Hommage à Brahim, jeté il y a 12 ans dans la Seine 12 ans après le drame, plus d'une centaine de personnes ont rendu hommage, mardi, en fin de matinée, sur le pont du Carrousel à Paris à Brahim Bouarram. Ce jeune Marocain avait été jeté dans la Seine, le 1er mai 1995, par des manifestants issus d'un cortège du Front national.
"Même si Le Pen n'a pas atteint, dimanche dernier, son score de 2002, nous avons toutes les raisons d'être inquiets", a lancé Renée Le Mignon, vice-présidente du Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) (...). "Sarkozy reprend à son compte des discours xénophobes qui sont autant de bombes à retardement", a-t-elle ajouté devant les personnes qui avaient répondu à l'appel de l'Association des Travailleurs Maghrébins de France.
"Un pas de géant"
Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des Droits de l'Homme, a déclaré de son côté que "les idées de Le Pen ont fait un pas de géant en cinq ans" et a mis en garde "contre les discours qui préparent les affrontements futurs". Face à "la légitimation des idées racistes", il a appelé "à l'insurrection des consciences pour barrer la route, dimanche, à celui qui met en oeuvre les idées de Le Pen".
Le maire PS de Paris, Bertrand Delanoë, était venu, comme les années précédentes, déposer une gerbe à la mémoire de Brahim Bouarram, mort noyé le 1er mai 1995. Au même moment, à quelques pas du pont du Carrousel, plusieurs milliers de personnes défilaient de la statue de Jeanne d'Arc, devant l'église sur la place Saint-Augustin, en direction de l'Opéra, à l'appel du Front National. |