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		<title>Bladi.net - Blogs - ASTEROIDEB61</title>
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		<description>Forum marocain : forum de discussions dédié aux marocains du monde entier. actualités, sport et autres discussions diverses. Rejoignez-nous!</description>
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			<title>Bladi.net - Blogs - ASTEROIDEB61</title>
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			<title>Etre Gazaoui aujourd’hui</title>
			<link>http://www.bladi.net/forum/blogs/asteroideb61/gazaoui-aujourd-hui-1842/</link>
			<pubDate>Thu, 19 Nov 2009 14:07:31 GMT</pubDate>
			<description>*Etre Gazaoui aujourd’hui* 
 
Etre Gazaoui aujourd’hui c’est vivre à côté des ruines des maisons , des écoles, des mosquées et des bâtiments détruits...</description>
			<content:encoded><![CDATA[<div><b>Etre Gazaoui aujourd’hui</b><br />
<br />
Etre Gazaoui aujourd’hui c’est vivre à côté des ruines des maisons , des écoles, des mosquées et des bâtiments détruits par les bombardements aveugles d’une armée qui déteste la vie et la lumière.<br />
<br />
<b>Mais être Gazaoui aujourd’hui c’est résister et résister contre l’oubli, contre le blocus et pour un avenir meilleur </b>.<br />
<br />
Etre Gazaoui aujourd’hui c’est subir une vie très difficile à tous les niveaux.<br />
<br />
Etre Gazaoui aujourd’hui c’est voir tout paralysé dans la bande de Gaza.<br />
<br />
Etre Gazaoui aujourd’hui c’est constater la disparition du sourire sur les lèvres de nos enfants.<br />
<br />
Etre Gazaoui aujourd’hui c’est voir la vie en noir et pas en rose.<br />
<br />
Etre Gazaoui aujourd’hui c’est remarquer que 80% de sa population est au chômage.<br />
<br />
Etre Gazaoui aujourd’hui c’est supporter une situation très délicate qui touche un million et demi d’une population civile.<br />
<br />
Etre Gazaoui aujourd’hui c’est subir un blocus imposé depuis plus de 3 ans par l’armée israélienne et la communauté internationale contre des citoyens civils.<br />
<br />
Etre Gazaoui aujourd’hui c’est supporter l’insupportable .<br />
<br />
Etre Gazaoui aujourd’hui c’est vivre une vie anormale .<br />
<br />
Etre Gazaoui aujourd’hui c’est souffrir et souffrir et souffrir.<br />
<br />
Etre un enfant gazaoui aujourd’hui c’est oublier les jeux, les loisirs et aller dans des classes détruites et des écoles touchées par les bombardements israéliens .<br />
<br />
Etre un jeune Gazaoui aujourd’hui c’est perdre toutes les perspectives et tous les éléments de l’espoir .<br />
<br />
Etre une mère gazaouie aujourd’hui c’est travailler dur pour élever ses enfants dans des conditions très difficiles.<br />
<br />
Etre Gazaoui aujourd’hui c’est lutter contre le désespoir total qui règne dans la bande de Gaza.<br />
<br />
Etre un paysan Gazaoui aujourd’hui c’est ne pas avoir le droit d’aller travailler sa terre et de cultiver son espace agricole .<br />
<br />
Etre un pêcheur gazaoui aujourd’hui c’est ne pas dépasser 400 mètres au large de la plage de Gaza.<br />
<br />
Etre une famille gazaouie aujourd’hui c’est souffrir de coupure permanente d’électricité.<br />
<br />
Etre un universitaire gazaoui aujourd’hui c’est rester enfermé dans son université sans aucune chance de participer à des colloques, à des séminaires à l’étranger .<br />
<br />
Etre un étudiant gazaoui aujourd’hui c’est se voir interdire d’aller poursuivre ses études à l’étranger .<br />
<br />
Etre Gazaoui aujourd’hui c’est vivre des aides alimentaires distribuées par des organisations humanitaires .<br />
<br />
Etre un commerçant gazaoui aujourd’hui c’est ne pas trouver assez de produits, de marchandises pour les présenter dans son magasin.<br />
<br />
Etre Gazaoui aujourd’hui c’est vivre une catastrophe humanitaire.<br />
<br />
Etre un patient gazaoui c’est ne pas trouver un médicament dans les hôpitaux et les pharmacies et les centres médicaux.<br />
<br />
Etre un malade gazaoui c’est attendre la mort longue vu l’interdiction d’aller se soigner à l’étranger.<br />
<br />
Etre un jeune Gazaoui c’est oublier les voyages, les rencontres et l’ouverture sur le monde extérieur.<br />
<br />
Etre Gazaoui aujourd’hui c’est célébrer le premier anniversaire de la dernière agression israélienne contre la population civile de la bande de Gaza en décembre 2008/ janvier 2009.<br />
<br />
Etre Gazaoui aujourd’hui c’est défier le blocus par le recours à tous les moyens pour s’adapter au contexte particulier.<br />
<br />
Etre un consommateur gazaoui aujourd’hui c’est acheter un kilo de sardines à Gaza, la ville méditerranéenne, à plus de 10 euros .<br />
<br />
Etre un consommateur gazaoui aujourd’hui c’est ne pas trouver beaucoup de produits alimentaires dans les marchés de Gaza , ou d’être obligé à les acheter à un prix très élevé.<br />
<br />
Etre un citoyen gazaoui c’est souffrir des conséquences de la division entre les différents partis politiques palestiniens .<br />
<br />
Etre Gazoui aujourd’hui c’est voir que 20 000 habitants vivent dans des tentes après la destruction de leurs maisons par l’armée israélienne et que tous les matériaux de construction sont interdits d’entrée dans la bande de Gaza par ordre militaire israélien.<br />
<br />
Etre un médecin gazaoui c’est travailler dans des conditions difficiles dans des hôpitaux avec des appareils médicaux souvent en panne.<br />
<br />
Etre Gazaoui aujourd’hui c’est vivre enfermé, isolé sans aucun contact avec le monde extérieur sauf via Internet et le téléphone.<br />
<br />
Etre Gazaoui aujourd’hui ce n’est pas seulement souffrir de manque de l’eau mais boire de l’eau imbuvable.<br />
<br />
Etre Gazaoui aujourd’hui c’est vivre à côté des ruines des maisons, des écoles, des mosquées et des bâtiments détruits par les bombardements aveugles d’une armée qui déteste la vie et la lumière.<br />
<br />
Etre Gazaoui aujourd’hui c’est voir le silence complice de la communauté internationale qui ne bouge pas pour arrêter sa souffrance.<br />
<br />
Mais être Gazaoui aujourd’hui c’est résister et résister contre l’oubli, contre le blocus et pour un avenir meilleur .<br />
<br />
Etre Gazaoui aujourd’hui c’est rêver car il ne reste rien pour les Gazaouis que rêver et espérer.<br />
<br />
Etre Gazaoui aujourd’hui est de garder espoir malgré tout d’un lendemain de paix et de liberté .<br />
<br />
<b>Dr. Ziad Medoukh</b><br />
<br />
Département de français<br />
Université Al-Aqsa. Gaza. Palestine.</div>

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			<dc:creator>ASTEROIDEB61</dc:creator>
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		</item>
		<item>
			<title>Palestine</title>
			<link>http://www.bladi.net/forum/blogs/asteroideb61/palestine-1692/</link>
			<pubDate>Tue, 13 Oct 2009 20:50:20 GMT</pubDate>
			<description><![CDATA[*PALESTINE* 
 
« le Président de l'Autorité palestinienne est séquestré à Ramallah par le Premier ministre israélien » (Les journaux 2001-2002)  
 
...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div><b>PALESTINE</b><br />
<br />
« le Président de l'Autorité palestinienne est séquestré à Ramallah par le Premier ministre israélien » (Les journaux 2001-2002) <br />
<br />
 Tandis qu'à Oslo nobellisent des nœuds <br />
 Papillonnant de bulles et ivres de prix dérisoires, <br />
 A Ramallah, l'un des leurs, face aux canons, seul, <br />
 Imprime à l'histoire le sceau noble de l'honneur. <br />
<br />
 Palestine meurtrie, tendue de linceuls, <br />
 Te voilà, de nouveau, le cœur écarlate et nu, <br />
 De véhémence tourmentée par la mort en chenilles, <br />
 Errante de bulldozers et panzers d'amas de ruines. <br />
<br />
 Une nuit de cristal souille encore nos mémoires ; <br />
 C'était en novembre de six décennies déjà. <br />
 Des idées supérieures assassinaient les différences. <br />
 Vies massacrées, demeures et biens saccagés. <br />
<br />
 Des nuits d'horreur aux regards du monde <br />
 Nous tiennent éveillés tous les jours à présent. <br />
 Des idées supérieures assassinaient les différences. <br />
 Vies massacrées, demeures et biens saccagés. <br />
<br />
 Les victimes éplorées de nos compassions passées, <br />
 Non désirées alors par leurs amis d'aujourd'hui, <br />
 Furent imposées en partage sur cette terre d'Orient, <br />
 Venues de tout l'Occident sur la foi d'un engagement. <br />
<br />
 Cet engagement d'étendards de deux nations jumelles, <br />
 Est, depuis longtemps, froissé et jeté au mépris, <br />
 Comme le sont, chaque jour, les voix unies du monde <br />
 Accordées à New York, vers les fosses de l'oubli. <br />
<br />
 Voici que le temps a fait des victimes de cristal <br />
 Des reitres bardés d'armes et d'arrogance guerrière, <br />
 Brandissant en étendard de nation bombes et missiles <br />
 Et serpentant d'enfer tous les lieux de Dieu. <br />
<br />
 <b>A Al-Quds-Jérusalem la Sainte et trois fois bénie, <br />
 A deux pas de ce Mur célébrant Jérémie <br />
 Et portant en espalier les vœux de paix de l'homme, <br />
 La mort quotidienne a planté ses camps</b>. <br />
<br />
 Voilà que nous reviennent les syllabes sourdes <br />
 Des lieux de malheurs et de honte majeure, <br />
 Maintenant liées à cette terre de foi <br />
 Et de naissance de prophètes et saints vénérés. <br />
<br />
 <b>Ramallah et Varsovie</b>, pour les bras attachés, <br />
 <b>Bethléem et Buchenwald</b>, pour les bouches bâillonnées, <br />
 <b>Tulkarem et Birkenau</b>, pour les ventres affamés ; <br />
 <b>Jenine et Auschwitz,</b> pour les chants étouffés, <br />
 <b>Der Yacine et Dachau,</b> pour les vies détruites, <br />
 <b>Qualquiliya et Oradour</b>, pour l'espoir avorté, <br />
 <b>Jabaliya et Mauthausen</b>, pour les joies interdites, <br />
 Et <b>sur Jéricho</b> les trompettes à nouveau, <br />
 <b>Sabra et Chatila </b>ayant suffi à l'horreur. <br />
<br />
 En tous ces lieux humiliés, des fosses anonymes <br />
 Scellent les actes d'opprobre et témoignent du martyr <br />
 De ceux qui n'ont pas trahi le serment premier <br />
 Et n'ont pas profané l'empreinte des apôtres. <br />
<br />
 De Ramallah-l'assiégée, la foi forte du héros <br />
 Rappelle à l'arrogance des consciences repues <br />
 L'inanition de la Terre agonisante d'injustice <br />
 Qui chasse chaque matin toutes attentes de paix. <br />
<br />
 La paix de la terre retrouvée, <br />
 La paix de dormir et de s'éveiller, <br />
 La paix d'avoir son pain sans se tuer, <br />
 La paix de chanter avec son enfant, <br />
 La paix de prier calmement, <br />
 La paix de s'aimer simplement. <br />
<br />
<b>Assane Y. DIALLO Dakar, 11/04/2002 </b><br />
<br />
Ce poème, avait été communiqué au Président Yasser ARAFAT, <br />
<br />
Et a été présenté à l'occasion de la Journée de la Palestine à Dakar, en avril 2002 (CICES) en présence de SE l'Ambassadeur de la Palestine au Sénégal et de MM Le Ministre de la Culture et du Président de l'Association des Ecrivains du Sénégal (AES).</div>

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			<dc:creator>ASTEROIDEB61</dc:creator>
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		</item>
		<item>
			<title><![CDATA["Un lieu qui pleure", par John Berger]]></title>
			<link>http://www.bladi.net/forum/blogs/asteroideb61/lieu-pleure-john-berger-1642/</link>
			<pubDate>Tue, 18 Aug 2009 19:56:49 GMT</pubDate>
			<description>*Un très beau texte de John Berger sur la Palestine.* 
 
 
*Un lieu qui pleure* 
 
Quelques jours après notre retour de ce qu’on croyait être,...</description>
			<content:encoded><![CDATA[<div><b>Un très beau texte de John Berger sur la Palestine.</b><br />
<br />
<br />
<i><b>Un lieu qui pleure</b></i><br />
<br />
Quelques jours après notre retour de ce qu’on croyait être, jusqu’à récemment, le futur Etat de Palestine, et qui est maintenant la plus grande prison (Gaza) et la plus grande salle d’attente (Cisjordanie) du monde, j’ai fait un rêve.<br />
<br />
J’étais seul, debout, dévêtu jusqu’à la taille, dans un désert de grès. Puis la main de quelqu’un ramassait au sol des poignées de terre et me les jetait à la poitrine. Ce geste était empreint de considération et non d’agressivité. Avant de m’atteindre, la terre ou le gravier se transformait en morceaux de tissu déchirés, probablement du coton, qui s’enroulaient telles des bandelettes autour de mon torse. Puis ces lambeaux de tissu se transformaient à nouveau et devenaient des mots, des phrases. Ecrits non par moi, mais par le lieu.<br />
<br />
En me remémorant ce rêve, l’expression de « sol écorché » n’a cessé d’aller et venir dans ma tête. Cette expression décrit un lieu ou des lieux où tout, aussi bien au sens matériel qu’immatériel, a été décapé, dérobé, balayé, soufflé, détourné, tout sauf la pauvre terre palpable.<br />
<br />
* Il existe dans la banlieue ouest de Ramallah une petite colline du nom d’Al-Rabweh, au bout de la rue de Tokyo. Le poète Mahmoud Darwich est enterré près du sommet de la colline. Ce n’est pas un cimetière. (...) C’est dans ce centre que Darwich a lu certains de ses poèmes pour la dernière fois — bien que personne ne supposât alors que ce fût la dernière fois. Que signifie le mot dernier dans des moments de désolation ?<br />
<br />
Nous sommes allés visiter la tombe. Il y a une pierre tombale. La terre creusée est encore nue, et des gens endeuillés y ont déposé de petites gerbes de blé vert — comme il le suggère dans l’un de ses poèmes. Il y a aussi des anémones rouges, des morceaux de papier, des photos.<br />
<br />
Il voulait être enterré en Galilée, où il était né et où vit encore sa mère, mais les Israéliens l’ont interdit.<br />
<br />
Lors de l’enterrement, des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées ici, à Al-Rabweh. Sa mère, âgée de 96 ans, s’est adressée à la foule : « Il est votre fils à tous », a-t-elle dit.<br />
<br />
Dans quelle arène parlons-nous exactement quand nous évoquons des êtres chers qui viennent de mourir ou de se faire tuer ? Nos paroles nous paraissent résonner dans un moment présent plus présent que ceux que nous vivons normalement. Un moment comparable à celui où nous faisons l’amour, où nous sommes face à un danger imminent, où nous prenons une décision irrévocable, où nous dansons un tango. Ce n’est pas dans l’arène de l’éternel que résonnent nos paroles de deuil, mais ce pourrait être dans un petit appentis de cette arène.<br />
<br />
* Sur la colline maintenant désertée, j’essayai de me rappeler la voix de Darwich. Il avait la voix calme d’un apiculteur :<br />
<br />
Une boîte en pierre où les vivants et les morts se meuvent dans l’argile sèche<br />
<br />
telles des abeilles captives dans le rayon de miel d’une ruche<br />
<br />
et chaque fois que le siège se resserre elles désertent les fleurs et font une grève de la faim<br />
<br />
et demandent à la mer d’indiquer la sortie de secours<br />
<br />
Me souvenant de sa voix, je ressentis le besoin de m’asseoir sur la terre palpable, sur l’herbe verte. Ce que je fis.<br />
<br />
En arabe, Al-Rabweh signifie « la colline recouverte d’herbe verte ». Ses mots sont retournés d’où ils venaient. Et il n’y a rien d’autre. Un rien que partagent quatre millions de personnes.<br />
<br />
La colline suivante, à cinq cents mètres de là, est une décharge. Des corbeaux décrivent des cercles autour. Des enfants fouillent dans les ordures. (...)<br />
<br />
* Les mois ont passé, chacun avec son lot de mauvais présages et de silence.<br />
<br />
Aujourd’hui les désastres se jettent ensemble dans un delta sans nom, qui n’en aura un que lorsque des géographes, qui viendront plus tard, bien plus tard, lui en donneront un. Rien d’autre à faire à l’heure actuelle que d’essayer de marcher sur les eaux amères de ce delta sans nom.<br />
<br />
* Gaza, la plus grande prison du monde, se transforme en abattoir. (...) Jour et nuit, par air, par mer et sur terre, les Forces de défense israéliennes lancent des bombes au phosphore et des obus, dirigent des armes radioactives GBU-39 et des tirs de mitraillette sur une population civile d’un million et demi de personnes. (...) La peste va bientôt emboîter le pas au massacre : la plupart des logements n’ont ni eau ni électricité, les hôpitaux sont dépourvus de médecins, de médicaments et de générateurs. Un blocus et un siège ont précédé le massacre.<br />
<br />
Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent dans le monde pour protester. Mais les gouvernements des riches, forts de leurs médias internationaux et fiers de leurs armes nucléaires, rassurent Israël : ils fermeront les yeux sur ce que ses Forces de défense sont en train de perpétrer.<br />
<br />
* « Un lieu qui pleure entre dans notre sommeil, a écrit le poète kurde Bejan Matur, un lieu qui pleure entre dans notre sommeil et n’en part jamais. »<br />
<br />
* Je suis à Ramallah, il y a quatre mois de cela, dans un parking souterrain désaffecté qui sert d’atelier à un petit groupe de plasticiens palestiniens, parmi lesquels une sculptrice du nom de Randa Mdah. Je regarde une installation qu’elle a conçue et réalisée, intitulée Puppet Theatre.<br />
<br />
Il s’agit d’un grand bas-relief de trois mètres sur deux, dressé comme un mur. Sur le sol, trois figures en ronde bosse lui font face.<br />
<br />
Le bas-relief, composé d’épaules, de visages et de mains, a été réalisé sur une armature de fil de fer, de polyester, de fibre de verre et d’argile. Ses surfaces sont colorées — verts foncés, bruns et rouges. La profondeur de son relief est à peu près la même que celle d’une des portes en bronze de Lorenzo Ghiberti pour le baptistère de Florence, et le raccourci et les perspectives ont été traités presque avec la même maîtrise. (Je n’aurais jamais deviné que cette artiste était si jeune. Elle a 29 ans.) Le mur du bas-relief est comme la « haie » à laquelle ressemble l’audience dans un théâtre, quand on la voit de la scène.<br />
<br />
Sur la scène, face au mur, se dressent trois personnages grandeur nature, deux femmes et un homme. Ils sont faits avec les mêmes matériaux, mais leurs couleurs sont plus pâles.<br />
<br />
L’un se trouve à portée de main du public, un autre deux mètres plus loin et le troisième encore deux fois plus loin. Ils portent leurs vêtements de tous les jours, ceux qu’ils ont choisi de mettre ce matin-là.<br />
<br />
Leurs corps sont attachés à des cordes qui pendent de trois bâtons horizontaux, qui sont à leur tour suspendus au plafond. Ce sont des marionnettes ; les bâtons sont les tiges au moyen desquelles les marionnettistes absents ou invisibles les actionnent.<br />
<br />
La multitude de figures sur le bas-relief regardent toutes ce qu’elles voient en face d’elles et se tordent les mains. Leurs mains sont comme des poules. Impuissantes. Elles se les tordent parce qu’elles ne peuvent pas intervenir. Les figures sont en bas-relief et non en trois dimensions, donc elles ne peuvent pas entrer dans le monde réel, substantiel, ni y intervenir. Elles représentent le silence.<br />
<br />
Les trois personnages substantiels, palpitants, attachés aux cordes des marionnettistes invisibles, sont précipités à terre, la tête la première, les pieds en l’air. Encore et encore, jusqu’à ce que leurs têtes éclatent. Leurs mains, leurs torses, leurs visages se convulsent sous l’atrocité de la douleur. Une douleur qui n’a pas de fin. On le voit à leurs pieds. Encore et encore.<br />
<br />
Je pourrais marcher entre les spectateurs impuissants du bas-relief et les victimes étalées sur le sol. Mais je ne le fais pas. Il se dégage de cette œuvre une force que je n’ai vue dans aucune autre. Elle s’est approprié le sol sur lequel elle se dresse. Elle a rendu sacré le champ entre les spectateurs frappés d’horreur et les victimes agonisantes. Elle a transformé le sol d’un parking en « sol écorché ».<br />
<br />
Cette œuvre prophétisait la bande de Gaza aujourd’hui.<br />
<br />
* La tombe de Darwich sur la colline d’Al-Rabweh a depuis été clôturée et recouverte d’une pyramide en verre à la suite de décisions prises par l’Autorité palestinienne. Il n’est plus possible de s’asseoir par terre près de lui. Ses mots, cependant, parviennent à nos oreilles, et nous pouvons les répéter, et continuer à le faire.<br />
<br />
J’ai du travail à faire sur la géographie<br />
<br />
des volcans de la désolation aux ruines<br />
<br />
du temps de Loth à celui de Hiroshima<br />
<br />
comme si je n’avais encore jamais vécu<br />
<br />
avec une soif qu’il me reste à connaître<br />
<br />
peut-être Maintenant s’est-il éloigné<br />
<br />
et qu’Hier s’est rapproché<br />
<br />
alors je prends la main de Maintenant<br />
<br />
pour marcher à la lisière de l’histoire<br />
<br />
et éviter le temps cyclique<br />
<br />
avec son chaos de chèvres de montagne<br />
<br />
comment mon Demain peut-il être sauvé ?<br />
<br />
par la vitesse du temps électronique<br />
<br />
ou par la lenteur de ma caravane du désert ?<br />
<br />
j’ai du travail jusqu’à ma fin<br />
<br />
comme si je n’allais pas voir demain<br />
<br />
et j’ai du travail pour aujourd’hui<br />
<br />
qui n’est pas là<br />
<br />
alors j’écoute doucement, doucement,<br />
<br />
le battement de fourmi de mon cœur...<br />
<br />
<b>John Berger.</b><br />
<br />
Romancier, poète, peintre et critique d’art anglais. Vit et travaille dans un petit village de Haute-Savoie. Ouvrages récents : De A à X, L’Olivier, Paris, 2009 ; D’ici là, L’Olivier, Paris, 2006, et Ecrits des blessures, Le Temps des cerises, Pantin, 2007. A obtenu le Booker Prize en 1972</div>

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			<dc:creator>ASTEROIDEB61</dc:creator>
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		</item>
		<item>
			<title>au raciste</title>
			<link>http://www.bladi.net/forum/blogs/asteroideb61/raciste-1628/</link>
			<pubDate>Sat, 25 Jul 2009 17:58:48 GMT</pubDate>
			<description>Tu croyais ton sang pur ! Mais tu t’étais trompé, 
Le jour de ton coup dur, quand tu fus opéré, 
Les blouses blanches ont pris des pochettes de sang,...</description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>Tu croyais ton sang pur ! Mais tu t’étais trompé,<br />
Le jour de ton coup dur, quand tu fus opéré,<br />
Les blouses blanches ont pris des pochettes de sang,<br />
Elles n’ont pas vérifié si ce sang était « blanc »…<br />
<br />
As-tu vu du sang bleu, du sang jaune, du sang noir ?<br />
Fouilles les moindres recoins de ta mémoire ;<br />
Pour ma part le sang a toujours été Rouge !<br />
Il m’a sauvé la vie. Serait-ce un outrage ,<br />
Si le sang transfusé fut Arabe ou bien Beur ?<br />
Frère, j’ai accepté et ce fut un honneur !<br />
<br />
Quant à toi n’oublies pas, réclames : un donneur<br />
Compatible à tes idées racistes…ou meurt !<br />
<br />
<b>Natacha PENEAU</b><br />
<br />
<a href="http://www.bladi.net/forum/groupes/tolerance-propos-haineux-283/" target="_blank">http://www.bladi.net/forum/groupes/t...s-haineux-283/</a></div>

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			<dc:creator>ASTEROIDEB61</dc:creator>
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		</item>
		<item>
			<title>paix à ton âme</title>
			<link>http://www.bladi.net/forum/blogs/asteroideb61/paix-ame-1622/</link>
			<pubDate>Fri, 10 Jul 2009 13:56:50 GMT</pubDate>
			<description><![CDATA[Hier encore nos prières t'étaient destinées. 
Prier Dieu pour alléger tes souffrances. 
Prier Dieu pour préserver tes enfants. 
Prier Dieu pour...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>Hier encore nos prières t'étaient destinées.<br />
Prier Dieu pour alléger tes souffrances.<br />
Prier Dieu pour préserver tes enfants.<br />
Prier Dieu pour donner la patiente à ton épouse.<br />
<br />
Dieu a répondu à nos prières:<br />
Il t'a rappelé à lui pour soulager tes souffrances.<br />
Il a entouré tes enfants de Sa protection.<br />
Il a combler ton épouse de plus de patience.<br />
<br />
Ma peine est lourde à porter, <br />
Mes yeux te voient même dans l'obscurité.<br />
Un homme de plus qui disparait de ma vie, <br />
Que Dieu te fasse miséricorde, qu'Il te pardonne<br />
et qu'Il fasse de ta tombe un endroit spacieux et lumineux.<br />
<br />
Amine</div>

]]></content:encoded>
			<dc:creator>ASTEROIDEB61</dc:creator>
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		</item>
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