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| Affrontement entre jeunes et policiers à Gare du Nord, le 27 mars 2007 L'arrestation, mardi, d'un voyageur sans billet a dégénéré en heurts avec les forces de l'ordre qui n'ont pris fin que vers 1 heure du matin. Toute la soirée, la gare a vu des scènes d'affrontements et de pillages, au milieu des voyageurs, spectateurs impuissants. - le 28/03/2007 - 18h02 Tout a commencé mardi après-midi avec l'interpellation d'un voyageur ayant tenté d'accéder sans billet au réseau RER en enjambant un portillon. Un incident banal qui a dégénéré de manière imprévisible à la gare du Nord, tournant à l'affrontement entre jeunes et forces de l'ordre, avant un retour au calme entre minuit et une heure du matin lorsque la police a réussi à évacuer les lieux par une série de charges et à grand renfort de gaz lacrymogène. Le dernier noyau de manifestants dispersé, les forces de l'ordre ont encore dû poursuivre le jeu du chat et de la souris avec quelques petits groupes violents dans les rues autour de la gare. Selon la préfecture de police, les incidents ont donné lieu à l'interpellation et à la mise en garde à vue de 13 personnes, dont 5 mineurs, et fait 9 blessés légers, 4 agents de la RATP, 4 de la SNCF et 1 gardien de la paix. Ces événements ont été évoqués mercredi en Conseil des ministres, Jacques Chirac demandant à son nouveau ministre de l'Intérieur un point sur le sujet. Selon ce dernier, François Baroin, le resquilleur était "très défavorablement connu des services de police puisqu'il a vingt-deux affaires signalées, et de surcroît entré illégalement sur le territoire". Selon des informations de LCI, il serait d'ailleurs sous le coup d'un arrêté de reconduite à la frontière. De 16h30 à 18 heures, la montée de la violence Lors de son interpellation, vers 16h30, après s'être rebellé contre les agents de la RATP qui l'avaient vu franchir le portillon, l'homme avait été rapidement maîtrisé par une patrouille de gendarmes passant non loin de là. Mais quelques dizaines de témoins, parmi lesquels de nombreux jeunes, ont estimé que l'interpellation avait été trop brutale et ont commencé à se masser devant le local de la RATP dans lequel le suspect avait été dans un premier temps retenu, avant d'être évacué vers un commissariat. Vers 17 heures, alors que la rumeur de l'arrestation se répandait dans la gare, des renforts de policiers et de gendarmes intervenaient. Sous les regards de centaines de témoins et d'usagers du métro coincés sur place, une foule de plus en plus hostile, vite motivée par la présence de caméras de télévision, a commencé à jeter des projectiles (surtout des bouteilles de soda en plastique et des fruits) sur les forces de l'ordre. Les policiers ont répondu par de courtes charges et des jets de gaz lacrymogène, dont les effluves se sont répandues dans les couloir et dans la gare, faisant tousser et pleurer tous les gens alentour. Vers 18 heures, les métros des lignes 4 et 5 ont cessé de marquer l'arrêt et les forces de l'ordre ont bloqué les accès. Boutiques vandalisées, début d'incendie A partir de 18h30, certain jeunes, armés de caddys ou de poteaux métalliques utilisés dans le métro pour délimiter les files d'attente, ont tenté de casser des vitrines de commerces, des distributeurs automatiques de boissons et de friandises, des panneaux d'affichage et des vitres de séparation. Un début d'incendie a été allumé dans un stand d'accueil de la RATP, mais a été rapidement maitrisé par les pompiers. Dans la station, le rideau de fer d'une boutique a été tordu, dans une tentative de l'ouvrir, mais les lieux ont été vite gardés par un cordon de police. Aux cris de "Sarkozy, enc...!", "Police partout, justice nulle part !" ou "A bas l'Etat, les flics et les patrons !", les jeunes émeutiers ont insulté policiers et gendarmes, dont certains en tenue anti-émeute. Malgré le retour dès 19h30 d'un service normal sur les lignes 4 et 5 du métro, il aura fallu attendre jusqu'après minuit la fin des derniers incidents. Parce qu'on "se retrouve dans une situation de violence inouïe", François Baroin, interrogé mercredi matin pour savoir si la réponse apportée par les forces de l'ordre à cette situation était proportionnée, a répondu : "on ne va pas apporter de réponse intellectuelle à un sujet comme celui-ci. Il y a un état de droit, la liberté, la règle, mais il n'y a pas de liberté sans règle", a souligné le ministre qui a voulu apporter "un hommage très appuyé aux forces de l'ordre" en saluant leur "grand sang-froid". Nicolas Comte, secrétaire général du syndicat général de la police (SGP-FO), souligne pour sa part "un véritable risque d'hystérisation des rapports police-jeunesse". Quant à Joachim Masanet (Unsa-police), il appelle à une "reprise du dialogue" avec la population pour "combler le fossé qui s'est creusé entre la police et les jeunes LCI.fr |
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