Le Beur, l’argent du Beur et les réseaux relationnels du Beur

Discussion dans le forum 'Actualités marocaines' créée par petitbijou le 26 Déc. 2007.

  1. petitbijou

    petitbijou VIB

    Inscrit:
    6 Août 2005
    Messages:
    85 350
    Likes:
    12 331
    L’Espagne a fait appel à 12.000 marocaines pour la cueillette de fraises et d’oranges en Andalousie. L’Agence Nationale pour la Promotion de l’Emploi et des Compétences (ANAPEC), l’intermédiaire dans cette opération, veut placer plus de travailleurs marocains légaux en Europe et les aider à transformer leur épargne en investissement. D’autre pays européens, d’ailleurs, telle l’Italie, devraient aussi puiser dans la main d’œuvre marocaine pour des travaux saisonniers.
    Parallèlement, la 5éme édition des "Intégrales de l’investissement", (13 et 14 décembre à Skhirat), avait pour thème "Les investisseurs marocains du monde, acteurs de la diplomatie économique". Il est vrai que ce symposium vise une autre catégorie de marocains de l’étranger, mais il n’en demeure pas moins que la population émigrée dans sa globalité continue d’apporter un soutien socio-économique majeur au pays.

    Elle constitue, à travers ses potentialités, un facteur de développement à valoriser, à condition de concevoir sa participation dans ses différentes dimensions.

    Jeudi 6 décembre a commencé la sélection des 12.000 ouvrières marocaines qui devront aller Huelva, en Andalousie (Espagne), pour la saison de la cueillette des fraises et oranges, qui commence dans trois mois. L’ANAPEC, déjà intermédiaire dans l’opération de recrutement de l’année précédente, s’est mise d’accord avec les partenaires espagnoles pour que la sélection soit régionalisée et se fasse dans quatre villes. A Fès et concernera les régions d’Oujda, Tétouan et Errachidia, à Mohammédia pour Tanger, Béni Mellal et El Jadida, à Agadir pour Essaouira, Ouarzazate et Guelmim.

    Les recruteurs espagnols sont venus personnellement prendre part à la sélection des ouvrières.

    A partir du mois de février et pour trois à six mois, les travailleuses marocaines choisies seront employées dans les exploitations agricoles andalouses à cueillir fraises et autres fruits six heures et demi par jour, contre un salaire quotidien de 32 à 35 euros. Elles auront droit à un jour de repos par semaine, à l’assurance maladie et seront logées par leurs employeurs, qui prendront aussi en charge le transport de Tanger en Andalousie aller-retour.

    Opportunités saisonnières

    Trois critères de sélection, plutôt restrictifs, sont pris en considération, les deux premiers étant raisonnables, le troisième beaucoup moins. Les ouvrières devront être âgées de 18 à 40 ans, en bonne condition physique et d’origine rurale, l’expérience des activités agricoles jouant en faveur des candidates. Le deuxième critère est celui de la condition sociale, les plus pauvres seront privilégiées.

    "Pour être sûr qu’elles rentreront au terme de leur contrat, les ouvrières doivent être mariées et mères de famille", indique Hafid Kamal, directeur général de l’ANAPEC, précisant que ces conditions ont été imposées par les Espagnols. "Il y a des risques que la saisonnière plonge dans la clandestinité une fois arrivée dans le pays d’accueil" explique t-il. Il s’agit, pour la partie marocaine, en acceptant lesdites conditions, d’"atteindre un taux de retour presque entier au Maroc pour encourager chaque année une demande croissante de main d’œuvre" de la part des pays employeurs européens.

    La volonté du Maroc de voir les pays européens venir puiser dans son réservoir de main d’œuvre inemployée est manifeste. Ce ne serait que la juste contrepartie des efforts fournis pour juguler l’immigration clandestine.

    Au cours de cette année, 12.440 tentatives d’émigration clandestines ont été empêchées. Le nombre de clandestins qui débarquent en Espagne depuis le Maroc a reculé de 32% par rapport à 2006 et de 91% par rapport à 2005.

    Pour les responsables marocains, l’émigration légale doit désormais prendre le pas sur l’émigration clandestine. Le Maroc, qui doit prendre part aujourd’hui et demain au sommet UE-Afrique, qui aura lieu à Lisbonne (Portugal) et où sera débattu le thème de l’immigration, ne manquera sûrement pas de mettre l’accent sur ce sujet.

    A ce sujet, il est à rappeler que le Maroc et l’Espagne ont déjà signé en 2003 un accord d’organisation de la migration des travailleurs nationaux vers le voisin du nord. Suite à quoi, l’Espagne a accueilli 1.200 ouvrières agricoles pour des travaux saisonniers en 2005 et 9.905 autres en 2007. En outre, un groupe hôtelier espagnole a recruté au début de cette année 2.000 personnes avec des contrats de cinq ans.

    D’autres pays d’Europe ont emboîté le pas au voisin ibérique. Cette année, 400 saisonniers marocains ont travaillé en France. L’Italie a décidé de faire appel, l’année prochaine, à 4.500 marocains pour des activités saisonnières.

    Le Portugal, la Grèce et le Canada ont exprimé aussi des demandes en la matière. L’objectif affiché de l’ANAPEC est de placer ainsi chaque année 20.000 travailleurs marocains.

    Des transferts financiers salutaires

    Ce qui est certain, c’est que les besoins de l’Europe en main d’œuvre iront en s’accroissant en raison des perspectives démographiques à la baisse du vieux continent, comme cela a été prouvé par plusieurs études onusiennes et européennes. Nonobstant le racisme en progression parmi les populations européennes et la concurrence de la main d’œuvre des pays de l’Europe centrale et orientale, dont les pays connaissent aussi un recul démographique, l’UE devra de plus en plus faire appel dans les années à venir à des travailleurs non européens.

    Le Maroc, qui a des relations privilégiées avec le bloc communautaire outre méditerranéen, devrait exploiter au mieux celles-ci pour positionner sa main d’œuvre dans la compétition avec les autres pays fournisseurs.

    Le poids des réalités impose aux responsables politiques de chercher des solutions provisoires et alternatives à son grave problème de chômage, qui est de 8% de la population active, compte non tenu du sous-emploi. Les programmes de réforme de l’appareil productif ou de promotion social autant que les grands chantiers à effets structurants, c’est-à-dire ayant un effet d’entraînement sur d’autres secteurs d’activités, tel le complexe portuaire Tanger-Méd, ne pourront absorber que progressivement le stock cumulé de chômeurs au Maroc. Les emplois agricoles saisonniers en Europe, contrairement à ce que l’on pourrait croire, peuvent non seulement constituer un gagne pain temporaire pour quelques milliers de ruraux défavorisés, mais aussi constituer, à travers l’épargne et un soutien des pouvoirs publics et des institutions financières spécialisées, un levier de l’auto emploi.

    http://www.lopinion.ma/spip.php?article17650


Partager cette page