Les deux magistrates enquêtant sur la mort du juge Bernard Borrel ont requis l'autorité du gouverneur militaire de Paris pour entrer dans le palais présidentiel, dont l’accès leur a été refusé par des gendarmes.
Fait rarissime : deux juges tentent actuellement de pénétrer à l’intérieur du palais présidentiel. Arrivées vers 10h15, elles ont été bloquées par les gendarmes dans le sas d’entrée. Les magistrates Fabienne Pous et Michèle Ganascia, enquêtant sur d'éventuelles pressions politiques sur la justice dans l'affaire Borrel, un magistrat retrouvé mort en 1995 à Djibouti, se sont vues refuser l’accès au palais de l’Elysée par des gendarmes. Elles souhaitaient se rendre à la cellule africaine de la présidence. Selon une source proche du dossier, elles ont requis l'autorité du gouverneur militaire de Paris afin de pouvoir perquisitionner.
L'Elysée étant une enceinte militaire, les magistrats doivent obtenir une autorisation préalable du chef de corps en charge de la sécurité du Palais présidentiel pour y pénétrer.
Les juges Pous et Ganascia ont donc pris attache avec le gouverneur militaire de Paris, estimant qu'il peut leur donner l'autorisation immédiate de perquisitionner. Toutefois, selon une source militaire, le gouverneur militaire de Paris n'a pas compétence pour permettre à des magistrates de l'ordre judiciaire de perquisitionner le palais de l'Elysée.
Perquisitions au Quai d’Orsay et à la Chancellerie
Les juges tentent de déterminer s’il y a eu des pressions sur la justice, comme l’affirme Elisabeth Borrel, dans l'enquête sur le décès de son mari Bernard Borrel, coopérant français et conseiller technique auprès du ministère de la Justice djiboutien, retrouvé carbonisé en 1995. Des perquisitions dans deux ministères ont déjà eu lieu dans cette affaire: d'abord au ministère des affaires étrangères le 19 avril et à la Chancellerie le lendemain. Alors que l'hypothèse du suicide avait d’abord été retenue, la piste criminelle est désormais suivie.
La plainte fait suite à la publication d'un communiqué de presse par le Quai d'Orsay le 29 janvier 2005. Dans ce dernier, Hervé Ladsous, ancien porte-parole du ministère, assurait, selon la plaignante, qu'une copie du dossier relatif au décès du juge Borrel serait transmise à la justice djiboutienne. Cette transmission ayant été refusée par la juge chargée de l'affaire principale, Sophie Clément, Elisabeth Borrel interprète le communiqué du Quai comme une pression sur la justice.
http://www.lefigaro.fr/france/200705...r_lelysee.html