les 40 jours de deuil dans l'islam

Discussion dans le forum 'Islam' créée par farha le 10 Déc. 2003.

  1. farha

    farha

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    Hello tout le monde

    Avez vous des infos sur le dueil en islam, les comportements à avoir...
    Les "40 jours" sont ils obligatoires et les tenues vestimentaires blanches aussi pour la veuve ?
    Je vous demande ça car on m'a dit ya pas tres longtemps que les 40 jours ne sont pas mentionnés ds le Coran donc pas obligatoire :-? pourtant je le pensais...
    Merci pour les infos


  2. farha

    farha

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    Bah alors personne ne peux me renseigner, jy crois pas c'est pas possible :-?
    Ne me dites pas que vous voulelz plus me parler :cry:
    Merci qd même d'avoir au moins lu mon poste
    :-(
    ;-)
  3. dima-maroki

    dima-maroki

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    Salam farha,

    je t'envoie un dossier complet sur le deuil dans l'Islam : (bonne lecture)

    L'INELUCTABLE
    L'Islam, avec sa thématique du bien et du mal, ne se réfère pas à la notion de péché mais au contraire à la croyance en Allah et au texte (Le Coran) affirmant sa suprématie. Le fidèle bénéficiera donc de la promesse paradisiaque, tandis que l'infidèle se verra menacer du châtiment divin.

    Toutefois, dans l'Islam, comme dans le christianisme, il existe une certitude concernant l'inéluctabilité de la mort, exprimé dans le langage arabe populaire par les expressions suivantes:
    Al mawt alina haqq : la mort a raison de nous
    Al mawt kayna : la mort existe
    Al mawt matkuba : la mort est écrite
    Cette dernière expression renvoie l'homme à son destin et tacitement à l'omnipotence du créateur.

    Il y a une différence entre l'importance du purgatoire chez les chrétiens, lieu qui leur permet de racheter leurs péchés, et le caractère anodin que revêt cette demeure transitoire dans la conception islamique, le musulman étant croyant d'emblée ou non. C'est à partir de cette opposition entre croyants et incroyants, fidèles et infidèles que s'effectue l'appréhension de la mort.

    Les fondements même de toutes les religions révélées supposent une optique où la mort n'est pas conçue comme une fin ultime, une séparation totale mais au contraire comme une transition, un passage vers un au-delà.


    LA CROYANCE MYSTIQUE
    Par l'effusion totale de son martyre avec le divin, Al Hallaj s'offre complètement jusqu'à l'exécution sur le gibet, au milieu de la foule déchaînée contre son infidélité aux normes.

    Pour lui la mort, l'annihilation totale, traduisaient sa joie mais aussi son refus et son abandon de l'Existence. C'est alors qu'il s'exclame : " Tuez-moi donc, mes camarades, c'est dans mon meurtre qu'est ma vie ! Ma mort, c'est de vivre, et ma vie, c'est de mourir ! Je sens que l'abolition de mon être est le plus noble don à me faire, et ma survie tel que je suis, le pire des torts. Ma vie a dégoûté mon âme, parmi ces ruines croulantes, tuez-moi donc et brûlez-moi, dans ces os périssables; ensuite, quand vous passez près de mes restes, parmi les tombes abandonnées, vous trouverez le secret de mon Ami, dans les replis des âmes survivantes. "

    Ce que laisse à penser la tragédie d'Al Hallaj et de l'imaginaire mystique en général, c'est la mort comme désir absolu. Ce mystique ne désire pas la mort comme une fin en soi, ni comme un terme à la vie mais plutôt comme une "communion", une fusion avec l'unique. Bien plus, il envisage la mort "l'explication" au témoignage du divin. La croyance mystique est donc une annihilation totale, un désir d'absolu, même s'il entraîne une certaine perte de l'être. Et ce n'est pas par hasard si Al Hallaj s'est condamné à une expérience sans précédent.


    LES REPRESENTATIONS POPULAIRES
    Cette optique religieuse et ses présupposées métaphysiques conditionnent la croyance populaire. Cette dernière, à partir des données préalables, construit des représentations où par exemple " les morts dans l'au-delà, mangent, boivent, éprouvent des sentiments, sont capables de passion et même se reproduisent !" C'est que la mort se définit, comme un passage, une transition, une sorte de vie, qui prolonge, d'une façon ou d'une autre, la vie individuelle. Elle est selon cette perspective, non pas une idée, mais une image, une métaphore de la vie, un mythe si l'on veut.

    C'est ainsi que la mort prend son plein sens de transition, de passage, puisqu'elle part de l'instant du mourir jusqu'à la décomposition totale du cadavre. Deux notions complémentaires paraissent composer ce thème : la première, c'est que la mort ne se consomme pas en un acte instantané, elle implique un processus durable, qui du moins dans un grand nombre de cas, ne sera considéré comme achevé que lorsque la dissolution du corps aura elle-même pris fin, la seconde, c'est que la mort n'est pas une simple destruction mais une transition : à mesure qu'elle s'achève, la renaissance se prépare, tandis que le corps ancien tombe en ruine, un corps nouveau se forme avec lequel l'âme, pourvu que les rites nécessaires aient été accomplis, pourra entrer dans une autre existence souvent supérieure à l'ancienne.

    A l'instar du rituel funéraire dont la finalité subtile est de rassurer et par là même de réconforter les vivants, les images fabriquant un temps et un espace prolongé de bien-être éternel négocient l'existence ici-bas, épargnent et contribuent à la sécurité du croyant Encore une fois, ces images qui répondent aux besoins de l'inconscient sont nécessaires au maintien et à la revitalisation de la croyance. C'est grâce à cette puissance d'imagination que l'ethos collectif prend durablement forme.


    LA MORT NIEE
    La mort n'est pas conçue dans l'Islam en tant que fin définitive, mais au contraire en tant qu'accès à un autre monde Il existe des cultures qui redoutent la mort et qui la nient, c'est le cas de la civilisation occidentale. Par exemple, en Europe, dans les grandes villes industrialisées (et individualisées), on meurt rarement chez soi.

    Dès les premiers signes de la maladie ou de l'affaiblissement, le malade ou l'agonisant est vite transporté à l'hôpital, ce qui a fait dire à J. Baudrillard: " de toute façon, on ne meurt plus chez soi, on meurt à l'hôpital.

    Pour des tas de bonnes raisons " matérielles " (médicales, urbaines, etc.), mais surtout, en tant que corps biologique, le mourant ou le malade n'a plus sa place que dans un milieu technique.

    Sous prétexte de le soigner, il est donc déporté dans un espace-temps fonctionnel qui se charge de neutraliser la maladie et la mort dans leur différence symbolique "

    Dès l'agonie, les mourants sont écartés des vivants Cette exclusion sera encore plus frappante après la mort. L'individu cesse alors de faire partie de l'univers des vivants et entre dans un système inclassable, " celui de ceux qui n'existent pas ". la mort n'a plus rien de mystique, elle devient une négation. Elle est considérée comme la fin logique du cycle biologique humain, et cette idée même la rend horrifiante, à tel point que les thèmes qui abordent la mort deviennent escamotés. Un grand silence couvre la mort.


    LA MORT ACCEPTEE
    En revanche, l'Islam confère à la vie terrestre des croyants une dimension autre parce qu'il place le fidèle dans une perspective de vie éternelle Cette idée d'éternité est consolidée par le verset suivant : " Comment êtes-vous infidèles envers Allah, alors que vous étiez morts et qu'il vous a donné la vie, alors qu' ensuite il vous fera mourir, puis vous ressuscitera, alors qu'à Lui vous serez ramenés " (Coran sourate 11, 26-28}

    La mort n'est alors plus redoutée, mais envisagée de manière naturelle comme une étape nécessaire du devenir humain. Cette acceptation de la mort en tant que telle permet au musulman de ne pas la nier mais de l'assumer et de la mettre au cœur des croyances afin d'essayer de la maîtriser.

    L'existence de la foi et corollairement la confiance en la miséricorde divine confère à l'inéluctabilité de l'évènement " mort" une autre dimension. Celle de la soumission et de l'acceptation, mais aussi celle de l'espérance; en cela que la mort n'est qu'un avatar éphémère marquant la continuité d'un temps cyclique, ouvert sur les dimensions de l'éternité. D'où l'expression populaire qui est véhiculée dans l'entourage des malades et des mourants · " hada ma cha'Allah ". Formule consolatrice, aussi faut-il avoir la foi et la sagesse de l'accepter.

    Ainsi, selon le personnel médical du Centre du Cancer, les musulmans frappés par la terrible maladie ne sont pas emportés par cette révolte qui submerge d'abord des européens.


    LES RITES DU GROUPE SOCIAL
    En outre, la mort n'est pas seulement appréhendée comme un évènement strictement individuel mais elle se place au cœur du groupe social. La mort provoque un retour sur soi, la communauté mesure sa vulnérabilité et elle la refuse.

    Cette perte irréparable d'un individu est repoussée " magiquement " par le groupe tout entier aux moyens d'un essaim de symboles. Toutefois, la disparition d'un individu dans le groupe n'est tolérable que dans la mesure où ce dernier intègre la mort dans un cycle vie-mort sans fin ou les vivants remplacent les défunts et où l'on associe naissance et décès.

    Lorsque le groupe est confronté à un évènement perturbateur, la mort étant le pire par excellence, la communauté recourt à un système codifié pour la circonstance qui s'oppose à la perturbation destructrice créée par l'événement. Il s'agit d'une sorte de riposte collective ou d'un mécanisme d'énergie visant à atténuer le désarroi consécutif à l'évènement ainsi que le sentiment de froid que véhicule la mort lorsqu'elle survient.

    Tout un arsenal de symboles réconfortants se met en place pour repousser, voire anéantir l'aspect terrifiant de la mort. Par la croyance et le côté sacré, le rite acquiert une fonction hautement apaisante et sécurisante.

    Il convient toutefois de rappeler que la mort elle-même est d'abord saisie comme scandale, désordre, contagion qui menace en première ligne les proches du disparu. Elle n'est pas reconnue ou acceptée sous son aspect naturel, sa manifestation implique toujours une culpabilité.


    L'EVOLUTION DES RITES
    Les prescriptions de la Risâla semblent de moins en moins formellement respectées. Néanmoins, on assiste toujours à une continuité et à une théâtralisation des rites mortuaires indiquant l'acuité de ceux-ci dans le vécu quotidien. Or, ces rites sont coupés de leur origine et se trouvent profondément désacralisés par une perte ou une confusion des valeurs. Ce qui faisait dire à Louis Vincent Thomas "quand le signe persiste, il arrive qu'il soit vidé de son sens au point d'en devenir au sens fort du terme, insignifiant".

    Par ailleurs, on constate l'importation des modèles occidentaux quant aux pratiques et rites funéraires. L'aspect traditionnel de ces derniers coexiste avec la modernité et tend de plus en plus à être transformé par elle. Ainsi, la mort maghrébine " moderne " sous l'influence occidentale devient dénuée de toute socialisation réconfortante, à la fois de l'agonisant et de ceux qui l'assistent. Cela contribue donc à une déperdition des valeurs et à une désacralisation de la mort.

    "La désacralisation ininterrompue de l'homme moderne a altéré le contenu de sa vie spirituelle, elle n'a pas brisé les matrices de son imagination : tout un déchet mythologique survit dans des zones mal contrôlées. D'ailleurs, la partie la plus "noble" de la conscience d'un homme moderne est moins "spirituelle" qu'on est généralement tenté de le croire ".


    LE DEUIL MUSULMAN
    La mentalité musulmane face à la mort est directement encadrée par l'enseignement religieux.

    Le temps de la mort et des funérailles est un temps spécial pour les musulmans, un moment où tout acte peut prendre une importance considérable. C'est un peu comme si, après avoir franchi le seuil, le défunt laissait derrière lui la porte de l'au-delà entrouverte, le temps qu'elle se referme d'elle-même en quelques jours.

    Ce qui est fait à côté ou à destination du défunt semble avoir une efficacité sur la vie de celui-ci dans l'au-delà tout comme, à l'inverse, chaque acte est suivi d'une conséquence bénéfique ou maléfique pour son auteur.

    Bénéfique lorsque le défunt est honoré, maléfique lorsqu'il y a transgression d'interdit ou négligence dans les devoirs.

    La bonne attitude est alors celle qui rappelle, d'abord au moribond, puis ensuite au défunt, ce qu'il y a d'essentiel dans la foi.

    Le musulman qui meurt est orienté vers La Mecque et son entourage lui récite la Shahâdâ (profession de foi musulmane). Lorsque le décès est survenu, la sourate "Yasin" est récitée par un entourage surveillant ses propres pensées à proximité du corps. Celui qui pense "à mal" près d'un défunt ou qui feint sa peine porte du tort au disparu et à lui-même par contrecoup.

    La mauvaise attitude est donc celle qui va de la malveillance à l'hypocrisie.

    Mais elle peut aussi être celle qui dénote d'une absence de foi. Ainsi, L'Islam condamne vigoureusement les exagérations de larmes ou de sentiments. Il permet la peine, mais exclut les attitudes démonstratives car les larmes doivent être dignes et discrètes. Souvent, les hommes ne pleurent pas.

    La foi est donc le soutien naturel du musulman pour qui, tout se résume dans la phrase : "c'est à Dieu que nous appartenons et c'est à lui que nous retournons".


    LA FAMILLE ET LA COMMUNAUTE
    Selon la tradition et dès que le décès est survenu, la famille en avertit les amis, les gens vertueux de la communauté et les proches parents. La maison du défunt est alors ouverte aux visites pour les condoléances. Les femmes reçoivent les femmes et restent au domicile. Les hommes reçoivent les hommes la plupart du temps chez un voisin.

    La durée des visites au domicile est indépendante des délais prescrits pour

    organiser les funérailles proprement dites. Les condoléances se pratiquent pendant trois jours et pas au-delà, sauf dans le cas où quelqu'un se déplace de loin. Il est de bon ton, pour un musulman, de s'y astreindre. Le visiteur emprunte souvent la formule de politesse : "Que Dieu augmente ta récompense, t'accorde l'endurance et pardonne à ton regretté" à laquelle répond la famille : "Amen, que Dieu te récompense et t'évite tout mal".

    Certaines familles organisent un "festin" au retour du cimetière et reçoivent

    pendant les funérailles avec aisance. Ce genre d'attitude est mal vu par la communauté musulmane car les dépenses sont alors perçues comme des actes destinés à se faire remarquer. En la matière, spontanéité et sincérité sont de règle.


    ANNONCE DU DECES
    Les prescriptions morales de l'Islam limitent la pratique des annonces dans la presse ou la commande de faire-part. La famille laisse souvent aux membres de la communauté le rôle d'annoncer le décès. En pays musulman, la "salat", prière pour le défunt, est récitée par deux muezzins dans le minaret de la mosquée. Ensuite, les portes grandes ouvertes de la maison du défunt indiquent où est le mort.


    ALLER AU PLUS VITE
    Tout enterrement doit être réalisé dans les plus brefs délais. En pays musulman, un mort avant midi est enterré le même jour. Un mort de l'après-midi est enterré le lendemain matin. Plus le défunt a été pieux de son vivant, plus vite on doit l'enterrer. On raconte même qu'un imam turc décédé à 16 heures de l'après-midi a été enterré le soir même, avant que le soleil ne se couche (car on n'enterre jamais la nuit).


    LA COMMUNAUTE FACE A L'IMPURETE
    La mort est donc conçue et vécue comme un phénomène " répréhensible ", relatif au désordre. En effet, la communauté considère que la mort " souille " tout ce qu'elle approche ou ce qu'elle atteint. Cette notion de souillure explique bien l'importance des rites qui visent à éliminer totalement cette impureté, présente tant par le cadavre que par ses proches, voire toute la maisonnée.

    Les interdits sont avant tout centrés sur le corps, reflet de la société, lieu par excellence de toutes les souillures, et c'est en réglementant toutes ses fonctions que l'on pense pouvoir se mettre à l'abri de la confusion.

    D'où la nécessité de procéder à une ultime toilette du mort en raison de sa vertu purificatrice. L'impureté écartée, tout rentre dans l'ordre, car il n'est convenable de rencontrer Dieu qu'en état de pureté " Dans l'agonie bien des impuretés ont pu se produire et il convient de ne rencontrer la face du Seigneur qu'en état de pureté absolue. Seul le juthmân at tahir est digne du liquâ ma'a wajhillahi ".

    De plus, cette impureté ne touche pas que le cadavre, elle est également le désagrément de tous les proches du défunt. C'est ainsi que la famille en deuil est tenue traditionnellement de se rendre au hammam une semaine après l'enterrement, afin d'ôter l'impureté consécutive à la mort. En outre, la mort est perçue en tant que désordre social car elle perturbe et entame l'agencement et la cohérence du groupe. La conscience grégaire pousse la communauté à se sentir coupable et affectée à la fois par la disparition d'un de ses éléments.


    LA TOILETTE MUSULMANE
    La toilette musulmane est l'élément le plus important des rites funéraires en Islam. Y pourvoir est un devoir sacré que le musulman réserve à son prochain.

    Agé ou jeune, entier ou non, le corps d'un défunt doit être lavé, à l'exception des martyrs tombés pour l'Islam, nettoyés par leur propre sang.

    La toilette du musulman intrigue les occidentaux par son aspect mystérieux, mystique même et par la force obligatoire qu'elle exerce sur les croyants. Les musulmans sont d'ailleurs réticents lorsqu'on leur demande de préciser la méthode adoptée pour nettoyer le corps. En fait, si la toilette s'impose avec une telle vigueur, c'est parce qu'elle représente un devoir des vivants à l'égard du défunt.


    D'ABORD UNE PRE-TOILETTE
    Quelques minutes après la mort, une pré-toilette est pratiquée par le plus intime du défunt, souvent dans le secret car les musulmans sont pudiques et chastes. Le corps ne peut être connu que par le plus proche. Après la mort la toilette d'une femme est effectuée par des femmes, celle d'un homme par des hommes. Seules exceptions, le mari peut laver sa femme et une mère peut laver son fils jusqu'à l'âge de six ans.

    Il existe une autre nuance qui, bien que n'étant pas elle-même directement dans la doctrine de l'Islam en découle cependant indirectement. En effet, la pré-toilette met le corps du défunt en "conformité" avant qu'il ne soit confié à l'Imam pour la toilette rituelle proprement dite.

    Les musulmans sont théoriquement imberbes par épilation du sexe, s'ils respectent les prescriptions traditionnelles.

    Tous ne le font pas, loin s'en faut et la pré-toilette peut également servir à épiler le corps du défunt, à l'exception des filles vierges pour qui la toison pubienne est considérée comme l'empreinte de Dieu.

    Le sexe des hommes est donc rasé et celui des femmes épilé par un arrachement à la main.

    Un récipient d'eau est chauffé dans lequel on mélange du henné, lequel est censé garder souples les muscles du défunt et faciliter ainsi la deuxième toilette. Les rejets éventuellement survenus pendant le trépas sont nettoyés. On asperge tout le corps avec l'eau mélangée au henné, lequel masque la couleur naturelle de la peau en la colorant.


    AU DOMICILE
    La famille s'occupe de tous les préparatifs et fait chauffer de l'eau. Elle n'est ni froide, ni bouillie. On y ajoute de l'alcali, de l'eau de rose ou toutes sortes d'essences sans alcool.

    L'usage d'une eau de toilette est proscrit à cause de sa teneur en alcool. En Orient, on ajoute 300 grammes de feuilles fraîches de lotus dans l'eau tiède. Le corps est souvent parfumé par une macération de camphre et de feuilles de myrte dans de l'huile de cèdre, à défaut une huile neutre. Il faut deux serviettes de tissu pour enrouler autour de la main et deux carrés de ce même tissu pour couvrir les organes génitaux du défunt.

    Le corps est placé sur une table en bois blanc, de 2 mètres sur 1,20 mètre et d'une hauteur d'environ 50 cm. Souvent, cette table est gardée à la mosquée, ainsi que les ustensiles, seaux, éponges nécessaires.


    A L’HOPITAL
    Une personne expérimentée et honorable doit diriger la toilette, aidée la plupart du temps par une personne plus jeune.

    Celle qui dirige doit obligatoirement avoir accompli le pèlerinage en lieux saints.

    Les deux intervenants peuvent être raisonnablement payés pour leur service, "à hauteur du prix d'un tablier et d'une paire de chaussures" dit la coutume.

    Le corps est posé sur la table et déshabillé en coupant les vêtements le long de leurs coutures. L'opération se déroule en milieu clos coupé des regards extérieurs.

    Elle se décompose en trois étapes :
    Le nettoyage du corps
    les ablutions rituelles avec prières spéciales
    le lavage et onctions de parfums.
    Le corps est dirigé face à l'est, tête à l'ouest.

    Pour le nettoyage, l'eau est versée en abondance sur le corps de manière à cequ'elle touche toutes les parties de celui-ci. Le nettoyage est pratiqué par une personne pieuse et honnête.

    Il commence par un savonnage général du corps dans l'ordre suivant : la tête, puis le dos, main droite, main gauche, pied droit puis pied gauche. Pour les femmes, les cheveux sont dénoués et lavés.

    Ensuite, on nettoie les parties sexuelles, théoriquement en laissant dessus le carré de tissu. Sinon, l'opérateur tourne son regard dans une autre direction. Le corps est ensuite rincé à grande eau. Les parties du corps ont été savonnées et grattées à l'aide d'un torchon enroulé autour de la main. L'opérateur jette le torchon usagé dans un plastique ainsi que le premier carré de tissu qui est vite changé sans regarder. Enfin, le buste du défunt est relevé et l'abdomen massé jusqu'à la libération complète de ce que les intestins contiennent. A la suite de quoi, le siège est nettoyé avec du coton et de l'eau.

    A la différence des pratiques occidentales où l’on empêche les écoulements et dégagements gazeux, les musulmans bouchent également tous les orifices, sauf la bouche, non pas pour protéger l'environnement des émanations, mais pour protéger l'âme contre toute impureté extérieure pouvant rentrer par les orifices durant la période où elle est sensée être encore à l'intérieur du corps. La toilette est donc en partie motivée par la volonté de défendre l'âme du défunt.


    RECIT DE LA SHAHADA
    Dès que possible l'imam vient au domicile du défunt pour réciter à l'oreille droite puis à l'oreille gauche la prière dite de Shahâdâ credo musulman : "il n'y a de Dieu qu'Allah" dit à l'oreille droite et "Mahomet est le prophète d'Allah" dit à l'oreille gauche. La formule est également ainsi récitée aux oreilles du nouveau-né dès sa naissance. C'est la même formule qui est répétée quotidiennement par le croyant, scandant également les actes des musulmans lors des funérailles.


    L'UNION DU CORPS ET DE LA PRIERE
    Le musulman prie avec son corps. Les ablutions quotidiennes visent à maintenir un état de constante pureté physique, placée comme préalable nécessaire à la pureté de l'esprit.

    L'homme pieux commence les ablutions en disant à voix haute : "Je me propose de faire les ablutions à ce mort". L'intervention suit un ordre rituel précis : mains, bouche, intérieur du nez, figure, bras, oreilles, cheveux, pieds, côté droit avant côté gauche.

    L'homme est lavé trois fois, la femme cinq. Le dernier lavage est procédé avec du savon. Les actes accomplis sont accompagnés par des formules à mi-chemin entre la prière et le commandement.


    FORMULES DE PRIERE UTILISEES AU MOYEN-ORIENT
    La première se récite pendant l'ablution des trois parties : main, bouche, nez.
    "Je reconnais qu'il n 'y a qu 'un seul Dieu et que Mohamed est son prophète. ô Seigneur puissant et miséricordieux, rend l'entrée de l'enfer illicite pour son corps".
    Pour la figure ; "Seigneur blanchit sa figure et rend son action bonne, ô Bienfaisant".
    Pour la main droite : "Seigneur donne lui son livre dans sa main droite et ne le fait pas derrière son dos".
    Seigneur donne lui son livre dans sa main droite et ne le fait pas derrière son dos".
    Pour la main gauche : "Seigneur, facilite lui les affaires et ne les rend pas difficiles".
    Pour les oreilles : "Seigneur, fait lui entendre du bien au paradis de... ô Puissant, ô Clément".
    Pour les cheveux : "Seigneur, rends l'entrée de l'enfer illicite pour ses cheveux, ô Puissant, ô Oppresseur".
    Pour le pied droit : "Seigneur, raffermis son pied droit sur le pont droit".
    Pour le pied gauche : "Seigneur, raffermis son pied gauche sur le pont miséricordieux".


    ONCTIONS ET HABILLAGE
    Le corps est ensuite recouvert de henné après avoir été aspergé par de l'eau par fumée. Les jeunes gens non mariés ont les pieds et les mains teintés au henné pendant quelques instants, signe nuptial qui est destiné à une félicité promise dans l'au-delà. Ensuite, leur corps, tout comme celui de n'importe quel musulman, est recouvert des pieds jusqu'au cou par du henné. Les jeunes filles sont maquillées, et les cheveux dénoués des femmes sont tressés. Sous les bras, entre les cuisses, entre doigts et orteils, dans le nez, les oreilles, sous les paupières, sont placés des morceaux de coton imbibés d'essence antiseptique.

    On imprègne alors le corps d'huile camphrée et parfumée à la myrte.

    Ensuite, le corps est recouvert par un linceul de coton blanc, lequel peut être au préalable encensé trois fois. Le linceul doit être souple, blanc et en fibre naturelle, coton ou lin pour les hommes, parfois de la soie pour les femmes. La fibre de soie est déconseillée : "N'exagérez pas les linceuls, ils seront vite abîmés" a dit Muslim, témoin du prophète. Aucune couture ne doit être faite.

    Le linceul est une bande de tissu d'un mètre de large environ, et d'une longueur de 9 m à 11,50 m. On nous a assuré, non sans un petit sourire, qu'il faut souvent deux mètres supplémentaires de tissu pour revêtir la femme musulmane. En théorie, le musulman est enterré nu dans le linceul. Il est cependant admis d'utiliser des vêtements, moyennant le respect de certaines règles.

    L'homme a droit à une culotte et une chemise, les deux sans boutons, et à une calotte ou un turban. La femme a droit à une culotte et une couche hygiénique, une chemise longue, un carré plié en pointe et noué sur la tête, ainsi qu'un foulard sur le visage, pointe reposant sur la poitrine. Deux mouchoirs lient souvent les mains entre elles. Le linceul enveloppe ensuite le corps.

    Quatre bandelettes de tissu sont découpées. Ensuite, le linceul est découpé en trois parties pour les hommes et cinq parties pour les femmes. Le linceul s'enroule du haut vers le bas du corps, partant de la droite vers la gauche avec des méthodes variables selon les régions. Les grands principes toujours respectés sont l'extrême pudeur à l'égard du défunt et l'usage constant du nombre impair, soit trois, soit cinq.

    De la girofle et du parfum peuvent être placés dans le linceul. Ensuite, les quatre bandelettes maintiennent le linceul enroulé autour du corps. La première se place aux chevilles, la seconde aux genoux, la troisième au niveau des bras et de la poitrine et la dernière pince le linceul au-dessus de la tête. Le corps est alors souvent encensé trois fois, puis placé dans un drap de la maison, toujours blanc. Tous les nœuds sont des nœuds simples. En terre musulmane, ils sont dénoués dans la tombe par ceux qui reçoivent le corps, ces derniers agissant en disant "bismil-leh !" (au nom de Dieu). Les nœuds sont censés gêner la sortie de l'âme du corps. L'imam se tient derrière la tête du défunt et récite la 36ème sourate avant de sortir de la maison.

    L'encens brûle derrière le défunt. L'eau qui a servi à la toilette est jetée au loin.

    Les torchons et carrés de tissu sont détruits. Le seau et autres ustensiles sont rapportés à la mosquée. La bassine dans laquelle a chauffé l'eau est purifiée avec de l'eau et de la farine. Celui qui la nettoie doit réciter trois fois la 36ème sourate : "je reconnais qu'il n'y a qu'un seul Dieu et que Mohamed est son prophète".


    UNE DIMENSION COMMUNAUTAIRE TRES FORTE
    Elle provoque une mobilisation générale autour des endeuillés, visant à les aider pendant les premiers jours en les déchargeant de tout souci. Toujours selon la tradition, les voisins veillent eux-mêmes à ce que le domicile du défunt soit propre, font la cuisine, reçoivent les visites pour que les proches soient le moins possible dérangés. Ils nettoient de fond en comble l'appartement du défunt dès que le convoi part vers le cimetière. Ce sont généralement eux qui préparent le repas de retour du cimetière. Notez cependant que le phénomène d'isolement dans les grands centres urbains commence à toucher également les foyers musulmans. La charité est moins forte, moins spontanée.


    SUCCEDER AU DEFUNT
    A ce repas, l'imam qui a présidé les funérailles est convié. Le repas est destiné à l'âme du défunt. L'imam fait la prière et le fils pour le père décédé, ou la fille pour la mère décédée, entame le repas en mémoire du défunt. Il est alors courant, en tant que plus proche par le sang, qu'il ou elle, appelle alors symboliquement le défunt.

    Cela crée en général un moment d'émotion. Le repas consacre le remplacement du défunt dans sa place au sein de la famille et de la société par son représentant le plus proche. Celui ci veille alors à remercier tous ceux qui se sont associés à la peine de la famille. Un repas pour l'âme du défunt est ensuite organisé le 7ème jour, puis le 40ème jour, puis le 7ème mois, puis au premier anniversaire du décès.


    PARTICULARITES DU DEUIL
    Le deuil ne doit pas affecter la vie courante de la famille au delà de trois jours. En revanche, la veuve doit tenir le deuil pendant quatre mois et dix jours.

    La femme musulmane se culpabilise souvent lors du décès de son mari. Elle peut être considérée en état d'impureté par la communauté du fait de son deuil.

    Au Maghreb, une veuve trouve difficilement la possibilité de se remarier. Le deuil de la femme turque est encore plus sévère. Elle doit rester endeuillée plus de douze mois, porter la tenue noire et le foulard blanc et ne consommer aucune substance excitante comme le café par exemple.


    L'AUMONE EST UN DEVOIR
    Il est dit que la première chose à faire par les survivants est de régler les

    dettes du défunt. "L'âme du croyant est esclave de sa dette jusqu'à son règlement" a dit Al Bukhari, témoin du prophète. Il arrive que la famille ne puisse honorer les engagements pris par le défunt ou qu'elle n'ait pas les moyens de pourvoir aux obsèques, dont les frais sont considérés comme la dernière dette du défunt. La communauté se mobilise en conséquence pour que l'âme du défunt soit libre de toute dette, l'aumône étant alors considérée comme un mérite pour celui qui l'accorde.

    Dans cet ordre des choses, une famille musulmane qui ne voudrait pas s'acquitter honnêtement des frais engagés pour les funérailles pourrait s'exposer à voir son cas critiqué à la mosquée. L'imam peut alors concilier le litige entre le créancier et la famille débitrice.


    UNE VIE FUTURE
    "Rendez visite aux malades et suivez les convois funèbres, cela vous rappelle la vie future" dit Muslim, témoin du prophète. Les musulmans assument collectivement le décès d'un des leurs et y trouvent du mérite.

    Lorsque les services funéraires arrivent au domicile du défunt avec le cercueil, les obsèques sont déjà bien entamées. La lumière n'a pas été éteinte dans l'appartement depuis l'instant de la mort, les femmes se sont affairées à piler et amalgamer les plantes employées dans la toilette, les vêtements du défunt et le linceul ont été fabriqués, le corps est nettoyé et parfumé, les voisines ont préparé le repas pour le retour du cimetière et à l'heure dite de la mise en bière, les hommes se rassemblent devant le domicile.

    L'ambiance est souvent caractérisée par les efforts que la famille fournit pour ne pas se laisser aller à des débordements émotionnels typiquement méditerranéens. L'imam, en arrivant au domicile, donne le signal que les actes funéraires proprement dits peuvent commencer.


    A LA MAISON
    Les hommes qui attendent à l'entrée du domicile demandent aux services funéraires la possibilité de porter le cercueil.

    Ceux-ci se relayent car ils ont la conviction d'obtenir un mérite individuel en participant activement aux funérailles. Notons que plusieurs témoignages nous confirment que même le personnel des services funéraires professionnels est considéré par les musulmans comme ayant acquis du mérite.

    Cela se traduit parfois par des marques de reconnaissance et de sympathie des mois, voire des années après le décès.

    Il s'avère cependant essentiel que les professionnels puissent assurer eux mêmes le vissage du couvercle pour garantir sa bonne fixation. Avant de procéder à la mise en cercueil, les proches sont tenus à l'écart.

    Le corps est saisi par le drap dans lequel il est enveloppé et déposé couché sur le côté droit de telle sorte qu'il pourra regarder vers La Mecque. Ce détail est d'une importance capitale pour le musulman qui voit dans son application une condition incontournable pour le réveil au jugement dernier. Souvent, des coussins sont installés dans le cercueil pour maintenir le

    Aujourd'hui, des capitons verts sont spécialement proposés aux musulmans défunt penché sur le côté. Aujourd'hui. des armatures de bois sont proposées en garniture intérieure de cercueil pour la même raison.

    Depuis ces dernières années. les cercueils destinés aux musulmans qui ont émis le vœu d'être enterrés dans leur pays d'origine ont beaucoup changé. Un modèle pour le Maghreb a fait son apparition sur le marché, équipé d'une fenêtre dans le couvercle permettant d'apercevoir le défunt à travers un hublot. Cette modification est intervenue depuis que la réglementation des pays maghrébins interdit l'ouverture des cercueils venant de l'étranger.

    Autre évolution significative, des capitons de couleur verte sont aujourd'hui souvent proposés aura familles musulmanes, le vert étant la couleur de l'islam. Le corps reste cependant toujours couvert d'un linceul blanc.

    Pendant qu'ils interviennent, les musulmans répètent les invocations religieuses, souvent le "Allaho Akbar" qui rappelle que "Dieu est le plus grand".

    Ensuite, les porteurs de la communauté prennent beaucoup de précautions pour ne pas bousculer le corps dans le cercueil. Une anecdote peut servir d'exemple : les escaliers de l'immeuble étant impropres au passage normal du cercueil (il aurait fallu, en certains endroits, le dresser quasiment à la verticale) une famille a loué une grue et a sorti le défunt par la fenêtre, veillant ainsi à ce que le corps soit toujours stable dans sa position dans le cercueil.


    A LA MOSQUEE
    Le passage du défunt à la mosquée n'est pas une obligation, au contraire. La mosquée est un endroit que les croyants protègent contre l'impureté. Or, le corps du défunt est considéré comme impur. Malgré cela, il est courant que la communauté accepte, sur demande de la famille, une cérémonie en présence du corps à la mosquée, surtout lorsque le défunt s'y impliquait beaucoup. La cérémonie se déroule toujours selon le même principe. Le cercueil est installé face à La Mecque, c'est-à-dire dans l'axe Nord-Sud, et non plus Est-Ouest comme pendant la toilette car le défunt n'est plus couché sur le dos mais sur le côté droit. La règle veut que ce soit sa tête et plus précisément le regard du défunt qui soit dirigé vers l'Est, bien que ce principe soit diversement compris. Théoriquement, puisque la mosquée est orientée à l'Est, le cercueil se place perpendiculairement au sens longitudinal de la salle de prière.

    L'imam se met derrière le cercueil, parfois accompagné de servants, c'est-à-dire des personnes honorables de la communauté, le plus honoré étant celui de droite. Les servants sont souvent au nombre de trois. L'assistance elle-même se dispose sur trois rangs, le premier étant plus honorable que le second etc., la droite toujours plus favorable que la gauche. Ceux qui se relaient pour porter le cercueil vont au deuxième et troisième rang car les notables de la communauté, souvent anciens et disposés au premier rang, ne sont pas physiquement sollicités lors des funérailles.

    Les participants restent debout et doivent accomplir la prière sincèrement. L'imam commence par le récit de la Fatiha, chapitre premier du Coran, précédé par "Allaho Akbar". Ensuite, l'invocation "Allaho Akbar" est reprise suivie de la prière dite abrahamique. Une troisième fois il dit "Allaho Akbar" et fait des invocations pour le défunt.

    Le texte de cette invocation (assez longue) varie selon que le défunt est un enfant ou un adulte. Une quatrième fois, l'imam dit "Allaho Akbar" et ensuite procède au salut final qui consiste à dire successivement vers la droite, puis vers la gauche, la phrase suivante (traduction en français) : "La paix et la clémence de Dieu soit sur vous".

    Le professionnel de pompes funèbres et les chrétiens peuvent être autorisés à assister à la prière depuis le vestiaire, sous réserve d'adopter une attitude respectueuse.


    LE CORTEGE ET L'INHUMATION
    Les Musulmans croient que le corps dans la tombe sera ressuscité au dernier jour et de ce fait, refusent systématiquement la crémation.

    Les dignitaires, les anciens de la communauté et l'imam précèdent le corbillard en convoi jusqu'au cimetière. La famille se place derrière le défunt et le restant de la communauté suit, porteurs y compris.

    Des invocations pieuses sont adressées par l'imam à l'assistance qui répond (malgré que l'acte de parler à voix forte soit déconseillé par la tradition). Le rythme du corbillard s'adapte à la marche de ceux qui sont devant. A moins que les personnes soient âgées, leur rythme de marche funéraire est plus rapide que celui des Occidentaux. Les musulmans considèrent qu'il faut aller au plus vite enterrer les défunts. Arrivées devant la tombe. Ies femmes du cortège, si elles sont venues au cimetière, soit repartent, soit s'éloignent. Le défunt est descendu dans la tombe par ses coreligionnaires, tête la première et ensuite la fosse est rebouchée par leur soin, chacun manipulant quelques pelletées de terre. L'imam pose une pierre sur la tombe pour marquer l'emplacement du défunt côté tête et, se plaçant derrière la tombe, adresse une dernière prière au défunt sans la participation de la communauté (exhortation intime du défunt).

    L'obligation d'inhumer en cercueil sur le sol français ampute une bonne partie du rituel traditionnel funéraire, ce qui la rend frustrante pour les fidèles. Les instants qui suivent la descente du corps dans la tombe sont traditionnellement utilisés pour interpeller le défunt, desserrer les liens du linceul et découvrir le visage du disparu.

    Aussi assiste-t-on parfois à des répétitions au cimetière de la prière qui a été dite à la mosquée, comme si une certaine compensation était recherchée pour combler l'impossibilité d'aller jusqu'au bout du rituel traditionnel.

    Théoriquement, lorsque la prière derrière l'imam et sur trois rangs a été effectuée à la mosquée, il n'est pas indispensable de la recommencer au cimetière.

    On peut cependant bien comprendre que les fidèles puissent ressentir le besoin de recommander le disparu une dernière fois à Dieu.

    Tout en souhaitant qu’on enterre le défunt dans de brefs délais, les musulmans respectent la loi française qui impose un délai de 24h00 entre le décès et l'inhumation.


    QUI EST L'IMAM ?
    Le statut d'imam est ambigu. Il n'est pas sacerdotal. En conduisant la prière, l'Imam reprend le rôle qu'a exercé le prophète sur sa communauté de son vivant.

    On devient imam en étant reconnu par ses prochains comme dépositaire d'une certaine science religieuse. De plus, il faut bénéficier d'une réputation d'homme pieux et intègre. On peut cependant se demander quel type de rapports existe entre un imam venu depuis peu de l'étranger et une famille musulmane implantée depuis longtemps en France. Malgré cela, les familles lui sont extrêmement reconnaissantes car il se charge de la toilette rituelle, tâche que peu de musulmans se sentent capables d'assumer.


    QU'EST-CE QU'UNE MOSQUEE ?
    Le nom mosquée vient du mot espagnol mezquita qui vient lui-même du mot arabe masjid. Dans la pratique, les Musulmans l'appellent Jama'a qui signifie "rassembler, unir". Ce sont donc des salles communautaires où le culte est pratiqué en groupe ou individuellement. On y vient méditer, prier apprendre, enseigner et traiter toutes les affaires courantes de la communauté.

    On peut y parler de politique comme on peut également y parler d'un défunt. La première mosquée fut la maison du prophète. Toutes les mosquées sont orientées vers La Mecque (la Ka'aba).


    GLOSSAIRE
    Burga : voile composé de bande d'étoffe blanche cachant le visage, "Tchador" étant le terme équivalent utilisé par les chiites, non représentatifs de l'islam en France.
    Djihad : Victoire sur soi. Lutte défensive.
    Emir : Titre de "Commandeur des Croyants" porté par les Califes depuis le début du 20ème siècle, le calife étant lui-même un chef politique et religieux.
    Fatlha : première sourate du Coran, employée dans le rituel funéraire.
    Hadith : propos ou geste du prophète.
    Imam : " celui qui conduit", laïc choisi pour sa dévotion et ses connaissances pour présider la prière à la mosquée.
    Islam : soumission à Dieu
    Kaaba : temple situé près du lieu de naissance de Mahomet à La Mecque.
    Mosquée : lieu de prière et d'enseignement.
    Mufti : celui qui préside, juge et tranche. C'est le chef spirituel de la région.
    Nahda : renouveau islamique (mouvement intégriste).
    Ramadan : 9ème mois de l'année lunaire. On en fête le début et la fin. Pendant ce mois, le Musulman jeûne entre le lever et le coucher du soleil.
    Sala : prière quotidienne répétée à cinq moments de la journée.
    Shahada : profession de foi.
    Shariat : le chemin. Ensemble des IO tirées du Coran et de la Sunna.
    Sourate : chapitre du Coran, divisé en versets.
    Sunna : prescriptions directes ou rapportées de conduite ou de comportement établies par le prophète.
    Uléma : docteur de la loi, interprétant le Coran.


    Bibliographie
    "Le Coran" Traduction de R. Blacher. Maisonneuve et Larose 1972
    "Maghreb pluriel" de A. Khatibi. Denoël 1983
    "L'Islam religion et communauté" de L. Gardet. Desclée de Brouwer 1970
    "La pensée vigile" de Ibn Al-Jawzi, traduit de l'arabe par Daniel Reig. Sindbad 1986
    "La blessure du nom propre" de A. Khatibi. Denoël 1974
    "Normes et valeurs dans l'Islam" de O. Yahia. Payot 1978
    "Sociologie religieuse de l'Islam" J.P. Charnay. Sindbad 1977
    "Les deux figures de la mort". A Diouri. In lamalif 1986.


  4. farha

    farha

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    Merci pour les infos Dima ;-)
    Barak allah oufik
    :rose:
  5. bibib

    bibib

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    Bonjour,

    Je ne suis pas encore musulman mais je vais me convertir avant mon mariage. Je me posais une question par rapport au décès d'un proche , est ce qu en tant que musulman en deuil, il faut s'abstenir sexuellement ? et si oui pendant combien de temps merci
  6. louladesbois

    louladesbois

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    40 jours?
    moi j'ai toujours entendu mon père me dire que c'était 3 jours.
  7. louladesbois

    louladesbois

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    perso j'ignorais qu'on devait s'abstenir s'il y a un deuil. Pour le jeûne, je comprends mais la mort fait partie de la vie.
    Les experts (CSI) de Bladi vont te répondre.

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