Les 1001 contes réunis

Discussion dans le forum 'Culture' créée par el_safia le 17 Oct. 2004.

  1. el_safia

    el_safia

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    C'est bien là le mystère du conte : la mère chassant de sa vie celle qui la détronera a t elle vécu plus heureuse ? sa joie a t elle duré aussi longtps pour que l'on parle d'elle à jamais ?.....

    :)
     


  2. el_safia

    el_safia

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    Sourire :)....
     
  3. el_safia

    el_safia

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    Merci c bien là des mots qui me vont droit au coeur. :)

    Pour ce qui est des contes où ont il été réuni ? de région différente ? par qui?... Il y a un tas d'ouvrage disponible (certains connus d'autres moins connus) à lire et à conter au petit enfant en vous :).

    Et ce
    serait le plus beau présent que l'on puisse me faire... Un lien direct tjrs disponible quelque part sur ce site. :)

    Quand je pense qu'un site berbère a repris un conte que je réécris, mettant en exergue le lien... C'est bien dommage que cela ne soit pas le cas ici aussi... mais qui sait un jour peut être...:)

    Merci d'y avoir penser, j'espère que beaucoup de bladinautes formuleraient un jour ce souhait... Grace si je poste pas, ce topic se retrouve dans les oubliettes.... :)
     
  4. el_safia

    el_safia

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    Faut il toujours du sophistiqué pour comprendre la vie et nos désirs primères de bipèdes modernes ?!

    Je ne pense pas !
     
  5. naadya

    naadya there is no spoon

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    el safiaaaaaaaaaaaa
    longtemps kon ne t'as vu

    sipir le post ;-)
     
  6. el_safia

    el_safia

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    :) merci c vrai.. et me revoilà mais pour enrichir et ne faire oublier les contes ceux de notre propre culture et ceux des autres :)
     
  7. agdoud

    agdoud

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    On vote où ma chère?

    Agdoud

    PS: Bladi, saidsahraoui et autres modos si vous nous écouter..vous savez ce qui reste à faire. D'avance merci.

     
  8. el_safia

    el_safia

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    O comment j'aimerais bien k cela se réalise :)... Je ne sais pas on pourrait créer un topic.... où on pourrait essayer de convaincre le webmaster. :)
     
  9. hajjar

    hajjar poussiere d'etoiles...

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    un superlien sur des contes irlandais cliccontes
     
  10. Ancien-Membre

    Ancien-Membre

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    voilà, le topic est mis en "post-it" et ne disparaitra plus ;-)

    tout ça grâce à mon idée et à ma force de persuasion :-D :-D :-D :-D :-D
     
  11. Ancien-Membre

    Ancien-Membre

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    :-D ;-)
     
  12. hajjar

    hajjar poussiere d'etoiles...

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    bravo tout le monde!! au grand bonheur de safia :)
     
  13. kabyloo

    kabyloo

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    Le prince cloîtré : un conte kabyle

    "Amachahou rebbi ats iselhou ats ighzif anechth ousarou." (Que je vous conte une histoire. Dieu fasse qu’elle soit belle, longue et se déroule comme un long fil).

    Des mères poules, il en existe beaucoup, des pères poules, il y en a aussi. C’est le cas d’un de ces pères que nous allons vous raconter à travers cette histoire du terroir. Ce père n’est pas n’importe qui, c’est le roi d’un immense pays. Marié à plusieurs femmes, elles lui donnèrent beaucoup d’enfants mâles comme héritiers, mais par une fatalité incompréhensible, ils meurent tous avant d’atteindre l’âge de sept ans.

    L’ag’ellid’ (roi) chercher à en connaître les raisons. C’est ainsi que l’on s’aperçoit que la cause de la mort des enfants était due à la consommation de viande avec os. Les os brisés, avalés par mégarde restaient en travers de la gorge et finissent par étouffer les enfants. L’ag’ellid’, une fois mis au courant, entre dans une rage folle et met à mort tout le personnel chargé de ses enfants. Pour mettre toutes les chances de son côté, il renouvelle le personnel en puisant dans sa famille. Après la mort de son dernier enfant, des consignes strictes sont données au nouveau personnel. Le nouveau prince est choyé dès sa naissance, n’a le droit de lui donner à manger qu’une vieille servante dévouée. Sa chambre située au milieu du palais le met à l’abri de toute rencontre. Il a à sa disposition tout ce qu’il veut, sauf recevoir des enfants de son âge pour jouer ou manger de la viande avec os. C’est ainsi qu’on lui ramène chaque jour à manger après contrôle de tous ses plats préférés. Il mange beaucoup de viande mais ne sait pas ce que c’est un os, ni une coquille d’œuf. Au palais, vivait une veuve dont le mari mort prématurément, lui avait laissé un enfant du même âge que le petit prince. Le garçon qui passait son temps dehors s’était trouvé une passion. Il aimait par dessus tout le jeu qu’on appelle "thiqar" (sorte de pugilat où les pieds sont sollicités fortement).

    A force de s’entraîner matin et soir, le petit garçon devient imbattable. Comme il connaissait l’existence du petit prince qu’il n’avait jamais vu mais qui était né le même mois que lui, un jour il s’ouvre à sa mère et lui dit :
    Mon vœu le plus cher c’est d’apprendre au fils du roi à jouer "thiqar", ainsi je deviendrai son ami et que rendrai jaloux tous ceux qui ne n’aiment pas, car ne pouvant pas me battre au jeu.

    La veuve qui ne pouvait rien refuser à son enfant lui dit quelle ferait le tout pour le tout pour exaucer son vœu. Comme elle était connue de toutes les servantes, elle sollicita de la servante en chef l’autorisation de voir le petit prince un instant. La permission accordée, elle s’approche du petit prince qu’elle trouve replet, joufflu et dodu. Elle s’étonne de son embonpoint et lui demande à brûle pourpoint.

    Que manges-tu donc pour être aussi gros ?
    Tout ce que je veux et de la viande sans os !
    Ah ! C’est pour cela que tu es gros ! Les jeunes comme toi doivent manger de la viande avec os pour être forts et beaux !
    On ne m’en donne jamais. Je ne sais pas ce que c’est un os, ni ce qu’est une coquille d’œuf !
    Tu es bien malheureux, mon petit ! J’ai un garçon du même âge que toi, mais il est svelte et à "thiqar" personne ne le bat !
    Qu’est ce que c’est "thiqar" ?
    C’est un jeu de force et d’adresse que les jeunes jouent en se frappant des pieds.
    Je n’en ai jamais joué. Je voudrais bien le pratiquer.
    اa se joue à plusieurs. Tu ne peux en jouer si tu restes tout seul ici !
    Merci, j’ai compris.

    Ebranlé par les paroles de la veuve le petit prince n’avait plus qu’un seul désir sortir de sa chambre jouer avec des enfants de son âge et manger de la viande avec os à ses repas et des œufs avec leurs coquilles qu’il devra lui-même décortiquer. Le soir au dîner il exige de la servante dévouée de la viande avec un os dedans. Elle passe outre l’interdiction de l’ag’ellid’ (roi) et lui sert un gigot d’agneau avec un bel os au milieu. Le petit prince prend plaisir à grignoter de ses dents la viande accrochée à l’os. Il éprouve du plaisir. Après avoir fini son repas, il prend l’os, le tourne et le retourne. Pour voir s’il se casse ou pas, il le lance de toutes ses forces contre une vitre peinte pour ne rien laisser voir du dehors. Le carreau vole en éclats, la lumière rentre. Il est ébloui. Il passe son cou à travers la vitre brisée, et ce qu’il voit, le laisse pantois. Le paysage était très beau. Des gens vont et viennent. Des enfants jouent. Il serre les poings de dépit. Cela fait quinze ans qu’il est là, et ne connaît rien de la vie. Ayant découvert du haut des choses qu’il n’a jamais vues il exige de ses parents à le laisser sortir pour s’amuser sinon il allait se suicider.

    L’ag’ellid’ qui ne voulait en fait que le prémunir de tous les dangers, cède à ses menaces. Il le laisse sortir de sa tour d’ivoire. Le jeune prince chercha après le fils de la veuve et exige de lui qu’il lui apprenne "thiqar" pour qu’il devienne aussi adroit que lui. Après un entraînement de plusieurs jours le jeune prince bat tout le monde au jeu à l’exception de son entraîneur, mais même ce dernier est vaincu par la suite. Le jeune prince pas reconnaissant du tout, infatué de sa personne gagne tous les jours au jeu de "thiqar". Pour "récompenser" le fils de la veuve il lui donne une gifle retentissante. Le jeune garçon veut lui donner une leçon, mais il est plus fort que lui. La taille impressionnante du jeu prince n’arrange rien. Personne ne peut le battre au combat, même s’ils se mettent à plusieurs.

    Devenu imbattable, le jeune prince humilie à chaque fois le fils de la veuve en le giflant. La situation devient intenable. Le jeune prince cherche un moyen de l’éloigner de leur terrain de jeu. Mais il est toujours là, de plus en plus envahissant, grossier et arrogant. Le soir, en rentrant à la maison avec des joues rouges sang, à cause des coups reçus, le jeune adolescent raconte tout à sa mère.
    Ne t’en fais pas, mon grand. Puisqu’il ne veut pas s’amender, je vais l’exiler d’ici, à tout jamais. Après le pugilat, le jeune prince veut s’initier à l’équitation, mais tellement qu’il était grand et gros aucun cheval ne put supporter son poids. Le roi est désespéré, il faut trouver un cheval à monter. Mais aucun cheval ne fut trouvé. L’ag’ellid’ sollicite les services de "l’amghar azemni" (le vieux sage) qui lui dit que le seul cheval qui puisse le porter est celui qui est né le même jour que lui. Les palefreniers sont sollicités et le cheval adéquat fut enfin trouvé. Monté sur son cheval immaculé, le jeune prince fait de mémorables chevauchées.

    La veuve s’arrange un jour pour se trouver sur son chemin, il la bouscule sans ménagement. En colère elle lui dit :

    Ethh’asvedh iman-ik’ khirella A-memmi-s ougellid’ n-etmourtha Loukan though idh outma-s n-iouaghznioun D’i revâin yid’sen As inigh thz’ouredh d’gha Barka zoukh barka (Tu te prends pour qui fils du roi de ce pays, si tu avais épousé la sœur des quarante ogres, je dirai que tu es très fort, mais tu ne fais que te vanter à l’intérieur du palais !)

    Ces paroles prononcées avec amertume blessent le jeune prince dans son amour propre. Il rentre dépité dans ses quartiers. Il réfléchit toute la nuit. Dès que le jour commence à poindre, il fait chercher la veuve à laquelle il demande des renseignements à propos de la sœur des quarante ogres qu’il veut épouser. Elle ne se fait pas prier. Son piège a fonctionné. Le maudit prince va s’éloigner du palais et va laisser tranquille son enfant chéri. Les quarante ogres habitent dans une forêt très éloignée, beaucoup de choses peuvent lui arriver. Contre l’avis de ses parents, il s’en va à l’aventure. Après avoir parcouru des lieues, il trouve sur sa route un homme de forte stature qui fait des pas de danse, en jonglant avec deux meules à bras (snath thisyar). Il l’interroge :
    Pourquoi fais-tu cela ?
    Pourquoi ne le ferais-je pas, car d’après ce que l’on dit le fils du roi est imbattable au jeu de "thiqar" après s’après entraîné longtemps. Je m’entraîne aussi, peut-être que je deviendrai un jour quelqu’un de bien en vue.
    Laisse tomber tes meules,je suis le fils du roi de ce pays. viens avec moi, tu as beaucoup à gagner. Le prince accompagné du premier homme rencontré, continue sa route, jusqu’à ce qu’ils rencontrent un jeune homme barrant les flots d’une rivière avec sa langue sortie de sa bouche.
    Comment peux-tu freiner les flots en te servant de ta bouche ?
    Pourquoi ne le ferais-je pas. J’ai entendu dire que le fils du roi de ce pays est imbattable au jeu de "thiqar", après s’être entraîné. Je m’entraîne moi aussi, peut-être qu’un jour je deviendrai célèbre et qu’on parlera de moi, comme du fils du roi !
    Je suis le fils du roi, laisse la rivière couler. Viens avec moi, tu vas me seconder dans tous mes exploits et tu deviendras aussi célèbre que moi ! L’homme libère les flots et suit le fils du roi. Sur leur route les trois hommes rencontrent un paysan en train de labourer son champ avec deux lions en guise de bœufs. Il se sert d’une vipère comme aiguillon. Etonné le prince lui demande pourquoi il agit ainsi :
    Pourquoi ne le ferais-je pas, puisque d’après ce que l’on dit, le fils du roi est devenu imbattable au jeu de "thiqar" en s’entraînant. J’en fais de même. Je m’entraîne à labourer avec les lions. Mon exploit sera un jour reconnu et je deviendrai aussi connu que le fils du roi !
    Je suis le fils du roi. Viens avec moi, tu feras de meilleurs exploits. L’homme laissa tomber la charrue berbère, les lions et la vipère, et suit le prince dans ses pérégrinations. Les quatre hommes marchent durant plusieurs heures, ils vont bientôt atteindre leur but, la tanière des quarante ogres. Mais comme le prince ne connaît rien des ogres, il n’en a jamais vu, ses compagnons aussi. Il décide de mettre toutes les chances de son côté en allant voir "l’amghar azemmi" qui pourrait lui donner de précieuses indications sur la manière de les aborder sans se faire dévorer. Malgré son rang de prince héritier, le jeune homme demande conseil au vieux sage (amghar azemni) en lui disant avec humilité :
    K’etch tsavard’a Noukni d’-tifar Ayen igh-d nidh ath nedhfar ! ( Tu es notre guide spirituel, nous suivrons tous tes conseils !)

    Très honoré, "amghar azemni" leur dit :
    Our qareth ara i ouaghzniouen Noussad an aoui outmath ouen Inithassen kan ats naoui Assagi ma ivgha rebbi (Ne dites pas aux ogres : Nous sollicitons votre sœur, mais nous sommes venus la prendre aujourd’hui même, si Dieu le veut !)

    Dès que les quatre hommes rentrent dans la forêt où habitent les ogres, ils sont vite entourés par les monstres. Ces derniers les prennent pour des fous ou des audacieux présomptueux. Ils les encerclent mais avant qu’ils ne disent le moindre mot, le jeune prince tire son épée de son fourreau, prêt à tuer. Voyant son allure décidée, les ogres veulent parlementer.
    Nous ne pourrons vous donner notre sœur qu’à la condition que nous sachions que vous êtes capables d’exploits.
    Nous sommes capables de tout, réplique le jeune prince.
    Dans ce cas vous êtes nos invités ! Entrez vous reposer ! En un tournemain, un couscous gigantesque fut préparé. Chacun des ogres ramène sa part de couscous, de viande et de sauce. Les quatre hommes doivent ingurgiter le tout, le temps que les quarante ogres fassent le tour de la maison, sinon, il leur en cuira.

    Les quatre hommes jettent tous les plats dans "adaynine" (sorte d’écurie) qu’ils recouvrent de paille. En pénétrant à l’intérieur de la salle, les ogres trouvent les plats vides de leur contenu. Ils sont étonnés et se dirent que ces hommes sont vraiment très forts.
    Vous avez réussi la première épreuve, passons à la seconde !
    Voici un rocher qui bouche un passage secret, nous nous mettons à quarante pour le déplacer, essayez de le bouger en unissant toutes vos forces ! Celui qui jonglait avec les meubles s’avance tout seul vers le rocher, il lui imprime un savant tour de rotation. Il bouge et dévoile le passage caché. Les ogres sont ahuris. A lui tout seul, il a fait bouger le rocher, et s’ils s’étaient mis à quatre, qu’auraient-ils fait ?
    Vous êtes sortis vainqueurs de la deuxième épreuve, réussirez-vous la troisième ?
    On essayera !
    Nous sommes capables de tuer quarante lions et quarante vipères à la fois, pouvez-vous en faire de même ? Celui qui labourait avec des lions et qui se servait d’une vipère comme aiguillon s’avance.
    Je suis capable de cet exploit. On le met en présence des fauves et des reptiles, il leur brise à tous l’échine.

    La troisième épreuve gagnée les quarante ogres ont peur de se frotter à ces jeunes décidés à tout. Ils consentent d’un commun accord, pour ne pas avoir d’ennuis, à laisser partir leur jeune sœur avec ce jeune homme qui promet. Bah ! se disent-ils, un homme qui a bravé tous les dangers pour pouvoir se marier avec notre sœur n’est pas n’importe qui. Elle sera heureuse avec lui. Laissons-les partir en toute tranquillité.

    La mission accomplie, les quatre hommes retournent chacun à sa vocation, auréolés des exploits consentis à aider le fils du roi qui les récompensera dès qu’il retournera au palais.

    Après s’être séparé de ses trois compagnons, le jeune prince et la jeune sœur des ogres entament le chemin du retour. Ils se perdent en cours de route. Avisant un homme, ils lui demandent le chemin à suivre pour arriver à la capitale du pays. Il leur dit :
    Avrid’ idhoulen itsouadhmen Avrid’ ioudzlen d’ouin inouaâren ! (Le chemin le plus long est sécurisé, le plus court est plein de dangers !).
    Puisque je suis très pressé, je prendrai le chemin le plus court.
    Fais comme bon te semble, mais prends garde à mes mises en garde ! Le prince et la jeune fille enfourchent leurs chevaux. Au détour d’un sentier, ils tombent nez-à-nez avec un géant noir qui leur barre la route.
    Ce sont mes terres, ici. Vous ne passerez pas, si vous ne me payez pas !
    La route appartient à tout le monde. Je passerai sans rien payer que tu le veuilles ou non. Ta taille de géant ne m’impressionne pas ! Les deux hommes s’affrontent à l’épée. Le combat dure une journée, mais, à la fin, le combat fut emporté par le prince héritier. Vaincu, le géant lui dit :
    Our iyi neq ara Ak’ oughalagh d’-ak’li Ak’ thedough d’i levghi ! (Ne me tue pas, je serai ton esclave pour la vie !).
    Puisque tu consens à devenir mon esclave attitré, je vais te demander d’accomplir ta première mission. Tu accompagneras la sœur des ogres au palais. Tu diras à mon père le roi que je l’épouserai dans quelques mois. Tu veilleras sur elle comme sur la prunelle de tes yeux. Attention ! pour le moment je vais accomplir une autre mission dans un pays lointain, et je ne sais pas combien de temps je vais rester !

    Le géant, accompagné de la sœur qui était resplendissante de beauté, fait son entrée au palais. Le roi est mis au courant à son sujet. Une année passe sans que le prince ne donne signe de vie. Le roi qui croyait que son fils était mort, lorgne sur la sœur des quarante ogres. Puisque son fils n’est pas revenu, il allait épouser sa fiancée. Bien qu’étant le roi, il demande l’avis de l’assemblée.

    Elle déclare que cela est "h’alal" (licite) à l’unanimité. Seul le fils de la veuve désapprouve l’union. Le roi prépare son mariage avec la sœur des ogres. Mais avant que le mariage ne soit consommé, les membres de l’assemblée qui ont approuvé l’union du père avec la fiancée de son fils, désirent la voir. Le fidèle géant noir leur refuse l’entrée. Sur ces entrefaites, le jeune prince qui s’était exilé rentre au pays déguisé en homme du peuple. Devant l’entrée de la demeure de la jeune fille, le jeune prince demande ce qui se passe. On l’informe. On lui dit qu’un géant noir barre la route aux membres de l’assemblée qui veulent voir de leurs propres yeux la nouvelle fiancée du roi.
    Il aura affaire à moi. Comptez sur moi ! Le jeune prince déguisé se précipite sur le géant. Il le reconnaît. Ils font semblant de se battre à l’épée. La sœur des ogres, qui regardait par une fenêtre l’âpre combat, reconnaît le fils du roi. Pour mettre fin au "combat" elle lance autour du cou du géant un boyau rempli de sang. Le jeune prince le pourfend de son épée, le sang se répand faisant croire à tous les présents que le géant a été tué.

    Ils acclament l’exploit. Le jeune prince profite de la confusion pour entrer au palais, se fait reconnaître par les gardes auxquels il demande de laisser rentrer les membres de l’assemblée. Une fois dans l’antichambre de la sœur des ogres, il les balance un par un au bas du mur. Après avoir réglé le compte à tous les membres de l’assemblée qui ont avalisé un acte que la morale réprouve, le jeune prince apprend que le fils de la veuve a été le seul à s’opposer au projet. Il l’appelle, le remercie et fait de lui son ami. Le roi était penaud, mais l’incident est clos.

    Les noces du prince et de la sœur des ogres durent sept jours et sept nuits. "Our kefount eth’houdjay i nou our kefoun ird’en tsemz’ine. As n-elâid’ anetch ak’soum ts h’em’zine ama ng’a thiouanz’iz’ine." (Mes contes ne se terminent, comme ne se terminent le blé et l’orge. Le jour de l’Aïd nous mangerons de la viande avec des pâtes, jusqu’à avoir les pommettes rouges et saillantes).



     
  14. el_safia

    el_safia

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    O! Hajjar tu as bien raison :) ca me fait sourire suis je aussi prévisible k ca un livre ouvert dont on peut lire les lignes même au loin...
    :)

    Groooooos bisous
    tu es adorable :)
     
  15. hajjar

    hajjar poussiere d'etoiles...

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    mais voyons tu l'a bien mérité, tien boussa pour bien commencer la journée :)
     
  16. el_safia

    el_safia

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    Merci Hajjar effectivement ca fait un bon début de samedi :-D
     
  17. el_safia

    el_safia

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    Dans les montagnes de Kabylie vivaient un vieux et une vieille. Ils avaient 2 fils. L’un était rusé, l’autre simplet. Et oui c’est parfois comme ça dans une famille.

    Un jour le vieux père dit à ses fils :

    - Mes fils, nous sommes vieux et fatigués. Voilà venu le moment de nous venir en aide. Demain vous irez au champ pour retourner la terre à notre place.

    Le lendemain matin, le vieux leur remet deux pioches, la mère une sacoche contenant des olives et un morceau de pain pour le repas.

    Le chemin est long jusqu’au champ et il fait si beau. Alors, ils jouent tout le long du chemin à cache-cache et ils grimpent aux arbres pour dénicher des nids.., jouer donne faim. Ils s’installent donc pour manger les olives et le pain avant de repartir. Arrivés au champ, il fait trop chaud pour travailler. Alors les deux frères s’installent sous un olivier et font une grande sieste. : Hum!

    Quand ils se réveillent, la journée est presque finie :

    -Ah quoi bon travailler ?

    Alors, ils ramassent quelques branches de bois mort pour le feu et rentrent à la maison.

    Une fois arrivés, leur vieux père demande :

    - AIors mes fils vous avez bien travaillé?

    Les deux frères hochent la tête pour dire :eek:ui!

    Et le père ajoute :

    - Demain vous sèmerez des fèves et des petits pois. Le lendemain matin le père leur remet un sac contenant des fèves, des petits pois bien tendres et la vielle mère une sacoche avec les olives et le pain pour le repas.

    Les deux frères repartent. Il fait si beau, tellement beau, qu’ils jouent tout le long du chemin et qu’ils grimpent encore aux arbres pour dénicher des nids. Puis, comme ils ont faim, ils s’installent pour manger. Ils mangent les olives et le morceau de pain et comme ils ont encore faim, ils prennent une poignée des fèves et de petits pois. lls sont si tendres et si croquants, qu’ils en mangent une deuxième puis une troisième et bientôt, il ne reste plus rien dans le sac.

    Alors ils repartent. Arrivés au champ, il fait trop chaud pour travailler...Les deux frères s’installent donc à l’ombre de l’olivier et font une grande sieste hum !

    Quand ils se réveillent, la journée est presque finie et ils n’ont plus rien à semer. Alors, ils ramassent quelques branches de bois mort et rentrent à la maison.

    Là, le vieux père leur demande :

    - Alors mes fils, vous avez semé ? Les deux frères se contentent de hocher la tête. Et le père ajoute :

    - Demain, vous irez arroser.

    Et le temps a fait ce qu’il avait à faire, il a passé. Chaque jour, ils allaient au champ et revenaient sans avoir travaillé. L’hiver est venu, le vieux père les envoyait de temps à autre pour surveiller si tout poussait.

    Et puis, l’abeille s’est mise à bourdonner et l’oiseau à chanter. Le printemps était là. Les paysans alentour, remontaient de leurs champs des paniers remplis de fèves et de petits pois qu’ils allaient vendre au marché. Le vieux père a dit à ses fils :

    - Demain vous irez faire la récolte. Le lendemain, ils sont repartis avec un âne chargé de deux grands paniers. En chemin, ils n’ont pas joué, ils n’avaient pas trop envie.

    Arrivés de bonne heure au champ le Simplet a dit à son frère :

    - Qu’est ce qu'on va faire, nous n'avons rien à récolter ?

    Le simplet lui a répondu ;

    - Regarde cette plume que j’ai dans ma main. Je vais la lancer en l’air. Là où elle tombera, nous ferons notre récolte. Il a lancé la plumé qui s’est envolée dans les airs, ils l’ont suivie avec leur âne. Ils ont traversé un ruisseau et voilà que la plume se pose dans un champ extraordinaire !

    Il y a là toutes sortes de fleurs et de plantes gigantesques...et dans un coin du champ, des fèves et des petits pois gros.

    Ils attachent leur âne à un arbre et se mettent à remplir les paniers. Seulement, ce qu’ils ne savent pas c’est que ce champ appartient à TSERIEL, l’ogresse. Et elle se tenait là cachée derrière un arbre en se disant :

    - Patience mes petits, patience…

    En attendant, elle a mangé l'âne et lorsque les deux paniers étaient remplis à ras bord, elle a surgi devant les deux garçons :

    - Alors mes fils, que faites-vous dans mon champ ?

    ils ont tout de suite reconnu TSERIEL et ils ont baissé la tête et se sont mis à trembler. TSERIEL a ajouté :

    Il se fait tard, vous ne pouvez pas rentrer chez vous à cette heure. Vous mangerez et dormirez chez moi ce soir !

    Et TSERIEL les a fait rentrer dans sa maison. Là, elle a demandé au simplet :

    - Qu'est-ce que tu manges, du couscous de blé ou du couscous de cendre ?

    Le simplet n'a pas réfléchi et a dit :

    - Du couscous de blé !

    - Eh bien, tu auras du couscous de cendre ! et puis elle a demandé au rusé :

    - Et toi mon fils, qu'est-ce que tu veux manger ?

    Le rusé a répondu :

    - Du couscous de cendre vieille mère !

    Après ce reaps, ils se sont couchés. Le simplet s'est aussitôt endormi. Le rusé lui ne dormait pas. Il savait bien que personne n'était jamais ressorti vivant de chez l'ogresse et il se demandait quoi faire.

    Il a eu une idée. Il est allé trouver TSERIEL et lui a dit :

    - Vieille mère, parfois la nuit je me réveille et je fais du bruit. Je ne voudrais pas te déranger, toi qui nous a si bien accueillis. Aussi dis-moi comment le sommeil fait-il pour entrer en toi.

    L’ogresse lui a répondu :

    - C’est facile mon fils ! Lorsque tu entendras dans mon ventre tous les animaux que j’ai mangés alors tu peux être sûr que je dors.

    Le rusé s’est recouché, mais il ne dormait que d’un oeil. C’est alors qu’il a entendu son âne braire dans le ventre de TSERIEL et puis une vache meugler, un mouton bêler et 3 poules caqueter.

    Il a réveillé le Simplet qui dormait à poings fermés et il a ouvert la porte de la maison. Puis il lui a dit :

    - Fais bien attention la porte, mon frère. Le simplet a donc pris la porte sur son dos.

    Et ils étaient là dehors à courir, le rusé devant et le simplet qui soufflait derrière. Voilà que le rusé aperçoit un buisson d’épines. Il dit alors à son frère :

    - Fais bien attention aux épines !

    Et le simplet posa la porte et pris les épines sur son dos. Et puis ils ont continué de courir. Plus loin, le rusé voit une pierre il dit à son frère :

    - Mon frère, fais bien attention à la pierre.

    Et le simplet pose les épines et prend la pierre sur son dos. Encore plus loin le rusé aperçoit un olivier qui barre le chemin. Il dit à son frère :

    - Fais bien attention la pierre.

    Et le simplet arrache l’olivier et le porte sur son dos.

    Et voilà que devant le rusé, se trouve une rivière profonde et infranchissable. Il s’arréte et dit son frère :

    - Que faire, nous ne pouvons plus avancer ? Il se retourne et voit l’olivier sur le dos de son, frère. Il lui dit :

    - Quelle bonne idée tu as eu mon frère !

    Le Simplet dépose l’olivier au bord de l’eau. Ils grimpent sur le tronc et emportés par le courant ils s’éloignent...

    Bientôt, ils aperçoivent leur village, partout des cris et de la lumière. C’est que tout le village est à leur recherche. Lorsqu’on les reconnaît, personne n'en croit ses yeux.

    Alors le rusé dit :

    - Père, mère, nous avons menti

    Et la vielle mère lui répond :

    - Je sais mon fils mais que m’importe les fèves et les petits pois, puisque vous nous êtes rendus...

    Et c’est ainsi que mon conte finit.

    Ecrit et raconté par Maria Mérel
    ----------------

    Agréable conte :) je trouve
     
  18. kabyloo

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    Les aventures de Vèlâjoudh


    Vèlâjoudh est un héros des contes kabyles. C'est un jeune enfant espiègle, qui se moque de tout le monde, même de Teriel (l’ogresse). C'est son histoire que nous allons vous raconter aujourd'hui.
    Vèlâjoudh, petit garçon facétieux, invente des situations loufoques, rien que pour rire et faire rire ses semblables.
    Un jour, il décide de s'attaquer à Teriel (l’ogresse) qui hante sa contrée. Cette dernière devenue vieille est atteinte de cécité (thiderghelte). C'est en tâtons qu'elle cherche sa route et à tâtons qu'elle se sustente.
    Vèlâjoudh attend Teriel (l'ogresse) juché sur un figuier qui n'appartient à personne et appartient en même temps à tout le monde. C'est pour cela d'ailleurs qu'on dit à propos d'un tel figuier ce proverbe :
    "Am thnoqlets B-ouvrid'
    Ouin âdan ad' ikharef"
    (Tout le monde a le droit de manger de ses fruits sans crainte)
    La saison des figues est finie depuis longtemps. mais puisque Teriel est aveugle, Vèlâjoudh veut lui jouer un tour. Dès qu'il la voit au loin, il monte au faîte du figuier et se met à crier de toutes ses forces.
    - Oui vghan ad'ikharef
    Ad iâdi gher d'a
    Thanoclets vèlajoudh
    Thethour d'elfakia
    (Celui qui veut manger des figues hors saison n'a qu'à venir ici, le figuier de Vèlâjoudh regorge de fruits !
    Teriel intéressée s'approche, elle tâte les branches, mais point de fruits. Courroucée, elle cherche Vèlâjoudh qui s'était réfugié sur la plus haute branche. Elle l'attrape et le fait entrer dans l'outre qu'elle avait ramenée pour puiser de l'eau. Afin qu'il ne puisse s'échapper, elle ferme le goulot de l'outre avec des feuilles de vivras (oignon sauvage) faute de cordelettes.
    Elle dépose l'outre avec Vèlâjoudh dedans, au pied du figuier et s'en va au ruisseau tout proche pour se désaltérer. Sentant l'odeur caractéristique du vivras, Vèlâdjoudh devine que c'est avec les feuilles de cette plante qu'elle a fermé l'outre.
    Il se débat un cours instant et l'outre s'ouvre. Avant que Teriel ne revienne, il remplit l'outre "d'-ivaâlalachène" (petites pierres) ramassées sur place et court se mettre à l'abri sur un petit monticule qui donne sur la route et le figuier.
    Après s'être désaltérée, Teriel met l'outre sur son dos. Elle est lourde, elle se dit que Vèlâjoudh ferait un très bon repas. Après avoir fait quelques pas, elle sent des douleurs dans son dos, elle demande à Vèlâjoudh de changer de position, afin que ses genoux ne lui fassent pas mal. Comme il ne s'exécute pas, elle se met à crier à haute voix :
    - Ekès roukvath ik'
    Seg zag'our iou a Vèlâjoudh !
    (Enlève tes sales genoux de mon dos Vèlâjoudh!)
    Comme il était hors de portée, il lui lance moqueur :
    - Mouqel ma ligh d'akhel ouïdid' !
    (Regarde dans l'outre si j'y suis !)
    Rageuse elle laisse tomber l'outre d'où s'échappent des pierres.
    - Tu m'as eu petit garnement, mais tu ne perds rien pour attendre ! Je t'aurait un jour ou l'autre foi de Teriel !
    Sorti indemne, Vèlâjoudh continue à faire des siennes. Il remonte sur le figuier et abuse les gens en leur faisant croire que l'arbre produit des fruits en toutes saisons.
    Un jour occupé à déblatérer ses mensonges éhontés, il ne s'aperçoit pas de l'arrivée de Teriel. Elle le prend au collet et le cueille comme un fruit. Le met dans l'outre qu'elle noue cette fois-ci avec ses cheveux, aussi solides que des filins d'acier. Elle le met sur son dos et l'amène chez elle. Il a beau se débattre, il n'arrive pas à dénouer ou à casser les filins d'attache.
    Arrivée chez elle Tériel le transborde dans un grand ak'oufi (silo domestique) et tâte tout son corps à travers l'ouverture d'aération. Elle le trouve bien maigre et décide de surseoir à le dévorer. pour l'engraisser elle lui donne :
    "Thament d'oud'i
    Ih'vouven lâli"
    (Miel, beurre et figues triées)
    Vèlâjoudh prend du poids, mais veut le cacher à Teriel pour accroître ses chances de survie.
    Au bout de quelques jours de gavage, Teriel demande à Vèlajoudh de lui montrer sa main pour voir s'il avait grossi. En guise de main, il lui fait tâter le manche en bois de la cuillère avec laquelle il mange.
    - Dyamen theqouredh am sghar !
    (Tu est toujours aussi sec que du bois, on dirait que tu ne manges pas !)
    Déçue Teriel referme le couvercle (thimd'elt ouk'oufi).
    Quelques jours plus tard, elle procède à la même opération. cette fois-ci Vèlâjoudh lui fait tâter un manche en bois
    - Daymen theqouredh am qechoudh !
    (Toujours aussi sec Vèlâjoudh !) mais cela ne fait rien aujourd'hui même, tu vas servir de repas à mes invités.

    Contes kabyles
    Les aventures de Vèlâjoudh

    (2e partie et fin)

    «Cela fait des jours que je remets ça, je croyais que tu allais grossir, mais puisque tu ne veux pas devenir gros, on ne va pas faire la fine bouche, on va te dévorer comme ça !»
    Teriel sort de chez elle et va ramener sa fille.
    "M-eth vaâlouchte" à l'œil blanc de chez sa tante (khaltes).
    De retour chez elle, elle donne des instructions à sa fille. Vélâjoudh prisonnier entend tout.
    Elle ordonne à sa fille de rouler du couscous, de sortir Vélâjoudh de l'ak'oufi, de l'égorger et de le débiter en morceaux.
    Tout doit être prêt, quand sa mère rentrera, accompagnée de ses invités.
    Dans sa prison Vélâjoudh est angoissé. Sa fin est arrivée. Il va servir de repas à Teriel et aux membres de sa famille. Les propos de Teriel sont effrayants.
    Après avoir préparé tous les ingrédients nécessaires, elle ouvre le grand couvercle du dessus de l'ak'oufi qui était bien scellé. Elle se saisit de Vélâjoudh.
    Il la mord, elle lâche prise et se met à crier.
    Profitant de ce moment de répit, Vélâjoudh se saisit de la lame qu'elle avait laissé tomber et lui tranche la gorge. Une fois l’adversaire terrassé, il la débite en morceaux qu'il met à cuire dans une grosse marmite (thaqd'irth ou thasilte thamoqrante).
    Vélâjoudh se déguise ensuite pour prendre les apparences de la fille de l'ogresse. Il met ses habits et s'affuble d'un bandeau sur l'œil pour donner l'illusion. Une fois le repas prêt, il le sert à l'avance aux invités. Il ne reste plus qu'à saucer.
    Il sort dehors, et met près de l'entrée de la grotte des fagots de bois, qui lui serviront à allumer un feu, au moment voulu.
    Puis, il fait le guet en montant sur un arbre.
    Dès qu'il voit Teriel et ses invités, il entre dans l'antre, et les reçoit en contrefaisant sa voix, et en se cachant le visage avec un foulard.
    Teriel est aux anges. Sa fille (Vélâjoudh déguisé) s'est acquittée avec brio de toutes les tâches, dont elle l'avait chargées. Elle la remercie de vive voix.
    En mangeant, une invitée trouve un œil blanc dans son plat, elle s'écrie :
    - Ats ghiled tsavaâloulte
    N-illi-m a khalti Teriel !
    (On dirait l'œil de ta fille, tante ogresse !
    Tout le monde s'arrête de manger.
    Les invités examinent un à un l'œil et déclarent à l'unanimité, que ça ressemble effectivement beaucoup à l'œil malade de sa fille.
    Teriel appelle sa fille, et court vers elle. Craignant de se faire prendre, Vélâjoudh se débarrasse des habits de la fille de l'ogresse et se précipite vers la sortie de la grotte, tout en criant :
    - Teriel thetcha Illi-s
    - Teriel thetcha illi-s !
    (Teriel a mangé sa fille !
    Teriel a mangé sa fille !)
    Teriel le poursuit en tâtonnant, elle trébuche et tombe. Dès qu'il sort de la grotte, il allume un feu de brindilles, qui s'enflamment aussitôt.
    Il enfourne ensuite plusieurs fagots qui prennent feu.

    En un clin d'œil, l'entrée de la grotte devient un brasier.

    Teriel et ses invités suffoquent. Ceux qui tentent de sortir sont brûlés vifs.
    C'est ainsi que Vélâjoudh met fin pour des années, à tous les ogres et ogresses de la contrée, et assure sa renommée.
    "Our kefount eth'houdjay i nou our kefoun ird'en tsemz'ine. As m-elâid' ametch ak'soum ts h'em'zine ama ng'a thiouanz'iz'ine."
    (Mes contes ne se terminent, comme ne se terminent le blé et l'orge.
    Le jour de l'aïd nous mangerons de la viande avec des pâtes, jusqu'à avoir des pommettes rouges et saillantes).

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  19. kabyloo

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    Contes kabyles
    Aâmar Nefç et ses frères


    Amachou rebbi ats iselhou ats ighzif anechth ousarou. (Que je vous conte une histoire. Dieu fasse qu'elle soit belle, longue et se déroule comme un long fil).
    - D'aâmoud' ith ith h'aqredh ak yaâmoun ! (C'est la branche méprisée, qui risque de t'éborgner !). C'est ce que dit un proverbe kabyle. Dans le conte qui va suivre, celui qui joue le rôle de la branche est un petit garçon méprisé par ses propres frères, mais qui va s'avérer un être exceptionnel doué de raison et d'intelligence. Voici son histoire.
    A la montagne, vivait jadis une famille de paysans. Dieu les a comblés en leur donnant six garçons tous forts et vigoureux. le tableau est idyllique. La femme tombe enceinte pour la septième fois. Le père et les six frères sont heureux, ils attendent l'heureux événement avec impatience. Le jour de la naissance, la femme met au monde, un petit être de sexe masculin de quelques grammes seulement.
    On dirai un petit oisillon sans plumes. La famille est atterrée. ce septième garçon n'augure rien de bon. il va être la risée de la famille. Vu son état, ils l'appellent Aâmar Nefç, ce qui veut dire Aâmar le demi-portion, ou Aâmar la moitié.
    Aâmar Nefç possède tous les attributs d'un petit garçon sauf la taille. Il avance en âge, mais sa taille ne suit pas son âge. A quinze, on le prendrait pour un garçon de huit ans. Sa perte en taille est compensée, cependant, par une espièglerie et une intelligence hors du commun.
    Un jour, après une très bonne récolte de blé et d'orge, le père décide de faire des cadeaux à ses sept fils. Il se rend au marché et achète sept mules. Sachant d'avance qu'on allait lui attribuer, la mule la plus indocile, la moins belle et la moins grasse. Il attend que tout le monde sombre dans le sommeil pour sortir furtivement et se rendre "ar ou daynine" (écurie familiale).

    Muni d'un "assenane" (épine) il le plonge entièrement dans le genou de la plus belle des mules et retourne se coucher.
    Le lendemain matin, lors du partage ses frères choisissent celles qui sont valides et méprisent celle qui boîte.

    - Celle-ci, dirent-ils, est handicapée, c'est elle qui doit revenir à notre handicapé de frère !
    Aâmar Nefç ne s'offusque pas. Il est certes handicapé par sa petite taille, mais il est de loin le plus intelligent. Une fois le partage terminé, il retire l'épine du genou de la mule, deux jours plus tard, elle ne boîte plus. Après s'être familiarisés avec leurs bêtes les sept frères décident d'aller à la chasse. Munis de leurs arcs et de leurs carquois pleins de flèches, ils décident de se rendre de très bonne heure dans une forêt giboyeuse. Ils s'enfoncent dans la forêt, où ils sont sûrs de trouver du gibier à profusion. Soudain leurs bêtes se cabrent et les désarçonnent. Elles viennent de sentir un danger. Elles s'agitent. Ils les retiennent difficilement. Elles tremblent. Soudain, apparaît au-dessus d'eux, une ombre gigantesque provenant de Teriel (l'ogresse). Ils se sont aventurés dans son domaine. Elle n'aime pas les intrus et les dévore chaque fois.
    Sa haute stature lui permet de voir tout. Elle rassemble les sept frères et leurs bêtes et, les amène dans son antre, une immense grotte où l'attendent ses petits ogres et ogresses, impatients de dévorer de la chair fraîche.
    Afin que les sept frères ne soient pas stressés et que leur chair ne devienne fade, elle leur donne à manger du couscous préparé par ses filles. Ils mangent tous, à l'exception de Aâmar Nefç qui avait senti le piège. En effet, pour que ses victimes ne résistent pas, elle les endort en mélangeant au couscous, une plante médicinale au pouvoir soporifique. Ce soir-là, Teriel (l'ogresse) dîne avec ses petits en dévorant deux mules. Les autres mules et les sept frères, ils les dévoreront au fur et à mesure que la faim se fera sentir. Pour donner le change à Teriel (l'ogresse) Aâmar Nefç fait semblant d'être comme ses frères sous l'effet du narcotique. Il passe une nuit blanche et réfléchit au moyen de quitter ce lieu maudit. Sa petite taille peut le favoriser à fuir, mais il ne veut pas fuir tout seul. Il veut sauver ses frères voués à une mort certaine.

    Au petit matin, Teriel (l'ogresse) quitte son antre pour rendre visite à Teriel sa voisine et lui parler de la chasse miraculeuse qu'elle a opérée. Elle a de la nourriture pour plusieurs jours. Son garde -manger est plein à craquer. Elle peut se permettre quelques jours de répit. Dès qu'il la voit partir, Aâmar Nefç pousse un soupir de soulagement. Il se lève et à l'aide de sa dague qui ne le quitte jamais, il égorge tous les petits ogres et ogresses en plein sommeil.

    Muni d'une écuelle en bois, il asperge d'eau froide ses six frères, qui se réveillent en sursaut. Il les invitent à quitter les lieux sans trop tarder. Ils prennent les cinq mules restantes et disparaissent aussitôt.

    Ils doivent quitter cette maudite forêt dare-dare, car, si jamais elle les attrape de nouveau, c'est fini pour eux. Elle leur fera payer en les dévorant, la mort de ses enfants.

    Dans leur fuite éperdue, les sept frères sont angoissés, ils ont peur de se faire dévorer. De temps en temps Aâmar Nefç descend de sa monture et colle son oreille au sol pour voir si Teriel s'est aperçue de leur fuite et si elle les suit. Il rassure ses frères. Ils continuent leur marche forcée.

    Mais tant qu'ils sont dans la forêt, ils sont en danger. Après quelques heures de marche, Aâmar Nefç recolle son oreille au sol, et cette fois-ci, il lance :

    - Ça y est Teriel s'est mise à nos trousses ! Comme ses enjambées font dix fois la longueur d'un homme ordinaire, bientôt elle va les rattraper et ce sera la fin pour eux.

    Elle les rattrape en effet et les ramène dans son antre à l'exception de Aâmar Nefç qui s'était éclipsé et caché dans une cavité naturelle faite dans un gros chêne-liège.

    Ses frères et leurs bêtes de nouveau prisonniers, Aâmar Nefç les suit à vue.

    Cette fois-ci, elle les attache en utilisant comme liens ses cheveux aussi solides que des filins d'acier. Ce soir-là, elle dîne en avalant une mule.

    Aâmar Nefç s'était caché à proximité de la grotte de l'ogresse. Malgré le froid intense, il tient bon. Son attente est récompensée. Le matin, dès les premiers rayons de soleil, Teriel quitte son antre pour faire un tour dans la forêt. Aâmar Nefç profite de cet instant. Il entre à l'intérieur de la grotte et délivre ses six frères ainsi que leurs bêtes. Pour se débarrasser définitivement de Teriel, Aâmar Nefç avait échafaudé un plan. Il ordonne à ses frères de ramener des fagots de bois devant l'antre de Teriel. Ils attendent impatiemment que l'ogresse rentre pour boucher l'entrée à l'aide de troncs.
    Avant la tombée de la nuit Teriel rentre chez elle. Une fois qu'elle s'engouffre dans sa tanière, les sept frères bouchent l'entrée, placent les fagots et mettent le feu. Prise au piège, Teriel veut forcer le barrage de feu, mal lui en prit. Ses cheveux hirsutes s'enflamment, elle suffoque et cherche à sortir. Elle se heurte au brasier. Son corps prend feu.

    A bout de force elle se laisse tomber au sol comme une souche et se consume petit à petit. Les six frères ne quittent les lieux et ne cessent d'attiser le feu qu'une fois qu'ils sont sûrs de la mort de Teriel.

    Après avoir éliminé Teriel, ils retournent chez eux, heureux et reconnaissants envers Aâmar Nefç à qui ils doivent la vie. Depuis ce jour, il est traité en héros et jamais plus on ne se moque de lui.

    "Our kefount eth'houdjay i nou our kefoun ird'en tsemz'ine. As m-elâid' ametch ak'soum ts h'em'zine ama ng'a thiouanz'iz'ine."
    (Mes contes ne se terminent, comme ne se terminent le blé et l'orge. Le jour de l'aïd, nous mangerons de la viande avec des pâtes, jusqu'à avoir des pommettes rouges et saillantes).

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    Les aventures de Vèlâjoudh


    Vèlâjoudh est un héros des contes kabyles. C'est un jeune enfant espiègle, qui se moque de tout le monde, même de Teriel (l’ogresse). C'est son histoire que nous allons vous raconter aujourd'hui.
    Vèlâjoudh, petit garçon facétieux, invente des situations loufoques, rien que pour rire et faire rire ses semblables.
    Un jour, il décide de s'attaquer à Teriel (l’ogresse) qui hante sa contrée. Cette dernière devenue vieille est atteinte de cécité (thiderghelte). C'est en tâtons qu'elle cherche sa route et à tâtons qu'elle se sustente.
    Vèlâjoudh attend Teriel (l'ogresse) juché sur un figuier qui n'appartient à personne et appartient en même temps à tout le monde. C'est pour cela d'ailleurs qu'on dit à propos d'un tel figuier ce proverbe :
    "Am thnoqlets B-ouvrid'
    Ouin âdan ad' ikharef"
    (Tout le monde a le droit de manger de ses fruits sans crainte)
    La saison des figues est finie depuis longtemps. mais puisque Teriel est aveugle, Vèlâjoudh veut lui jouer un tour. Dès qu'il la voit au loin, il monte au faîte du figuier et se met à crier de toutes ses forces.
    - Oui vghan ad'ikharef
    Ad iâdi gher d'a
    Thanoclets vèlajoudh
    Thethour d'elfakia
    (Celui qui veut manger des figues hors saison n'a qu'à venir ici, le figuier de Vèlâjoudh regorge de fruits !
    Teriel intéressée s'approche, elle tâte les branches, mais point de fruits. Courroucée, elle cherche Vèlâjoudh qui s'était réfugié sur la plus haute branche. Elle l'attrape et le fait entrer dans l'outre qu'elle avait ramenée pour puiser de l'eau. Afin qu'il ne puisse s'échapper, elle ferme le goulot de l'outre avec des feuilles de vivras (oignon sauvage) faute de cordelettes.
    Elle dépose l'outre avec Vèlâjoudh dedans, au pied du figuier et s'en va au ruisseau tout proche pour se désaltérer. Sentant l'odeur caractéristique du vivras, Vèlâdjoudh devine que c'est avec les feuilles de cette plante qu'elle a fermé l'outre.
    Il se débat un cours instant et l'outre s'ouvre. Avant que Teriel ne revienne, il remplit l'outre "d'-ivaâlalachène" (petites pierres) ramassées sur place et court se mettre à l'abri sur un petit monticule qui donne sur la route et le figuier.
    Après s'être désaltérée, Teriel met l'outre sur son dos. Elle est lourde, elle se dit que Vèlâjoudh ferait un très bon repas. Après avoir fait quelques pas, elle sent des douleurs dans son dos, elle demande à Vèlâjoudh de changer de position, afin que ses genoux ne lui fassent pas mal. Comme il ne s'exécute pas, elle se met à crier à haute voix :
    - Ekès roukvath ik'
    Seg zag'our iou a Vèlâjoudh !
    (Enlève tes sales genoux de mon dos Vèlâjoudh!)
    Comme il était hors de portée, il lui lance moqueur :
    - Mouqel ma ligh d'akhel ouïdid' !
    (Regarde dans l'outre si j'y suis !)
    Rageuse elle laisse tomber l'outre d'où s'échappent des pierres.
    - Tu m'as eu petit garnement, mais tu ne perds rien pour attendre ! Je t'aurait un jour ou l'autre foi de Teriel !
    Sorti indemne, Vèlâjoudh continue à faire des siennes. Il remonte sur le figuier et abuse les gens en leur faisant croire que l'arbre produit des fruits en toutes saisons.
    Un jour occupé à déblatérer ses mensonges éhontés, il ne s'aperçoit pas de l'arrivée de Teriel. Elle le prend au collet et le cueille comme un fruit. Le met dans l'outre qu'elle noue cette fois-ci avec ses cheveux, aussi solides que des filins d'acier. Elle le met sur son dos et l'amène chez elle. Il a beau se débattre, il n'arrive pas à dénouer ou à casser les filins d'attache.
    Arrivée chez elle Tériel le transborde dans un grand ak'oufi (silo domestique) et tâte tout son corps à travers l'ouverture d'aération. Elle le trouve bien maigre et décide de surseoir à le dévorer. pour l'engraisser elle lui donne :
    "Thament d'oud'i
    Ih'vouven lâli"
    (Miel, beurre et figues triées)
    Vèlâjoudh prend du poids, mais veut le cacher à Teriel pour accroître ses chances de survie.
    Au bout de quelques jours de gavage, Teriel demande à Vèlajoudh de lui montrer sa main pour voir s'il avait grossi. En guise de main, il lui fait tâter le manche en bois de la cuillère avec laquelle il mange.
    - Dyamen theqouredh am sghar !
    (Tu est toujours aussi sec que du bois, on dirait que tu ne manges pas !)
    Déçue Teriel referme le couvercle (thimd'elt ouk'oufi).
    Quelques jours plus tard, elle procède à la même opération. cette fois-ci Vèlâjoudh lui fait tâter un manche en bois
    - Daymen theqouredh am qechoudh !
    (Toujours aussi sec Vèlâjoudh !) mais cela ne fait rien aujourd'hui même, tu vas servir de repas à mes invités.

    «Cela fait des jours que je remets ça, je croyais que tu allais grossir, mais puisque tu ne veux pas devenir gros, on ne va pas faire la fine bouche, on va te dévorer comme ça !»
    Teriel sort de chez elle et va ramener sa fille.
    "M-eth vaâlouchte" à l'œil blanc de chez sa tante (khaltes).
    De retour chez elle, elle donne des instructions à sa fille. Vélâjoudh prisonnier entend tout.
    Elle ordonne à sa fille de rouler du couscous, de sortir Vélâjoudh de l'ak'oufi, de l'égorger et de le débiter en morceaux.
    Tout doit être prêt, quand sa mère rentrera, accompagnée de ses invités.
    Dans sa prison Vélâjoudh est angoissé. Sa fin est arrivée. Il va servir de repas à Teriel et aux membres de sa famille. Les propos de Teriel sont effrayants.
    Après avoir préparé tous les ingrédients nécessaires, elle ouvre le grand couvercle du dessus de l'ak'oufi qui était bien scellé. Elle se saisit de Vélâjoudh.
    Il la mord, elle lâche prise et se met à crier.
    Profitant de ce moment de répit, Vélâjoudh se saisit de la lame qu'elle avait laissé tomber et lui tranche la gorge. Une fois l’adversaire terrassé, il la débite en morceaux qu'il met à cuire dans une grosse marmite (thaqd'irth ou thasilte thamoqrante).
    Vélâjoudh se déguise ensuite pour prendre les apparences de la fille de l'ogresse. Il met ses habits et s'affuble d'un bandeau sur l'œil pour donner l'illusion. Une fois le repas prêt, il le sert à l'avance aux invités. Il ne reste plus qu'à saucer.
    Il sort dehors, et met près de l'entrée de la grotte des fagots de bois, qui lui serviront à allumer un feu, au moment voulu.
    Puis, il fait le guet en montant sur un arbre.
    Dès qu'il voit Teriel et ses invités, il entre dans l'antre, et les reçoit en contrefaisant sa voix, et en se cachant le visage avec un foulard.
    Teriel est aux anges. Sa fille (Vélâjoudh déguisé) s'est acquittée avec brio de toutes les tâches, dont elle l'avait chargées. Elle la remercie de vive voix.
    En mangeant, une invitée trouve un œil blanc dans son plat, elle s'écrie :
    - Ats ghiled tsavaâloulte
    N-illi-m a khalti Teriel !
    (On dirait l'œil de ta fille, tante ogresse !
    Tout le monde s'arrête de manger.
    Les invités examinent un à un l'œil et déclarent à l'unanimité, que ça ressemble effectivement beaucoup à l'œil malade de sa fille.
    Teriel appelle sa fille, et court vers elle. Craignant de se faire prendre, Vélâjoudh se débarrasse des habits de la fille de l'ogresse et se précipite vers la sortie de la grotte, tout en criant :
    - Teriel thetcha Illi-s
    - Teriel thetcha illi-s !
    (Teriel a mangé sa fille !
    Teriel a mangé sa fille !)
    Teriel le poursuit en tâtonnant, elle trébuche et tombe. Dès qu'il sort de la grotte, il allume un feu de brindilles, qui s'enflamment aussitôt.
    Il enfourne ensuite plusieurs fagots qui prennent feu.

    En un clin d'œil, l'entrée de la grotte devient un brasier.

    Teriel et ses invités suffoquent. Ceux qui tentent de sortir sont brûlés vifs.
    C'est ainsi que Vélâjoudh met fin pour des années, à tous les ogres et ogresses de la contrée, et assure sa renommée.
    "Our kefount eth'houdjay i nou our kefoun ird'en tsemz'ine. As m-elâid' ametch ak'soum ts h'em'zine ama ng'a thiouanz'iz'ine."
    (Mes contes ne se terminent, comme ne se terminent le blé et l'orge.
    Le jour de l'aïd nous mangerons de la viande avec des pâtes, jusqu'à avoir des pommettes rouges et saillantes).

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