Marocains d'Alderie 1975




S'inscrire pour répondre
 
Outils de la discussion Modes d'affichage
  #1  
Vieux 18/04/2007, 21h14
snp1975    
 
Date d'inscription: janvier 2007
Âge: 57
Messages: 203
Marocains d'Alderie 1975

Après Mémoire d'un Marocain d'Algérie je vous laisse avec ce récit émouvant qui me viens d'un auteur qui s'appelle MOSTAGANEM 1975.
Ce récit a été publier en premier lieu au forum des marocains d'algerie.



Le grand départ
Mon histoire est simple: reniée par le pays de ma mère qui m’a vu naître, j’ai dû le quitter pour me retourner vers celui de mon père. Par un triste matin, je suis partie laissant loin, derrière moi, ma terre natale,ma famille et une partie de moi: mon enfance. J’ai pris le chemin qui mène vers ce pays qu’on m’a dit être le mien. Et c’est ainsi qu’un jour, j’ai franchi la frontière avec l’intention d’adopter mon nouveau pays , le Maroc, un bagage en main bien léger mais un cœur lourd d’amertume et de tristesse.

La femme au voile blanc
J’ai accompli les formalités policières et douanières algériennes, puis j’ai embrassé ma famille, avant de partir, côté marocain . Sur le chemin, je me retournais de temps à autres pour faire des signes d’adieu . Ma famille était là et répondait à mes signes A un moment je ne voyais plus, que ma mère. Les autres membres de la famille étaient allés probablement se mettre à l’abri du soleil, mais ma mère était toujours là ,seule, debout, derrière une barrière, entourée d’hommes armés. elle ne me faisait plus de signes. Elle me regardait m’éloigner. J’avançais vers mon destin, non sans me retourner sans cesse pour regarder encore une fois celle dont la séparation me brisait le cœur. Elle était toujours là. Des larmes baignaient mon visage . Aujourd’hui, encore je revois l’image de cette femme en voile blanc, debout derrière une barrière peinte en rouge, elle me regardait partir progressivement, tout autour des policiers et des militaires mitraillette à l’épaule. Elle était la seule femme à cet endroit. Arrivée presque au poste marocain, je me suis retournée une dernière fois, la femme au voile blanc était encore là. J’avais hâte de quitter cet endroit et d’oublier l’image de cette femme qui me regardait de loin. J’ai accompli en quelques minutes les formalités marocaines. En sortant du bâtiment, la femme au voile blanc n’était plus là. Elle était partie et qui sait peut être pour toujours. Je me suis éloignée d’une cinquantaine de mètre du poste de police pour attendre, adossée à un arbre, qu’un taxi arrive. Je ne regardais plus du côté de la frontière. Je haïssais cet endroit, je haïssais ces barrières, ce mur qui portait l’inscription :‘halte douane ‘ je haïssais ces hommes en uniformes de part et d’autres de la frontière, et tout le paysage depuis la sortie de Maghnia et jusqu’à la rentrée d’Oujda. Tout pour moi était maudit.
Plus tard, je saurai que la femme au voile blanc m’avait quitté, ce jour là , pour toujours. Ma mère est décédée quelques années plus tard sans que je puisse la revoir.

Souvent, il m’arrive de rêvasser, de voir cet endroit autrement: une frontière invisible, une frontière sans traumatismes ni larmes, une frontière où l’on ne s’arrêterait que pour expliquer à nos enfants , pour leur dire: à cet endroit, à une triste époque, des hommes, des femmes, des enfants ont pleuré leur douleur, ont pleuré leur souffrance et leur déchirement, ont pleuré leur séparation avec des êtres chers, une frontière où, marocains et algériens viendraient commémorer ensemble cette triste épisode de l’histoire de deux pays frères. Ils viendraient pour se rappeler et pour se dire : plus jamais ça!

http://marocains-d-algerie.niceboard.com
Réponse avec citation


  #2  
Vieux 19/04/2007, 19h17
snp1975    
 
Date d'inscription: janvier 2007
Âge: 57
Messages: 203
Re : Marocains d'Alderie 1975

Citation:
Envoyé par snp1975
Après Mémoire d'un Marocain d'Algérie je vous laisse avec ce récit émouvant qui me viens d'un auteur qui s'appelle MOSTAGANEM 1975.
Ce récit a été publier en premier lieu au forum des marocains d'algerie.



Le grand départ
Mon histoire est simple: reniée par le pays de ma mère qui m’a vu naître, j’ai dû le quitter pour me retourner vers celui de mon père. Par un triste matin, je suis partie laissant loin, derrière moi, ma terre natale,ma famille et une partie de moi: mon enfance. J’ai pris le chemin qui mène vers ce pays qu’on m’a dit être le mien. Et c’est ainsi qu’un jour, j’ai franchi la frontière avec l’intention d’adopter mon nouveau pays , le Maroc, un bagage en main bien léger mais un cœur lourd d’amertume et de tristesse.

La femme au voile blanc
J’ai accompli les formalités policières et douanières algériennes, puis j’ai embrassé ma famille, avant de partir, côté marocain . Sur le chemin, je me retournais de temps à autres pour faire des signes d’adieu . Ma famille était là et répondait à mes signes A un moment je ne voyais plus, que ma mère. Les autres membres de la famille étaient allés probablement se mettre à l’abri du soleil, mais ma mère était toujours là ,seule, debout, derrière une barrière, entourée d’hommes armés. elle ne me faisait plus de signes. Elle me regardait m’éloigner. J’avançais vers mon destin, non sans me retourner sans cesse pour regarder encore une fois celle dont la séparation me brisait le cœur. Elle était toujours là. Des larmes baignaient mon visage . Aujourd’hui, encore je revois l’image de cette femme en voile blanc, debout derrière une barrière peinte en rouge, elle me regardait partir progressivement, tout autour des policiers et des militaires mitraillette à l’épaule. Elle était la seule femme à cet endroit. Arrivée presque au poste marocain, je me suis retournée une dernière fois, la femme au voile blanc était encore là. J’avais hâte de quitter cet endroit et d’oublier l’image de cette femme qui me regardait de loin. J’ai accompli en quelques minutes les formalités marocaines. En sortant du bâtiment, la femme au voile blanc n’était plus là. Elle était partie et qui sait peut être pour toujours. Je me suis éloignée d’une cinquantaine de mètre du poste de police pour attendre, adossée à un arbre, qu’un taxi arrive. Je ne regardais plus du côté de la frontière. Je haïssais cet endroit, je haïssais ces barrières, ce mur qui portait l’inscription :‘halte douane ‘ je haïssais ces hommes en uniformes de part et d’autres de la frontière, et tout le paysage depuis la sortie de Maghnia et jusqu’à la rentrée d’Oujda. Tout pour moi était maudit.
Plus tard, je saurai que la femme au voile blanc m’avait quitté, ce jour là , pour toujours. Ma mère est décédée quelques années plus tard sans que je puisse la revoir.

Souvent, il m’arrive de rêvasser, de voir cet endroit autrement: une frontière invisible, une frontière sans traumatismes ni larmes, une frontière où l’on ne s’arrêterait que pour expliquer à nos enfants , pour leur dire: à cet endroit, à une triste époque, des hommes, des femmes, des enfants ont pleuré leur douleur, ont pleuré leur souffrance et leur déchirement, ont pleuré leur séparation avec des êtres chers, une frontière où, marocains et algériens viendraient commémorer ensemble cette triste épisode de l’histoire de deux pays frères. Ils viendraient pour se rappeler et pour se dire : plus jamais ça!

http://marocains-d-algerie.niceboard.com

SALUT MADAME
Votre histoire est émouvante. La femme au voile blanc que dieu la bénisse me fait rappeler un autre moment. C'était l'indépendance de l'algerie le 5 juillet 1962. Dans un défilé de joie mon pére me portait sur ses épaules en scandant avec la foule tahia el djezair. Ma mère avec des femmes voilées en blancs ( el haik ou el melhfa) comme on dit en oranie lançaient des you you de joie.
U n an plu tard toutes la communautés marocaines a été stigmatisé. Pas de nationalité algérienne vous êtes des maroquis .
Le code de l'indegenat a été abolit en 1962. Mais il a été réactivé contre les marocains.
Nous les déportés d'algerie on n'a pas compris pourquoi on a été chassé de l'algerie.
Réponse avec citation
  #3  
Vieux 19/04/2007, 22h47
cactus6002    
 
Date d'inscription: novembre 2006
Messages: 8
Re : Marocains d'Alderie 1975

Citation:
Envoyé par snp1975
SALUT MADAME
Votre histoire est émouvante. La femme au voile blanc que dieu la bénisse me fait rappeler un autre moment. C'était l'indépendance de l'algerie le 5 juillet 1962. Dans un défilé de joie mon pére me portait sur ses épaules en scandant avec la foule tahia el djezair. Ma mère avec des femmes voilées en blancs ( el haik ou el melhfa) comme on dit en oranie lançaient des you you de joie.
U n an plu tard toutes la communautés marocaines a été stigmatisé. Pas de nationalité algérienne vous êtes des maroquis .
Le code de l'indegenat a été abolit en 1962. Mais il a été réactivé contre les marocains.
Nous les déportés d'algerie on n'a pas compris pourquoi on a été chassé de l'algerie.

Il n 'y a rien a comprendre il y a un sentiment qu'on appelle la HAINE et c est ce sentiment qui a sous tendu toute l action de ceux qui ont initié ce drame
Réponse avec citation
S'inscrire pour répondre

Discussions similaires à " Marocains d'Alderie 1975"
Discussion Auteur Forum Réponses Dernier message
L'Algérie et les marocains refoulés de 1975 insatis Actualités marocaines 11 18/05/2011 21h57
Expulsion des marocains d'Algérie: qui se souvient du 18 décembre 1975? kafka2 Actualités marocaines 94 24/12/2009 14h22
Reportage Sur La Chouha 1975 snp1975 Actualités marocaines 0 16/09/2007 14h34
Film de la Déportation des Marocains d'Algerie en 1975 snp1975 Général 2 14/06/2007 07h17
La marche verte...(6 Novembre 1975 ) achmahou Général 2 07/11/2002 07h19



Outils de la discussion
Modes d'affichage




Fuseau horaire GMT +1. Il est actuellement 06h49.