paris, Londres et Casablanca, n’a jamais vu un bidonville, ni un village dans la savane et dont la fille a su joué à la « super-nintendo » avant d’apprendre à dire « maman », se distrait en faisant du shopping au « Twin-center » et projette d’étudier au Canada, ou aux Etats-Unis (parce que « la France, c’est déjà banal, et puis c’est plein de Marocains… ») ne comprend visiblement rien à ce vieux naïf qui, à 65 ans ne se résout pas à couler des jours tranquilles dans une villa, parle d’ « aventure humaine », de chemins pleins de poussière dans la brousse et rêve de donner une bibliothèque à l’école communale d’un petit village près de Bamako : une bibliothèque en brique avec des étagères en bois et des livres usagés, généreusement offerts par des couples français qui n’en ont plus besoin (alors qu’il est tellement plus simple de payer un abonnement à la bibliothèque du centre culturel français, ou américain, avec CDs, DVDs, presse étrangère et accès internet en supplément… en plus, c’est juste à côté de la piscine couverte et du club de fitness !). Décidément, notre Rbatiya s’ennuie : elle tourne le dos à notre baroudeur pour s’entretenir –en darija- avec la fassia de sa procédure de divorce. Le baba-cool à la retraite ne se décourage pas et se met à jouer avec le petit Hamza. Il est l’heure de repartir : on vide les fonds de gobelet et on remonte dans le car. Le chauffeur annonce qu’on va diffuser le film « Al bandiya » avec Sa3id Naceri. Hamza qui l’a déjà vu sur 2M ne contient pas sa joie (« Tfarrajt lo f 2M ! 3arafti… tmout bed7ak ! »). Il anticipe toutes les scènes, raconte la fin du film, rit avant les gags et donne la réplique aux acteurs. Alméria, Malaga… le but du voyage approche. On arrive à Algésiras, sort du car : longs moments d’attente, contrôle de la douane espagnole, regard vide des officiers en uniforme qui ne parlent aucune langue étrangère et s’obstine à nous adresser la parole en espagnol… On passe, comme du bétail, entre des barrières de fer, puis finit par embarquer… : instinctivement, la petite tribu du car « euroline » se rassemble dans le bateau : le rifi, le chibani, la fassia, la femme au chien, le baba-cool, la mère, son fils et moi-même. Seuls la rbatiya et le doctorant ivre (qui a décuvé entre temps) font bande à part, chacun de son côté. Le soixante-huitard à la retraite fait même cette remarque : « on dirait une petite famille » avec la mère, son enfant (Hamza), le père (rifi), le grand-père (chibani), le grand-frère (moi-même), une tante un peu excentrique (la femme au chien), l’autre grand-père (le baba-cool), la sœur de la mère (la fassiya)… Deux 3arrobiyat (les voisines) sont venues se joindre à ce petit monde. Elles parlent très fort et sont habillées comme des oignons (bssal…), couche par dessus couche (on pourrait aussi les comparer à Madame Sarfati) : jupes, collants, pull-overs, chemises, ou djellab fou9 dek chi kamal… le foulard noué à la va-vite sous le menton, orné d’un joli tatouage (wcham). La plus âgée demande aux passagers de lui faire de la place pour s’allonger (elle est malade en bateau). L’autre fait la conversation avec tout le monde, racontant à qui veut l’entendre tout ce que la première lui a confié au cours du voyage (Ah ! le fameux « tberguig »… indispensable dans toutes les situations…). Par ailleurs, elle nous mitraille de questions : « ma 3endekch bibi ? » (bébé), ce à quoi on lui répond : « ma 3endi la bibi la djaja »… Après cet intermède « biographique », chacun s’avise de remplir le formulaire à rendre aux autorités marocaines. La plus jeune des deux 3arrobiyat –la plus bavarde aussi- me demande de le faire pour elle « llah irda3 lik a wlidi ». Ok al 7ajja… pas de problème… la plus âgée m’appelle aussi à l’aide. De vieux ouvriers venus de Corse, ayant vu cela, me font la même requête et je me retrouve en quelques minutes submergé de passeports, « bitaqat al wataniya », cartes de séjour et papiers à remplir ! La jeune fassiya, d’une politesse à toute épreuve, vient à mon secours et nous faisons tous deux office d’écrivains publics. Finalement, Tanger se profile à l’horizon, les premiers minarets apparaissent, quelques sons nous indiquent que nous sommes au Maroc : appel à la prière, agitation du port, etc. La côte se rapproche ; les passagers se bousculent aux portes de sortie (comme si le bateau faisait naufrage et que tout le monde n’allait pas s’en sortir). Il faut se dire adieu, après avoir partagé pendant plus de 30 heures son intimité avec des gens qui ne sont –maintenant- plus tout à fait des inconnus, serrer les mains : « Llah iwasslek 3ala khir », « Llah i3awnek », « Llah inej7ek a wlidi »… Je suis ému… Ghadi nrkeb ttaxi et voir enfin ma famille et mes amis… Mais c’est une autre histoire. Souvenirs de voyage (www.zmagri.ma) |
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| la suite c'est pour demain j’ai précisé que ça sera un journal… c'est-à-dire que chaque jour, il y aura une sujet différent, selon mon humour, et les sujets qui m’interpellent au Maroc…..ça peut être politique, culturel, personnel, social…. |
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| Ouais moi aussi, j'attends la séance drague-racolage-et-prostiputes !!! ![]() |
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| I'm waiting and waiting and waiting ![]() la suite : |
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#19
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| Je l’ai censuré cet épisode, car il a failli se produire hier….mais je te jure que ce n’était pas moi le responsable, mais les autres….ana ghir drayef we weld nass, ![]() |
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#20
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| Veinard Nancy ... profites bien de ton séjour .. c déjà bien et si tu nous rapporte une perle des ces encdotes qui se produisent là bas alors c'est le pieds.. |
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