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| Le trouble déficit d'attention/hyperactivité est à présent reconnu. Un traitement simple permet à ces enfants de mener une vieà peu près normale. Les adultes peuvent en souffrir également. Trouble caractérisé par une incapacité permanente de se concentrer et de fixer son attention et/ou une hyperactivité chronique et une impulsivité incontrôlée, le TDAH a longtemps été considéré comme une affection liée à des problèmes éducatifs. Ce qui accentuait les problèmes de ces enfants, et de leur famille, et les conduisait à perdre estime et confiance en eux-mêmes. A plus long terme, ce sont des problèmes émotionnels parfois graves et des problèmes d'intégration sociale qui guettaient ces enfants, les menant souvent au chômage, à la criminalité et à l'abus de drogues et autres substances (alcool, etc.). Mais plusieurs études ont clairement montré que ces enfants présentent une réelle affection organique, dont on ne connaît pas encore tous les tenants et aboutissants, mais qui se manifeste lors des examens radiologiques en résonance magnétique par un volume cérébral inférieur de 10 pc environ en moyenne à celui d'enfants de même âge et de même sexe. Ce qui ne veut pas dire pour autant que tout enfant avec volume cérébral diminué présente un TDAH. Encore moins qu'il ait le moindre déficit intellectuel. Neurotransmetteurs On les appelait hyperkinétiques, hyperactifs, caractériels,... car leur scolarité se manifestait souvent par des troubles du langage et des difficultés d'exprimer leurs idées et leurs émotions. Ils n'étaient pas «productifs», voire même contreproductifs au point que près d'un enfant sur deux atteint de TDAH redoublait son année ou nécessitait une scolarisation différente. Fort heureusement, les scientifiques ne sont pas arrêtés à ces manifestations, et constatant que très souvent, les parents de ces enfants présentaient également des troubles de sociabilité, même s'ils n'avaient pas été hyperactifs dans leur enfance, ont pu établir que le taux d'héritabilité de la maladie est de près de 75 pc. Allant plus loin dans leurs investigations, ils ont également pu déterminer que le dénominateur commun des manifestations du TDAH chez l'adulte (irritabilité, troubles du sommeil, difficultés d'intégration,...) et chez l'enfant était un déficit en deux neurotransmetteurs: la dopamine et la noradrénaline. Et certains médicaments permettent d'économiser ces neurotransmetteurs en inhibant ce qu'on appelle la recapture. Il faut savoir, en effet, que pour transmettre l'influx nerveux d'un neurone à l'autre, des neurotransmetteurs sont libérés dans l'espace entre deux neurones (l'espace synaptique). Après avoir stimulé les récepteurs du neurone suivant, ils sont alors soit récupérés dans le neurone qui les a libérés, soit éliminés. C'est donc en diminuant l'importance de la récupération (la recapture) de ces neurotransmetteurs que ces médicaments agissent, permettant ainsi à une quantité suffisante de molécules d'agir pour transmettre l'influx. L'un de ces produits, le méthylphénidate, agit principalement en inhibant la recapture de la dopamine dont on pense qu'elle active les systèmes cérébraux qui «récompensent» ou renforcent les comportements sociaux et ceux qui contrôlent l'activité motrice. La noradrénaline, également stimulée par le méthylphénidate, mais dans une moindre mesure, semble, elle, être impliquée dans le contrôle de l'état de veille, la capacité de concentrer son attention de manière sélective, le sens de l'orientation et la réponse aux stimuli sensoriels. Nouvelles thérapeutiques Est-ce pour autant la panacée? Non, car comme l'autre produit stimulant efficace dans cette pathologie, la dextroamphétamine, elle doit être associée à des traitements non pharmacologiques, et notamment un traitement comportemental visant à prendre en charge les problèmes de relation parents-enfants, l'échec scolaire, les difficultés sociales et les symptômes d'anxiété. Cependant, le méthylphénidate était difficile à prendre car il nécessitait 3 prises quotidiennes, ce qui sous-entend la prise d'au moins un des comprimés à l'école. Et comme la distraction de ces enfants est directement liée à leurs difficultés de concentration, c'est fréquemment l'institutrice qui devait se charger d'administrer le comprimé de midi, parfois au vu et au su de toute la classe. D'autre part, ce produit a une courte durée d'action, ce qui limite son efficacité aux premières heures suivant sa prise. Fort heureusement, la galénique est venue au secours de ces enfants. C'est ainsi qu'ils disposent maintenant depuis peu d'une forme à action prolongée de ce médicament fort efficace. Le Concerta LP, commercialisé par la firme Janssen-Cilag peut être pris en une seule dose journalière, le matin. Et comme l'artifice galénique lui permet de ne plus nécessiter de prise de nourriture, il peut être avalé à n'importe quel moment, dès que l'enfant y pense, ce qui lui rend par ailleurs une certaine indépendance. Les dernières études présentées au cours du congrès de neuropsychiatrie de Prague ont par ailleurs montré que les enfants sous Concerta LP maintiennent des performances nettement supérieures à ceux qui prennent (même convenablement) l'ancienne formulation. De plus, il est bien toléré, seuls 4 pc des enfants présentant les difficultés d'endormissement ou la diminution d'appétit classiquement liées à la molécule. Dr Dominique-Jean Bouilliez Mis en ligne le 21/10/2003 La Libre Belgique |
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